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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
2024-06-08
REMOUS
par Marc Laimé, samedi 8 juin 2024 @ 09:44

Le 23 mai dernier, le député (LFI) Éric Coquerel organisait un colloque à l’Assemblée nationale avec pour thème "les grands entrepôts logistiques" et une table ronde sur le projet Green Dock.

La première des deux table-rondes a permis d’aborder plusieurs questions comme la stratégie d’implantation des entrepôts sur le canal Seine Nord, les problèmes que cela pouvait engendrer et la qualité ainsi que le type d’emplois créé.

La seconde abordait spécifiquement le projet Green Dock, les avantages de ce dernier selon le maire de Gennevilliers et les critiques que cet entrepôt suscitait.

Voir la playlist de ce colloque avec les deux tables rondes et la conclusion du député Éric Coquerel :

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REMOUS
par Marc Laimé, samedi 8 juin 2024 @ 09:34

JO Paris 2024 : le fleuve encore trop sale pour que les nageurs français s’entraînent.

L’équipe de France en nage libre a annulé ce vendredi 7 juin son entraînement prévu sur le site de la compétition lundi en raison des mauvais résultats des tests de qualité de l’eau.

On ne compte plus les rendez-vous manqués. Selon la direction des sports de Radio France, l’équipe de France de nage en eau libre a dû annuler son entraînement prévu lundi 10 juin sur le site de la compétition des JO 2024. En cause, des courants trop forts et une dégradation de la qualité de l’eau en raison des fortes pluies du mois de mai.

Nettoyer la Seine pour permettre aux épreuves de triathlon et de nage libre de s’y dérouler est l’un des gros paris des organisateurs des Jeux olympiques 2024 à Paris. Mais le projet est soumis à tant d’aléas qu’il ne cesse de subir des contretemps.

Le 6 août 2023, la manche de Coupe du Monde de natation en eau libre prévue sur le site est annulée. le 17 août, les épreuves de triathlon femmes et hommes avaient bien pu se tenir dans le fleuve, sans couac. Mais les 19 et 20 août, patatras, des épreuves de paratriathlon et de triathlon en relais mixte ont été adaptées en format duathlon, à savoir seulement cyclisme et course à pied, en raison d’une concentration trop élevée en bactéries intestinales Escherichia coli (E. coli).

« La Seine n’est pas faite pour nager. » Début mars 2024, la championne olympique du 10 km en eau libre, Ana Marcela Cunha, a jeté un pavé dans le fleuve, réclamant un « plan B » pour les épreuves d’eau libre et de triathlon. La campagne de mesure de l’ONG Surfrider Foundation en avril, soit 100 jours avant les épreuves officielles, va lui donner un argument de plus.

Des concentrations régulièrement supérieures à 2 000 unités formant colonie (ufc) /100 ml pour E. coli et à 500 ufc /100 ml pour les entérocoques, sont observées soit bien au-dessus des normes internationales pour la compétition fixées à respectivement 1000 ufc /100 ml et 400 ufc /100 ml.
Pourtant, les organisateurs s’affichaient en toute sérénité en mai, lors de l’inauguration du « bassin d’orage » d’Austerlitz, pièce maîtresse du dispositif censé rendre la Seine propre à la baignade dès le mois de juillet pour les compétitions olympiques de triathlon et de nage libre.

Une fake news de la plus belle eau…

Un réservoir de 50 000 m³ a été construit pour 100 millions d’euros à proximité de la gare d’Austerlitz dans le but d’absorber la « première lame » de l’eau recueillie dans le système unitaire des égoûts parisiens en cas d’orage… Grâce à cette « cathédrale » de béton liée à un réseau de tunnels intercepteurs, les organisateurs prétendent « retenir la pollution » en amont du site sacré d’Austerlitz, un mantra déversé à gros bouillons par la Propangadastaffel de la mairie sur les medias qui propagent cette niaiserie tous azimuts.

Voir le détail de cette extravagante menterie :

https://www.piren-seine.fr/publications/fascicules/la_baignade_en_seine_et_en_marne

https://blog.mondediplo.net/baignades-en-seine-et-jo-2024-quand-la-fable

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/cote-d-or/dijon/je-suis-reste-au-lit-durant-3-jours-troubles-digestifs-migraine-une-trentaine-de-personnes-malades-apres-le-triathlon-au-lac-kir-2982941.html

En dépit de tout cela la majorité des medias, y compris publics, s’obstinent à propager la propagande mensongère des promoteurs des JO, un vrai naufrage :

https://www.francetvinfo.fr/les-jeux-olympiques/paris-2024-pourquoi-il-sera-bien-possible-de-se-baigner-dans-une-seine-propre-pendant-les-jeux-et-apres_6595629.html

Adieu trempette

Les fortes pluies des dernières semaines viennent d’inciter, selon l’AFP, Anne Hidalgo, la maire de Paris, à reporter sa baignade dans la Seine, un temps espérée le 23 juin.

