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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
2024-05-27
REMOUS
par Marc Laimé, lundi 27 mai 2024 @ 19:03

Les eaux européennes sont massivement contaminées par un produit chimique très persistant, l’acide trifluoroacétique (TFA). Le Réseau européen d’action sur les pesticides (PAN Europe) et ses membres, dont Générations Futures en France, ont analysé 23 échantillons d’eau de surface et six échantillons d’eau souterraine provenant de dix pays de l’UE à la recherche de ce produit et publient ce lundi leurs conclusions dans un rapport.

Cet acide qui peut provoquer des brûlures de la peau et qui est nocif pour les organismes aquatiques est issu de la dégradation de PFAS, surnommés « polluants éternels ». largement utilisés depuis les années 1950 dans divers domaines industriels comme les engrais et produits de consommation courante en raison des vertus antiadhésives, imperméabilisantes et résistantes aux fortes chaleurs.

Résultat : « l’ampleur de la contamination est alarmante et appelle une action décisive », écrivent les associations. « La pollution augmentera de jour en jour si des mesures décisives ne sont pas prises pour réduire les apports de TFA, en premier lieu par une interdiction rapide des pesticides PFAS et des gaz fluorés », pointe le rapport.

L’analyse, menée par le Centre technologique de l’eau de Karlsruhe, met en évidence la présence de TFA « dans tous les échantillons d’eau », avec des concentrations allant de 370 nanogrammes par litre (ng/l) à 3 300 ng/l. Elles sont importantes dans des cours d’eau comme l’Elbe en Allemagne, la Seine, l’Oise et la Somme en France ou la Mehaigne en Belgique.

« 79 % des échantillons présentaient des niveaux de TFA supérieurs à la limite de 500 ng/l proposée par la directive européenne sur l’eau potable pour l’ensemble des PFAS », note le rapport.

Toutefois, le TFA n’est pas spécifiquement réglementé actuellement : il est classé comme « non pertinent » par les autorités européennes et échappe donc au seuil (100 ng/litre) limite pour certains pesticides et produits issus de leur dégradation dans les eaux souterraines.

Un choix que regrettent les associations, pointant sa persistance dans l’environnement, l’impossibilité de s’en débarrasser avec les procédés de traitement de l’eau potable habituels et un « profil toxicologique qui laisse encore de nombreuses questions sans réponse ».

Les associations mettent en avant une étude ayant conclu à « des malformations oculaires » chez des lapins « ayant reçu du TFA ». Mais, il n’existe pas à ce stade d’étude sur l’homme.

« La pollution augmentera de jour en jour si des mesures décisives ne sont pas prises pour réduire les apports de TFA, en premier lieu par une interdiction rapide des pesticides PFAS et des gaz fluorés », pointe le rapport.

Une présentation vidéo très pédagogique sur les PFAS par Générations Futures

 Qu’est-ce que les PFAS ?
 Utilisations des PFAS
 Expositions, risques environnementaux et sanitaires
 Etat des lieux de la réglementation
 Quelles actions possibles ?

https://www.eau34.org/2024/05/27/pollution-des-eaux-par-les-pfas/

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2024-05-19
REMOUS
par Marc Laimé, dimanche 19 mai 2024 @ 08:28

Le site d’investigation breton vient d’illustrer le scandale de la substitution du NODU par un nouveau référentiel européen, que vient d’acter le gouvernement Attal.

"L’interdiction de certains pesticides n’a pas entraîné de baisse de l’écotoxicité des cours d’eau bretons entre 2012 et 2021. C’est ce que montre l’analyse statistique réalisée par Akwari Coop pour Splann ! Les molécules retirées de la vente ont été remplacées par des substances nouvelles, jusqu’à leur propre interdiction. Une stagnation qui échappera au nouveau plan Ecophyto 2030.

L’écotoxicité est la mesure de l’impact des substances toxiques sur les organismes vivants dans divers écosystèmes. L’indice pesticides dans les cours d’eau (IPCE) a été développé dans le cadre du plan Ecophyto pour mesurer la contamination chronique des cours d’eau.

S’appuyant sur sa méthodologie, le data scientist Vincent Berionni, docteur de l’École Polytechnique dans le domaine de la modélisation en sciences physiques et fondateur de la société Akwari Coop, a analysé les données de 161 pesticides sur 7100 stations de mesures en France, dont 463 en Bretagne (Loire-Atlantique comprise) entre 2011 et 2021.

