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NE PAS CLIQUER
LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
2016-05-22
REMOUS
par Marc Laimé, dimanche 22 mai 2016 @ 13:23

Les flux colossaux d’information diffusés en temps réel via internet constituent désormais une véritable entrave à la mise en oeuvre des politiques publiques, et contreviennent davantage encore à leur démocratisation.

Il y a vingt ans la mise en oeuvre des politiques publiques n’avait pas structurellement beaucoup changé depuis Belgrand.

Tout était encore couché sur papier.

Les protocoles décisionnels s’étiraient toujours peu ou prou à l’amble de la locomotive à vapeur du Paris-Orléans, dont seule la façade du Musée d’Orsay nous rappelle l’existence.

Il y a vingt ans, c’était hier. On avait le temps, on prenait son temps. Dans toutes les organisations humaines, les gens se parlaient, s’écoutaient.

(Bon, c’était avant, avant le gimmick Sciences PO-Ecole de commerce, qu’on apprend désormais à la maternelle : "On va peut-être prendre plusieurs questions en même temps...", le tic de la cheffitude faussement souriante quand on ne veut pas répondre à un emmerdeur, impitoyable marqueur sémantique de toute réunion, qui veut dire en vrai :"ta question à la con, tu te la remballes !").

Tout n’était pas parfait, loin s’en faut. Mais le temps jouait encore pour celles et ceux qui avaient l’amour de leur métier, de leur mission, chevillé au corps.

Vingt ans.

L’explosion du numérique, la folie de l’évaluation, l’accélération généralisée de tout. Des ruptures en forme de bombes à fragmentation qui menacent désormais, bien au delà de ce l’on consent à imaginer, les politiques publiques et l’indispensable “temps démocratique” (encore…), qui devrait présider à leur élaboration.

Inondation

Depuis exactement six mois le fleuve furieux est sorti de son lit. Le petit fichier “A lire”, tombeau bleuté à droite en bas du bureau de l’écran de notre ordinateur, dans lequel nous faisons glisser les rapports qui nous parviennent, dont on nous signale l’importance et l’intérêt, dont nous repérons fortuitement la parution, ce qui arrive tout le temps, compte exactement à ce jour 83 rapports “non lus”. Du jamais vu depuis dix ans. A la louche, cent pages par rapport, ça nous fait 8300 pages à lire, en carafe depuis six mois… Et nous n’y arrivons plus, tant ça sature. A peine en avons-nous terminé, au hasard, avec les “Water Safety Plan”, le rapport du CGEDD sur la situation des ASA, le CGAAER sur l’épandage des boues, etc, etc, en voilà un autre, puis un autre, puis un autre… La semaine dernière l’apothéose, le dernier Roche, après Sivens et la Guadeloupe, sur le “Prix de l’eau”, 560 pages avec les annexes !

(Nous n’évoquons même pas les centaines de textes réglementaires, européens comme français, lois, décrets, arrêtés, circulaires, instructions, notes, qui viennent s’y ajouter...

Pas plus que les colloques, les forums, les séminaires, les formations...)

Ni l’invraisemblable litanie de "consultations publiques", qui tiennent lieu d’élaboration "démocratique" de la norme, en conformité avec nos obligations communautaires, adaptées aux tropismes hexagonaux ("Circulez, y a rien à voir...") :

http://www.consultations-publiques....

Précision : il est vrai que d’ordinaire, nous lisons tout. Il nous arrive même de relire, c’est dire ! Déjà c’est strange. Soit. D’accord. N’empêche.

Concordance des temps

Rapport Levraut, DCE saison 2, nouveaux SDAGE, Gemapi, Lois NOTRe-Maptam, directive concessions…, l’époque est terrible, tout se bouscule et s’enchevêtre. Du coup la machine à rapports s’emballe, surtout qu’avec 2017 qui se profile, la seule chose qui fonctionne encore à peu près correctement c’est l’ouverture de parapluie, et donc la production de rapports : "Voyez comme j’ai bien analysé, évalué, proposé, après c’est pas de ma faute si ça ne suit pas…"

Alerte rouge

Indice de la gravité du moment, en moins de trois mois, l’AMF, la FNCCR, la DGCCRF, l’ASTEE..., publient des guides à l’usage des collectivités afin de leur apporter les guidelines pour tenter de rester à flot...

Petit gag, jusqu’en décembre la FP2E, l’IGD, et ensuite tout le monde, clament haut et fort que "l’eau n’est pas dans la directive concessions"...

Portnawak, bien sur qu’elle y est ! L’AMF doit réécrire à donf son guide à trois mois d’intervalle, voilà qui va rassurer les élus...

Combinaisons fatales

Tout en ligne, de plus en plus, de plus en plus vite. Une nouvelle industrie manufacturière est née, ce qui semble avoir échappé tant à Montebourg qu’à Macron. Le moindre fait attenant à la gestion de l’eau doit désormais être emballé sous PDF, Powerpoint, être satellisé dans trois clouds, et mis en orbite par les réseaux sociaux, faute de ne jamais accéder à l’existence. Des dizaines de milliers de scribes, éduqués, titrés, compétents, performants, y passent leur vie, y perdent leur santé, tout allant, en produisant à la chaîne d’indigestes copié-collés dont nous sommes bombardés tous les quatre matins. Ici deux facteurs précipitent le mouvement.

Syndrôme Potemkine

La faillite est patente, RIP DCE, nous ne nous y étendrons pas plus avant. Plus on échoue à rétablir un bon état des eaux, à éliminer l’usage des phytosanitaires, à endiguer l’inexorable montée des nitrates, et on vous épargne les PCBs, les nanos qui se pointent, etc, etc., et plus il va falloir produire du rapport, pas même pour camoufler l’échec, l’impasse et l’imposture, nous n’en sommes même plus là, mais simplement pour ne pas interrompre le mouvement perpétuel de la sacro-sainte évaluation (héritage du New Public Management, et de sa version frenchie, la LOFT de 2001), qui tient désormais lieu de feuille de route universelle, à tout le monde, en tout temps et en tout lieu : “Evaluez, et vous serez sauvés !

Ajoutons que depuis son entrée au gouvernement c’est Jean-Vincent Placé, le promoteur des "autoroutes à abeilles", qui est en charge de l’évaluation des politiques publiques. Tout est dit...

Prenons n’importe quel rapport sur n’importe quel sujet. La lettre de mission à l’intitulé toujours parfaitement anodin, il n’y a jamais le feu au lac, juste une vague préoccupation, à raison d’un retard un peu ennuyeux à atteindre les objectifs, et va donc falloir voir s’il y a moyen de moyenner.

On voit.

On passe en revue les rapports précédents. On souligne que des efforts notables ont déjà été accomplis, on émet des propositions d’amélioration consensuelles, et on propose une phase d’expérimentation, avant de remercier les personnes rencontrées-auditionnées, dont les éléments de langage sont bien évidemment formatés pour s’insérer dans ce scénario immuable.

Sitôt fait, sans jamais avoir fâché personne (enfin le MEDEF, la FNSEA, EDF, les irrigants, etc, etc), et après avoir attendu 6 mois de relectures du rapport, car il est toujours rendu public 2, 3, 4, voire 6 mois après avoir été remis par les rapporteurs à l’autorité de tutelle, on retourne au cimetière des éléphants, la tour à la Défense, avant le prochain tour de manège.

(Bon, ça c’était avant, quand seuls les grands organismes, Agences, Cemagref, BRGM..., et les CGEDD et consorts en avaient le monopole. Ce qui a changé, c’est qu’aujourd’hui tout le monde doit produire du rapport, sauf à y laisser sa peau.)

Etant précisé que ledit rapport, non pas après avoir été enfoui dans un tiroir comme avant, mais étant désormais cloudé-cloné dans l’espace numérique, ne verra pratiquement jamais la moindre de ses recommandations mise en oeuvre par qui que ce soit, interrogeons-nous sur les conditions de son hypothétique “réception”.

Etant bien noté qu’on a donc évalué, en général tous les 3 ou 5 ans un secteur quelconque ressortissant des politiques publiques de l’eau, qu’en vrai c’est de pire en pire, mais que comme on a “évalué”, peut-être qu’un jour ça pourrait aller mieux, on verra au prochain rapport…

Orientation à la baisse du temps de cerveau disponible

Le temps de cerveau disponible (TCV) de l’élu(e), cadre dirigeant, ingénieur, technicien moyen a (en moyenne), été amputé d’un tiers depuis 10 ans, consécutivement à la dissémination d’une arme de destruction massive dénommée “smartphone”.

Les dégâts sont dus à la conjonction des effets délétères des cercles de sociabilité successifs implantés dans les cartes “SIM”, du plus proche, anodin :

- “Chéri n’oublie pas de prendre du pain et des sushis en rentrant”,

au beaucoup plus inquiétant, si à peine plus éloigné, on ne sait plus bien :

- "Je sais c’est tard, mais faut que tu refasses l’intro de la présentation pour lundi, ils vont pas comprendre, je compte sur toi", reçu à 23 heures le samedi soir ! (Enfoiré de racedep ! Je ne vais pas pouvoir me refaire l’intégrale de House of Cards ? Fils de p...) ;

- avant de migrer vers le niveau 3, on ne fait même plus gaffe : “Save the date” le Hackaton au congrès de l’ASTEE à Issy-les Moulineaux à partir du 1er juin, déjà recu six fois en trois jours.

Comme on note dans la période récente une forte poussée du nombre de patients dotés de deux, voire trois smartphones, on imagine la suite…

Une taupe avec un compteur Geiger

Déjà on voit tous les jours des gens en apparence sains d’esprit, nantis de considérables responsabilités, que vous rencontrez pour le business, à peine fini l’entretien, sans même dire au revoir, sauter de leur fauteuil, le smartphone à la main, et les fils qui vont avec, après avoir manqué vous rentrer dedans, filer au coin du couloir, telle une taupe munie d’un compteur Geiger, tenter d’écluser les 483 messages ineptes tombés dans leur besace depuis la veille, et pas encore survolés en fronçant les sourcils...

