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NE PAS CLIQUER
LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
2015-05-20
REMOUS
par Marc Laimé, mercredi 20 mai 2015 @ 13:30

Saisi par la SAUR d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur l’interdiction des coupures d’eau, le Conseil constitutionnel auditionnait le 19 mai 2015, l’avocat de la SAUR, celui de la Fondation France Libertés et le représentant de Matignon venu expliquer la position qu’a adopté le gouvernement sur une polémique qui a défrayé la chronique depuis près d’un an.

L’affaire est explosive. Elle a révélé au grand jour les pratiques indignes de Veolia, Suez et Saur, qui coupent l’eau chaque année à plus de cent mille foyers qui n’ont pas acquitté leurs factures d’eau, en majorité des foyers en grande détresse, en grande précarité, des femmes seules avec enfants, des infirmes…, le quart monde.

Un scandale. Pourquoi ? Depuis une quinzaine d’années les trois multinationales freançaises de l’eau n’ont cessé de proclamer leur “fibre sociale”, leur attention au sort des plus démunis, favorisant l’adoption d’une invraisemblable kyrielle de dispositifs législatifs et réglementaires soi-disant “sociaux”, grâce auxquels les “pauvres” étaient supposer bénéficier d’aides pour régler leurs factures en souffrance.

On conviendra hélas que dans leur croisade mensongère les mêmes ont reçu le soutien empressé d’une cohorte de bénis oui oui, n’ayant rien trouvé de mieux à faire que de communier dans l’adoration du “droit à l’eau”, concept forgé par les multinationales compradores, sans aucun fondement juridique réel comme la suite va nous le démontrer, mais fort utile à la conquête de marchés, quand il s’agit de proclamer des grands principes à la tribune de tous les forums et sommets mondiaux.

Bref, on avait fini par s’accoutumer à la réclame de nos Thénardier, jusqu’à l’enclenchement de l’invraisemblable scénario qui s’en est suivi, et vient de nous conduire au Conseil constitutionnel.

Jusqu’à la présidentielle de 2012, on voit se succéder dans le plus grand désordre propositions de lois, décrets, dispositifs plus baroques les uns que les autres (FSL, Loi Cambon, PPL Buffet, "Chèque eau" du SEDIF et de l’ineffable André Santini, grand bienfaiteur de l’humanité devant l’éternel, Loi Brottes, “tarification sociale”), censés résoudre l’accès à l’eau, promouvoir le droit à l’eau, et autres niaiseries qui n’ont d’autre objectif, avec une surenchère droite-gauche qui ne cessera de prospérer, de dissimuler les friponneries du Lobby de l’eau, en prétendant faire du social pour les pauvres

Ici force est de considérer que les plus démagos étaient à gauche, histoire de camoufler l’incapacité chronique des mêmes à réguler le secteur, et dès lors à se racheter une belle âme en prétendant “faire du social”

Membre de l’équipe de campagne du candidat à la présidentielle François Hollande, le député (PS) de l’Isère, François Brottes, toujours histoire de faire du social, invente une machine (à gaz) infernale, la loi éponyme, censée aménager une “tarification sociale” de l’énergie (gaz et électricité).

On va le faire vite, mais au fil de péripéties innombrables ledit projet de loi, à l’image de la trêve hivernale pour les expulsions de locataires impécunieux, va interdire les coupures de gaz et d’électricité pendant les mois d’hiver.

Quasi subrepticement, un vrai accident parlementaire, un amendement à la loi Brottes, qui passera longtemps inaperçu, va y ajouter les coupures d’eau pour impayés, non plus l’hiver cette fois, mais toute l’année...

Notre ami Henri Smets, catéchumène du “droit à l’eau”, (dont il faudra un jour évaluer ce qu’il aura coûté en charges indues imputées aux services des eaux, rien qu’en milliards de réunions et de groupes de travail mobilisés pour "faire du social"...), ayant repéré le pataquès, va convaince à l’été 2014 la Fondation France Libertés de s’engouffrer dans la brèche.

("Emmanuel, face caméra, siouplait !" Private joke...)

Celle-ci engage plusieurs actions en justice contre Veolia, Suez et SAUR, qui violeraient l’interdiction de coupures d’eau décidée par la Loi Brottes.

Contre toute attente, la justice donne raison à plusieurs reprises à la Fondation, et à des usagers qui se sont vus couper l’eau.

S’ensuit un colossal barnum médiatique qui révèle un scandale abominable en terme d’image pour Veolia, Suez et SAUR, puisque l’affaire nous enseigne que nos premiers communiants qui bassinent la terre entière depuis une décennie avec le “droit à l’eau” et leur “option préférentielle pour les pauvres”, tout droit issue de Marc Sangnier, se comportent en réalité comme d’abominables Thénardier, et coupent l’eau chaque année à des dizaines de milliers de foyers en situation de grande précarité.