« Derrière cette apparente stabilité se cache un véritable chassé-croisé des pesticides », observe Vincent Berrioni, qui a accepté de réaliser pour Splann ! un zoom sur la situation bretonne."

Lire la suite :

https://splann.org/pesticides-ecotoxicite-rivieres-bretagne/

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2024-05-18
REMOUS
par Marc Laimé, samedi 18 mai 2024 @ 08:50

Plus d’un quart des stations de contrôle des nappes phréatiques en France, première source d’eau potable du pays, ont mesuré une contamination de l’eau au-dessus des normes environnementales pour au moins une substance depuis 2016, selon une enquête du journal Le Monde publiée le 15 mai 2024.

Sur près de 24700 stations de contrôle des nappes phréatiques, 6900, soit 28%, ont enregistré au moins un dépassement des valeurs seuils de qualité environnementale entre 2016 et 2023

Ce travail a été réalisé dans le cadre du projet "Under the surface", mené avec six médias européens, à l’initiative du média en ligne espagnol Datadista.

Le Monde s’est concentré sur une liste d’environ 300 contaminants, incluant pesticides, nitrates, solvants, bisphénol A, certains PFAS (dits "polluants éternels") ou encore médicaments.

En combinant les données de la période 2016-2021 envoyées par les autorités françaises à Bruxelles et celles de la Banque nationale d’accès aux données des eaux souterraines (Ades), qui s’étendent jusqu’à 2023, le quotidien dresse une cartographie "molécule par molécule" de la pollution des nappes en France, qui fournissent deux tiers de l’eau potable.

Résultat : "La pollution est partout ou presque et certaines stations de mesures enregistrent des dépassements pour plusieurs molécules – jusqu’à une trentaine pour des captages de Limésy (Seine-Maritime), Choye (Haute-Saône) et Baulny (Meuse)", note-t-il.

Les pesticides, première source de contamination des eaux souterraines, ont été détectés dans 97% des stations et ont dépassé les normes dans près de 20% d’entre elles, situées en majorité dans les grandes plaines céréalières du nord de la France (Beauce, Picardie, Champagne), où les traitements phytosanitaires sont plus fréquents.

Les mesures révèlent aussi la persistance dans les nappes de molécules pourtant interdites depuis des décennies. C’est le cas de la chlordécone, en Martinique et en Guadeloupe, utilisée jusqu’en 1993 dans les bananeraies malgré son classement comme cancérogène possible dès 1979. Trente ans plus tard, les seuils sont encore dépassés.

C’est aussi le cas de pesticides bannis récemment. Les deux métabolites (sous-produits) de la chloridazone, un herbicide employé pour la culture des betteraves jusqu’en 2020, dépassent la norme de qualité dans plus de 1.700 stations de mesures (18% des stations où ils ont été recherchés), surtout dans les Hauts-de-France.

Les polluants d’origine industrielle dépassent les concentrations maximales dans 460 stations, principalement dans des bassins industriels des Hauts-de-France, du Centre ou du Lyonnais. Le trichloréthylène et le tétrachloroéthylène, classés cancérogènes probables, figurent parmi les substances les plus mesurées.

Le Monde identifie également des dépassements pour les principaux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des polluants présents dans le goudron des routes ou générés lors de la combustion incomplète du charbon, du bois ou du carburant

Cette cartographie a "toutefois des limites", note le quotidien, puisque toutes les molécules ne sont pas recherchées partout de manière régulière. Par ailleurs, pour de nombreux polluants industriels, comme le bisphénol A, certains PFAS ou encore les médicaments, les autorités n’ont pas fixé de valeurs seuils. Ces mesures démontrent toutefois "l’ampleur d’un problème longtemps ignoré - et qui ne va faire que s’aggraver", met en garde le journal.

Ces eaux souterraines alimentent les cours d’eau et les sources, où les pollutions "ressurgissent", déclare dans l’article Florence Habets, directrice de recherche au CNRS. "Nous, humains, on peut traiter nos eaux dans une certaine mesure, mais la biodiversité va continuer à être touchée", s’inquiète la scientifique.

Source :

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2024/05/15/explorez-notre-carte-inedite-de-la-pollution-des-eaux-souterraines-en-france_6233388_4355770.html

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2024/05/15/comment-le-monde-a-cartographie-la-pollution-des-eaux-souterraines_6233362_4355770.html

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2024-05-17
REMOUS
par Marc Laimé, vendredi 17 mai 2024 @ 11:19

Une réjouissante parodie chantée pour "gnasgnasgnas" Hidaldo et "cacou" Macron...