Depuis le mois de janvier dernier, Anne Hidalgo, la maire de Paris, annonce son intention de se baigner dans la Seine, en amont de Jeux Olympiques qui doivent faire du fleuve un lieu de compétition (triathlon, natation marathon et para-triathlon).

Le mois dernier, son entourage laissait filtrer la date du 23 juin pour la réalisation de cette promesse, mais ce vendredi, la Ville de Paris a laissé entendre à l’AFP que ce calendrier pourrait changer : « En raison des fortes pluies du mois de mai et du débit très fort du fleuve, la baignade du 23 juin sera probablement reportée ».

Les mêmes causes ont poussé l’équipe de France d’eau libre à annuler sa propre mise à l’eau dans la Seine, pour un entraînement, le 10 juin. Les Bleus espèrent un nouveau créneau début juillet. Anne Hidalgo, elle ne devrait pas attendre si longtemps : selon l’AFP, le bain de la maire pourrait avoir lieu le 30 juin. Dans le bunker de l’hotel de ville l’armée de communicants totalement aux abois craint fésormais que Macron ne leur grille la politesse en solo. Ambiance.

La solidité des quais de Seine inquiète

Parmi les nombreuses interrogations qui accompagnent la cérémonie XXL prévue le 26 juillet, figure en bonne place la capacité des quais de Seine à supporter une foule d’une ampleur inédite. Faute d’expertises, difficile de connaître l’état de ces berges vieilles de plus de 200 ans.

Carences du système anti-drones , manque d’agents de sécurité, filtrage incertain… et en prime, quais de Seine fragiles ? Pour la première fois dans l’histoire des Jeux olympiques, la cérémonie d’ouverture ne se tiendra pas dans l’enceinte d’un stade, mais sur la Seine, qui doit être parcourue sur six kilomètres par 160 bateaux, sous les yeux d’un demi-million de spectateurs. Une prouesse logistique dont certaines modalités restent encore à définir. À sept petites semaines du jour J, l’organisation des Jeux peine toujours à dissiper les nuages de questions qui s’amoncellent au-dessus de cette parade à quitte ou double. L’une d’elles, et pas des moindres, concerne la vétusté des berges parisiennes de la Seine, qui devront supporter le poids de 320 000 personnes.

Parmi elles, 100 000, munies d’un billet, suivront la cérémonie depuis les quais bas. Les 220 000 restantes, invitées par les collectivités locales, se répartiront sur les quais hauts, de part et d’autre du fleuve. Jamais les quais de Seine n’avaient connu une telle affluence. Ancien membre du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) avant d’en être licencié en 2020, Sébastien Chesbeuf s’en inquiète.

Dans une enquête fouillée coécrite avec les journalistes Thierry Vildary et Jean-François Laville, et intitulée La face cachée des JO (JC Lattès) , il attire l’attention sur cette énième faille sécuritaire, peu commentée jusqu’alors : « Selon la réglementation actuelle, pour accueillir du public, un quai doit pouvoir supporter une charge de 500 kg/m2. Une norme volontairement exigeante pour offrir une marge de sécurité et supporter l’accès de véhicules de secours ». Et qui risque clairement d’être transgressée le 26 juillet au soir, pendant les quatre heures que dureront les festivités, sans compter l’attente qui promet de s’étirer tout au long de l’après-midi.

Plus encore que l’occupation simple des quais par le public, c’est la question des gradins éphémères qui inquiète les spécialistes interrogés dans La face cachée de JO : « Chargée de spectateurs, une tribune fait reposer des masses importantes sur quelques supports d’un mètre carré chacun. Sans des études précises et des travaux importants, comment installer en toute sécurité des tribunes VIP, dont les places sont vendues jusqu’à 2 700 euros, sur les quais bas ? Quant à la tribune présidentielle, qui doit accueillir plus d’une centaine de chefs d’État, installée en fin de parade au Trocadéro, on imagine qu’elle sera aménagée en hauteur… »

On apprend qu’aucune expertise des quais n’a précédé le vote entérinant le principe d’une cérémonie sur la Seine, fin 2021, par le Conseil d’administration du Cojop. Du reste, les fréquentes inspections du port de Paris ne tiennent pas compte des exigences spécifiques que requiert l’événement du 26 juillet. Pour ce qui est des ponts enjambant la Seine, dont certains accueilleront aussi du public, Le Parisien expliquait début mars qu’ils sont examinés par les architectes des Bâtiments de France dans la perspective des Jeux.

Visiblement, ce n’est pas le cas des berges. Ce qui préoccupe les auteurs de l’enquête : « La construction des quais de Seine date de la fin du XVIIIe ou du début du XIXe siècle. Cette structure ancienne, sauf si elle a été renforcée, ne peut pas répondre à cette norme de sécurité sur l’ensemble du parcours. Les fondations des années 1800 ne reposent pas sur des fondations en béton armé comme aujourd’hui. Elles sont composées de madriers en bois immergés dans le fleuve, sur lesquels reposent des blocs de pierre, liés par un béton à l’ancienne, un mélange de chaux et d’argile. »

On apprend également dans le livre que de nombreux documents contenant des informations sur la construction des quais ont disparu : « On manque d’archives à ce sujet car certaines ont brûlé [dans l’incendie de l’hôtel de ville de Paris en 1871, N.D.L.R.]. Il faudrait recréer de la donnée et, à partir de là, ordonner des travaux si cela s’impose », explique à Marianne Thierry Vildary, l’un des coauteurs de l’enquête, qui s’est particulièrement penché sur la question des berges.