Dans la foulée un salarié de Veolia sera licencié par son employeur pour... avoir refusé de couper l’eau. Bon, les prud’hommes viennent de le débouter, après que Veolia ait fait valoir que ledit chevalier blanc avait en fait exigé une prime pour faire le sale boulot, ce que Veolia avait refusé. Mais les medias s’enflamment à nouveau pour la cause, on n’a pas un Kerviel sous la main tous les jours...

Emotion, débats, controverses, la machine médiatique s’emballe et tire évidemment à boulets rouges contre les odieuses multinationales qui, pour le coup, en dépit de la ribambelle de “spin’s doctors” qu’elle mobilisent, boivent salement la tasse.

Un procès, deux, trois, quatre : une, deux, trois, quatre condamnations, ça sent le sapin pour le lobby qui s’agite en coulisses, non auprès du ministre de l’Economie, mais du responsable de la bévue, Francois Brottes, qui mange son chapeau et rédige illico un amendement qui étendrait l’incendie et rétablirait l’arme fatale des coupures.

Manque de bol, pour eux, le jour même où l’amendement (scélérat) devait être déposé à l’Assemblée, le directeur de France-Libertes passe en boucle toute la journée sur France Info…

Caramba, encore raté.

Aux grands maux les grands remèdes : la QPC, l’arme fatale.

Créée sous Sarkozy, la QPC permet, sous certaines conditions, à un quidam s’estimant lésé par une loi, de saisir le Conseil constitutionnel afin de lui demander d’apprécier si la disposition incriminée est constitutionnelle ou non, avant, qu’en l’espèce ici, le tribunal saisi d’une plainte contre la SAUR ne rende son jugement.

Bingo. SAUR, qui va à tout coup se faire aligner à son tour, mandate le cabinet Cabannes-Neveu, avocats conseils de Veolia et SAUR depuis des décennies, ce qui leur rapporte des millions d’euros chaque année, pour élaborer une QPC.

La logique est simple : si le Conseil constitutionnel juge que les coupures d’eau ne le sont pas, constitutionnelles, l’interdiction des coupures (toute l’année), de la loi Brottes sera annulée, et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes de Veolia, Suez et SAUR.

Comme des régies publiques d’ailleurs, car notre feuilleton aura aussi révélé que les grandes régies partagent ici l’avis de leurs ennemis jurés sur les coupures. Elles n’en veulent pas non plus, de l’interdiction ! Déjà que les consommations baissent, si plus personne ne paie, la faillite est proche…

On passe d’abord par l’étape Cour de cassation ou Conseil d’état qui vont donner ou non leur feu vert à la saisine du Conseil Constitutionnel.

Ici l’avocat de la SAUR obtient le feu vert.

Entre temps l’ineffable sénateur-maire (UMP) de Saint-Maurice, "l’onoravole" Christian Cambon, vice-président du SEDIF, et grand ami de Veolia, dépose une proposition de loi... pour rétablir les coupures d’eau.

Nouveau scandale médiatique qui obscurcit encore un peu plus le tableau...

C’est donc ce débat explosif qui a eu lieu le 19 mai devant le Conseil constitutionnel.

La video, consultable via le lien çi après, un est rare moment de vérité :-)

L’avocat Cabannes, ô joie, nous raconte d’abord que le “droit à l’eau n’existe pas”. Hosannah, on se sent moins seul. Mais l’aveu est sidérant puisque ce sont les trois multinationales françaises qui ont inventé cet attrape couillons pour enfumer la terre entière et préserver, avec leurs marchés, leurs bénéfices et dividendes. Extraordinaire aveu, donc. Et ce n’est pas tout. Passons sur les coupures d’eau qui violent la liberté du commerce, là on reconnait nos amis. Mais il ya mieux, enfin pire. Il faut absolument que les multinationales retrouvent leur killer application, les coupures d’eau, parceque “en dessous d’une dette de 300 euros, avec le droit français on perd de l’agent pour récupérer une si petite créance"… Tandis qu’avec la coupure, cà c’est sur, le créancier privé d’eau n’a guère d’autre choix que de se débrouiller pour payer sa facture, qui aura grossi à proportion des frais de recouvrement qui sont venus entre temps en multiplier le montant par deux ou par trois. Là nous sommes vraiment très loin des préceptes du catholicisme social de l’entre-deux guerres… Enfin, l’interdiction des coupures d’eau est inconstitutionelle car elle rompt l’égalité des usagers devant le service public, principe fondamental. Là c ‘est plus sérieux : on ne peut pas à la fois accorder le droit de couper le gaz et l’électricité seulement pendant les mois d’hiver, tandis que pour l’eau l’interdiction des coupures ça serait toute l’année…

Pour Maître Alexandre Faro, l’avocat de France Libertés, tout cela ne tient pas. Ici, l’avocat des pauvres élabore une savante, si hasardeuse en droit, démonstration. Il se base sur un certain nombre de textes du droit français relatifs aux droits humains, ou à la dignité humaine, pour établir qu’ils l’emportent sans coup férir sur les arguments mercantiles de son prédécesseur. Sur le plan de la morale on applaudira, sur le plan juridique ce n’est pas gagné.