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2024-05-13
VAGUES
par Marc Laimé, lundi 13 mai 2024 @ 06:12

Dans un entretien publié le 10 mai par le Nouvel Obs, l’ancien maire-adjoint au Grand Paris de Bertrand Delanoé évoque l’ouvrage Les naufragés du Grand Paris Express, dans lequel la géographe Anne Clerval et la journaliste Laura Wojcik déshabillent le colossal chantier dit du « siècle » du Grand Paris Express.

Soit 200 km de lignes nouvelles de métro, quatre lignes automatiques (15, 16, 17 et 18) deux extensions, celles de la 11 et de la 14, et au bout des rails 186 projets urbains qui sont engagés dans les 35 quartiers entourant les nouvelles gares à̀ livrer d’ici à 2025.

A la clé : 84 000 logements nouveaux et 2,5 millions de m2 de bureaux. Entreprise gigantesque pour réorganiser une métropole patatoïde minée par des pouvoirs éclatés et des inégalités de territoires.

Pour quels résultats espérés ?

Les deux auteurs ont des partis pris urbanistiques revendiqués mais aussi une connaissance concrète et détaillée des effets réels enregistrés. A chaque réaménagement urbain de la métropole parisienne, celle de 1860 puis celle de l’après-guerre et des villes nouvelles avec Paul Delouvrier, la dynamique réformiste provoque des effets pervers semblables. L’éloignement des populations précaires et démunies un peu plus loin des nouveaux centres d’échange, et la gentrification des nouveaux quartiers servis par les transports.

C’est surtout la méthode que dénoncent aujourd’hui avec le plus de force les auteurs : une « machinerie inhumaine qui broie les destins des individus ». « 

L’expropriation pour cause d’’utilité publique’ manifeste alors sa violence et son manque de considération pour les individus concernés ». Nous avons demandé à Pierre Mansat, l’ancien adjoint chargé du Grand Paris sous la mandature Delanoë de lire le livre et de nous faire part de ses réactions.

Guillaume Malaurie : Un travail utile ? Rare en tout cas !

Pierre Mansat : Les deux ! Le livre est particulièrement bien documenté et Anne Clerval fait œuvre utile dans le sillage de son ouvrage précédent Paris sans le peuple [La découverte 2016]. Il faut le souligner avec force car cet ouvrage est quasi unique. A ma connaissance, il n’y a aucune publication académique récente sur Paris, les banlieues, le « Grand Paris » à l’exception de l’ouvrage dirigé par Patrick Le Galès Gouverner la métropole parisienne [Sciences Po éditions].

GM : La critique la plus sévère des Naufragés du Grand Paris vise les prises de décision autoritaires, unilatérales…

PM : C’est un éclairage tout à fait pertinent. Ce grand projet d’Etat se borne à une concertation a minima : [15 000 participants aux réunions de l’enquête publique sur le Grand Paris Express sur une aire métropolitaine de 17 millions d’habitants] Et les méthodes font effectivement preuve de brutalité dans les relations avec les habitants impactés par le projet.

GM : Venons-en au second chapitre du livre sur « les enjeux du Grand Paris dans la métropolisation ».

PM : Là aussi, le travail est très fouillé et constitue une base aux échanges dont je discute cependant plusieurs points. Je pense qu’il y a une sous-estimation de l’enjeu sur les transports du quotidien de millions d’usagers. Depuis la ligne 14 (parisienne) aucun projet de transport d’ampleur n’avait été réalisé alors que la métropole et ses relations domicile-travail, s’est profondément modifiée. La nécessité d’une ligne de métro en rocade qui apparaît dès le Livre blanc de l’Île-de-France (1989) est défendue par la RATP au début des années 2000 (Marsaud, Auzannet). Grâce à Christian Blanc, ce projet est mis sur les rails, et c’est l’intervention des élus locaux qui transforme le schéma initial [métro automatique, 40 km/heure, quelques gares, Roissy/Orly] en un réseau maillant finement la « première couronne ». A mes yeux, c’était une impérieuse nécessité et pas une folie des grandeurs pour une aire métropolitaine qui crache 800 milliards d’euros de PIB par an !

GM : L’autre grand sujet du livre, c’est la gouvernance métropolitaine. D’ailleurs peut-on vraiment parler de gouvernance ?

