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NE PAS CLIQUER
LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
La disparition d’une rivière, par Alain-Claude Galtié
par Marc Laimé, 16 août 2015

Depuis fin 2013, depuis qu’ils ont été contraints de reconnaître l’existence du Ruisseau de Nolange (mais pas encore de la tête de bassin versant), les services officiels nous jouent un joli tour de passe-passe. En dépit de la progression de l’étude sur l’Eau perdue, de l’argumentation et de la documentation présentées, leur obstination imposait une nouvelle mise en garde...

Après la découverte du Ruisseau de Nolange, et l’analyse de l’eau perdue de Saint Gengoux le Royal, voici l’heure des contournements et détournements…

Les rédacteurs de l’arrêt EARL Cintra devaient être de bonne volonté et animés par le souci du bien commun. Leur texte a bien embarrassé ceux qu’un déficit d’ouverture sur le vivant - ou trop d’ouverture sur les intérêts qui lui sont nuisibles - conduit à réduire tout ce qui coule et bouge à sa plus simple expression.

Bien à regret, ils doivent reconnaître – quand quelqu’un les y contraint – l’existence de ce qu’ils niaient éhontement, ainsi un ruisseau récemment enterré comme le Nolange.

La reconnaissance de la qualité de cours d’eau n’a pas été faite pour le laisser en son état dégradé par trop d’ignorance et de malfaisance.

Elle implique aussi la reconnaissance du lit mineur, du lit majeur et de tout (plantes, animaux, qualité de l’eau d’amont en aval, etc.) ce qui en fait un ruisseau - c’est à dire, non pas seulement un flux d’H20, mais une unité complexe, un écosystème.

C’est une première mesure de sauvegarde en attendant la libération et la restauration.

Cependant, les rédacteurs de l’arrêt EARL Cintra n’ont pas vu que la reconnaissance qu’ils amorçaient est loin d’être suffisante.

Par exemple, ce bout de phrase : "Toute autre considération n’est pas essentielle à la définition d’un cours d’eau, notamment la richesse du milieu (...) " est retourné comme un gant par les malintentionnés.

Il est tout à fait indispensable de reconnaître... à condition de préciser que cette reconnaissance concerne la totalité du cours d’eau.

Donc, qu’elle comprend tout l’espace qui était nécessaire à sa vie, cela pour préserver la possibilité de la restauration de cette vie.

Sinon, même après la reconnaissance officielle du ruisseau martyrisé, rien n’empêche les ex-négationnistes de poursuivre leurs projets de saccage et d’assassiner définitivement le "cours d’eau" reconnu en interdisant toute restauration (a).

Enfin "protégé" sous un parking ou une station-service, ou les deux ! Après la reconnaissance juridique, l’anéantissement écologique.

Penchés sur Saint Gengoux le National, les services officiels eux-mêmes, ceux qui ont mission de protéger et de stimuler la restauration, se sont contentés de changer leur vocabulaire, escamotant tout "le ruisseau" dans le tuyau.

Et d’écrire : "la buse où s’écoule le cours d’eau". Et d’affirmer sans ciller que "le projet initial* ne prévoyait pas d’intervention sur le ruisseau, il n’était donc pas soumis à la loi sur l’eau."

Pourtant, dans toutes ses versions depuis une trentaine d’années, le projet prévoit de bétonner, bitumer et diéséliser une section entière des lits mineur et majeur en laissant l’eau de l’ex-ruisseau (morte et polluée) dans son tuyau. Presque mieux : cet endroit fait partie de la tête de bassin versant qu’il serait encore facile de restaurer (rang de Strahler égal à 2 avec une pente supérieure à 1%).

Même les fonctionnaires que nous faisons vivre pour servir le bien commun, ceux dont les collègues font la promotion de la protection et de la restauration des ruisseaux et des têtes de bassin versant (http://www.colloque-tete-de-bassin....), semblent vouloir faire abstraction de l’histoire, du contexte architectural, et considérer que la ripisylve, la faune, la flore aquatique, toute la vie, même l’hydrogéomorphologie du lieu et la tête de bassin, accessoirement la nappe d’accompagnement (!), peuvent être dissociés de l’eau (et celle-ci enfermée dans du béton), anéantis sans soucis pour le village et la campagne, la région et tout l’aval.

Hier, le ruisseau n’existait plus. Il est maintenant réduit à un trait sur les plans. Un trait que, bien sûr, les cuves de gasoil éviteraient soigneusement pour laisser intact le tuyau, désormais "ruisseau", en total respect avec la législation par le petit bout de la lorgnette.

Le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité ont encore de l’avenir !

(a) Et, c’est très curieux, les mensonges énoncés dans la demande de permis de construire ("le terrain n’est pas traversé par un ruisseau"), qui frappent automatiquement de nullité la procédure, semblent ne frapper personne dans les services !

impression

commentaires

1 La disparition d’une rivière, par Alain-Claude Galtié

Dire qu’on ne pourrait même pas ranger cette rivière au rang des rivières intermittentes.
http://www.irstea.fr/toutes-les-act...
Il faut vite avertir l’IRSTEA (Cemagref) de lancer un nouveau programme...

poste par Luigi_34 - 2015-09-2@23:47 - Répondre à ce message
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