Enfin, surprise, un jeune brillant sujet, tout droit sorti de Mad Men, vient conclure la joute en présentant la position de Matignon. Coup de théâtre, Manuel Valls est contre les coupures d’eau, et demande donc au Conseil de rejeter la QPC de la SAUR.

Du coup, suspense. Le Conseil est salement coincé. S’il rejette la QPC et valide donc l’interdiction des coupures d’eau toute l’année, il ouvre une boite de Pandore. Avec pareil précédent tous les pauvres et mauvais payeurs supposés vont s’engouffrer dans la brèche, arguant de cette jurisprudence pour commencer à mettre à bas le Grand Kapital, ce qui ne manquerait évidemment pas de provoquer immédiatement une rencontre à Paris de Podemos, Syriza et du ban et de l’arrière ban des progressistes réunis, histoire de ripailler autour du Hareng de Bismarck...

Si le Conseil avalise la QPC, donnant raison à la SAUR et aux odieuses multinationales, coincé lui aussi, le gouvernement, politiquement gêné aux entournures, devrait bien d’une manière ou d’une autre, inventer une astuce afin de faire semblant de donner raison aux frondeurs, enfin aux pauvres, ce qui, on en conviendra, n’est pas vraiment la ligne de la motion A.

Du coup la suite rique de se transformer en nouveau baston, toujours aussi glauque. Bon, on n’aurait plus le droit de couper l’eau toute l’année, mais on aurait toujours le droit de réduire le débit des mauvais payeurs, ça s’appelle le “lentillage” que les trois multinationales pratiquent déjà allegrement.

(Essayez un peu de faire marcher le chauffe eau ou la douche avec le "lentillage"...).

De surcroit, si on ne peut plus couper l’eau, faudra voir quand même, faut pas déconner, comme n’a pas manqué de le rappeler Ségolène Royal, à trouver moyen de faire le tri entre les vrais pauvres et les mauvais payeurs, genre le “lentillage non punitif” ?

Le Conseil rendra son avis le 29 mai prochain. Une décision très politique, eu égard à la composition du collège des membres dudit Conseil...

Le 2 juin France Libertés, la FP2E, le syndicat patronal des affreuses multinationales et la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), ont déjà prévu de tenir un conclave pour parler lentillage et faux pauvres.

Quand on plonge dans la gadoue, on n’arrive plus à en sortir.

Tiens, du coup on avait oublié la loi Hamon (ce qu’il en reste), faudrait y revenir...

- VOIR l’audition au Conseil constitutionnel

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2015-05-18
REMOUS
par Marc Laimé, lundi 18 mai 2015 @ 08:46

Dans un petit village du Doubs, sis dans le canton d’Amancey, qui compte aujourd’hui moins de cent habitants, la bêtise ordinaire qui préside à la dévastation de la nature y dévaste aussi les âmes, comme en témoigne cette navrante histoire d’un monde oublié, à jamais perdu pour des contemporains oublieux de tout ce qu’ils doivent à leurs enfants.

Dans l’après-guerre, et au-delà, jusqu’à l’orée des années 80, existait au centre du village une mare où s’ébattaient une quarantaine de canards venant des fermes avoisinantes.

On découvre ses traces en prenant le chemin de randonnée, à droite de l’église, en montant la grand-route.

Il y avait des grenouilles, les oiseaux venaient y boire, et sans doute les renards la nuit venue.

La mare n’avait jamais embêté personne. Le terrain est en pente. Un tuyau évacuait le trop plein après les grandes pluies, qui s’écoulait par une creusure, un mini ruisseau qui s’évacuait ensuite dans une canalisation.

Des décennies durant les enfants du village installaient des petits moulins construits de quelques menues branches sur ce petit ruisseau, et s’y amusaient à loisir.

Montmahoux

Il y a une dizaine d’années le maire du petit bourg a décidé de réinstaller le petit tuyau d’écoulement plus loin, en contrebas de la mare.

Depuis le trop plein ne s’écoule plus après les grandes pluies, mais la mare s’assèche, elle, immédiatement, dès que suinte un peu d’eau.

Depuis, souvent, des quantités de grenouilles s’enfuient, crevant de soif, cherchant désespérément un peu d’humidité. Là où chantait une fontaine, de la terre asséchée.

Plus haut on a construit de nouvelles maisons. Jamais les anciens n’y avaient construit de maisons. Depuis, la source perturbée par ces constructions déverse de l’eau sur la route.

Au lieu de la faire couler vers la mare, on la fait remonter à grand frais, à contre sens.

La mare est totalement asséchée.

La commune vient de décider d’y mettre des cochons. Des piquets sont posés, une barrière électrique est en cours d’installation autour de la mare et d’une petite parcelle de terrain qui l’entoure.

Les cochons - deux ou trois ou quatre (?), ne seront pas forcément malheureux, moins qu’en batterie.

Mais c’est ridicule, on n’est pas en temps de guerre pour devoir élever des cochons pour la commune !

Il s’agit sans doute de les préparer à la broche pour une fête.