PM : Là, je rejoins sans ambages la critique des auteurs. Si les forces du marché peuvent s’imposer dans cette métropole mondiale c’est justement parce qu’il n’y a pas eu, qu’il n’y a pas de « projet ». A aucun moment, il n’a été possible d’ouvrir un vaste débat démocratique sur le futur de la société urbaine et les élections régionales et municipales ont fait l’impasse sur le sujet, toutes forces politiques confondues. Il faut tout de même se rendre compte que « les soixante-huit futurs quartiers de gare cumulent une surface totale d’environ 13 600 hectares. Cela représente plus de 16 % du territoire de la Métropole du Grand Paris et 20 % de ses habitants actuels ». Or encore une fois, leur destination finale (logements, équipements, bureaux) n’a fait l’objet d’aucun travail collectif, d’aucun débat à l’échelle métropolitaine.

GM : Vous dénoncez le fait que ce sont les communes qui, chacune dans leur coin, ont fait valoir leur intérêt local sans que ne s’impose une vision d’intérêt général sur la métropole.

PM : Oui le communalisme a le vent en poupe. Et la balkanisation des arbitrages aboutit souvent à la solution du plus petit dénominateur commun. La Métropole du Grand Paris (MGP) n’est en rien une nouvelle gouvernance métropolitaine. Elle n’a aucune compétence à l’exception de l’élaboration de deux documents d’urbanisme, compilation des demandes des communes. Elle n’a aucune ressource. Elle ne sert à rien, ni en bien, ni en mal.

Souhaitons que le livre d’Anne Clerval soit repris pour alimenter le débat essentiel sur notre futur urbain. Pour ma part je tente d’y contribuer par un texte à paraître dans l’ouvrage collectif à venir Pour en finir avec le petit Paris, Archity Éditions

* Editions La Découverte. 20.50 €. 256p

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2024-05-12
VAGUES
par Marc Laimé, dimanche 12 mai 2024 @ 09:42

Plusieurs ouvrages, tout justes parus ou à paraître renouvellent l’approche critique sur le plus grand chantier de la fin du XXème et du début du XXIème siècle.

 »Paris n’est plus une fête », Hacène Belmessous, Les voix urbaines - Editions.

« Il y a longtemps que Paris n’est plus une fête. Lorsque la ville, comme les représentants de l’État, habille les Jeux olympiques d’une tenue d’apparat festive, le bruit de la caisse de résonance médiatique, toute dévolue à cette image d’un Paris radieux, ne doit pas nous leurrer. Cette « fête » olympique dans l’espace parisien célèbre exclusivement l’ordonnancement de la capitale selon les principes néolibéraux. Le divertissement de l’entreprise CIO sera aux mains d’une cour de tout- puissants, au sein de laquelle les sponsors honoreront de leur générosité spéculative une mise en scène où les possédants donneront Paris en spectacle au peuple. Après trente années d’un capitalisme qui a configuré l’urbanisme de la capitale pour l’arracher définitivement à la démocratie citoyenne, ces Jeux forment le dénouement de ce processus de mise à distance de l’espace démocratique. La majorité municipale et l’État ont redoublé d’efforts pour mettre en œuvre cette entreprise idéologique sans jamais l’ouvrir au débat. En consacrant par le vote d’une loi en mars 2018 cet événement comme un « projet d’intérêt national », une sorte d’instruction spéciale pour empêcher tout débat démocratique, ils se sont assurés de ne subir aucune résistance citoyenne. »

(…)

« Il faut donc regarder le réel en face. Paris fêtera durant l’été 2024 son nouveau régime idéologique en matière d’urbanisme. Et les formules assénées régulièrement sur le Paris de l’hospitalité – une pure construction sémantique – ou sur le Paris participatif et citoyen – un cirque démagogique quand les affaires publiques se négocient dans les coulisses – dressent un plan de table où la démocratie est une chose abstraite : des mots, des intentions, des intonations. Ce Paris réinventé satisfait les acteurs économiques et financiers, leur besoin d’en épuiser les profits là où le foncier constitue une niche spéculative : les arrondissements centraux et les secteurs en cours de gentrification ».

« Paris n’est plus une fête », Hacène Belmessous, Les voix urbaines - Editions.

https://www.librest.com/livres/paris-n-est-plus-une-fete-hacene-belmessous_0-11045665_9782959126307.html?ctx=355605e290c1fdc7525493f7c9994e45

Lire aussi :

 Les naufragés du Grand paris Express Anne Clerval LauraWojcik Zones. Editions La Découverte. 20.50 €. 256p

 En finir avec le Petit Paris. Archity éditions, Ouvrage collectif, sortie 1er septembre.

