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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
Misère des eaux souterraines en Tarn et Garonne, par Louis Coubès (1)
par Marc Laimé, 4 décembre 2011

Dans ce département, les eaux souterraines semblent ne pas exister. Est ce parce qu’on ne les voit pas ?

 « La décharge de Montech : à la fin du 20ème siècle on a installé une décharge d’ordures diverses de toute la région dans une nappe alluviale. L’ingénieur en charge des mines et de l’industrie de l’époque avait émis un avis formellement défavorable qui semblait sans équivoque, invoquant la présence d’une nappe aquifère à cet endroit. « On » a cru pouvoir passer outre. Depuis, les eaux cette nappe sont évidemment impropres à la consommation, dans un secteur bien peuplé et l’absurdité de la situation a nécessité d’ engager des travaux pharaoniques des barrages souterrains pour l’isoler, ce dispositif connaissant des problèmes en année de hautes eaux.

 Au cours des années 1990, l’Administration avait fait paraître un document d’état des lieux concernant les eaux du département ; il y était fait état des fleuves, rivières, ruisseaux, lacs mares et grenouillères, mais PAS UN MOT sur les eaux souterraines.

 Un projet régional de stockage de déchets spéciaux était paru concernant des sites proposés dans tous les départements ; celui du Tarn et Garonne concernait l’ancienne carrière de Lexos, ouverte dans un calcaire karstique...

 En juin 2005 a eu lieu une « journée débat » sur les ressources en eau du département ; un technicien responsable a présenté la révision du SDAGE et la DCE, avec les « enjeux pour l’eau » ; le chapitre des eaux souterraines a été évacué avec la formule « ce n’est pas un enjeu majeur pour le département ». Personne (sauf moi) n’a réagi ; j’ai envoyé une protestation à la préfecture sous le sceau d’UMINATE 82 ; je n’ai pas obtenu la moindre réaction d’un service officiel.

 Entre Tarn et Garonne, de nombreuses communautés étaient pourvues de captages d’eau potable implantées dans la nappe des alluvions fluviatiles. Au lieu de chercher à éliminer la pollution nitratée agricole qui en affectait certains, on a remplacé ces captages par de coûteuses installations de traitement des eaux de la Garonne, avec tous les aléas que comporte l’utilisation des eaux d’un fleuve en aval de Toulouse...

 Un problème encore en cours de litige se présente à Bessens, entre Tarn et Garonne : dans le plan d’eau d’une ancienne carrière on déverse depuis une dizaine d’années sans contrôle effectif des déchets « divers », baptisés pour la cause « déchets inertes ». Un simple examen hydrogéologique montre que ce plan d’eau doit avoir un exutoire souterrain dans la nappe aquifère de la Basse terrasse. Rassurée par un avis sibyllin de la DREAL, peut être mal interprêté, la Préfecture pense qu’il n’y a pas de risque de pollution de nappe...

Ainsi donc, avec une constance remarquable, la méconnaissance des eaux souterraines fait des ravages.
On pourra insister sur l’ensemble de nappes alluviales entre Tarn et Garonne qui constitue un patrimoine naturel fort intéressant pour le département et qui, contrairement à ce que certains pensent, doit constituer un enjeu majeur. Cet « enjeu » devrait être pris en considération par les responsables politiques et administratifs. »

(1) Louis Coubès, géologue-hydrogéologue du BRGM retraité. Ancien hydrogéologue agréé en matière d’hygiène publique, membre de la fédération départementtale FNE 82.

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