Les villageois vont montrer à leurs gosses les "jolis petits cochons", avant que de les convier à festoyer en se gavant de leurs petits copains cuisant sur un feu avec une barre enfoncée dans le cul et sortant par la bouche.

Qui sauvera la mare de Montmahoux ?

Un cas d’école pour la conférence que donnera le mardi 19 mai à Besançon, M. Gilles Sené, Professeur agrégé en SVT sur le thème "Ce que peuvent dire les analyses de l’eau… Deux études sur l’état des eaux et des bassins versants en Franche-Comté".

CONTACT :

M. Vincent Marguet

Maire de Montmahoux

Mairie, 
25270, Montmahoux

Tel. : 03 81 49 54 32

Mel : paulinemarguet@orange.fr

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2015-05-16
FIGURES
par Marc Laimé, samedi 16 mai 2015 @ 10:23

Victime de la grande tuerie de Charlie Hebdo, Fabrice, gravement blessé aux jambes, endure depuis lors une difficile et interminable rééducation. Mais, fidèle à la foi qui l’anime, et qui n’a pas diminué d’un iota depuis notre première rencontre à l’orée des années 90, il continue, dès qu’il le peut, à évoquer les questions qui le hantent, et en ont fait le plus grand des journalistes français attachés à la cause écologique. En titre de son dernier billet sur Planète sans Visa, d’un jeu de mots dont on ne sait s’il engage au rire ou aux larmes, les deux, et c’est tout l’homme, il nous alerte à nouveau sur l’une de ses hantises, la Chine, dont il évoque inlassablement depuis des années la dérive mortifère.

Il faut lire à toute force le nouveau billet qu’il vient d’y consacrer le 12 mai :

« Je l’ai dit et ne fais que me répéter : la Chine est un nœud. Le nœud central et même gordien de nos contradictions. Un nœud coulant qui ne cesse de se resserrer autour de nos cous à tous, sans qu’on y songe réellement. Il manque à notre connaissance un livre direct, qui raconterait ce que le soi-disant « développement » de ce monstre est en train de provoquer. Il devient aisé de voir ce que donne une croissance maintenue de 7, 8 ou 10 % chaque année dans un pays doté de tant de moyens, et de besoins.

Sur place, c’est déjà l’Apocalypse. Vous avez le droit de penser que j’exagère, mais enfin, les faits sont les faits. Des dizaines de milliers de rivières ont d’ores et déjà disparu, victimes d’une surexploitation de leurs eaux (ici). Le désert avance et s’approche dangereusement de mégapoles comme Pékin. L’air des villes est un toxique mortel, et les normes légales de pollution sont pulvérisées. Des milliers d’usines atrocement dangereuses empoisonnent leur entourage, au point qu’une carte du cancer a été dressée, qui compte des centaines et des centaines de points incandescents. Le charbon, sur quoi repose encore la plupart de ces drames, aggrave dans des proportions qu’on ignore en détail - mais qu’on sait lourdes en tout cas - le dérèglement climatique. »

Lire la suite :

- La Chine est morte (mais elle bouge encore)

Avant de relire les innombrables billets qu’il a consacrés à l’apocalypse chinoise depuis dix ans, et dont un éditeur serait bien avisé de publier la recension.

LES ARTICLES « CHINOIS » DE FABRICE NICOLINO SUR PLANÈTE SANS VISA :

- Une leçon d’économie (en chinois)

- Un bouchon de camions, jusqu’à la fin des temps (in)humains

- Quelques barrages en travers de la route (en Chine)

- Le lac Poyang et l’élection présidentielle française

- La Chine, Hollande et Le Monde de Nathalie Nougayrède

- Les tripatouillages des EPR chinois

- La Chine au bord du collapsus

- Mais comment changer d’air (en Chine) ?

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2015-05-10
FIGURES
par Marc Laimé, dimanche 10 mai 2015 @ 07:18

Le Lobby de l’eau organise à nouveau à la fin du mois de juin prochain, une semaine durant, son “ûber-chic” université d’été dans l’un des hauts-lieux mythique de l’intelligentsia française, au Centre Culturel International de Cerisy, dans le Cotentin, entre Saint-Lô et Coutances, à une vingtaine de kilomètres de la Manche.

Intitulé « Rationalités, usages et imaginaires de l’eau », ce colloque de 7 jours se tiendra du samedi 20 juin au samedi 27 juin au Centre culturel international de Cerisy-la-Salle, un château enchanteur.

L’événement dit tout de l’époque.

Dans les années trente du XXème siècle, la fine fleur de l’intelligentsia française, autour de la NRF, affluait en Bourgogne, Gide, Paulhan…, qui rendirent mythiques les Décades de Pontigny…

Dans l’après guerre, les propriétaires actuels de Cerisy, petits enfants du fondateur des Décades, persévèrent dans leur être, cette fois en Normandie, poursuivant « Un siècle de rencontres au service de la pensée »

En 2015, l’événement, sponsorisé par la Chaire Industrielle "Rationalités, usages et imaginaires de l’eau" de l’Université Jean Moulin Lyon 3 - Lyonnaise des Eaux Rhône-Alpes, va rassembler des dizaines d’universitaires français et étrangers de haut vol.