 Hérodote N° 193 : « Géopolitique du Grand Paris », en vente le 16 mai.

En juin 2024 sera inaugurée, entre Paris et Orly, la première ligne du Grand Paris Express, un nouveau métro automatique de 200 kilomètres, le plus grand projet de ce type en Europe. Quatre autres lignes seront mises en service dans les dix ans à venir. Les projets urbains se multiplient autour des futures stations. Quels impacts ce gigantesque projet aura-t-il sur l’agglomération francilienne et sa société : aggravation de la gentrification ? Densification de la banlieue proche ? Urbanisation de nouvelles surfaces agricoles ? Quels conflits suscite-t-il ? Quel bilan tirer de la création en 2016 de la Métropole du Grand Paris (7 millions d’habitants) ? Rebat-elle les cartes du pouvoir, entre l’État, la Région, la Ville de Paris et les autres communes ? Ou n’est-elle qu’un leurre, préservant les positions de pouvoir existantes ? C’est à ces nombreuses questions que tentent de répondre les articles de ce numéro.

Éditorial. Une géopolitique du Grand Paris, Philippe Subra

11 - Comment les maires ont tué la Métropole du Grand Paris,
Simon Ronai

29 - La résilience de la banlieue bleue dans le Grand Paris,
Tangui Pennec

51 - Retour sur ces évènements qui ont marqué l’histoire géopolitique du Grand Paris (xixe-xxe siècles), Emmanuel Bellanger

71 - Le Grand Paris Express, du conflit au consensus, Philippe Subra

87 - Un équipement métropolitain sous tension, l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle, Laurent Terral

107 - L’automobile, objet géopolitique, une lecture des débats sur la place de la voiture dans la région francilienne, Hadrien Commenges, Jean Debrie et Juliette Maulat

125 - Le logement en région parisienne, une faillite institutionnelle et un enjeu démocratique, Frédéric Gilli

141 - Le Grand Paris Express, une politique de gentrification ?
Anne Clerval avec Laura Wojcik

161 - « Les quartiers en rénovation urbaine sont les seuls lieux où l’ascension sociale fonctionne encore », Entretien avec Patrick Braouezec

171 - « La Seine-Saint-Denis, même gentrifiée, restera un territoire d’accueil des populations défavorisées et étrangères », Entretien avec Stéphane Troussel

179 - EuropaCity, Paris-Saclay, réaménagement de la gare du Nord, retour sur trois conflits d’aménagement majeurs des années 2010-2023, Philippe Subra

195 - « Il faut créer une région/métropole capable de piloter l’aménagement dans toutes ses dimensions », Entretien avec Pierre Veltz

211 Résumé, Abstracts

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2024-05-09
REMOUS
par Marc Laimé, jeudi 9 mai 2024 @ 08:09

La chaîne publique d’information en continu m’a invité tout à trac, en ce paisible mercredi de l’Ascension à venir le soir même débattre quarante minutes durant de la « baignabilité » de la Seine, sur son plateau à 22h00, avec un jeune et valeureux nageur, qui s’avère être le fils, tout juste majeur, de la maire de Paris. Pourquoi nous avons décliné l’invitation.

Jeudi 14h29, driing, je profite du « pont » pour rédiger quelques posts en retard pour mon blog, quand mon smartphone sonne le tocsin. Je ne m’en sers jamais mais j’ai du l’acheter pour pouvoir acquérir des billets de train, depuis que ma banque, qui a installé six protocoles de sécurité pour les paiements en ligne, me contraint de pouvoir recevoir des SMS, avant de valider la transaction, misère…

Bref, quèsaco ? France Info me demande toutes affaires cessantes de venir débattre le soir même sur son plateau avec le jeune fils de Mme Hidalgo, nageur émérite, de la « baignabilité » de la Seine. Le SMS ne précise pas qu’il s’agit du fils d’Anne Hidalgo, mais comme nos dossiers sont à jour j’ai en mémoire la descente de la Seine l’an dernier par le jeune homme, sous les applaudissements des gazettes et des télés énamourées.

OK boomer, je suis fait comme un rat. Si j’y vais je vais avoir affaire à un ambianceur (le présentateur ou la présentatrice) qui n’y connaissant évidemment rien va gentiment décliner la propagande (mensongère) de la bande à baignades de la mairie, et à notre jeune nageur émérite, ci-devant fils de notre maire, qui va tout aussi gentiment défendre le grand projet de sa maman.