Pour ne rien arranger, le metteur en scène de la cérémonie, Thomas Jolly, confiait en février à Télérama l’impossibilité de prévoir des barges amarrées au quai de Béthune, au niveau de l’île Saint-Louis. La raison ? Flou total quant aux capacités de résistance de la berge. Des travaux de sécurisation et de renforcement des quais doivent débuter lundi 17 juin. « On a voulu faire le montage le plus tardivement possible et le comprimer sur un temps restreint », expliquait l’adjoint aux sports de la mairie de Paris, Pierre Rabadan, en conférence de presse le 25 avril. Gageons que l’opération sera efficace. À défaut, les plans B, voire C esquissés par Emmanuel Macron pour l’ouverture des Jeux risquent fort d’être de se muer en plan A. « Tout un travail est mené en ce moment sur l’hypothèse d’un plan B au Trocadéro qui, le cas échéant, serait reconfiguré en sorte de stade, glisse à Marianne Thierry Vildary.

Dans ce cas, il pourrait y avoir éventuellement un petit tour sur la Seine. L’Élysée réfléchit sérieusement à cette option. »

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2024-06-05
REMOUS
par Marc Laimé, mercredi 5 juin 2024 @ 08:10

Selon les premiers retours des collectivités locales et des professionnels, la baisse de la consommation d’eau potable a été comprise entre 3 et 4 % l’an dernier en France. Un chiffre bien supérieur au recul moyen annuel de 0,5 % à 1 % observé depuis deux décennies.

La sécheresse de l’été 2022, qui a frappé les esprits, a sans doute joué un rôle dans les comportements des consommateurs d’eau potable.

Les chiffres officiels ne seront connus que dans plusieurs mois, lorsque toutes les données remontant des collectivités locales (qui assurent la gestion de l’eau dans l’Hexagone) auront été consolidées. Mais la tendance qui se dessine d’après les premiers retours montre une évolution inédite : la consommation d’eau potable aurait baissé en France de 3 à 4 % en 2023.

Une « enquête flash » menée par la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), auprès de collectivités représentant 13 % des volumes facturés en France, arrive à une baisse de 3,2 %. Cette estimation est confirmée par la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E), qui évalue le recul moyen des volumes consommés à 3 % en 2023, « avec des baisses pouvant aller jusqu’à 10 % dans certains territoires », indique Aurélie Colas, sa déléguée générale.

« C’est du jamais-vu !, souligne Régis Taisne, directeur du cycle de l’eau à la FNCCR. Depuis vingt ans, la baisse annuelle au niveau national est plutôt comprise entre 0,5 % et 1 %. » Dans le bassin Rhône-Méditerranée-Corse, où les chiffres sont déjà connus, la consommation d’eau potable a même reculé de 3,7 % en 2023, précise-t-il.

Cette évolution reste toutefois difficile à interpréter, l’évolution de la consommation des différents usagers (agriculteurs, ménages, industriels, centrales électriques) en 2023 n’étant pas encore connue. Selon Aurélie Colas, « on constate une forte baisse chez les industriels, qui ont investi dans des équipements plus économes, mais aussi chez les particuliers ».

La sécheresse de l’été 2022, qui a frappé les esprits, a sans doute joué un rôle. « On peut imaginer que les messages martelés dès le début de l’hiver 2022 , sur la rareté de la ressource et la possibilité d’une nouvelle sécheresse en 2023, ont produit des effets sur les comportements », veut croire Régis Taisne. Alors que les baisses étaient jusque-là liées à l’utilisation d’appareils, électroménagers par exemple, plus économes, « il y a eu une prise de conscience après la sécheresse de 2022 et les usagers se sont engagés dans une trajectoire de sobriété dont l’ampleur a surpris », assure Aurélie Colas.

Autre explication, les arrêtés sécheresse qui se sont multipliés l’an dernier : la situation préoccupante des nappes phréatiques au printemps a conduit le gouvernement à prendre des arrêtés de restriction d’eau dans de nombreux départements, interdisant certains usages (arrosage des pelouses, remplissage des piscines, lavage des voiries) et imposant à certains industriels de réduire leur consommation.

Mais la baisse pourrait aussi être trompeuse, s’inquiète Régis Taisne. « Selon certaines sources, le nombre de forages de prélèvement d’eau dans la nature a fortement augmenté à la suite de la sécheresse. Or tous ne sont pas déclarés », avance-t-il. La consommation des personnes privées ayant eu recours à de tels forages pour remplacer l’eau potable utilisée jusqu’alors serait ainsi décomptée des relevés officiels. « Nous n’avons pas d’éléments à ce stade pour mesurer s’il s’agit d’un phénomène marginal », poursuit le spécialiste.