(Conformément aux dernières “guidelines” de la bonne gouvernance de l’eau de l’OCDE, by courtesy Aziza, Eaux glacées déclare échapper à tout conflit d’intérêts en la matière, puisque nous continuons à bénéficier d’une bulle pontificale nous exemptant de la possession d’un smartphone).

Le reporting ou la mort

Dans le même temps la dictature du reporting instituée par l’évaluation 360 de tout et de n’importe quoi, tout le temps, jusqu’à ce que mort s’ensuive (le “burn out”), qui préside aujourd’hui au fonctionnement de toutes les organisations, a soustrait un autre tiers du TCV des mêmes patients, qui doivent gâcher des dizaines d’heures à préparer les CRA (compte-rendus d’activités), qu’il devront soumettre à leur N + 1, avant d’être assurés que leur PWPT pourra être présenté au COPIL ou au COMEX le surlendemain. Comme il y aura au minimum 12 allers-retours pour les corrections entretemps, on comprend que la courbe de vente des sushis soit sujette à d’inquiétantes variations, comme vient de le souligner Emmanuel Macron, en opération porte-à-porte à Noirmoutiers.

Deux feuillets, pas plus...

Et tout ça pourquoi ? Quand il va s’agir de décider de n’importe quoi, n’importe où, n’importe quand, la machine qui va propulser les motifs de la décision au sommet, après avoir traversé les quinze étapes des bureaux des sous-chefs de tout et de rien, va inévitablement accoucher des deux feuillets pas plus (!) qui seront paraphés par le président...

Le plus souvent en cours de route on aura évidemment, n’y comprenant que pouic, tout balancé par dessus bord, et l’on décidera donc, à l’arrivée, un peu (beaucoup) n’importe quoi, n’importe comment, et de préférence le moins possible, histoire de ne se fâcher avec personne. Et c ’est ainsi que la nave va...

Triomphe posthume d’Andy Warhol

Récapitulons, moins un tiers smartphone, moins un tiers l’évaluation, il nous reste un tiers de notre temps de travail pour… travailler, (moins les RTT, la machine à café, tout ça).

Bon, ici fracture générationnelle.

Dans l’eau, les décideurs aujourd’hui sont nés à partir du début des années cinquante, jusqu’à l’orée des années 60. Même pas la génération Minitel !

Derrière on a les jeunôts biberonnés au jeu video, façonnés école de commerce, pas cons, qui voient bien que pour s’en sortir dans ce désastre absolu, suffit pas de faire (n’importe quoi), faut bien sur faire n’importe quoi, mais faut d’abord le faire savoir.

Et là, la cata : 300 millions de clips video sur Youtube et Dailymotion !

Avec trois pelés et deux tondus assis sur une estrade qui bavassent en Gemapilangue en faisant dérouler les slides du PWPT :

- "AKA 1, l’EPAGE va proposer un schéma de coordination à l’EPTB..." ;

- "AKA 2, dans certaines situations qui auront pu être identifiées par la mission d’appui, il pourrait être opportun, à l’issue de l’expérimentation qui aura permis d’évaluer le potentiel du partenariat, que l’EPTB propose aux parties prenantes un schéma de coordination qui aura été étalonné en regard des orientations prioritaires du SDAGE et du PDM..., qui vont faire l’objet d’un recalibrage à travers la SOCLE" ;

- "AKA 3, il est peut-être un peu prématuré d’augurer des orientations que vont retenir les parties prenantes sur les territoires, qui dépendront sans doute de la valeur ajoutée qu’apportera l’implication des acteurs, qui doivent dans un premier apprendre à travailler ensemble dans ce nouvel environnement..."

- "AKA 4, l’important c’est de susciter l’idée d’une adhésion, en créant un comité de pilotage, et en suscitant l’appropriation collective et la coconstruction d’une politique publique, en mixant harmonieusement l’impulsion top-down et la mobilisation bottom-up...".

La concertation participative du Pacte pour la croissance verte (pour les Nuls), extrait d’un guide d’Eaux glacées à paraître, en souscription pour la modique somme de 435,00 euros HT.

(Note EG : les quatre citations ci-dessus sont rigoureusement exactes, et sont extraites de quelques-uns des centaines de réunions GEMAPI organisées en France depuis deux ans à l’initiative des services de l’Etat, qui n ’en sont pas encore revenus d’être débarrassés du boulet des inondations... Merci qui ? Marco, les assurances, Suez...).

Aujourd’hui, disons on bosse dans un petit syndicat de rivière et on voit les nuages noirs RPR et Gemapi qui se pointent en 2017.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Un clip !

De l’approche genrée de l’appropriation du géotextile...

Bon, on a le jeune loup RPR qui vient de prendre le CG, et qui va piquer la CU en 2020 ? Ca tombe bien, il veut créer une gigantesque zone commerciale, ou soi disant y a des Chinois qui vont venir installer des usines.

Génial !

Il va suffir de monter une opération de renaturation du dernier morceau minuscule de la Zone humide qui avait échappé par miracle à l’appétit de l’oncle du jeune loup RPR, qui avait déjà tout massacré et refilé à ses amis promoteurs depuis 50 ans.

On monte un projet, éligible à la sub de l’Agence, avec un copain de promotion qui revient juste du Balouchistan avec une équipe d’Ingénieurs sans Frontières.

Ca va s’appeler : “Approche socio-environnementale genrée de l’appropriation du géotextile par une communauté de pêcheurs Balouchtes. Retour d’expériences et transfert de bonnes pratiques à la future zone d’activités du Val-Joli”.

Bon, évidemment, en vrai vous allez convaincre votre chef de filer un coup de bulldozer sur la conduite d’égoût qui refilait les eaux pluviales de la Zone d’activités dans le ruisseau d’à coté, puis de la tapisser de géotextile, afin de “renaturer” le bastringue, sans manquer de placer l’opération sous le haut patronage de l’Onema, d’où la video, quand le jeune requin RPR inaugurera l’opération, six mois avant les prochaines municipales de 2020, en présence de l’Agence de l’eau, l’Onema, l’Irstea et tout le toutim. Ce qui assurera votre avenir pour les siècles des siècles.

Sans déconner, à partir de là c’est tranquille pour au moins 5 ans :

- “Projet de marché d’AMO pour l’étude multicritères d’une passe à poissons, en partenariat avec la FFPMA au Val-Joli” : deux ans…

- Etude d’évaluation préalable à la mise en oeuvre dynamique de la stratégie "Eviter-réduire-compenser" appliquée au papillon Santini Vulgarus des Hauts de Seine” : deux ans…

- Modélisation de l’étude d’impact des flux polluants évités après la renaturation du thalweg du Val-Joli. Projet européen Interreg, en partenariat avec la chorale bigouden du Haut Pays de Galles.

Et c ’est là que vous enterrez votre chef, poussé à la retraite avant terme en 2022, car vous avez eu l’intelligence de rézeauter à donf (Copains d’avant, Linkedin, les jeunes RPR avec Jacques Chirac...), jusqu’à avoir découvert que le jeune loup RPR est dingo de rugby, d’où l’Interreg avec le Pays de Galles...

Vous voilà fin prêt pour les cours en ligne (gratuits) de la Banque Mondiale sur les PPP (en français) :

https://fr.coursera.org/learn/pppef...

Désormais nous croulons ainsi chaque jour que Dieu fait sur des milliasses d’impostures du même acabit, qui, quoique n’enregistrant que 47 lectures six mois après leur mise en ligne, n’en constituent pas moins une part notable, sinon considérable, de l’activité de celles et ceux impliqué(e)s dans les politiques publiques de l’eau… (“Faire savoir…”).

L’usager, le citoyen, la démocratie ?

Lost in translation...

Prochain épisode : L’eau à l’horizon 4.0 ("Vous qui entrez ici…")

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2016-05-16
REMOUS
par Marc Laimé, lundi 16 mai 2016 @ 10:57

Pour comprendre comment la question de l’eau va resurgir dans le débat public à l’approche d’échéances cruciales, il faut se replonger dans une “fabrique du politique”, aujourd’hui totalement incompréhensible pour le commun des mortels… Surtout s’agissant du "Grand Paris", exemple achevé de la malfaçon législative qui a marqué la période.

Quand le gouvernement de M. Jean-Marc Ayrault reprend le flambeau du “Grand Paris” en lançant en 2012 son “Acte 3 de la décentralisation”, l’imbroglio institutionnel de l’Ile-de-France augure de temps difficiles.

Comment “rationaliser” un territoire où coexistent, et s’enchevêtrent la Région Ile-de-France, Paris, les trois départements de la petite couronne, l’hinterland de la seconde couronne, les zones aéroportuaires, les “pôles de compétitivité” et une kyrielle de zones ou d’établissements à régime particulier, menacés de thrombose à raison du désastre des transports en région parisienne, tandis que les inégalités sociales entre l’Ouest et l’Est, zones résidentielles et territoires délaissés de la République ne cessent de s’accroître ?

L’avenir de l’Ile-de-France va aussi devenir l’otage de la nouvelle étape de la décentralisation, conduite sur tout le territoire dans le plus grand désordre.

Dès décembre 2010 une loi de rationalisation de l’intercommunalité adoptée par le gouvernement de M. François Fillon visait à achever la couverture du terroire national par des intercommunalités fortes, soit en y faisant adhérer des communes encore isolées, soit en fusionnant des regroupements de communes existants, et surtout en supprimant des milliers de syndicats techniques, dont les missions seraient désormais assurées par des Etablissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre.

Ce processus, conduit autoritairement par les Préfets, suscita de nombreuses polémiques, même s’il s’appuyait sur l’octroi de bonfications financières par l’Etat pour atteindre ses objectifs.

Le projet initial du gouvernement Ayrault prévoyait, sans jamais le dire ouvertement, de supprimer à terme les départements, en les privant, comme les autres niveaux de collectivités locales, de la “clause de compétence générale”, qui permet à chacun de s’occuper de tout, au risque de générer doublons et dépenses inutiles. Puis de redéfinir qui s’occupe de quoi (Régions et intercommunalités), et enfin de créer des “métropoles”, aires urbaines dont la “taille critique” est supposée doper l’activité économique, la compétitivité et la croissance…

La création des métropoles incarnait aussi un souci très politique, celui de s’assurer le contrôle des grandes agglomérations urbaines qui concentrent, à la fois, les populations de cadres et de professions libérales, comme celles de la “diversité”, réputées incarner l’avenir électoral du Parti socialiste auquel un rapport controversé du “think tank” Terra Nova enjoignait peu ou prou “d’abandonner les classes populaires”… (1).