Comme ça fait des années que je tire à boulets rouges sur ces ces folies extravagantes je vais bien évidemment en remettre une couche, me transformant immanquablement en vieux ronchon aigri en face de nos deux jeunes ravis de la crèche, vieux ronchon ("gnasgnasgnas" comme le disait Mme Hidalgo la semaine dernière) évidemment inspiré par de ténébreuses arrière-pensées téléguidées par Lerusses, les islamo-gauchistes ou je ne sais qui…

Et ici nulle machination, pas l’ombre d’un complot, l’ordinaire et banale mécanique de l’info "en continu"...

Bon, en vrai çà je m’en moque, mais il est un principe incontournable : on ne reproche pas aux enfants les fautes de leurs parents. Donc nous n’accablerons pas le jeune Arthur Germain qui n’est pas responsable des bêtises de sa maman et à bien le droit de défendre son grand œuvre, ce qui nous le rend d’ailleurs plutôt sympathique.

En plus j’attendais aussi le retour de mon fils, qui faisait le pied de grue depuis le matin devant le commissariat du Vème arrondissement, où 88 de ses camarades étaient en GAV depuis le matin, après avoir manifesté contre la guerre à Gaza.

(Commissariat du 5ème qui abrite depuis 1975 le musée de la Préfecture de police de Paris, créé en 1909 par le préfet Lépine...)

J’ai beau lui avoir distillé les préceptes de Victor Serge, en plein partiels, je préfère être à la maison si par malheur il se faisait "nasser".

En outre j’avais prévu ce soir de tester une recette de tagine de poulet au citron au four (excellent, merci Marmiton), avant que de rattraper mon retard de podcast puisque France Culture a eu l’excellente idée de découper en quinze épisodes Le Hussard sur le toit.

Enfin la dernière fois qu’une télé m’avait envoyé un VTC pour aller sur un plateau à Boulogne, le chauffeur, un sympathique maghrébin septuagénaire m’avait bassiné tout au long du parcours en essayant de me convaincre d’inciter mon fils à imiter le sien qui, après avoir ouvert une boutique en ligne sur les internets, se dorait au soleil avec sa chérie à Dubaï.

Et voilà pourquoi j’ai décliné, on le comprendra, l’invitation de France Info.

Mon score de « bon client » va gravement en pâtir.

On s’en fout.

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2024-05-08
REMOUS
par Marc Laimé, mercredi 8 mai 2024 @ 08:43

Depuis 50 ans, les orages d’été traumatisent les riverains du Rû de Chantereine à Brou, soit plus de 30 inondations, dont la cause n’est pas reconnue par les responsables locaux, prônant des projets orientés vers l’infiltration des eaux inefficace, et l’attente rituelle de futures études.

« Quatre études diligentées dans le passé étaient partielles, largement inexactes, mal relues…

En dépit de l’urbanisation permanente de cette banlieue depuis 1950, les mesures qui permettraient d’endiguer réellement ces sinistres à répétition n’ont jamais été mises en œuvre.

Il faudrait par exemple effectuer une visite et un curage de 1600 mètres du lit du Rû, où des eaux usées ont sédimenté, produisant des gaz toxiques H2S et CH4, dont 300 mètres en tunnel obstrué dans le triage SNCF de Vaires (77), jamais visité ni curé depuis 1930, véritable égout qui se déverse dans la Marne et la Seine à 25km de Paris…

Pour en finir avec les inondations, il faudrait pratiquer une gestion hydraulique qui intègre les effets arithmétiques de l’urbanisation, en tenant compte (jamais fait ni reproduit par calculs à ce jour) de la cause hydraulique des premiers débordements lors de chaque inondation, débordements toujours situés dans le tronc commun de 1000 mètres à 1600 mètre évoqué ci-dessus.

Ce tronc commun qui collecte les eaux du bassin du Rû avec ses 4km2 imperméabilisés produit 40 000m3 d’ eau par 10mm de pluie d’ orage.

Il se termine par un bouchon ou gicleur (terme d’ hydraulicien) : le Triple Pont sous la D34A / Zone Industrielle de Chelles, dont la partie la plus étroite a plus de 100 ans.

Avant ce pont 1000 mètres sans pente, artificialisés depuis 1930 par dérivation et construction du triage SNCF.