Pour les professionnels, la tendance de 2023 ne doit en tout cas pas freiner les efforts nécessaires de sobriété. « Il ne faut pas tirer trop d’enseignements d’un chiffre sur une seule année, et surtout ne pas en déduire trop vite que les comportements ont changé structurellement », alerte de son côté Nicolas Garnier, délégué général d’Amorce, une autre association représentant les collectivités locales.

Le gouvernement, via le "Plan Macron", a fixé un objectif de réduction des prélèvements d’eau de 10 % d’ici à 2030 dans le Plan eau annoncé en mars 2023 , qui demandera un véritable effort supplémentaire.

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2024-05-27
REMOUS
par Marc Laimé, lundi 27 mai 2024 @ 19:03

Les eaux européennes sont massivement contaminées par un produit chimique très persistant, l’acide trifluoroacétique (TFA). Le Réseau européen d’action sur les pesticides (PAN Europe) et ses membres, dont Générations Futures en France, ont analysé 23 échantillons d’eau de surface et six échantillons d’eau souterraine provenant de dix pays de l’UE à la recherche de ce produit et publient ce lundi leurs conclusions dans un rapport.

Cet acide qui peut provoquer des brûlures de la peau et qui est nocif pour les organismes aquatiques est issu de la dégradation de PFAS, surnommés « polluants éternels ». largement utilisés depuis les années 1950 dans divers domaines industriels comme les engrais et produits de consommation courante en raison des vertus antiadhésives, imperméabilisantes et résistantes aux fortes chaleurs.

Résultat : « l’ampleur de la contamination est alarmante et appelle une action décisive », écrivent les associations. « La pollution augmentera de jour en jour si des mesures décisives ne sont pas prises pour réduire les apports de TFA, en premier lieu par une interdiction rapide des pesticides PFAS et des gaz fluorés », pointe le rapport.

L’analyse, menée par le Centre technologique de l’eau de Karlsruhe, met en évidence la présence de TFA « dans tous les échantillons d’eau », avec des concentrations allant de 370 nanogrammes par litre (ng/l) à 3 300 ng/l. Elles sont importantes dans des cours d’eau comme l’Elbe en Allemagne, la Seine, l’Oise et la Somme en France ou la Mehaigne en Belgique.

« 79 % des échantillons présentaient des niveaux de TFA supérieurs à la limite de 500 ng/l proposée par la directive européenne sur l’eau potable pour l’ensemble des PFAS », note le rapport.

Toutefois, le TFA n’est pas spécifiquement réglementé actuellement : il est classé comme « non pertinent » par les autorités européennes et échappe donc au seuil (100 ng/litre) limite pour certains pesticides et produits issus de leur dégradation dans les eaux souterraines.

Un choix que regrettent les associations, pointant sa persistance dans l’environnement, l’impossibilité de s’en débarrasser avec les procédés de traitement de l’eau potable habituels et un « profil toxicologique qui laisse encore de nombreuses questions sans réponse ».

Les associations mettent en avant une étude ayant conclu à « des malformations oculaires » chez des lapins « ayant reçu du TFA ». Mais, il n’existe pas à ce stade d’étude sur l’homme.

« La pollution augmentera de jour en jour si des mesures décisives ne sont pas prises pour réduire les apports de TFA, en premier lieu par une interdiction rapide des pesticides PFAS et des gaz fluorés », pointe le rapport.

Une présentation vidéo très pédagogique sur les PFAS par Générations Futures

 Qu’est-ce que les PFAS ?
 Utilisations des PFAS
 Expositions, risques environnementaux et sanitaires
 Etat des lieux de la réglementation
 Quelles actions possibles ?

https://www.eau34.org/2024/05/27/pollution-des-eaux-par-les-pfas/

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2024-05-19
REMOUS
par Marc Laimé, dimanche 19 mai 2024 @ 08:28

Le site d’investigation breton vient d’illustrer le scandale de la substitution du NODU par un nouveau référentiel européen, que vient d’acter le gouvernement Attal.

"L’interdiction de certains pesticides n’a pas entraîné de baisse de l’écotoxicité des cours d’eau bretons entre 2012 et 2021. C’est ce que montre l’analyse statistique réalisée par Akwari Coop pour Splann ! Les molécules retirées de la vente ont été remplacées par des substances nouvelles, jusqu’à leur propre interdiction. Une stagnation qui échappera au nouveau plan Ecophyto 2030.

L’écotoxicité est la mesure de l’impact des substances toxiques sur les organismes vivants dans divers écosystèmes. L’indice pesticides dans les cours d’eau (IPCE) a été développé dans le cadre du plan Ecophyto pour mesurer la contamination chronique des cours d’eau.

S’appuyant sur sa méthodologie, le data scientist Vincent Berionni, docteur de l’École Polytechnique dans le domaine de la modélisation en sciences physiques et fondateur de la société Akwari Coop, a analysé les données de 161 pesticides sur 7100 stations de mesures en France, dont 463 en Bretagne (Loire-Atlantique comprise) entre 2011 et 2021.