Dès février 2013, dix jours avant son examen en première lecture au Sénat, l’énorme projet d’Acte III élaboré par Mme Marylise Lebanchu, ministre de la Décentralisation, est subitement découpé en trois volets…

Le projet de loi MAPTAM, qui sera voté le 16 janvier 2014, au terme d’un parcours parlementaire éprouvant, va d’abord créer les métropoles, et dessiner un nouveau schéma régions-départements (dont on ne sait s’ils subsisteront ou non, et pour accomplir quelles missions !), ce qui provoque une levée de boucliers, en l’absence de précisions sur les compétences qui seront imparties à l’avenir à chaque niveau de collectivités (bloc communal, département, métropole et région…).

Trois types de métropoles vont voir le jour. Une douzaine de métropoles de droit commun, regroupant de 300 000 à 400 000 habitants. Et trois cas particuliers, qui auront chacun leurs statuts propres : les métropoles de Lyon, Marseille et du Grand Paris, et enfin une “Eurométropole”, celle de Lille…

Quand le projet de Métropole du Grand Paris sort des limbes en 2013, le Parti socialiste pense y être majoritaire. La cinglante défaite enregistrée aux élections municipales de mars 2014, sonnant le glas d’un demi-siècle de “socialisme municipal”, et menaçant la pérennité d’une organisation politique dont la puissance reposait sur le contrôle des collectivités locales et les rentes politiques qui en découlent, sonnera le glas d’un projet qui va dès lors voguer comme un bateau ivre.

L’épisode va avoir un autre impact, explosif : tous les grands syndicats techniques de l’Ile-de-France, “marée bleue” oblige, passent eux aussi à droite, mettant un terme à une cogestion quasi centenaire, très longtemps allotie à la droite et au parti communiste, avant de s’ouvrir au parti socialiste et au centre à partir des années 70.

Mammouth

LEGENDE : La Région Ile-de-France s’enorgueillit de compter au rang de ses espèces rares, dont se préoccupent Airparif et Jean-Vincent Placé (quoique très occupé par ailleurs à créer des autoroutes à abeilles), six grands mammouths laineux, qui ont totalement disparu de la surface de la planète, comme l’a établi un stagiaire en service civique (payé en sandwichs), du SISPEA de l’Onema. Dénommés Sifurep, Sigeif, Sipperec, Sedif, Siaap et Syctom, ils incarnent une survivance de l’ère pré-glaciaire que de nombreux ateliers de #NuitDebout, animés par les célèbres Lapins Crétins, prochainement délocalisés à Vitry-sur-Seine, avant l’estive dans le Jura, envisagent de renvoyer aux poubelles de l’histoire. Un projet qui n’a aucune chance d’aboutir, comme vient de le démontrer la thèse de 9431 pages, préfacée par André Santini, que viennent de publier Eugène Belgrand, Jean Tirole et Cyril Hanouna sous l’égide de la chaire "Biens communs" d’AgroParisTech, sponsorisée par la FP2E, l’ASTEE, D8 et le SIAAP.

Pour tenter, dans ce contexte hostile, de conduire à bien l’avènement de la MGP, le gouvernement crée une Mission de préfiguration présidée par un préfet. Parallèlement les débats se poursuivent aussi au sein du syndicat Paris-Métropole, qui associe depuis 2001, à l’initiative de M. Bertrand Delanoe, élus parisiens et franciliens.

Les débats portent surtout sur le degré d’intégration des futures compétences qu’exercera la MGP. Super-intégration, qui déshabillerait encore davantage communes, intercommunalités et départements, ou intercommunalités renforcées, dotées ou non de la personnalité morale, et donc de la capacité juridique nécessaire pour exercer des compétences ?

Les intercommunalités existantes sur le territoire de la future MGP devront se dissoudre au profit de “territoires”, qui deviendront, au fil du débat parlementaire réouvert avec l’examen en janvier 2015 (après la loi MAPTAM du 27 janvier 2014), du projet de loi de Nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe), des “Etablissements publics territoriaux” (EPT).

Certaines intercommunalités vont devoir en épouser d’autres pour atteindre la taille minimale de 300 000 habitants.

Les débats sont âpres, compte tenu des enjeux, et notamment celui d’une nouvelle péréquation financière que le gouvernement affirme vouloir mettre en place pour réduire les inégalités en Ile-de-France…

Pour le politologue Patrick Le Lidec, cette ambition va se heurter à de nombreux obstacles :

« L’idée de mettre en place un échelon intermédiaire située entre les communes et une métropole de plus de 6 millions d’habitants, sur une maille de 300 000 habitants pour servir d’échelon déconcentré de la métropole, est une bonne idée. L’absence de véritables centralités en dehors de Paris, la taille moyenne élevée des communes, le poids des disparités de richesse fiscale et la présence de grands syndicats techniques anciens n’ont pas favorisé l’essor de l’intercommunalité dans la petite couronne. Elles y sont, à de très rares exceptions près, des structures récentes et défensives, construites sur des logiques d’endogamie politique et fiscale. (…) Le choix de placer cette maille minimum est un moyen de combattre ces tendances à l’endogamie car il est en effet difficile de construire des territoires de 300 000 habitants homogènes socialement et fiscalement, Paris mis à part. Mais il ne faudrait pas que ces territoires deviennent une solution de repli pour vider la métropole de tout contenu et échapper à la solidarité. On sent aujourd’hui cette tentation chez nombre d’élus des territoires les plus riches, qui ont souhaité « durcir » les territoires, et les doter de la personnalité morale et de prérogatives fiscales. C’est pourquoi ils ont été transformés en établissements publics territoriaux. » (2).

Un diagnostic confirmé par un Rapport de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP), rendu public le 27 janvier 2015, qui remet en cause la capacité des politiques publiques à enrayer les inégalités sociales et territoriales dont sont victimes les jeunes, comme le soulignait Mme Francine Labadie, chef de projet Observatoire de la jeunesse et des politiques de jeunesse qui a dirigé la rédaction du rapport, lors de sa présentation publique. Si les inégalités territoriales reflètent les inégalités sociales, « les transformations territoriales à l’œuvre aujourd’hui, et notamment les phénomènes de métropolisation qui touchent les grandes agglomérations, provoquent des inégalités inédites. La métropolisation implique une concentration des richesses et du capital humain, au détriment des périphéries » (3).

Une MGP réduite aux acquêts...

Au niveau opérationnel, les équipes de la Métropole du Grand Paris devraient disposer de leurs propres locaux, en cours de construction à proximité de la gare d’Austerlitz, "fin septembre ou début octobre" 2016.

Des équipes des plus réduites puisqu’il ne devrait s’agir que "d’une trentaine de hauts fonctionnaires" qui seront recrutés.

"Ce sera une administration de mission", insiste Patrick Ollier, sachant qu’au-delà de cet effectif resserré, la MGP fera simplement appel à des cabinets conseil privé "dès que besoin".

"Nous sommes un élément de coordination de 131 villes, pas un échelon de plus", avec un budget de fonctionnement qui devrait être de l’ordre de 4 millions d’euros.

Pour l’heure, un DGS a été recruté en la personne de Thomas Degosse, préfet du Morbihan. Et "les vice-présidents font le travail des fonctionnaires qu’on n’a pas encore". Le tout se passant dans les locaux de la Mission de préfiguration. Et surtout, c’est grâce aux "18 mois de travaux de cette Mission de préfiguration" que les choses concrètes ont pu démarrer rapidement.

MGP in translation

Certes, tout cela n’est qu’un tout petit début : "Je considère que je suis dans une phase d’expérimentation. Il y aura une deuxième phase de la Métropole".

Car pour Patrick Ollier, ni le budget, ni les compétences, ni le périmètre ne sont satisfaisants. Le périmètre, parce qu"on n’a pas toute la zone dense".

Mais quid de la relation Métropole-région si le périmètre de la première devait être étendu ?

La réponse de Patrick Ollier : "Il aurait aussi fallu élargir la région."

NOTES :

(1) Gauche, quelle majorité électorale pour 2012 ? Bruno Jeanbart, Olivier Ferrand, Romain Prudent. Terra Nova, 10 mai 2011.

(2) Grand Paris : « L’émiettement des pouvoirs locaux favorise la ségrégation », Patrick Le Lidec. La Gazette des communes, 27 janvier 2015.

(3) Parcours de jeunes et territoires, INJEP, 27 janvier 2015.

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2016-05-11
REMOUS
par Marc Laimé, mercredi 11 mai 2016 @ 15:21

Notre récent billet dans lequel nous révélions le contenu du décret par lequel M. Emmanuel Macron vient d’instaurer une nouvelle présentation des factures d’eau à partir du 1er janvier 2017, et surtout un nouveau calcul du prix de l’eau, au litre, et non plus au mètre cube, nous a valu une mise au point de M. Tristan Mathieu, secrétaire général de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E), reproduite ci-après, avec la réponse que nous lui apportons.

La mise au point de Tristan Mathieu :

« Bonsoir Marc, je vous en voulais dejà un peu d’avoir reproduit la photo de mon grand oncle, sans mon autorisation dans votre dernier billet... mais là, je dois vous dire que vous faites fausse route.

En effet, la mention du prix au litre (qui est une obligation légale depuis déjà 10 ans), ne sert pas à calculer le montant des factures d’eau mais uniquement à donner, selon le souhait du législateur, une référence plus facilement perceptible pour le consommateur, en comparaison de l’eau embouteillée.

Tristan MATHIEU.

Un lecteur épisodique et parfois amusé. »

La réponse d’Eaux glacées :

“Bonjour Tristan,

Merci pour votre message.

J’éprouvais déjà un peu de remords, non d’avoir reproduit sans autorisation la photo de votre grand oncle, mais d’avoir interrompu ma quête généalogique avant d’avoir pu établir sans coup férir que c’était votre aïeule, Sainte Jeanne d’Arc, qui inspirait en réalité les actions de grâces de la FP2E, comme vient de l’établir le pélerinage de Saint Emmanuel Macron à Orléans.