Soft power et hégémonie culturelle.

Implacable. Imparable.

Chateau

Le programme ?

« Comprise par la science et maîtrisée par la technique, l’eau serait aujourd’hui "conquise". Cette conquête, assurant l’accès généralisé à une eau propre et en quantité suffisante, du moins sous nos latitudes, soulève de nouvelles questions : nous a-t-elle rendus aveugle à la poétique et au symbolisme qui la concerne, diminuant ainsi les puissances de l’imagination et de la raison pratique face aux défis de la durabilité ?

Ce colloque explorera la nature de cette tension qui connaît la dérive du mépris de "l’eau usée" ou la fascination orphique du grand bleu ; tension fraternelle avec le milieu environnant qui oppose l’explication objective de l’eau en H2O à la compréhension de l’eau comme figure poétique ; tension entre justice sociale et justice environnementale ; tension entre l’eau maîtrisée et l’eau rêvée ; tension entre les intérêts économiques des grandes entreprises internationales responsables de cette conquête et la réclamation de justice écologique et sociale de la part des communautés comme des cultures au sein desquelles ces entreprises travaillent.

Au cœur de notre moment écologique, pouvons-nous développer un nouveau paradigme de rationalité de l’eau — plus complexe que celui qui a étayé sa conquête — capable d’intégrer aux sciences de l’ingénieur les apports de la poésie, de la philosophie, et des sciences humaines, cela au service d’une intelligence pratique renouvelée ? ».

On appréciera dès lors à leur juste valeur les présentations de quelques interventions :

- Cécile RENOUARD : Multinationales et biens communs mondiaux : enjeux éthiques

« Cette présentation introduira la table ronde sur le thème "multinationales, éthique et cultures de l’eau", par une mise en perspective des responsabilités des entreprises multinationales, en tant qu’institutions politiques, à l’égard des biens communs mondiaux comme l’eau. Le secteur de l’eau permet de mettre en évidence différents enjeux éthiques concernant à la fois la gestion équitable (publique, privée ou partenariale) de ce bien commun, l’extension dans l’espace et dans le temps de la responsabilité des acteurs, enjeux qui sont indissociables d’une réflexion sur les moyens culturels et politiques d’y parvenir. L’analyse sera étayée par des recherches de terrain menées sur le PPP de Veolia à Nagpur et sur des projets liés à la commercialisation d’eau en bouteilles par Danone en Indonésie et au Mexique. »

Table ronde, animée par Cécile RENOUARD (Multinationales et biens communs mondiaux : enjeux éthiques), avec Sarah BOTTON, Agathe EUZEN, Pascale GUIFFANT, Pierre VICTORIA et Marie-Hélène ZERAH.

- Pierre-Alain ROCHE : Le consentement à payer pour les services d’eau et d’assainissement : un enjeu aussi culturel et symbolique

« La perception est-elle différente selon l’autorité organisatrice et selon que les opérateurs sont publics ou privés, locaux, nationaux ou multinationaux ? Cette intervention ne s’appuie pas sur des résultats de recherche, mais formule un questionnement issu de diverses expériences de l’intervenant. Le consentement à payer pour les services publics d’eau potable et d’assainissement pourrait a priori être considéré comme naturellement dominé par l’appréciation par les ménages du rapport qualité-prix du service et par leurs contraintes financières. Dans un service monopolistique qui n’offre pas de choix à l’usager, ces appréciations incluent cependant des dimensions politico-culturelles que cette intervention va questionner : valeurs d’équité et ambiguïtés véhiculées par le droit universel d’accès à l’eau, image de bien donné, gratuit, sacré, relation politique à l’autorité organisatrice, relation avec la notion de profit, sentiment de spoliation par un acteur économique non limité géographiquement au périmètre du service apporté, transparence de l’usage des fonds, évolution de la perception du service rendu au fur et à mesure qu’il devient plus quotidien, plus banal et devient perçu comme allant de soi. »

- Pierre-Alain ROCHE : Réflexion autour du conflit du barrage de Sivens dans le Tarn : retour d’expérience d’une mission hybride de médiation et d’expertise.

« Retour d’expérience personnel d’un des deux "experts" mandatés pour favoriser une issue au conflit sur le barrage de Sivens, cette intervention abordera les points suivants : aspects généraux et contexte de l’histoire des conflits concernant la gestion de l’eau en Adour-Garonne, genèse du projet initial de Sivens, déroulement des procédures administratives et décisions de financement du projet, émergence du conflit, basculement dans une crise avec la ZAD et le décès de Rémi Fraisse, comportement des acteurs durant la mission et rôle de celle-ci, entre expertise et médiation, projet de territoire et pistes de résolution. Il s’interroge ensuite sur les leçons qui peuvent en être tirées quant à l’exercice de la démocratie. Il s’interroge sur le réalisme d’une démocratie "plus que parfaite", où des procédures idéales et idéalement conduites, dans des délais adéquats, seraient de nature à conforter la reconnaissance de la légitimité de la décision publique. Ne faut-il pas plutôt considérer que les systèmes humains ne peuvent échapper à une certaine imprévisibilité et à des défaillances dont il s’agit surtout de limiter la fréquence et les conséquences et s’attacher à ce que les pouvoirs publics cherchent à identifier les signaux faibles annonciateurs d’une pathologie ? »

Il est recommandé d’avoir lu le rapport de la mission téléchargeable sur le site du CGEDD préalablement.

