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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
Que Choisir : une opération de basse police contre des militants défenseurs d’une gestion publique de l’eau
par Marc Laimé, 28 avril 2010

« Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ! ». Les centaines de milliers de lecteurs et lectrices de l’édition de mai 2010 du mensuel de défense des consommateurs Que Choisir, qui a publié ces dernières années plusieurs enquêtes fracassantes dénonçant des surfacturations imputées aux majors françaises de l’eau, ne vont pas en revenir. Que Choisir publie en effet une « enquête » d’un journaliste pigiste, qui « révèle », selon la formule consacrée, que plusieurs militant(e)s, et personnalités engagées en France en faveur de la gestion publique de l’eau entretiendraient des relations (forcément coupables) avec au moins un représentant du groupe Suez-Lyonnaise des eaux, ici opposé à Veolia… Le but de la manœuvre ? Jeter la suspicion sur l’honnêteté d’une partie des militants français qui combattent depuis des années la marchandisation de l’eau en France et dans le monde. L’affaire intervient alors que le ban et l’arrière-ban des tenants de la marchandisation de l’eau préparent ardemment le 6ème Forum mondial de l’eau qui se tiendra à Marseille en mars 2012. Au moment aussi où Veolia et Suez s’affrontent ouvertement en France, à fleurets de moins en moins mouchetés. Au moment enfin où Que Choisir vient de connaître une grave crise interne, qui s’est soldée par la mise à l’écart de l’équipe créée par Alain Bazot, qui avait publié des enquêtes retentissantes sur le prix de l’eau en France. Comme nous sommes cités dans cette « enquête », en voici les coulisses, que ne vous racontera pas Que Choisir…

Ce n’est pas faute d’avoir averti mes camarades cités dans l’article de Que Choisir de faire attention, autrement dit d’envoyer balader le « journaliste » qui se présentait à eux, sous couvert d’effectuer une enquête pour Le Canard Enchaîné, Backchich, Rue 89, ou d’avoir « des révélations à faire sur le Sedif », comme il l’a assuré au cabinet d’Anne le Strat, adjointe au maire de Paris, pour tenter de forcer sa porte et d’obtenir un entretien, ce n’est pas faute de les avoir avertis, bien placé pour savoir que « même les paranoïaques » ont des ennemis… Bref, en pure perte, ils ne m’auront pas cru.

Ensuite un aveu, que dis-je, des aveux à la pelle. J’ai croisé, serré la main, discuté pas plus tard que la semaine dernière avec des représentants de Veolia, Suez, Saur, de la Cour des comptes, du Meeddm et tutti frutti, et cela m’arrive même assez souvent.

En revanche quand je suis contacté par un « journaliste » dont il m’apparaît assez vite qu’il poursuit possiblement des objectifs pas nets, a tchao bonsoir…

Voir ainsi mes échanges par mail avec l’auteur de « l’enquête » que publie Que Choisir :

OBJET : Demande d’interview

23 mars 2010, 17h39

Jean Moise BRAITBERG

brait2@wanadoo.fr

Monsieur,

Comme vous le savez peut-être, je prépare un article pour Que choisir sur les stratégies d’ingénierie sociétale mises en oeuvre par les marchands d’eau.

Nous nous sommes croisés en janvier à la maison de l’eau alors que je rencontrais Jean-Luc Touly mais nous n’avons pas pu discuter.

Je reviens donc vers vous après avoir parlé à Patrick du Fau de la Mothe, Anne Le Strat, Alexandre Brailowsky et Catherine Legna.

Je souhaiterais si possible m’entretenir avec vous d’ici la fin de cette semaine.

Vous pouvez me contacter au 06 17 05 64 8

D’avance merci pour votre compréhension.

Jean-Moïse Braitberg

2. Marc Laimé à Jean-Moïse Braitberg, 23 mars 2010

Cher Monsieur,

Pouvez-vous m’indiquer un contact à Que Choisir, avec qui je souhaiterais m’entretenir de cette enquête.

D’avance merci.

Bien cordialement.

ML

3. Jean-Moïse Braitberg à Marc Laimé, 24 mars 2010

Je ne comprends pas très bien le sens de votre requête, mais vous pouvez bien entendu contacter

Jean-Paul Geai, rédacteur en chef 01 44 93 19 00,

Patrick Potelet (Que Choisir Argent) 01 44 93 19 08,

et Arnaud de Blauwe, redac chef adj. 06 81 14 48 56 ou 01 44 93 19 15.

Merci de me tenir au courant de votre décision.