J’espère dès lors que le rétablissement de cette auguste vérité vous rassérénera, même à prendre le risque de voir Dame Sophie Auconie en appeler au Tribunal du Saint-Siège en querelle de paternité, eu égard, non pas seulement aux relations orageuses entre les baronnies voisines de Tours et d’Orléans, mais de l’ambition dévorante de Dame Auconie qui ne s’est aucunement calmée, même depuis l’octroi de son baillage de gouverneure du Conseil mondial de l’eau.

Ceci dit, et pour en revenir à notre querelle des mètres cubes et des litres qui pourrait bien finir, qui sait, par nous entraîner jusque sous le chêne de Saint-Louis, je me félicite au regard de votre réponse, d’avoir complété mon parchemin initial, en augurant qu’il allait immanquablement nous être rappelé que c’était pour mieux distinguer eau en bouteille et eau du robinet, que la mention du prix au litre sur la facture était devenue impérieuse.

Saint Louis sous son chêne

Février 2018 : Saint Emmanuel Macron 1er au sommet France-FMI, au lendemain du "Franxit"

Reste qu’ici vos précisions soulèvent de tout autres questionnements.

Si la mention du prix au litre était déjà prévue par un texte vieux de dix ans, pourquoi diable Saint Emmanuel Macron, des plus occupé comme on l’imagine à la veille d’engager sa croisade à Orléans, aurait-il distrait une seule seconde de son temps sacré pour apposer son paraphe à un décret qui n’aurait comme utilité, si je vous entends bien, que de rappeler l’existence d’un texte qui existe déjà ?

Par ailleurs je suis totalement en désaccord avec votre lecture du décret, qui stipule bien que le calcul du prix au litre sera désormais effectué, déduction faite du montant de l’abonnement, qui figurera lui aussi sur la facture. Autrement dit le “prix au litre” ne représentera que le calcul du montant des volumes d’eau consommés, réduits au litre, et non pas l’addition, en toute logique, de ce montant et du coût de l’abonnement.

Petite astuce que je qualifie donc d’entourloupe.

"Comme une flèche..."

Outre l’intercession divine qui vous aurait permis d’exciper du parrainage de votre auguste aïeule, il apparaît bien plutôt que le décret de Saint Macron augure d’un fabliau ourdi à plusieurs fins :

- faciliter en douceur la mise en oeuvre de la loi NOTRe, ainsi que je l’ai déjà évoqué. C’est fait.

Mais surtout, préparer la suite.

La LEMA de 2006 a instauré un plafond du montant de la part fixe ou abonnement, dont la baisse continue des consommations (le fameux “effet ciseau”), que rien ne semble devoir interrompre, remet bien évidemment en question.

Car d’un strict point de vue économique, et pour rassurer vos actionnaires, quoi de mieux que de faire sauter ce verrou, et pour ce faire de préparer la disparition du plafond du montant de la part fixe, dont la réglementation actuelle prévoit qu’elle ne pourra pas dépasser un pourcentage fixé réglementairement du montant de la part “consommation” de la facture binôme ?

Accessoirement, cette étape s’inscrit aussi bien évidemment dans la perspective de la fusion à venir des services d’eau et d’assainissement au sein d’un seul EPIC, projet que le connétable Flajolet peaufine depuis des lustres.

http://www.eauxglacees.com/Demain-u...

Tout cela est bien bon me direz-vous, mais que devient dans cette perspective, avec en surplomb l’étendard de “l’eau paie l’eau”, le très sacro-saint principe de l’exploitation “aux risques et périls du délégataire”, qui fonde depuis des lustres la doctrine de la délégation de service public à la française ?

C’est là tout le miracle d’Orléans.

La DSP à la française est morte.

Le sacro-saint principe de “l’eau paie l’eau” est mort.

(Vive le Roi !)

Et de fait l’ordonnance et le décret du même Saint Macron qui ont transcrit en droit français la directive concession, comme l’Assomption conjointe de la SEMOP par les grandes compagnies(dénommées dans la période contemporaine "bureaux d’étude"), vont nous débarrasser de ces vieilles croyances désormais impies.

Ne reste plus qu’à créer, par fusion de Veolia, Suez et Saur, et par le biais de la bulle qu’édictera Saint Macron Ier en 2017, l’Orléanaise royale des eaux, qui présidera pour les siècles des siècles à la destinée des eaux françaises. Et qui sera bien évidemment exemptée de tout impôt, y compris la taille et la gabelle, par Saint Macron 1er.

Nous nous inclinons dès lors très bas et appelons à votre indulgence.

Et plus précisément sollicitons d’ores et déjà, au titre de vos “indulgences”, (çà changera des loges à Roland Garros et au Stade de France dilapidées auprès de centaines d’élus même pas reconnaissants), quelques tickets d’entrée au Puy du Fou quand y sera présenté en 2018 le grand spectacle “Je marche sur l’eau”, qui rappellera au bon peuple les étapes de la montée au paradis de Saint Macron 1er.

ENVOI :

"Je crois que nous nous endormons sur un volcan"

http://www2.assemblee-nationale.fr/...

Alexis de Tocqueville, Assemblée nationale, 27 janvier 1848.

Lire aussi :

Eau potable et assainissement : à quel prix ?

http://www.cgedd.developpement-dura...

CGEDD et IGA, février 2016, 560 pages...

Anima Latina

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REMOUS
par Marc Laimé, mercredi 11 mai 2016 @ 14:33

Les Républicains (LR) ont organisé dans la première semaine du mois de mai 2016 une journée de travail consacrée à l’environnement, l’énergie et la mer. Concernant la protection de la biodiversité, de la forêt et l’eau, et les enjeux de sauvegarde de la ruralité, le programme adopté ne laisse planer aucune équivoque. Extraits.

(…) « Le principe de responsabilité pour réconcilier environnement et progrès

- Remplacer le principe de précaution par le principe de responsabilité, qui laisse le soin à la norme de fixer le cadre général de l’action des acteurs économiques, scientifiques et environnementaux.

- Cesser la surtransposition de normes européennes et associer à l’élaboration des normes les acteurs concernés en les consultant préalablement.

(…)

La protection de la biodiversité, de la forêt et l’eau, des enjeux de sauvegarde de la ruralité

- Rémunérer les services écosystémiques rendus par les agriculteurs.

- Doter la BPI d’un fonds d’investissement chargé d’accompagner le financement des scieries et entreprises de la filière bois pour les rendre plus compétitives par rapport à leurs concurrents européens et mondiaux.

- Poursuivre la réforme de l’Etat en modernisant l’ONF au travers des contrats Etat-ONF pour améliorer le pilotage financier et stratégique de l’organisme (tout en indexant la masse salariale sur la réduction des effectifs des années précédentes).

- Mobiliser les domaines agricoles, forestiers et maritimes autour d’un plan national de recherche publique de séquestration du carbone. (...).

- Imposer l’usage des eaux usées dans les espaces verts et espaces de type golfs.

- Accompagner les agriculteurs dans l’installation de méthaniseurs agricoles pour produire des biogaz et faciliter l’épandage de digestat d’origine naturelle.

- Faire du ministère de l’Agriculture le ministère pilote du stockage de l’eau et réformer l’ONEMA dans ce sens conformément aux engagements pris lors de la journée agriculture et ruralité.

- Réaffirmer l’attachement aux traditions cynégétiques françaises comme outil de valorisation de notre terroir et comme élément de la stabilité de la biodiversité. (…) »

Lire aussi :

- Présidentielle 2017 : un casting patronal

http://www.eauxglacees.com/Presiden...

Les eaux glacées du calcul égoïste, 6 mai 2016

- Projet de loi Biodiversité : les ambitions du texte revues à la baisse au Sénat

http://www.localtis.info/cs/Content...

Localtis, 13 mai 2016

- Soumis aux lobbies, les sénateurs massacrent la biodiversité

http://reporterre.net/Soumis-aux-lo...

Reporterre, 13 mai 2016

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2016-05-08
REMOUS
par Marc Laimé, dimanche 8 mai 2016 @ 08:11

Un arrêté signé par le ministre de l’Economie a été publié au Journal Officiel le 5 mai 2016. Il modifie la présentation des factures d’eau à partir du 1er janvier 2017. Le prix de l’eau sera désormais calculé au litre, et non plus au mètre cube. La soustraction de l’abonnement dans le calcul du prix au litre dissimule un petit calcul politique, et tente d’occulter les très fortes hausses du prix de l’eau que va entraîner la mise en œuvre de la loi NOTRe d’ici à 2020…

Un arrêté du 28 avril 2016 modifiant l’arrêté du 10 juillet 1996 relatif aux factures de distribution de l’eau et de collecte et de traitement des eaux usées (NOR : EINC1530555A), publié au JO n° 105 du 5 mai 2016, et signé Emmanuel Macron, introduit deux modifications majeures dans la présentation des factures d’eau à dater du 1er janvier 2017 :

- le calcul du prix au litre, et non plus au m3 :

- la soustraction de l’abonnement ou partie fixe du calcul du prix au litre, spécifié au 2 de l’article 1er.

Orléans

Cette décision intervient sur fond de transferts de compétence massifs, induits par la mise en œuvre de la loi NOTRe, qui vont faire passer le nombre de services ou syndicats d’eau et d’assainissement en France de 34 000 à un peu plus de 3000 d’ici à 2020.

Ce processus induit des remises à niveau qui vont mécaniquement faire augmenter le prix de l’eau, par exemple par l’extinction des transferts de subventions d’équilibre à partir du budget général vers le budget annexe, qui demeuraient autorisés dans les collectivités de moins de 3000 habitants.

Par ailleurs, la réorientation des politiques publiques en direction du grand cycle de l’eau (protection des captages, zones humides, continuité écologique, Gemapi...), comme la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités ou le retrait des départements (disparition de la clause de compétence générale), qui finançaient historiquement l’adduction d’eau et l’assainissement, vont à l’identique peser à la hausse sur le prix de l’eau.