L’estaca, Luis Llach

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2015-05-09
REMOUS
par Marc Laimé, samedi 9 mai 2015 @ 12:11

M. Thierry Merret, président de la fédération départementale du syndicat agricole majoritaire du Finistère, pourfendeur enragé depuis des lustres de toute réglementation environnementale vient d’adresser une lettre-circulaire à tous les maires de son département, dans laquelle il leur demande tout bonnement de faire adopter une motion par leur conseil municipal aux fins de faire pression sur l’Agence de l’eau et le comité de bassin, et d’oter au SDAGE en cours d’examen toute ambition environnementale.

La démarche traduit bien l’actuel rapport de forces entre les tenants d’un modèle agricole productiviste, un gouvernement qui leur a tout cédé, et une société désarmée, qui ne peut que constater les dégâts…

Elle éclaire par ailleurs d’un jour cru l’inanité des palinodies par lesquelles nombre d’acteurs continuent à porter aux nues le fameux modèle de “gouvernance partagée” qu’incarneraient Agences et Comités de bassin.

Une plaisanterie à laquelle la FDSEA 29 vient à nouveau à sa façon d’apporter une réponse dénuée de toute ambiguïté : “L’environnement, on n’en a rien à faire…”

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Courrier aux maires (1)
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Courrier aux maires (2)
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Motion 1
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Motion 2

A SONG :

Partzanenlied

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2015-05-06
REMOUS
par Marc Laimé, mercredi 6 mai 2015 @ 17:52

Dans l’Aveyron, citoyens et élus de tous bords font front pour sauver la cascade qui illuminait un village, mise à mal par une microcentrale hydroélectrique qui fonctionne dans le plus complète illégalité. Rien n’y fait, l’administration soutient le concessionnaire, comme la corde le pendu. Il paraît que François Hollande et Ségolène Royal oeuvrent de concert à ranimer le « dialogue environnemental » ? Devraient faire étape à Salles-la-Source...

Le petit village de Salles-la-Source en Aveyron, patronyme évocateur, possédait, il y a bien longtemps, une magnifique cascade, joyau incomparable blotti en son coeur.

Las, une affreuse microcentrale hydroélectrique, propriété d’un odieux Thénardier, l’assécha.

Cela fait maintenant bientôt cinq ans que les deux cent adhérents de l’association Ranimons la cascade se battent obstinément pour empêcher l’octroi d’une nouvelle autorisation et demander la fin d’une concession… pourtant échue depuis 10 ans !

Et remuent ciel et terre pour contester la manière ahurissante avec laquelle l’Administration (Police de l’eau / DREAL / Ministère de l’Environnement) traite ce dossier.

L’association a déjà gagné plusieurs procès devant le tribunal, obtenu de nombreux avis favorables de la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA), quant à la communication de diverses pièces du dossier, a le soutien de tous les élus du département, de l’UMP à EELV, a obtenu la publication de plus de 300 articles de presse, a mis en évidence des fraudes évidentes dans la comptabilité de la microentreprise…

Rien n’y fait.

Salles-la-Source est un autre exemple vivant, concret et parlant, des comportements extrêmes de l’Administration lorsqu’elle veut défendre, envers et contre tout, un projet indéfendable pour quelque obscure raison... Ici, y compris contre les élus, qui s’affichent, au moins en public, tous favorables à la renaissance de la cascade...

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Histoire d’une spoliation et d’un saccage

A SONG :

Macky Messer

Lotte Lenya sings Mack the Knife original German, 1920’s

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REMOUS
par Marc Laimé, mercredi 6 mai 2015 @ 17:18

Le vin de Cassis fait la fortune de producteurs sans scrupules qui se livrent, avec la complicité des autorités locales, à une véritable dévastation de la forêt qui surplombe la petite ville de la Côte d’Azur.

"Les vins de Cassis produits sur le seul territoire de la commune ont été les premiers vins français à obtenir l’AOC le 15 mai 1936, en la prestigieuse compagnie du châteauneuf-du-pape et du sauternes. Cette appellation produisait en 2007 un million de bouteilles par an, sur un terroir d’un peu moins de 200 hectares. Les blancs sont les produits phares de cette AOC. Le golfe et la baie de Cassis sont entourés de hauteurs qui peuvent atteindre plus de 400 mètres. Une grande partie du vignoble y est cultivé en terrasse, entre 10 et 150 mètres d’altitude.