« Derrière cette apparente stabilité se cache un véritable chassé-croisé des pesticides », observe Vincent Berrioni, qui a accepté de réaliser pour Splann ! un zoom sur la situation bretonne."

Lire la suite :

https://splann.org/pesticides-ecotoxicite-rivieres-bretagne/

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2024-05-18
REMOUS
par Marc Laimé, samedi 18 mai 2024 @ 08:50

Plus d’un quart des stations de contrôle des nappes phréatiques en France, première source d’eau potable du pays, ont mesuré une contamination de l’eau au-dessus des normes environnementales pour au moins une substance depuis 2016, selon une enquête du journal Le Monde publiée le 15 mai 2024.

Sur près de 24700 stations de contrôle des nappes phréatiques, 6900, soit 28%, ont enregistré au moins un dépassement des valeurs seuils de qualité environnementale entre 2016 et 2023

Ce travail a été réalisé dans le cadre du projet "Under the surface", mené avec six médias européens, à l’initiative du média en ligne espagnol Datadista.

Le Monde s’est concentré sur une liste d’environ 300 contaminants, incluant pesticides, nitrates, solvants, bisphénol A, certains PFAS (dits "polluants éternels") ou encore médicaments.

En combinant les données de la période 2016-2021 envoyées par les autorités françaises à Bruxelles et celles de la Banque nationale d’accès aux données des eaux souterraines (Ades), qui s’étendent jusqu’à 2023, le quotidien dresse une cartographie "molécule par molécule" de la pollution des nappes en France, qui fournissent deux tiers de l’eau potable.

Résultat : "La pollution est partout ou presque et certaines stations de mesures enregistrent des dépassements pour plusieurs molécules – jusqu’à une trentaine pour des captages de Limésy (Seine-Maritime), Choye (Haute-Saône) et Baulny (Meuse)", note-t-il.

Les pesticides, première source de contamination des eaux souterraines, ont été détectés dans 97% des stations et ont dépassé les normes dans près de 20% d’entre elles, situées en majorité dans les grandes plaines céréalières du nord de la France (Beauce, Picardie, Champagne), où les traitements phytosanitaires sont plus fréquents.

Les mesures révèlent aussi la persistance dans les nappes de molécules pourtant interdites depuis des décennies. C’est le cas de la chlordécone, en Martinique et en Guadeloupe, utilisée jusqu’en 1993 dans les bananeraies malgré son classement comme cancérogène possible dès 1979. Trente ans plus tard, les seuils sont encore dépassés.

C’est aussi le cas de pesticides bannis récemment. Les deux métabolites (sous-produits) de la chloridazone, un herbicide employé pour la culture des betteraves jusqu’en 2020, dépassent la norme de qualité dans plus de 1.700 stations de mesures (18% des stations où ils ont été recherchés), surtout dans les Hauts-de-France.

Les polluants d’origine industrielle dépassent les concentrations maximales dans 460 stations, principalement dans des bassins industriels des Hauts-de-France, du Centre ou du Lyonnais. Le trichloréthylène et le tétrachloroéthylène, classés cancérogènes probables, figurent parmi les substances les plus mesurées.

Le Monde identifie également des dépassements pour les principaux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des polluants présents dans le goudron des routes ou générés lors de la combustion incomplète du charbon, du bois ou du carburant

Cette cartographie a "toutefois des limites", note le quotidien, puisque toutes les molécules ne sont pas recherchées partout de manière régulière. Par ailleurs, pour de nombreux polluants industriels, comme le bisphénol A, certains PFAS ou encore les médicaments, les autorités n’ont pas fixé de valeurs seuils. Ces mesures démontrent toutefois "l’ampleur d’un problème longtemps ignoré - et qui ne va faire que s’aggraver", met en garde le journal.

Ces eaux souterraines alimentent les cours d’eau et les sources, où les pollutions "ressurgissent", déclare dans l’article Florence Habets, directrice de recherche au CNRS. "Nous, humains, on peut traiter nos eaux dans une certaine mesure, mais la biodiversité va continuer à être touchée", s’inquiète la scientifique.

Source :

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2024/05/15/explorez-notre-carte-inedite-de-la-pollution-des-eaux-souterraines-en-france_6233388_4355770.html

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2024/05/15/comment-le-monde-a-cartographie-la-pollution-des-eaux-souterraines_6233362_4355770.html

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2024-05-17
REMOUS
par Marc Laimé, vendredi 17 mai 2024 @ 11:19

Une réjouissante parodie chantée pour "gnasgnasgnas" Hidaldo et "cacou" Macron...

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2024-05-13
VAGUES
par Marc Laimé, lundi 13 mai 2024 @ 06:12

Dans un entretien publié le 10 mai par le Nouvel Obs, l’ancien maire-adjoint au Grand Paris de Bertrand Delanoé évoque l’ouvrage Les naufragés du Grand Paris Express, dans lequel la géographe Anne Clerval et la journaliste Laura Wojcik déshabillent le colossal chantier dit du « siècle » du Grand Paris Express.