Cet arrêté va en outre contribuer à relancer le débat sur l’iniquité de l’existence même de la part fixe, ou abonnement qui, si elle contribue à l’investissement des services, dissimule trop souvent le fait que cette part fixe revient à faire payer par les usagers domestiques la facture des gros consommateurs professionnels (industriels, agriculteurs...), qui bénéficient de tarifs dégressifs. Car à l’inverse des usagers domestiques, plus ils consomment, et moins ils paient…

Au regard de ces différents facteurs, l’idée est donc de rendre très difficile, sinon impossible, la comparaison entre, par exemple, le prix de l’eau dans une commune de 5000 habitants aujourd’hui (prix au m3 abonnement inclus), puis après son absorption au sein d’une communauté de communes ou d’agglomération d’ici à 2020 (prix au litre sans l’abonnement...), en application de la loi NOTRe...

Loin de contribuer à la transparence affichée, cet arrêté signé par "l’homme qui veut réconcilier les deux France" intervient donc fort opportunément pour tenter de dissimuler des hausses du prix de l’eau qui vont affecter territoires et usagers de manière très hétérogène, les usagers en milieu rural devant s’attendre à de fortes hausses.

Last but not least, et pour apprécier le coup de vice.

A l’origine, au début des années 2000, la revendication de la facturation "au litre" avait été émise par des associations de consommateurs “pour mieux défendre l’eau du robinet” vis-à-vis de l’eau en bouteille, en faisant apparaïtre immédiatement l’écart abyssal entre le prix d’un litre d’eau du robinet et celui d’un litre d’eau en bouteille.

L’argument s’était noyé dans les sables.

Il va être sorti de la naphtaline pour camoufler l’effet Loi NOTRe…

Et l’on comprend dès lors parfaitement pourquoi, histoire d’en rajouter dans la confusion, la FP2E, (le syndicat patronal des entreprises privées créé par Veolia, Suez et Saur), ourdit d’ajouter à la facture d’eau une "fiche qualité de l’eau", dont les données seront tout aussi optimisées que le nouveau prix au litre :

http://www.eauxglacees.com/Le-lobby...

PDF - 41.3 ko
Arrêté du 26 avril 2016 modifiant la présentation des factures d’eau

A l’examen du décret on note de surcroît qu’il ne porte pas le sacro-saint visa du Comité National de l’Eau !

On attend avec impatience la réaction indignée de Jean Kappelmeister Launay...

Lire aussi :

Facture d’eau Macron : l’agenda caché de la FP2E

Les eaux glacées du calcul égoïste, 11 mai 2016.

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2016-05-06
REMOUS
par Marc Laimé, vendredi 6 mai 2016 @ 18:31

Alors que nous nous échînions sur la Loi NOTRe et la GEMAPI, et tutti frutti, l’idée nous vient de nous enquérir ce que la proche présidentielle, celle qui ne s’interrompt désormais jamais plus, nous réserve, en sus de ce que nous savons déjà. La dernière fois, voir la gestion publique de l’eau apparaître dans le programme du Front signait, quoi qu’on en aît, un changement d’ère. Depuis l’eau a coulé sous les ponts, et force est de constater que nous avons bel et bien changé d’époque. Au delà ce tout ce que nous imaginons…

Avant, pour sentir l’air du temps, outre les lacrymos au printemps, on avait les journaux, la prière du matin de l’honnête homme et toutes ces sortes de choses.

Bon, fini de rire, il y a longtemps que la licence IV a disparu du local syndical du Figaro (Je vous parle d’un temps…).

Prenez le temps de lire ce qui suit.

Un certain M. Drahi, le Citizen Kane de notre temps, rachète en s’endettant abominablement auprès de toutes les banques de la planète, d’abord des réseaux de télévision cablés états-uniens, après des opérateurs de téléphone, et maintenant des journaux, au hasard Libération ou l’Express en France. Qu’en fait-il ? Il les planque dans des téléphones portables. Pas pour faire des journaux téléphonés !

Pour faire de “l’optimisation financière et fiscale”, comme nous le baille, ébahi, Le Monde…

Bref, à côté, les bricolos du caroussel à la TVA, des permis carbone et de l’arnaque au Président, ça fait petit joueur.

Lisez donc l’article ci-dessus, "Les bons calculs de Patrick Drahi", sinon vous n’avez pas une chance d’être dans la disposition mentale qui vous permettra d’enchaîner avec le casting présidentiel de la Fondation Concorde…

Présentation : « La Fondation Concorde fut créée au lendemain des législatives de 1997.
Il s’agit de l’initiative de militants et de patriotes conscients de l’éloignement de notre société des méthodes de gestion qui font partout la richesse des pays concurrents.

La prééminence de la technocratie dans l’espace politique, l’absence de débat laissaient peu de chance à la naissance d’une société privilégiant l’initiative privée, le foisonnement et la croissance des entreprises, seul espoir pour accroître le pouvoir d’achat de nos compatriotes, et réduire le chômage.

De nombreux députés ont alors rejoints les rangs de la Fondation Concorde pour travailler sur ces thèmes.

Puis des personnalités du monde politique, des universitaires renommés sont venus compléter ses équipes.

C’est ainsi que dès 1999, la Fondation Concorde est devenu l’un des premiers think-tank généraliste de la droite modérée dans notre pays.

Dans cette période de mutation rapide, la société et ceux qui la dirigent doivent s’enrichir du débat d’idées, de comparaisons internationales et d’outils variés d’aide à la décision. »

Un casting présidentiel

Bon, la Fondation Concorde on a compris.

Et encore heureux que c’est aka la droite patriote modérée...

Voyez un peu.

En trois mois Alain Juppé, puis François Fillon, puis Nicolas Sarkozy, puis Bruno Lemaire sont venus faire le show, retransmis sur Public Sénat, avant d’être relayé par Dailymotion, le petit cousin franchouillard de You Tube.

Patriotes à la Fondation Concorde, on vous dit.

Avant de reprendre des forces avant de retourner à #NuitDebout, il est fortement recommandé de regarder les videos ci-après.

Pour une description du spoiler, il y faudrait Daumier ou Die Flackel...

Un salon rococo affreux, genre l’assemblée générale des Maîtres de Forges en 36, ou la salle d’attente du Chabanais telle qu’on l’imagine.

Troisième République, parvenu, boursouflé.

Les tapis, les appliques, les rideaux...

Epouvantable.

On n’oserait pas y amener des cars de touristes chinois, c’est dire.

Et là, le show.

Entre le bateleur du marché des Chibanis en bas de chez moi, qui m’a fourgué l’épluche tout qu’on se nique toujours les doigts, qui n’épluche rien mais qu’on achète quand même, et qu’on pourra même pas essayer de refourguer sur le Bon Coin, le stand up du Jamel Comedy Club, voire Montebourg à la grande époque, sous son parapluie avec son micro baladeur.

Et surtout, surtout il y a la salle. Les PATRONS qui petit-déjeunent.

TOUT. Le look, les fringues, le regard, les questions à l’impétrant, les sourires, les hochements de tête…

Même pas en rêve qu’il y en a un seul qu’on prend en stop !

Le 1% en live.

Mieux que les Pinçon-Charlot !

C’est simple : non stop sur grand écran à #NuitDebout, le lendemain c’est la grève générale…

Bref, à regarder de toute urgence. Et merci pour l’ouvreuse…

- Alain Juppé face aux patrons

- François Fillon face aux patrons

- Nicolas Sarkozy face aux patrons

- Bruno Lemaire face aux patrons (la bande annonce)

(L’intégrale ne devrait pas tarder, Public Sénat la retransmettait en direct avant hier.)

Et comme le souligne la réclame de Public Sénat, en partenariat avec la Fondation Concorde et IFOP-Fiducial, la chaîne parlementaire, politique et citoyenne poursuit ainsi sa mission avec le prochain invité de #AuCœurDuDébat, qui sera Jean-François Copé le 31 mai 2016.

Session de rattrapage :

- Enfance, carrière et amour. Cécile Duflot, Rachida Dati, Jean Luc Mélenchon, François Bayrou, Jean-Pierre Raffarin... se racontent en chanson chez Mireille Dumas...

C’est comment qu’on freine ?

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2016-05-04
REMOUS
par Marc Laimé, mercredi 4 mai 2016 @ 11:18

Les personnels comme les institutions et usagers qui y sont attachés se mobilisent pour éviter la privatisation du laboratoire public départemental de Touraine, déjà soumis à la concurrence des multinationales privées de l’analyse depuis une décision scandaleuse actée par la Loi sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA) du 30 septembre 2006, situation encore aggravée par la loi NOTRe qui a entériné un recul des politiques publiques conduites par les Départements.

Les activités de ce laboratoire participent pourtant bien d’une mission de service public primordiale pour la santé humaine, animale, et la préservation de l’environnement.

Dans le domaine de l’eau, de l’environnement et de la santé, elles recouvrent en effet la bactériologie des eaux, l’agronomie, la surveillance des milieux aquatiques. Pour le secteur agro-alimentaire, la sécurité et la chimie alimentaire, l’œnologie, la cidriculture. En matière de santé animale, cela recouvre l’immunosérologie, la surveillance des encéphalopathies. Et le laboratoire, qui possède toutes les accéditations requises, a par ailleurs développé des activités reconnues dans le domaine de l’audit, du conseil et de la formation.

Malheureusement, depuis la LEMA de 2006 la mise en concurrence des marchés d’analyses des eaux avec les multinationales privées du secteur, au premier rang desquelles les groupes Carso et Eurofins, a précipité les laboratoires publics départementaux français vers une faillite programmée.

En effet, les tarifs proposés en appels d’offre par les collectivités locales et les ARS sont bien en dessous des prix de revient, à raison du dumping effréné des opérateurs privés, et creusent les déficits.

Il faut savoir, et on ne le répétera jamais assez, qu’en matière de contrôles de qualité de l’eau potable ce sont près de 7 millions d’analyses qui sont effectuées chaque année à l’instigation des ARS, et donc du ministère de la Santé, par les collectivités locales.

Aujourd’hui l’essentiel de ces analyses sont effectuées, pour le compte du ministère de la Santé, non par des laboratoires publics, puisqu’on les a délibérément liquidés, mais par les deux multinationales privées Eurofins et Carso.