Le vin de Cassis est largement surcoté : une bouteille se vend en moyenne dans le commerce 15 euros. Certaines caves atteignent 16 euros la bouteille. Chaque minuscule parcelle qui peut être plantée en « AOC Cassis » vaut dès lors une fortune. Or tout ce qui pouvait être planté l’a été.

Aussi certains viticulteurs cupides s’attaquent-ils désormais sans vergogne à la maigre forêt de pins qui se trouve en dessous de la Couronne de Charlemagne, le massif montagneux qui surplombe la ville.

Depuis un an, trois gros chantiers y ont transformé la forêt de pins en énormes cicatrices faisant penser à une carrière à ciel ouvert.

Déboisement

Avec pour conséquences la destruction de la beauté et de la diversité du site, et des atteintes graves à la biodiversité, car les viticulteurs empoisonnent les lapins et autres animaux, juste après avoir planté leur jeunes vignes, pour que ces « nuisibles » ne dévorent pas leur « or »…

Toute la population de la vallée souffre des traitements chimiques excessifs que les viticulteurs pulvérisent avec leurs tracteurs et souffleries extrêmement puissantes.

Il est curieux de constater que les conducteurs de tracteurs sont enfermés dans une cabine bien étanche. Ils prétendent en effet n’épandre que du soufre (« Pas de pesticides Monsieur »). Un c’est à vérifier, et deux même le soufre dans cette quantité c’est effrayant.

J’ai contacté le secrétariat de Madame le Maire pour obtenir une entrevue, et essayer de comprendre ce qui se passe. Le secrétariat m’a répondu que Madame le Maire n’a pas le temps. J’ai demandé au secrétariat quel est le service qui a dû signer les autorisations de déforestation, on m’a dit voyez l’urbanisme. Mais à l’urbanisme on m’a dit voyez le secrétariat du Maire ! J’ai donc écrit un mail au secrétariat du Maire pour poser mes questions, et réitérer ma demande d’entrevue. Par prudence j’ai envoyé une copie par RAR. Mais je ne reçois pas d’accusé réception ! Et, bien entendu, je ne reçois pas de réponse à mon mail. Je pars du principe que quelqu’un qui fuit et se cache, a sûrement quelque chose à se reprocher."

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REMOUS
par Marc Laimé, mercredi 6 mai 2015 @ 16:23

France Nature Environnement (FNE) et la Fédération nationale de la pêche française (FNPF) ont rendu publique le 5 mai 2015 une Lettre ouverte au Président de la République dans laquelle ils dénoncent, à juste titre, une batterie de décisions gouvernementales récentes prises en catimini, qui contredisent radicalement le discours officiel sur la protection des ressources en eau, en l’espèce ici des rivières…

La démarche intervient le jour même où Mme Ségolène Royal honorait de sa présence le colloque « Démocratie participative et modernisation du dialogue environnemental », organisé au Museum d’histoire naturelle le 5 mai 2015, à l’occasion duquel M. Alain Richard, président de la « Commission spécialisée sur la démocratisation du dialogue environnemental » présentait un rapport d’étape de l’avancée de ses travaux.

(Avec c-r par trop bisounours de nos amis de Reporterre ci-dessus...)

Occurrence cocasse puisqu’il s’agit ici as usual, bien évidemment, de "simplifier" les procédures, aux fins d’éviter que mille et un NDDL et Sivens ne fleurissent…

Or il appert que dans le même temps, FNE et la FNPF, qui sont tout sauf d’affreux « djihadistes verts » piquent, (discrètement faut pas déconner non plus), un véritable coup de sang à l’égard des manœuvres occultes par lesquelles Stéphane Le Foll et Ségolène Royal, bien évidemment encouragés par l’archaïque M. Valls, font flèche de tout bois pour contenter, et la FNSEA, et, au cas d’espèce, les fanas(milis) de la micro-hydroélectricité, aficionados de l’énergie « verte » pour la croissance du même acabit.

On lira donc avec beaucoup d’intérêt la philippique des susdits, qui dénoncent donc, vertement, la relance à outrance des micro-centrales sur nos belles rivières de montagne, et, plus grave, les coups de rabots récurrents sur les seuils des ICPE, la relance itou des bassines pour l’irrigation, toujours aussi grassement financées sur fonds publics, la "modération des contrôles" des exploitations agricoles, et enfin, last but not least, la bagarre sanglante qui s’annonce sur l’établissement d’une nouvelle cartographie des rivières…

Kézako ? Beulin and co veulent une nouvelle cartographie des rivières, rus et ruisseaux. Et pourquoi donc ? Tout ce qui ne figurera pas sur la nouvelle carte ne sera bien évidemment soumis à aucune réglementation…

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Le communiqué du ministère de l’Ecologie du 21 avril 2015

Ce qui savent ce que carte veut dire sont bien évidemment grimpés aux rideaux au vu de ce qui pourrait s’ensuivre.

