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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
Rouen (4) : « Un pas en avant, un pas en arrière ? »
par Marc Laimé, 10 décembre 2010

Le Collectif Eau Publique qui s’est mobilisé pour un retour en gestion publique de l’eau dans le nord-ouest de l’agglomération rouennaise réagit vivement à l’annonce faite par Laurent Fabius que le dernier contrat de DSP encore détenu (par la Lyonnaise des eaux) sur le territoire communautaire ne sera pas prorogé, mais qu’une régie publique lui succéderait. Jusqu’ici tout va bien. Mais c’est l’annonce que cette régie publique, pour une durée indéterminée, passerait des marchés publics avec des entreprises privées, qui suscite l’ire du Collectif. Jusqu’ici tout va bien, chacun est dans son rôle. Reste que ces escarmouches dissimulent un débat de fond, sur lequel nous allons revenir sous peu…

Le Collectif Eau Publique a diffusé le 9 décembre 2012 un communiqué titré :

- « Laurent Fabius et l’eau : un pas en avant, un pas en arrière »

Laurent Fabius vient d’annoncer ses premières propositions pour la gestion de l’eau dans le nord-ouest de l’agglomération rouennaise.

- La fin des délégations au privé, une bonne nouvelle

Nous nous réjouissons de l’abandon annoncé des "délégations de service public" dans ce secteur, délégations au privé qui étaient particulièrement opaques et coûteuses, pour l’usager comme pour la collectivité.

- Mais la sous-traitance au privé, ce n’est pas le service public !

Malheureusement, si M. Fabius envisage un retour en régie pour les communes concernées, c’est sous la forme d’une régie qui lancerait des "marchés d’exploitation". En clair : au lieu d’exploiter le réseau avec son propre personnel, la régie ferait sous-traiter l’exploitation du service par des entreprises privées. Ce n’est pas acceptable.

- Une gestion incohérente, la pire des formules pour les salariés

Nous refusons la mise en place d’un système dual, et bancal, de gestion de l’eau dans notre agglomération (une partie en régie directe, l’autre sous-traitée), brisant la cohérence et empêchant les synergies.

Nous refusons la formule des "marchés d’exploitation", la pire des formules pour les salariés, qui feront bien sûr les frais de la mise en concurrence.

Nous refusons l’idée d’avoir sur un même territoire, et pour un même travail, des personnels d’employeurs et de statuts différents, placés en situation de "compétition" les uns avec les autres.

- Une annonce qui se cache derrière de mauvais prétextes et soulage... l’UMP !

Le prétexte avancé pour ne pas étendre la régie directe (terminer les chantiers en cours, achever la fusion des ex-régies de Rouen et d’Elbeuf) ne tient pas la route. Qui peut croire que ces chantiers dureront de longues années ? Qui peut croire que l’intégration de 22 salariés supplémentaires, ceux de la Lyonnaise affectés aux contrats en cours, bloquerait ces chantiers ? Bien sûr, l’idée d’un marché d’exploitation court (1 ou 2 ans) pourrait se discuter, de façon transitoire, assortie d’un échéancier précis menant à la régie directe présentée comme aboutissement.

Est-ce cela qui est envisagé aujourd’hui ? Serons-nous rassurés prochainement ?

A l’heure actuelle, l’objectif de la régie directe pour tous n’est pas affiché, le bruit court que le marché d’exploitation envisagé serait long, bien au-delà de la fin de l’actuel mandat de la CREA...

Dans ce contexte, ce n’est donc pas par hasard ou par erreur que l’UMP salue cette proposition, soulagée d’avoir échappé à la régie directe. Reconnaissons en effet à la droite l’art de ne jamais se tromper lorsqu’il s’agit de briser le service public.

- Economies, transparence, cohérence : pour nous, c’est toujours la régie directe

De notre point de vue, la reprise en régie directe des communes du nord-ouest, c’est ;

- la formule la plus économique et la plus transparente.

- la possibilité de continuer les économies d’échelle et les mutualisations de moyens avec le secteur déjà en régie directe (Rouen, les plateaux est, la banlieue sud, 70% des habitants de la communauté).

- la stabilité et la conservation des acquis pour les salariés des délégataires actuels.

- la seule manière pour la collectivité de connaître et de maîtriser son réseau (quand on exploite avec son personnel, on connaît et on fait les choix en connaissance de cause ; quand on fait faire par d’autres, on est dépendant).

- la seule solution pour construire une grande régie publique de l’eau, efficace et cohérente.

- Une question de choix et de volonté politique

Il n’y a aucun obstacle majeur, technique ou financier, pour reprendre en régie directe, et à brève échéance, l’ensemble des communes de l’agglomération rouennaise. Ce doit être l’objectif des élus de la CREA, l’objectif à atteindre avant la fin de leur actuel mandat.

Nous appelons donc M. Fabius à préciser son projet et à poursuivre le travail engagé en 2010 avec l’intégration en régie directe des plateaux est et de la banlieue sud.

Pour la reconquête et la reconstruction du service public de l’eau, il n’y a pas de temps à perdre. »

Collectif pour une Eau Publique

Le 9 décembre 2010

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