J-M. Braitberg

4. Marc Laimé à Jean-Moïse Braitberg (25-03-10)

Cher Monsieur,

J’ignorais jusqu’à votre message d’hier que vous effectuiez une enquête pour le magazine Que Choisir, et vous remercie des précisions que vous avez bien voulu m’apporter.

J’ai pour principe de m’entourer d’un minimum de précautions si je suis amené à m’exprimer sur un sujet qui peut engager, comme dans le cas présent, d’autres personnes que moi-même.

Je ne doute pas que vous partagiez ce scrupule et comprendrez que je souhaite prendre l’attache des personnes que vous mentionnez avant de revenir vers vous.

Bien cordialement

Marc Laimé

5. Jean-Moïse Braitberg à Marc Laimé (25-03-10)

Monsieur,

Malgré la réponse que j’ai apportée à votre requête, vous n’avez pas répondu à ma demande d’interview.

Faute d’une réponse d’ici la fin de cette semaine, je considèrerai donc votre absence de réponse comme une fin de non recevoir.

Je vous informe cependant que j’ai l’intention de citer votre nom dans mon article. Et ce, suite aux déclarations vous concernant qui m’ont été faires par Jean-Luc Touly, déclarations que j’ai pu confronter avec le point de vue d’ Alexandre Brailowsky, Partrick du Fau de Lamothe et Catherine Legna.

Veuillez agréer, monsieur, l’assurance de toute ma considération.

Jean-Moïse Braitberg

Une opération de basse police

Là, j’avais beaucoup rigolé. « Vous refusez de me parler, mais je citerai votre nom quand même, puisque j’ai parlé de vous avec vos amis et qu’ils m’ont dit des choses sur vous… »

Dans le genre, Monsieur Braitberg est mûr pour « Les Infiltrés »…

La déontologie de Que Choisir c’est plus ce que c’était ☺

D’abord, un journaliste n’use pas de fausses qualités, ici notre homme en a usurpé à la pelle pour arriver à ses fins.

Ensuite son dernier mot doux c’était quasiment du chantage : où tu me parles, ou je te balance…

C’est pas bô.

Bon, ça nous raconte quoi cette histoire ?

Certains lecteurs (et lectrices) nous reprochent parfois des renvois fréquents à une archéologie marxiste hors saison.

Mouais, relisez donc l’opus de Victor Serge : « Ce que tout révolutionnaire doit savoir de la répression », juste pour la culture générale, enfin CONTRE l’inculture générale, y compris celle de mes amis, qui sont bien placés pour savoir que je mitraille aussi dans mon camp…

Sur le fond cette offensive est logique, était prévisible, et n’atteindra pas ses buts.

Il s’agissait donc de faire apparaître, dans un savant salmigondis, Touly, Le Strat, Du Fau de la Mothe, Legna, Bourdon, Mme Mitterand, Laimé…, comme des battteurs d’estrade secrètement stipendiés par Suez, via Sacha « Mephistopheles » Braïlowski, ci-devant responsable de l’ingenierie sociétale chez Suez Environnement, que nous avons certes tous rencontrés, j’en atteste, dans telle ou telle circonstance, comme j’ai rencontré il y a quelques mois Henri Proglio à la fête de l’Huma, et encore je ne vous raconte pas tout ☺

Objectif : flinguer Touly, qui vient d’être élu conseiller régional d’Ile-de-France Europe écologie, et va siéger au Comité de bassin et à l’Agence de l’eau Seine-Normandie, cauchemar total pour André Santini.

Affaiblir en passant Anne le Strat, et ses coupables fréquentations avec cette brochette de douteux gauchistes.

Foutre le souk à la Fondation France-Libertés, histoire qu’elle arrête d’emmerder la terre entière avec le droit à l’eau et « Fuck les multinationales »…

Tacler Du Fau de la Mothe, qui a déjà fait perdre des centaines de millions d’euros à nos amis du Cartel.

Flinguer Laimé, qui a l’outrecuidance de dézinguer Veolia plus souvent que Suez…

Le tout parce que "Marseille 2012" çà devra être grande communion solennelle sans rien qui dépasse, et que tout ce qui pourra contribuer à balancer les emmerdeurs au fond du trou est bon à prendre.

Bon, ce n’est qu’un début, le pire est à venir.

L’enjeu de Marseille 2012 c’est l’hégémonie culturelle sur la question de l’eau, qui se construit via un lobbying effréné

Orsenna en Galilée, Fauchon prix Nobel de la Paix...