Deux multinationales privées que l’Etat a par ailleurs, au motif de soutenir leur développement, copieusement arrosées d’argent public, via la Caisse des Dépôts et le Fonds stratégique d’investissements (FSI), au plus grand profit des actionnaires d’Eurofins et Carso !

Une situation scandaleuse puisque la logique du profit maximal des multinationales privées de l’analyse, qui les a déjà conduit à racheter à tour de bras des laboratoires publics départementaux ensuite dépecés, restructurés, voire purement et simplement liquidés, cette logique délétère les a parallèlement conduits à développer des modes opératoires qui mettent en danger la santé publique et l’environnement, comme l’avait révélé le scandale Eurofins, mis à jour par la Direction générale de la Santé.

Les analyses de santé animale de service public ne sont pas davantage considérées aujourd’hui comme indispensables, et représentent aussi une charge pour les élus des Conseils départementaux, soumis comme on le sait à la diète depuis la baisse des dotations de l’Etat, tandis que leur clause de compétence générale qui leur permettait de soutenir des missions de service public, a disparu avec la loi NOTRe.

Dans ce contexte les personnels du Laboratoire de Touraine et leur intersyndicale (CGT, FSU et FO) ont dès lors de grandes craintes d’être "vendus" au secteur privé, au motif d’économies à faire sur le budget départemental.

En effet, compte tenu de leurs missions de service public, et de la concurrence déloyale des deux multinationales privées du secteur, le Conseil départemental octroyait jusqu’à présent au laboratoire une subvention d’équilibre annuelle de 2,3 millions d’euros, soit 0,48% du budget départemental qui se monte environ à 650 millions d’euros…

Après un audit effectué par un cabinet d’avocats, le choix est posé d’une évolution des statuts du laboratoire, soit en partenariat avec des laboratoires publics en rejoignant un Groupement d’intérêt Public (Innovalys : départements 44, 49, 72), ou sous forme d’une Société d’économie mixte (LASAT : départements 79 ,86, 17), soit enfin en vendant le laboratoire à deux groupes privés, ALPA ou CARSO…

Les personnels et l’ensemble des acteurs du département qui leur apportent leur soutien sont d’autant plus mobilisés que le gouvernement, par le biais d’un décret d’application de la loi NOTRe en date du 27 novembre 2015, a promulgué le maintien d’un maillage territorial indispensable pour gérer les crises sanitaires et environnementales, dont on sait qu’elle se multiplient dans la période.

Pour l’intersynicale : “Alors oui, les personnels sont inquiets pour leur avenir et souhaitent garder leurs métiers et leur engagement pour un service public de proximité garant d’impartialité et de transparence.

Le Laboratoire de Touraine a été inauguré en mai 1995 en présence du Président de Région qui avait participé au financement. Comment se fait-il que la Région ne soit pas associée à la réflexion quant à l’avenir du Laboratoire qu’elle a contribué à créer ?

(…) L’avenir du Laboratoire de Touraine n’est pas qu’une affaire de comptes, de réduction des dotations ! Le montant de la subvention est sensiblement identique au montant d’avant la crise de l’ESB, mais avec des recettes doublées (0,48% du budget départemental) !

Le personnel s’est toujours beaucoup investi. L’effort de productivité a été considérable et visible, malgré une subvention qui a diminué de 8% en 2015 !

Il est inacceptable que tous ces efforts aboutissent à un abandon vers le privé.

Nombres de départements ont fait le choix de l’inter-départementalité pour contrer l’avancée des groupes privés. A-t-on vraiment oeuvré en ce sens dans notre région ? A l’heure où on nous parle sans cesse de groupes de travail, pourquoi ne pas entreprendre une vaste concertation entre élus de tous les départements de la région Centre. Quid des départements qui n’ont plus de laboratoires à l’heure actuelle (Loiret, Eure et Loire) qui pourraient contribuer au financement ? ».

Lire aussi :

- La loi sur l’eau privatise les services publics (1)

http://www.eauxglacees.com/La-loi-s...

Les eaux glacées du calcul égoïste, 9 octobre 2007

- Laboratoires publics d’analyse des eaux : la crise

http://www.eauxglacees.com/Laborato...

Les eaux glacées du calcul égoïste, 22 septembre 2009

- Laboratoires publics d’analyse des eaux : le Val-de-Marne se mobilise

http://www.eauxglacees.com/Laborato...

Les eaux glacées du calcul égoïste, 25 septembre 2009

- Le monopole caché du contrôle de la qualité des eaux du robinet

http://www.eauxglacees.com/Le-monop...

Les eaux glacées du calcul égoïste, 23 février 2011

- Le deuxième laboratoire d’analyse des eaux français coulé par la concurrence

http://www.eauxglacees.com/Le-trois...

Les eaux glacées du calcul égoïste, 24 février 2011

- Laboratoires publics d’analyse des eaux : le ministère de l’Agriculture balade les parlementaires

http://www.eauxglacees.com/Laborato...

Les eaux glacées du calcul égoïste, 7 janvier 2013

- Le scandale Eurofins : le rapport de la DGS

http://www.eauxglacees.com/Le-scand...

Les eaux glacées du calcul égoïste, 26 février 2013

- Eurofins : nouveau revers en Bretagne

http://www.eauxglacees.com/Eurofins...

Les eaux glacées du calcul égoïste, 25 avril 2013

- Lorient : la vengeance d’Eurofins

http://www.eauxglacees.com/Lorient-...

Les eaux glacées du calcul égoïste, 7 juin 2013

- Eurofins : fin de partie à Clermont Ferrand

http://www.eauxglacees.com/EUROFINS...

Les eaux glacées du calcul égoïste, 11 octobre 2013

- La méthode Eurofins

http://www.eauxglacees.com/La-metho...

Les eaux glacées du calcul égoïste, 4 décembre 2013

- Laboratoires publics d’analyse : un sursaut ?

http://www.eauxglacees.com/Laborato...

Les eaux glacées du calcul égoïste, 4 décembre 2013

- Laboratoires publics d’analyse : les élus s’inquiètent, le gouvernement procrastine…

http://www.eauxglacees.com/Laborato...

Les eaux glacées du calcul égoïste, 6 janvier 2014

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REMOUS
par Marc Laimé, mercredi 4 mai 2016 @ 11:14

La Commission européenne a adressé, le jeudi 28 avril 2016 un avis motivé à la France afin qu’elle lui fournisse des informations complémentaires sur la mise en œuvre de la directive du 12 août 2013 relative aux substances prioritaires dans le domaine de l’eau.

Les Etats membres devaient transposer cette directive dans leur droit national avant le 14 septembre 2015.

La France s’est exécutée sous la forme d’un arrêté publié le 29 septembre dernier.

Mais ce faisant, ayant dépassé le délai initialement fixé, l’exécutif européen lui a ensuite adressé une lettre de mise en demeure en novembre.

Jugeant de surcroît que cette transposition demeure incomplète, Bruxelles lui a donc adressé avis motivé.

En l’absence de réaction sous deux mois, la Commission pourra saisir la Cour de justice de l’UE.

"Les substances prioritaires sont des produits chimiques qui présentent un risque significatif pour ou via l’environnement aquatique au niveau de l’Union. La directive vise à réduire à la source ce type de pollution des eaux en fixant des niveaux de concentration ne présentant de dangers ni pour l’environnement aquatique, ni pour la santé humaine", rappelle la Commission.

Cette directive avait ajouté douze substances chimiques nouvelles à la liste des initiale des 33 substances prioritaires devant être recherchées au titre du respect des objectifs de reconquête d’un bon état chimique des eaux fixé par la DCE.

Des normes de qualité environnementale (NQE) devront être respectées pour ces substances à compter de 2018, en vue de parvenir à un bon état chimique des eaux en 2027, comme nous y engageait la DCE.

Comme l’ensemble du dispositif de contrôle a été privé de sa substance par étapes successives, comme nous l’avons maintes fois dénoncé, l’affaire finira mal.

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2016-05-02
REMOUS
par Marc Laimé, lundi 2 mai 2016 @ 12:41

Plusieurs annonces récentes, comme celle de la création de la “Filière française de l’eau”, ou celle d’un “Indicateur de qualité” associé à la facture d’eau témoignent de l’emprise sans limite qu’exercent désormais les grands opérateurs privés du secteur sur l’appareil d’Etat et la prise de décision publique.

L’emprise des acteurs privés sur l’appareil d’Etat, les institutions et la prise de décision publiques est fréquemment caricaturée sous l’angle des “lobbyistes”, corporation exotique qui se livrerait au trafic d’influence à grande échelle à proximité des lieux de décision, en y organisant des déjeuners, des rencontres, des auditions... lors desquelles les élus seraient subornés par de sulfureux porteurs de valises.

Ce fabliau pour Lapins crétins, que l’on perfectionne ensuite en prônant la création de “registres” de lobbyistes à l’Assemblée ou au Sénat, comme le propose le projet de loi “Sapin II” ne résiste pas à l’examen.

L’influence délétère des acteurs privés s’exprime en effet, loin de ces billevesées, au coeur même de l’appareil d’Etat et de la décision publique, par le biais d’une foule de canaux et de dispositifs étonnamment “transparents”, si l’on veut bien y regarder de plus près au lieu de brasser du vent et de multiplier les envolées démagogiques, comme y excellent les défenseurs auto-proclamés des “communs”, tarte à la crème de la période.

La machine de guerre du COSEI

Issue de la réflexion du « groupe eau » du Comité stratégique de la filière des éco-industries (COSEI), un groupe de travail créé à Bercy, la « Filière française de l’eau » vise à communiquer autour des « bonnes pratiques de la filière » auprès du grand public et des maîtres d’ouvrage jugés « frileux ».

Une nouvelle marque vient ainsi de voir le jour dans le secteur de l’eau. En prétendant rassembler tous les acteurs gravitant autour de la thématique, « La Filière française de l’eau » vise à valoriser les politiques d’investissements dans les infrastructures d’eau et d’assainissement.