Soit 200 km de lignes nouvelles de métro, quatre lignes automatiques (15, 16, 17 et 18) deux extensions, celles de la 11 et de la 14, et au bout des rails 186 projets urbains qui sont engagés dans les 35 quartiers entourant les nouvelles gares à̀ livrer d’ici à 2025.

A la clé : 84 000 logements nouveaux et 2,5 millions de m2 de bureaux. Entreprise gigantesque pour réorganiser une métropole patatoïde minée par des pouvoirs éclatés et des inégalités de territoires.

Pour quels résultats espérés ?

Les deux auteurs ont des partis pris urbanistiques revendiqués mais aussi une connaissance concrète et détaillée des effets réels enregistrés. A chaque réaménagement urbain de la métropole parisienne, celle de 1860 puis celle de l’après-guerre et des villes nouvelles avec Paul Delouvrier, la dynamique réformiste provoque des effets pervers semblables. L’éloignement des populations précaires et démunies un peu plus loin des nouveaux centres d’échange, et la gentrification des nouveaux quartiers servis par les transports.

C’est surtout la méthode que dénoncent aujourd’hui avec le plus de force les auteurs : une « machinerie inhumaine qui broie les destins des individus ». « 

L’expropriation pour cause d’’utilité publique’ manifeste alors sa violence et son manque de considération pour les individus concernés ». Nous avons demandé à Pierre Mansat, l’ancien adjoint chargé du Grand Paris sous la mandature Delanoë de lire le livre et de nous faire part de ses réactions.

Guillaume Malaurie : Un travail utile ? Rare en tout cas !

Pierre Mansat : Les deux ! Le livre est particulièrement bien documenté et Anne Clerval fait œuvre utile dans le sillage de son ouvrage précédent Paris sans le peuple [La découverte 2016]. Il faut le souligner avec force car cet ouvrage est quasi unique. A ma connaissance, il n’y a aucune publication académique récente sur Paris, les banlieues, le « Grand Paris » à l’exception de l’ouvrage dirigé par Patrick Le Galès Gouverner la métropole parisienne [Sciences Po éditions].

GM : La critique la plus sévère des Naufragés du Grand Paris vise les prises de décision autoritaires, unilatérales…

PM : C’est un éclairage tout à fait pertinent. Ce grand projet d’Etat se borne à une concertation a minima : [15 000 participants aux réunions de l’enquête publique sur le Grand Paris Express sur une aire métropolitaine de 17 millions d’habitants] Et les méthodes font effectivement preuve de brutalité dans les relations avec les habitants impactés par le projet.

GM : Venons-en au second chapitre du livre sur « les enjeux du Grand Paris dans la métropolisation ».

PM : Là aussi, le travail est très fouillé et constitue une base aux échanges dont je discute cependant plusieurs points. Je pense qu’il y a une sous-estimation de l’enjeu sur les transports du quotidien de millions d’usagers. Depuis la ligne 14 (parisienne) aucun projet de transport d’ampleur n’avait été réalisé alors que la métropole et ses relations domicile-travail, s’est profondément modifiée. La nécessité d’une ligne de métro en rocade qui apparaît dès le Livre blanc de l’Île-de-France (1989) est défendue par la RATP au début des années 2000 (Marsaud, Auzannet). Grâce à Christian Blanc, ce projet est mis sur les rails, et c’est l’intervention des élus locaux qui transforme le schéma initial [métro automatique, 40 km/heure, quelques gares, Roissy/Orly] en un réseau maillant finement la « première couronne ». A mes yeux, c’était une impérieuse nécessité et pas une folie des grandeurs pour une aire métropolitaine qui crache 800 milliards d’euros de PIB par an !

GM : L’autre grand sujet du livre, c’est la gouvernance métropolitaine. D’ailleurs peut-on vraiment parler de gouvernance ?

PM : Là, je rejoins sans ambages la critique des auteurs. Si les forces du marché peuvent s’imposer dans cette métropole mondiale c’est justement parce qu’il n’y a pas eu, qu’il n’y a pas de « projet ». A aucun moment, il n’a été possible d’ouvrir un vaste débat démocratique sur le futur de la société urbaine et les élections régionales et municipales ont fait l’impasse sur le sujet, toutes forces politiques confondues. Il faut tout de même se rendre compte que « les soixante-huit futurs quartiers de gare cumulent une surface totale d’environ 13 600 hectares. Cela représente plus de 16 % du territoire de la Métropole du Grand Paris et 20 % de ses habitants actuels ». Or encore une fois, leur destination finale (logements, équipements, bureaux) n’a fait l’objet d’aucun travail collectif, d’aucun débat à l’échelle métropolitaine.

GM : Vous dénoncez le fait que ce sont les communes qui, chacune dans leur coin, ont fait valoir leur intérêt local sans que ne s’impose une vision d’intérêt général sur la métropole.

PM : Oui le communalisme a le vent en poupe. Et la balkanisation des arbitrages aboutit souvent à la solution du plus petit dénominateur commun. La Métropole du Grand Paris (MGP) n’est en rien une nouvelle gouvernance métropolitaine. Elle n’a aucune compétence à l’exception de l’élaboration de deux documents d’urbanisme, compilation des demandes des communes. Elle n’a aucune ressource. Elle ne sert à rien, ni en bien, ni en mal.