La "reconquista" : après la défaite de Cochabamba, la victoire à Marseille…

Comme nos amis du Cartel et les supporters de l’OM c’est kif-kif bourricot, vous apercevez que nous ne sommes pas vraiment sortis de l’auberge (rouge)…

Ah, oui, et l’article de Que Choisir ? Si nous le mettons en ligne, nous enfreignons le droit d’auteur et la propriété intellectuelle, mais nous ne nous inquiétons guère, il va être TRES largement diffusé...

impression

commentaires

1 Que Choisir : une opération de basse police contre des militants défenseurs d’une gestion publique de l’eau

Cher monsieur Laimé,

Les termes dans lesquels vous évoquez l’article que j’ai publié dans le dernier numéro de Que Choisir me conduisent à vous demander un droit de réponse que, je l’espère, vous aurez la courtoisie de publier. Je vous rassure, si vous ne le faites pas, je n’engagerai aucune poursuite à votre encontre.

"Calomnie" "basse police". La théorie du complot a encore de beaux jours devant elle. Il serait bien inutile d’essayer de vous convaincre de ma bonne foi et de l’absence de "manoeuvre" dans mon enquête. D’autant que vous êtes mieux placé que quiconque pour en connaître puisque vous avez personnellement assisté à une partie de l’entretien que j’avais eu à la maison de l’eau avec Jedan-Luc Touly le 4 février dernier. Rien ne vous empêchait, alors, d’intervenir en entendant Jean-Luc Touly proférer une incroyable série de mensonges sur son rôle de négociateur supposé et le vôtre entre Suez et différents acteurs politiques.
Par ailleur, étant vous-même journaliste pigiste, je ne vous apprendrai pas qu’il faut se battre pour vendre son travail et que si j’avais dans un premier temps effectivement envisagé de publier mon enquête dans Bakchich ou dans Charlie Hebdo, je n’ai jamais évoqué le Canard Enchaîné ou Rue 89. Quant à "forcer la porte d’Anne le Strat", c’est là une assertion totalement ridicule. D’abord parce que si un journaliste ne force pas les portes, je me demande bien comment il fait pour travailler. Ensuite parce que Anne Le Strat m’a confirmé qu’elle avait elle-même mis en garde Jean-Luc Touly et vous-même sur vos relations avec Alexandre Brailowsky. Elle a également évoqué, de même que Jean-Luc Touly - décidément intarissable lorsqu’il s’agit de balancer ses copains - le travail d’un proche de William Bourdon au profit de Suez, information que j’ai vérifiée mais dont je n’ai pas fait état, considérant que l’on était ici dans l’intention de nuire. De même, par déontologie aussi bien que par charité, n’ai-je pas évoqué bon nombre de faits peu glorieux concernant Jean-Luc Touly mais sans rapport direct avec l’objet de mon enquête.
Que mon article vous déplaise, j’en conviens aisément. Vous ne ferez cependant que difficilement l’économie d’une réflexion sur le sujet dont il traite et que vous vous gardez bien d’évoquer, à savoir le piège dans lequel tombent les défenseurs de l’eau publique lorsqu’ils se laissent séduire par le marketting sociétal des multinationales quant elles leur font croire qu’ils peuvent passer du statut d’acteurs citoyens à celui de négociateurs.
Jean-Moïse Braitberg

poste par Jean-Moïse Braitberg - 2010-04-28@12:45 - Répondre à ce message
2 Que Choisir : une opération de basse police contre des militants défenseurs d’une gestion publique de l’eau

FUD, un classique !

poste par Stéphane KÉRAIN - 2010-04-28@18:41 - Répondre à ce message
3 Que Choisir : une opération de basse police contre des militants défenseurs d’une gestion publique de l’eau

Tout d’adord je vous assure mon modeste soutien ainsi qu’a tous vos petits camarades.Quelle mouche a donc piqué le magazine Que choisir à se lancer dans une telle polémique bien loin des motivations premières de ce magazine.Relance des tirages ?Loupé Un lecteur de moins.Pour moi cet article n’a pas à sa place dans un magazine qui prétent défendre les consommateurs

Amicalement

poste par alexandre17 - 2010-04-29@10:50 - Répondre à ce message
4 Que Choisir : une opération de basse police contre des militants défenseurs d’une gestion publique de l’eau

En 35 ans de lecture régulière de la presse au sens très large, rarement vu une affaire aussi pitoyable.

Et ce Monsieur Braitberg de s’enfoncer tout seul avec ses dénégations et justifications. Navrant.

Doit-on rebaptiser le mensuel "Qui Choisir ?" ;-)

poste par P’tit Louis - 2010-05-4@10:40 - Répondre à ce message
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