Un souci qui confine à la panique, quand les prélèvements de l’Etat dans la trésorerie des Agences de l’eau, la création de l’Agence française de la biodiversité (AFB), qui va être financée en siphonnant, via l’Onema, les mêmes Agences de l’eau, le retrait des Départements (qui allouaient il y a encore sept à huit ans 700 millions d’euros chaque année à l’adduction d’eau et à l’assainissement), ou encore le gel des dotations aux collectivités locales dessinent le spectre d’une inquiétante crise financière qui affole tous nos amis du genre humain…

« Les maîtres d’ouvrage ont la certitude qu’il n’y a pas d’argent dans le secteur de l’eau mais c’est faux. Cette initiative vise à favoriser un changement de comportement en s’appuyant sur une communication auprès du grand public », assure ainsi Christian Laplaud, le P-DG du groupe Altereo et président du groupe de travail Eau au sein du COSEI, qui soutient « réunir l’ensemble des acteurs de la filière de l’eau publics comme privés ».

(Un mensonge avéré puisque le secteur public n’y est représenté que par une personne, et encore a-t-il fallu l’imposer en tapant sur la table…).

« Nous avons lancé cinq groupes de travail afin d’identifier les points de blocage au sein de la filière », précisait-t-il lors de l’annonce de sa création.

Sur les thématiques du patrimoine, du financement des politiques de l’eau, de l’articulation entre ingénierie publique et privée (c’est-à-dire de la mise à disposition des intérêts privés des brimborions d’ingénierie publique que l’on a parqués par exemple au sein du Cerema), des services « innovants » (RE-Use, est-tu là ?), et enfin de l’internationalisation de la filière, des réunions sont organisées tous les mois.

Le lancement de la marque avec un site internet dédié est l’aboutissement de cette réflexion et du travail collectif.

Cette structure informelle de valorisation de la filière se veut complémentaire des regroupements déjà existants au sein de la filière, comme le Partenariat français pour l’eau (PFE), portant des messages institutionnels à l’international ou « France Water team » (ça fait mieux en global globish), qui vise à réaliser des actions concertées pour favoriser l’export.

Des actions de communication seront ainsi lancées lors du prochain salon Hydrogaïa qui se tient à Montpellier au mois de mai, inénarrable foire à la farfouille des bonimenteurs aquatiques qui prospèrent depuis des lustres en Septimanie.

L’instrumentalisation de la « Conférence environnementale »

Autre front, la subclaquante « Conférence environnementale », château de cartes sans cesse reconstitué par les mêmes bonimenteurs, dont on connaît désormais par cœur les mécanismes qui permettent de s’en prévaloir pour décider de tout et de n’importe quoi, en brandissant des gages d’officialité n’ayant aucune valeur légale aux autorités publiques qui feignent de ne rien voir, et détournent pudiquement les yeux en apposant leur signature à des arnaques dont nul ne questionne dès lors la licéité…

La dernière en date s’est donc tenue à la va-vite les 25 et 26 avril derniers.

L’événement est censé « fixer la feuille de route verte du gouvernement pour la fin du quinquennat. »

Avec pareil galimatias on peut déjà craindre le pire, sans aucun risque de se tromper.

Il s’agissait donc de « faire le point sur l’avancement des dossiers identifiés l’année précédente et de définir à partir de là un nouveau programme de travail. »

(Traduire on demande à la horde de technos attachés au bastringue de sortir quelques notes que les communicants vont repeindre en vert, option démago XXXXL, on se fout de quoi ça cause, mais faut que ça sonne « vert » pour les medias et les Lapins crétins).

L’organisation désormais bien rodée repose sur des « tables rondes thématiques «  présidées par un ministre durant lesquelles les acteurs négocient le programme de travail du gouvernement sur les thèmes abordés.

(Les « acteurs » c’est-à-dire des élus, des associations, le MEDEF, la FNSEA, Veolia et Suez, etc, qui entendent bien gratter quelque chose en faisant semblant de croire à cette fumisterie…).

De ce « cadre de gouvernance » qui a, comme ils disent, « pris en quelque sorte la suite du Grenelle de l’environnement », ressort une «  feuille de route du gouvernement pour la transition écologique, rendue publique par le Premier ministre, et des lettres de cadrage avec des orientations pour chaque ministère ».

Autrement dit tout ça c’est du vent, n’a aucune valeur légale, échappe à tout contrôle parlementaire, bafoue la démocratie, et a pour seule utilité d’ouvrir une autoroute à tous les lobbies qui s’y vautrent et s’y ébattent avec un franc appétit.

Et c’est ainsi que parlementaires (invités pour la forme), collectivités et associations viennent donc de découvrir et d’avaliser les yeux fermés la dernière bouffonnerie de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E), qui s’est piqué cette fois-ci de s’intéresser à la « qualité » de l’eau du robinet…

Un « indicateur de qualité » annexé à la facture d’eau

L’affaire a d’abord été fomentée à partir du Centre d’information sur l’eau (CIeau), officine de désinformation créée par la FP2E, c’est-à-dire Veolia, Suez et Saur, et dirigée par une ancienne haut fonctionnaire de la direction de l’eau du ministère de l’Ecologie (ce qu’il en reste), officine dont les medias relaient hélas depuis des lustres sans rien trouver à y redire les campagnes annuelles de propagande.

Evidemment, l’assomption des médias low cost, avec les usines à bobards en ligne, çà n’aide pas au discernement...

La loi de modernisation santé a souhaité, selon le CIEau renforcer l’information « santé environnement » des citoyens, et l’importance de l’information sur la qualité de l’eau a été rappelée par le Haut Conseil de la Santé publique (HCSP), dans son dernier rapport (octobre 2015). Tous les acteurs ont (soi-disant…) été appelés à renforcer leur communication « eau-qualité-santé », avec, comme objectif, de dépasser la seule diffusion des résultats d’analyse.

(Faut le voir pour y croire : on va « dépasser la seule diffusion des résultats d’analyse » par ailleurs totalement bidons, comme l’ont prouvé jusqu’à plus soif les affaires de l’Onema et d’Eurofins…)

Parce qu’évidemment les exploits de l’Onema continuent de plus belle. Voir les nouveaux plans départementaux de protection des milieux aquatiques et de gestion piscicole. L’Onema a développé un logiciel permettant de calculer l’indice utilisé pour évaluer la qualité du milieu : l’IPR. Sauf que nos ineffables branquignols l’ont développé pour une version de Windows qui est aujourd’hui obsolète. Si une fédé de pêche a un ordi récent, elle ne peut plus l’utiliser…

Bref, il paraît que les Français seraient demandeurs d’information. Le HCSP citait ainsi (rappelle le CIEau, tant il est vrai qu’on n’est jamais si bien servi que par soi-même), le baromètre annuel C.I.eau / TNS-Sofres « Les Français et l’eau », en soulignant que 47% des Français réclament plus d’informations sur leur eau, en particulier sur la qualité et les contrôles.

« Ce même baromètre indique que plus de 8 Français sur 10 ont confiance dans l’eau du robinet. Une confiance, prioritairement corrélée à celle accordée aux normes et contrôles qui l’encadrent. »

« Face à la multiplication des sources d’information, il est de notre responsabilité de diffuser une information, à la fois précise et lisible, sur la qualité de l’eau. Le sujet s’appuie sur des éléments tangibles, strictement encadrés par des textes réglementaires. Cependant le flux continu de l’information fait aussi la part belle aux approximations. C’est pourquoi il est essentiel de rappeler "le juste" à travers des contenus "sourcés", mais aussi adaptés à un large public. »

(« Rappeler le juste à travers des contenus sourcés, mais aussi adaptés à un large public. » Pour les ignares c’est la traduction du titre d’une conférence prononcée par l’illustre Trofim Denissovitch Lyssenko, technicien agricole de son état, à l’Académie des sciences de la glorieuse USSR en 1937…).

L’inventeur de la « plantation en nid », récompensé huit fois de l’ordre de Lénine, conseiller auprès du Soviet suprême, directeur de l’institut génétique de l’Académie des sciences d’URSS, et enfin distingué comme héros du travail socialiste, vient donc de se réincarner, parité oblige, dans les figures de Tristan Mathieu, onoravole consigliere de la FP2E, et dans celle de Marylise Macé, CEO du CIEau, et conseillère municipale, à la ville, d’une charmante bourgade de l’Ouest parisien qui se distingue, entre autres, par un taux d’assujettissement à l’ISF qui bat tous les records.

Le grand oncle de Tristan Mathieu et de Marylise Macé dans un champ d'orge en Ukraine dans les années 1920

L’arrière grand oncle de Tristan Mathieu et Marylise Macé dans un champ d’orge en Ukraine au début des années 1930. in Le Grand Album des Lapins Crétins, collection Le Crocodile Enragé, Eaux glacées. Nanterre 2016.

Le Centre d’information sur l’eau n’a donc pas tardé à se féliciter de cette convergence de vues sur l’indispensable information du public.

Et annonçait qu’il allait poursuivre sa mission, commencée il y a 20 ans, consistant à diffuser une information claire et pédagogique sur la qualité de l’eau, sujet qui apparaît en première intention « clair comme de l’eau de roche », alors qu’il est complexe et susceptible de véhiculer des idées reçues. »

La 4ème Conférence environnementale s’est achevée le 26 avril 2016.

La Table Ronde « Préserver les milieux afin d’améliorer le cadre de vie et la santé de tous » a dès lors annoncé la « définition d’un indicateur de qualité de l’eau, pouvant être inclus dans la fiche informative jointe à la facture d’eau.

D’ici à la fin (…) 2016, un modèle d’indicateur sera proposé aux acteurs du domaine de l’eau (distributeurs d’eau, collectivités, associations de consommateurs, agences régionales de santé) ».

Cette mesure devrait être reprise dans la feuille de route qu’un comité interministériel doit adopter d’ici quelques semaines.

"Un indicateur de qualité de l’eau serait un outil informatif facilitant la compréhension des consommateurs sur la qualité de leur eau du robinet. Il leur permettrait d’adopter des comportements favorables à leur bien-être et à leur santé", indiquait le Cieau.

La Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E) indiquait pour sa part avoir participé au cours des deux dernières années, avec la direction générale de la santé (DGS), et le Centre d’information sur l’eau, à des travaux visant à définir un tel indicateur.

"La contribution des entreprises à ce projet s’inscrit dans leur démarche plus globale de promotion de la mesure de la performance des services publics d’eau et d’assainissement, que la FP2E a initiée dès 2007 en concevant une trentaine d’indicateurs pertinents, à présent définis réglementairement", précisait la fédération.