D’où un bordel sans nom avec l’Onema, les DDT-M, les Agences… qui piquent un coup de sang, et on oubliera charitablement l’IGN, qui a déjà le bras au fond du pot de confiture…

Bref, on y reviendra si, comme tout le laisse déjà à penser, la bronca a conduit Mme Royal a surseoir à statuer sur l’arrêté de la nouvelle carte, ce qui n’enchante évidemment pas les troupes de M. Sofiproteol…

Il importe d’autant plus de prendre connaissance de la Lettre ouverte à François Hollande ci-après que tout aussi évidemment pas un media ne va en parler…

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La Lettre ouverte de FNE et de la FNPF à François Hollande

Le dessous des cartes :

- L’inquiétant satisfecit de la FNSEA

- La mise au point d’Hydrauxois sur la "continuité écologique" : "Répéter mille fois un slogan n’en fait pas une vérité"

A SONG :

Die Einheitsfront – Kurt Weill/Bertold Brecht

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2015-05-04
REMOUS
par Marc Laimé, lundi 4 mai 2015 @ 09:55

Sur fond d’un combat engagé depuis quinze ans en faveur d’un retour en gestion publique de l’eau à Avignon, un collectif d’usagers assigne Veolia devant la justice pour y faire condamner les pratiques manifestement abusives du délégataire dont l’actuel contrat de DSP s’achèvera prochainement.

En dépit d’une mobilisation qui doit compter au rang des plus obstinée, puisqu’elle dure depuis plus de quinze ans, le collectif d’usagers se heurte aux élus de la ville, et aussi désormais de la communauté d’agglomération, qui apparaissent avoir déjà opté pour une nouvelle DSP à l’issue de l’actuel contrat, en dépit de l’engagement public réitéré à plusieurs reprises de Mme Cécile Helle, maire (PS) de la ville, sur qui le collectif maintient la pression.

Le collectif soutient ainsi que la caducité du contrat aurait du être actée, conformément à la jurisprudence « Commune d’Olivet », dès le 3 février 2015.

Et 24 usagers, constatant l’inertie de la collectivité, ont dès lors déposé plainte contre Veolia, manière d’illustrer les pratiques qu’ils reprochent à l’entreprise.

- Ainsi de la pratique de « pénalités de retard », camouflées derrière l’appellation « prestations de service », qui a été le plus souvent appliquée en l’absence de tout retard de paiement et - fait très aggravant - doublée, voir triplée ou quadruplée, à 24 ou 36 ou 48 € en violation totale du règlement de service ;

- Le collectif attaque aussi la taxation de l’assainissement pour les usagers titulaires d’un forage, qui se voient imposer le paiement d’un abonnement, en contradiction totale avec la délibération du Grand Avignon ;

- Il a aussi saisi le tribunal du refus de Veolia de se justifier sur le montant très élevé des abonnement eau et assainissement à Avignon, l’absence de réponse de la SAE étant passible de pénalités au profit de l’usager, une disposition jamais appliquée en pratique.

Les actions introduites devant le Tribunal d’instance visent à conforter le principe de la gestion en régie publique, la gestion privée se révélant synonyme d’absence de droits pour les usagers.

L’audience consacrée aux deux premiers point incriminés se tiendra le lundi 11 mai à 8h30 au palais de justice d’Avignon, le troisième devant être examiné un mois plus tard.

Contact Collectif de l’Eau-Usagers d’Avignon

7, Impasse des Fleurs

84000 Avignon

Mel : collectif.eau@gmail.com

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REMOUS
par Marc Laimé, lundi 4 mai 2015 @ 08:20

Avec l’ouverture d’un site internet, le réseau Confi-ANC-e, une nouvelle confédération nationale indépendante d’usagers de l’ANC, créée en avril dernier, franchit un nouveau cap.

« Avec la mise en œuvre des services publics d’assainissement non collectif (SPANC) il est peu de dire que la colère gronde dans nos campagnes.

Contraints, par une réglementation taillée sur mesure pour le plus grand profit des industriels de l’eau et de l’assainissement, ce sont plus de 12 millions de citoyens qui se trouvent assujettis à ces services « publics ».

Les SPANC étant gérés en toute « autonomie » par les collectivités locales, on voit ainsi se développer sur le territoire national, des pratiques aussi disparates qu’inégalitaires, quand elles ne sont pas abusives, voire illégales ; avec à la clé, des obligations de travaux dispendieuses, le plus souvent injustifiées.

Engagées depuis des années dans un bras de fer pour faire valoir les principes nécessaires d’égalité de traitement et de respect de la loi, quinze associations, réparties dans l’hexagone, ont décidé de se regrouper pour agir : un service public ne se vend pas ; il se défend !

En partenariat avec la fondation France Libertés et 60 Millions de Consommateurs, la nouvelle confédération prépare des actions d’envergure nationale, parmi lesquelles sont envisagées plusieurs actions devant les tribunaux : deux contre des services, une contre l’État et une QPC (question prioritaire de constitutionnalité)."

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L’annonce de la création du réseau Confi-ANC-e - Aujourd’hui en France, 29 avril 2015

Contact :

Le site internet du réseau Confi-ANC-e

Mel : contact@reseauconfiance.org

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