Souhaitons que le livre d’Anne Clerval soit repris pour alimenter le débat essentiel sur notre futur urbain. Pour ma part je tente d’y contribuer par un texte à paraître dans l’ouvrage collectif à venir Pour en finir avec le petit Paris, Archity Éditions

* Editions La Découverte. 20.50 €. 256p

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2024-05-12
VAGUES
par Marc Laimé, dimanche 12 mai 2024 @ 09:42

Plusieurs ouvrages, tout justes parus ou à paraître renouvellent l’approche critique sur le plus grand chantier de la fin du XXème et du début du XXIème siècle.

 »Paris n’est plus une fête », Hacène Belmessous, Les voix urbaines - Editions.

« Il y a longtemps que Paris n’est plus une fête. Lorsque la ville, comme les représentants de l’État, habille les Jeux olympiques d’une tenue d’apparat festive, le bruit de la caisse de résonance médiatique, toute dévolue à cette image d’un Paris radieux, ne doit pas nous leurrer. Cette « fête » olympique dans l’espace parisien célèbre exclusivement l’ordonnancement de la capitale selon les principes néolibéraux. Le divertissement de l’entreprise CIO sera aux mains d’une cour de tout- puissants, au sein de laquelle les sponsors honoreront de leur générosité spéculative une mise en scène où les possédants donneront Paris en spectacle au peuple. Après trente années d’un capitalisme qui a configuré l’urbanisme de la capitale pour l’arracher définitivement à la démocratie citoyenne, ces Jeux forment le dénouement de ce processus de mise à distance de l’espace démocratique. La majorité municipale et l’État ont redoublé d’efforts pour mettre en œuvre cette entreprise idéologique sans jamais l’ouvrir au débat. En consacrant par le vote d’une loi en mars 2018 cet événement comme un « projet d’intérêt national », une sorte d’instruction spéciale pour empêcher tout débat démocratique, ils se sont assurés de ne subir aucune résistance citoyenne. »

(…)

« Il faut donc regarder le réel en face. Paris fêtera durant l’été 2024 son nouveau régime idéologique en matière d’urbanisme. Et les formules assénées régulièrement sur le Paris de l’hospitalité – une pure construction sémantique – ou sur le Paris participatif et citoyen – un cirque démagogique quand les affaires publiques se négocient dans les coulisses – dressent un plan de table où la démocratie est une chose abstraite : des mots, des intentions, des intonations. Ce Paris réinventé satisfait les acteurs économiques et financiers, leur besoin d’en épuiser les profits là où le foncier constitue une niche spéculative : les arrondissements centraux et les secteurs en cours de gentrification ».

« Paris n’est plus une fête », Hacène Belmessous, Les voix urbaines - Editions.

https://www.librest.com/livres/paris-n-est-plus-une-fete-hacene-belmessous_0-11045665_9782959126307.html?ctx=355605e290c1fdc7525493f7c9994e45

Lire aussi :

 Les naufragés du Grand paris Express Anne Clerval LauraWojcik Zones. Editions La Découverte. 20.50 €. 256p

 En finir avec le Petit Paris. Archity éditions, Ouvrage collectif, sortie 1er septembre.

 Hérodote N° 193 : « Géopolitique du Grand Paris », en vente le 16 mai.

En juin 2024 sera inaugurée, entre Paris et Orly, la première ligne du Grand Paris Express, un nouveau métro automatique de 200 kilomètres, le plus grand projet de ce type en Europe. Quatre autres lignes seront mises en service dans les dix ans à venir. Les projets urbains se multiplient autour des futures stations. Quels impacts ce gigantesque projet aura-t-il sur l’agglomération francilienne et sa société : aggravation de la gentrification ? Densification de la banlieue proche ? Urbanisation de nouvelles surfaces agricoles ? Quels conflits suscite-t-il ? Quel bilan tirer de la création en 2016 de la Métropole du Grand Paris (7 millions d’habitants) ? Rebat-elle les cartes du pouvoir, entre l’État, la Région, la Ville de Paris et les autres communes ? Ou n’est-elle qu’un leurre, préservant les positions de pouvoir existantes ? C’est à ces nombreuses questions que tentent de répondre les articles de ce numéro.