Juste après ce triple pont (plan disponible : avec une grille qui s’obstrue détruite par la poussée hydraulique), l’ écoulement devient torrentiel jusqu’à la Marne, sur 500 mètres avec une pente 24 fois plus élevée que sur les1000 mètres qui précèdent le triple pont.

Il suffirait de 50 mètres de buses à placer parallèlement au triple pont pour augmenter le débit (du pont) d’au moins 2m3/seconde, ce qui pour une inondation de 3 heures serait 36 fois plus efficace qu’un petit bassin de rétention de 600m3 construit récemment dans la Zone industrielle.

Les buses seraient à écoulement gravitaire, alors que le bassin nécessite énergie de pompage, surveillance et entretien réguliers.

Ces éléments ne sont pas pris en compte, lors même que les services responsables multiplient :

 des promesses de prochaines études (mais les précédentes avec données chiffres/dimensions fausses ne reproduisaient pas les premières inondations produites sur les 1000/1600m comme ci-dessus) ;

 des promesses de "solutions douces non chiffrées" à l’efficacité très improbable : calculs à fournir tenant compte des zones d’ origine des forts débits d’ eau, par rapport à la localisation de ces solutions douces... trop en amont sur le cours du Rû.

 dans les revues locales des déclarations comme "L’assainissement fait ses Devoirs", alors que les différents services concernés refusent le dialogue avec les habitants sinistrés locaux, qui vivent et documentent les inondations depuis 1976, alors que les responsables changent tous les 5 à 10 ans sans connaissance locale, en méconnaissant les constatations des années 80 à 2000, par exemple faites en coopérant avec la DDE et la SNCF, qui acceptaient d’ agir ponctuellement.

Nous avons exposé ces éléments à toutes les autorités locales, Préfecture du 77 et Police de l’Eau.

Aucune ouverture à l’horizon.

L’exutoire du Ru de Chanteraine se trouve à quelques dizaines de mètres en amont et à quelques centaines de mètres en aval du site olympique de Vaires-sur Marne. Dès l’été dernier les épreuves de natation en eau vive avaient été supprimées. Le Président de la république et la maire de Paris s’y baigneront-ils ?

Nous tenons à disposition le plan détaillé et annoté du Triple Pont et pouvons aussi organiser une courte visite du site sur 1000 mètres après le triage, en ZI de Chelles, jusqu’au Triple Pont. »

(*) Frédéric Sohn est président du comité de défense des Riverains du Rû de Chantereine.

Pierre Izembart, est membre du Collectif des Sinistrés de Brou-sur-Chantereine.

Lire aussi :

 Seine-et-Marne : un exemple apocalyptique de gestion des eaux pluviales urbaines

https://www.eauxglacees.com/Seine-et-Marne-un-exemple

Les eaux glacées du calcul égoïste, 20 janvier 2022.

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2024-05-06
REMOUS
par Marc Laimé, lundi 6 mai 2024 @ 11:18

Depuis plus de huit mois des fuites d’eau potable ont été identifiées par les habitants du hameau dit « Mas Roue le Boulou. » Celles-ci semblent laisser indifférents les collectivités locales alors que le département est touché par une sécheresse endémique sans précédent.

A l’origine, le clientélisme catalan accorde dans les années 70 une dizaine de permis de construire à des aspirants à la propriété, sans accès à l’eau potable. Quelques puits suffisaient, mais ils sont aujourd’hui taris. Un accord est trouvé dans les années 80 entre la commune du Boulou et sa voisine de Montesquieu des Albères pour pour alimenter, via le réseau de Montesquie des Albères, ces mas isolés qui ne constituent pas un lotissement.

La commune du Boulou s’est développée de manière anarchique mais lorsque l’on étudie la carte, on ne comprend pas pourquoi la commune n’a pas étendu son réseau jusqu’à ces dix mas ce qui paraît, à première vue, plus simple que le réseau actuel en amiante-ciment de Montesquieu des Albères qui passe sous la voie express qui borde le hameau de dix mas.

Des compteurs individuels appartenant à la collectivité ont été placés chez chaque habitant. Quand les fuites apparaissent les habitants s’engagent à réaliser eux-mêmes des travaux puisque les deux communes refusent d’intervenir, et sollicitent des devis auprès de sociétés locales du BTP, mais le montant des devis est astronomique…

Figure du collectif informel d’habitants qui a vu le jour, Jacques Moya, jeune retraité, commandant de la caserne des pompiers du Boulou, est l’ancien responsable départemental de la sécurité incendie du domaine forestier.