On ne saurait être plus clair.

Et, de fait, comme le confirme un extrait d’un document interne de Veolia, présenté au dernier Comité central d’entreprise le 21 avril 2016, la réorganisation en cours du département « Filière Technique » de l’entreprise, vise notamment à :

« - Assurer le support technique dans le cadre des actions de lobbying portées par le Secrétariat Général (FPEE, ASTEE, GT Ministériels, normalisation…) ;

Ensuite il sera toujours temps de s’occuper du Comité national de l’eau, sans problème apparent puisque le passage de témoin Launay-Flajolet y est déjà acté.

Et qu’aucune alerte sérieuse ne semble plus à redouter puisque l’oeil de Moscou, Virginie Dumoulin-Wieczorkiewicz, vient d’être nommée commissaire du Gouvernement auprès de l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse :

http://www.actu-environnement.com/a...

Signe éloquent, s’il en est, que tout est sous contrôle, comme jamais...

Rt on peut donc annoncer, sans rire que l’on va "simplifier l’accès aux données sur l’eau"...

https://www.youtube.com/watch?v=GnQ...

Du « Jardinage » des élus…

Et pour en revenir à nos chères entreprises, pendant que le plan Franchi met la Générale à feu et à sang, l’Institut Veolia a organisé son 1er atelier du cycle de réflexion prospective sur les « biens communs » le 22 avril 2016, avec au programme l’actualité du droit et des contextes d’usage et la synthèse des travaux de recherche récents. Ce cycle s’organise en groupes d’échanges restreints entre experts externes et collaborateurs de Veolia dans le but de mieux appréhender les concepts des biens communs et leurs implications sur les activités de Veolia :

http://www.veolia.com/fr/groupe/med...

Le P-DG de Veolia offrira bientôt comme chaque année un déjeuner à plus de 1000 maires clients de Veolia lors du Congrès des Maires de France le mercredi 1er juin 2016 à la Porte de Versailles.

Le lendemain 2 juin, lors du Congrès de l’Association Scientifique et Technique pour l’Eau et l’Environnement (ASTEE) à Issy les Moulineaux, chez André Santini, sur le thème "Des villes et des territoires sobres et sûrs", Veolia organisera un dîner de gala au Petit Palais durant lequel sera remis le prix ASTEE.

La foire annuelle des maires et de leurs adjoints (appelée congrès de l’AMF), est depuis des lustres le rendez-vous indispensable à toutes les entreprises qui travaillent dans tous les domaines avec les collectivités territoriales.

Déjà dans les années 70-80, il fallait dans ces entreprises affréter des bus, prévoir les hôtels, les repas, surtout les boissons, les sorties nocturnes, etc...

Passage obligé pour reconduire les marchés pluri-annuels d’entretien et marchés de travaux intermédiaires largement facturés.

Aujourd’hui les halls bondés de l’immense foire-buvettes témoignent, à côté des chapiteaux-restaurants de Veolia ou des distributeurs de parapluie de Saur, d’une réduction apparente des largesses en frais généraux, notamment des PME, avalées ou réduites à la sous-traitance par les quelques géants bien introduits à Bercy, et qui sont donc seuls en mesure de répondre aux très chers marchés en PPP.

Dans les ateliers une musique effarante : « Je suis le patron, le territoire m’appartient (c’est MA commune), l’Etat doit me subventionner sans se mêler de ce que je fais, je décide ce que je veux et je n’ai de compte à rendre à personne, je veux que les textes de loi me permettent de faire plaisir à mes électeurs et empêchent le plus possible les interventions de citoyens ou d’associations. »

Un communiqué de Jours de France

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GAZ Tchaïka M13

Le produit de la vente de l’ex-Centre de formation de Veolia sis à Lanthenay-Romorantin au fonds souverain du Qatar va permettre, grâce à l’entregent de Serge Michel et de Paul-Louis Girardot, qui avaient nouè des contacts de haut niveau au Kremlin, à l’époque ou l’ex-SAGEP, alors dirigée par la Générale des eaux, projetait de signer le marché du siècle à Moscou, de relancer à Nijni Novgorod la ligne de production de la célèbre limousine d’apparat Gaz Tchaïka M13.

La livraison de 300 exemplaires de cette voiture d’exception (compensée par la plantation de 300 bambous à Nijni Novgorod, comme s’y est engagé Pierre Victoria durant la COP 21), saluée par Antoine Frérot lors de la récente Assemblée générale des actionnaires comme un signe positif du redéploiement offensif de Veolia à l’international, va ainsi permettre de convoyer les édiles invités de la Firme au prochain Salon des Maires de France (en partenariat avec Vilmorin), dans une délicieuse ambiance de jardinage vintage, à laquelle devraient être sensibles Mesdames les épouses des élus.

L’unique exemplaire de couleur blanche de la Tchaïka, conçue pour la cosmonaute Valentina Terechkova, sera offerte, après avoir été totalement refaite à neuf (dans l’émission phare des "Rois du Tuning" sur RMC-TNT), à Mme Julie Gayet lors de la grande cérémonie d’inauguration du Centre culturel russe en cours d’achèvement près du Pont de l’Alma, en présence des présidents russe et français.

L’inscription d’un coût unitaire de 50 000 euros à cette soirée d’exception, placée sous le haut patronage de Jean Jouzel, François Pinault, Karl Lagerfeld, Cyril Hanouna, Michel Rocard, Daniel Cohn-Bendit, Jean Tirole et Emmanuel Macron, peut être effectuée directement auprès de Frozen Water Events.

Tous moyens de paiements internationaux acceptés, no bitcoins.

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2016-04-29
REMOUS
par Marc Laimé, vendredi 29 avril 2016 @ 11:59

Les dégâts collatéraux de la campagne médiatique lancée par un quarteron de combinards grassement subventionnés par des institutions trop contentes d’y trouver un moyen de dissimuler leur soumission de chaque instant aux multinationales privées de l’eau, n’en finissent pas de s’étendre. Après le recours croissant aux sociétés de recouvrement pour faire rendre gorge aux pauvres, faute de pouvoir leur couper l’eau, ou les « lentiller » (pratiques qui se poursuivent d’ailleurs allégrement), après la start-up créée par Veolia, qui propose désormais ses services aux collectivités et aux bailleurs sociaux pour facturer sans coup férir tout et n’importe quoi (à partir d’un pays étranger, tant qu’à faire), l’inventivité des services bridés par la croisade de nos hérauts de « l’eau bien commun » ne connaît plus de limites. Témoignage avec cette nouvelle invention, sur laquelle nous alerte un fonctionnaire en poste dans une collectivité territoriale

« Je travaille pour un service des eaux géré en régie, budget annexe d’une commune.
Mon responsable m’avait demandé de chercher des renseignements sur la légalité des limitations ou coupures d’eau qu’il souhaitait mettre en place.

Je souhaiterais avoir un avis fiable et objectif sur une pratique actuelle du service.

La relève des compteurs d’eau est réalisée sur notre territoire deux fois par an.

La facturation semestrielle est réalisée au fur et à mesure de l’avancement des secteurs de relève.

Certains compteurs n’étant pas accessibles et non équipés de tête émettrice permettant une relève à distance, la consommation de ces usagers n’est pas connue.

Désormais, ces usagers se voient facturer une "consommation complémentaire" de 60m3 par facturation, qu’il s’agisse d’un commerce, d’une personne seule ou d’une famille, le volume facturé est le même.

Il ne s’agit ni d’une avance de consommation, ni d’une estimation. Cette procédure ne modifie pas l’index du compteur mais est un "bloc" facturé en plus, qui correspond à une ligne supplémentaire sur la facture : "consommation complémentaire" en volume qui est facturé avec les tranches d’eau potable, l’assainissement, les redevances agence de l’eau.

D’après la personne qui l’a mis en place, cela permet de faire réagir les usagers afin qu’ils laissent l’accès pour la relève de leur compteur.

C’est le cas pour très peu d’usagers. Ceux-là, s’ils réagissent assez rapidement, demandent des explications et permettent l’accès à leur compteur seront remboursés par la trésorerie dans un délais....

Mais la majorité ne vérifient pas, ne comprennent pas leurs factures ou font confiance à la facture de la mairie...

Nombreux sont ceux qui paient en pensant qu’il s’agit d’une avance de consommation comme cela existe pour l’électricité, le gaz, l’eau chez d’autres fournisseurs.

Puis ils paieront la facturation correspondant à leur consommation suite à la relève de leur compteur faite à l’occasion de la relève semestrielle, d’une relève de vérification ou d’une relève de clôture.

Sans réclamation de la part de l’usager, les 60m3 supplémentaires ne lui seront ni déduits, ni remboursés.

Si l’usager ne réclame pas "assez fort" ou "trop tard", il lui est répondu qu’il devait laisser l’accès à son compteur comme le prévoit le règlement de service dans son article sur les relevés :

"Toutes facilités doivent être accordées au service des eaux pour le relevé du compteur suivant la fréquence adoptée par le service des eaux.
Lors d’un relevé, si le service des eaux ne peut accéder au compteur, il est laissé sur place une carte-relevé permettant à l’abonné dans un délai maximal de huit jours, de fournir l’index du compteur au service des eaux. Si l’information n’a pas été donnée dans le délai prévu, la consommation est provisoirement fixée au niveau de celle de la période correspondant de l’année précédente. Le compté est épuré ultérieurement à l’occasion du relevé suivant. En cas d’impossibilité d’accès au compteur lors du relevé suivant, le service des eaux est en droit d’exiger de l’abonné qu’il le mette en mesure, en lui fixant rendez-vous, de procéder contre le remboursement des frais par l’abonné à la lecture du compteur, et cela dans le délai maximum de trente jours. Sans suite de la part de l’abonné, aucune réclamation concernant les volumes facturés ou les fuites éventuelles ne pourra être prise en compte."


Lire aussi :

Coupures d’eau : le prix d’une imposture

Les eaux glacées du calcul égoïste, 30 juillet 2015.

Comment une collectivité locale peut-elle recouvrer une facture d’eau impayée ?

Les eaux glacées du calcul égoïste, 2 avril 2016.

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