Éditorial. Une géopolitique du Grand Paris, Philippe Subra

11 - Comment les maires ont tué la Métropole du Grand Paris,
Simon Ronai

29 - La résilience de la banlieue bleue dans le Grand Paris,
Tangui Pennec

51 - Retour sur ces évènements qui ont marqué l’histoire géopolitique du Grand Paris (xixe-xxe siècles), Emmanuel Bellanger

71 - Le Grand Paris Express, du conflit au consensus, Philippe Subra

87 - Un équipement métropolitain sous tension, l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle, Laurent Terral

107 - L’automobile, objet géopolitique, une lecture des débats sur la place de la voiture dans la région francilienne, Hadrien Commenges, Jean Debrie et Juliette Maulat

125 - Le logement en région parisienne, une faillite institutionnelle et un enjeu démocratique, Frédéric Gilli

141 - Le Grand Paris Express, une politique de gentrification ?
Anne Clerval avec Laura Wojcik

161 - « Les quartiers en rénovation urbaine sont les seuls lieux où l’ascension sociale fonctionne encore », Entretien avec Patrick Braouezec

171 - « La Seine-Saint-Denis, même gentrifiée, restera un territoire d’accueil des populations défavorisées et étrangères », Entretien avec Stéphane Troussel

179 - EuropaCity, Paris-Saclay, réaménagement de la gare du Nord, retour sur trois conflits d’aménagement majeurs des années 2010-2023, Philippe Subra

195 - « Il faut créer une région/métropole capable de piloter l’aménagement dans toutes ses dimensions », Entretien avec Pierre Veltz

211 Résumé, Abstracts

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2024-05-09
REMOUS
par Marc Laimé, jeudi 9 mai 2024 @ 08:09

La chaîne publique d’information en continu m’a invité tout à trac, en ce paisible mercredi de l’Ascension à venir le soir même débattre quarante minutes durant de la « baignabilité » de la Seine, sur son plateau à 22h00, avec un jeune et valeureux nageur, qui s’avère être le fils, tout juste majeur, de la maire de Paris. Pourquoi nous avons décliné l’invitation.

Jeudi 14h29, driing, je profite du « pont » pour rédiger quelques posts en retard pour mon blog, quand mon smartphone sonne le tocsin. Je ne m’en sers jamais mais j’ai du l’acheter pour pouvoir acquérir des billets de train, depuis que ma banque, qui a installé six protocoles de sécurité pour les paiements en ligne, me contraint de pouvoir recevoir des SMS, avant de valider la transaction, misère…

Bref, quèsaco ? France Info me demande toutes affaires cessantes de venir débattre le soir même sur son plateau avec le jeune fils de Mme Hidalgo, nageur émérite, de la « baignabilité » de la Seine. Le SMS ne précise pas qu’il s’agit du fils d’Anne Hidalgo, mais comme nos dossiers sont à jour j’ai en mémoire la descente de la Seine l’an dernier par le jeune homme, sous les applaudissements des gazettes et des télés énamourées.

OK boomer, je suis fait comme un rat. Si j’y vais je vais avoir affaire à un ambianceur (le présentateur ou la présentatrice) qui n’y connaissant évidemment rien va gentiment décliner la propagande (mensongère) de la bande à baignades de la mairie, et à notre jeune nageur émérite, ci-devant fils de notre maire, qui va tout aussi gentiment défendre le grand projet de sa maman.

Comme ça fait des années que je tire à boulets rouges sur ces ces folies extravagantes je vais bien évidemment en remettre une couche, me transformant immanquablement en vieux ronchon aigri en face de nos deux jeunes ravis de la crèche, vieux ronchon ("gnasgnasgnas" comme le disait Mme Hidalgo la semaine dernière) évidemment inspiré par de ténébreuses arrière-pensées téléguidées par Lerusses, les islamo-gauchistes ou je ne sais qui…

Et ici nulle machination, pas l’ombre d’un complot, l’ordinaire et banale mécanique de l’info "en continu"...

Bon, en vrai çà je m’en moque, mais il est un principe incontournable : on ne reproche pas aux enfants les fautes de leurs parents. Donc nous n’accablerons pas le jeune Arthur Germain qui n’est pas responsable des bêtises de sa maman et à bien le droit de défendre son grand œuvre, ce qui nous le rend d’ailleurs plutôt sympathique.

En plus j’attendais aussi le retour de mon fils, qui faisait le pied de grue depuis le matin devant le commissariat du Vème arrondissement, où 88 de ses camarades étaient en GAV depuis le matin, après avoir manifesté contre la guerre à Gaza.

(Commissariat du 5ème qui abrite depuis 1975 le musée de la Préfecture de police de Paris, créé en 1909 par le préfet Lépine...)

J’ai beau lui avoir distillé les préceptes de Victor Serge, en plein partiels, je préfère être à la maison si par malheur il se faisait "nasser".

En outre j’avais prévu ce soir de tester une recette de tagine de poulet au citron au four (excellent, merci Marmiton), avant que de rattraper mon retard de podcast puisque France Culture a eu l’excellente idée de découper en quinze épisodes Le Hussard sur le toit.

Enfin la dernière fois qu’une télé m’avait envoyé un VTC pour aller sur un plateau à Boulogne, le chauffeur, un sympathique maghrébin septuagénaire m’avait bassiné tout au long du parcours en essayant de me convaincre d’inciter mon fils à imiter le sien qui, après avoir ouvert une boutique en ligne sur les internets, se dorait au soleil avec sa chérie à Dubaï.

Et voilà pourquoi j’ai décliné, on le comprendra, l’invitation de France Info.

Mon score de « bon client » va gravement en pâtir.

On s’en fout.

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