Il a identifié de nouvelles fuites et réalisé des fouilles impressionnantes à la main. On peut observer le débit de fuite et les états de dégradation de la canalisation en amiante-ciment principale qui passe sous la voie express.

La rumeur publique nourrit la confusion en reportant la responsabilité sur les dix habitants de ce hameau, prétextant que cette responsabilité relève du privé et qu’il s’agit d’un lotissement privé. Propos totalement infondés. Entretenir cette confusion permet aux collectivités locales de ne pas agir, empêtrées dans un imbroglio historique de clientélisme, d’irrégularités face à la loi, de refus de responsabilité.

Aujourd’hui encore, des fouilles restées ouvertes mettent à jour une fuite importante et des fissures sur la conduite mère en amiante-ciment qui passe sous la voie express qui relie Le Boulou à Argelès.

La différence de volume de consommation du compteur général du quartier de la Roue de la COM.COM. d’Argelès avec les relevés des compteurs chez les dix habitants révèle un volume de plusieurs milliers de m3 qui ne cesse de croître.

Aucune facture individuelle n’a été émises par la collectivité d’Argelès en régie publique. Libre aux habitants de se répartir la somme à payer au prorata de la consommation de chacun à partir des relevés pris sur les compteurs individuels en location appartenant à la collectivité. Le Trésor Public d’Argelès ne cesse de harceler de la manière la plus odieuse les habitants du hameau réclamant le paiement du montant relevé sur le compteur-mère… incluant les fuites du réseau.

Cette situation ubuesque surgit au coeur de la sécheresse endémique que connaît le département des Pyrénées Orientales. Les collectivités locales ne semblent pas en capacité de prendre la mesure de la situation et continuent à nourrir la spéculation foncière (projet de golf à Villeneuve de la Raho, à Thuir, etc.)

Aucune reconsidération des usages et des modes de gestion de l’eau ne sont envisagées.

Seul le changement dans la continuité sous forme de fuite en avant est promu : réutilisation des eaux usées aux coûts astronomiques et aux effets dérisoires à Perpignan et Canet, retour sur les vieilles lunes du projet Aqua Domitia de transfert d’eau du Rhône, taux de fuite des réseaux de distribution de l’eau potable avoisinant les 40 millions de m3, mainmise de Veolia, qui se frotte les mains, sur l’ensemble du département…

https://www.leparisien.fr/pyrenees-orientales-66/la-station-depuration-de-saint-cyprien-dans-les-pyrenees-orientales-va-pouvoir-fournir-1-milliard-de-litres-deau-reutilisable-06-05-2024-4QTZ6XDOKFDGRB3SQP6ZXI53LU.php

La visite toute récente du ministre Christophe Bechu et ses déclarations qui ont suivi sont déconnectées du terrain comme le montre ce sac de noeuds du hameau du Boulou qui ne constitue que la partie émergée de l’iceberg.

Actualisation 6 mai 2024 :

La Sous-Préfète vient d’adresser une convocation aux collectivités impliquées ainsi qu’au « porte- parole » (bien qu’il s’en défende) du collectif. La préfecture de Perpignan sera aussi présente. Le RDV est prévu pour le 22 ma

Voir le récent courrier du collectif d’habitants aux autorités :

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FLUX
par Marc Laimé, lundi 6 mai 2024 @ 10:23

Publiée le 30 avril au JOUE, la Directive (UE) 2024/1203 du Parlement européen et du Conseil en date du 11 avril 2024, « relative à la protection de l’environnement par le droit pénal, remplace les directives 2008/99/CE et 2009/123/CE.

Avant le 21 mai 2026, cela conduira dans les Etats membres (à quelques détails près notamment pour l’Irlande et le Danemark) :

• à de nouvelles infractions (trafic sur la déforestation importée, captages d’eaux illégaux dans certains cas graves, infractions graves sur certains produits chimiques...). L’écocide en tant que tel n’est toujours pas reconnu, sur fond de débat entre les tenants de cette infraction et ceux pour qui celle-ci est inutile en droit.

• à des peines aggravées dans certains cas (notamment pour les personnes morales ; nouvelle liste de circonstances aggravantes....).

• à l’obligation pour les Etats de bâtir une stratégie nationale de lutte contre les infractions environnementales avant le 21 mai 2027.

Voir :

https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=OJ:L_202401203

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