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NE PAS CLIQUER
LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
2019-07-19
REMOUS
par Marc Laimé, vendredi 19 juillet 2019 @ 07:50

Actif depuis 1996, l’IGD est au coeur de la promotion active de la gestion privée, en clair de la privatisation de tout ce qui peut l’être. Financé par plus d’une trentaine d’entreprises françaises, privées mais aussi publiques (!), l’IGD se distingue par un impressionnant travail continu d’élaboration doctrinale, de conseil auprès de l’Etat, des acteurs économiques comme des collectivités locales, qui lui assurent une influence sans pareille.

La biographie de son actuel président Hubert du Mesnil, Ingénieur de l’Ecole polytechnique et de l’Ecole nationale des ponts et chaussées (ENPC), illustre jusqu’à la caricature les itinéraires des élites managériales qui ont aboli toute frontière entre secteurs public et privé, usant du premier pour assurer la domination du second sur les affaires publiques.

https://www.oftt.eu/think-tanks/mon...

Dans le même registre la composition de son Conseil d’administration confirme ce grand mélange des genres puisque l’on y retrouve par exemple Jean-Luc Moudenc ou Hervé Morin, aux côtés du délégué syndical central CFDT de Veolia Eau, Hervé Deroubaix…

http://www.fondation-igd.org/wp-con...

http://www.fondation-igd.org/wp-con...

Au-delà, le cercle de ses membres fondateurs témoigne de l’importance stratégique de l’IGD pour les plus grandes entreprises françaises :

https://www.banquedesterritoires.fr/igd

L’impressionnant travail d’élaboration d’un corpus doctrinal qui s’appuie sur une expertise pointue des composantes techniques, mais surtout juridiques et financières de la gestion privée vaut à l’IGD d’être devenu l’interlocuteur obligé des pouvoirs publics, notamment dès qu’un projet de loi ou la transcription d’une directive communautaire conduisent le gouvernement à diligenter une étude d’impact préalable à l’adoption de la loi.

C’est ainsi, par exemple, que l’IGD a été au premier poste de la transcription en droit français de la directive « Concessions », entrée en vigueur depuis le 1er avril 2016, qui a profondément transformé les modalités d’intervention de la gestion déléguée des multi-utilities dans l’hexagone.

Cette action d’influence est par ailleurs grandement facilitée par l’existence au sein même du ministère de l’Economie à Bercy de la Mission d’appui aux partenariats public-privé (MAPPP), véritable cheval de Troie de la gestion privée niché au cœur de l’Etat…

Autre exemple de son influence aussi occulte que déterminante, l’IGD a signé il y a des années un partenariat avec l’Institut national des études territoriales, (INET), l’ENA de la Fonction publique territoriale, qui forme à Strasbourg les futures élites dirigeantes des collectivités locales françaises, directeurs généraux des services (DGS), directeurs généraux adjoints (DGA) etc., qui font la pluie et le beau temps dans les services des régions, des départements, des intercommunalités…

Par ce biais c’est à un véritable formatage intellectuel que sont soumis les futures élites dirigeantes des collectivités locales, dès lors convaincues, dès leur formation dans un établissement public, que la gestion privée est incomparablement supérieure aux services publics.

On constatera le résultat de cette véritable croisade des évangélistes de marché en prenant connaissance sur le site de l’IGD de la cartographie des services publics délégués au secteur privé en France

https://atlas.fondation-igd.org/

http://www.fondation-igd.org/wp-con...

Lire aussi :

- Présentation de l’IGD :

https://www.oftt.eu/think-tanks/mon...

Observatoire européen des Think tanks.

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2019-07-18
REMOUS
par Marc Laimé, jeudi 18 juillet 2019 @ 10:16

La Martinique occupe la troisième place et la Guadeloupe la sixième des départements français qui ont consommé le plus de glyphosate, entre autres pesticides, en 2017. Après le scandale du chlordécone un sénateur guadeloupéen interroge donc le ministère de l’Agriculture pour savoir comment in entend agir en la matière. La réponse est dramatiquement insuffisante.

- La question écrite n° 08202 de M. Dominique Théophile (Guadeloupe - LaREM), publiée dans le JO Sénat du 20/12/2018 - page 6515 :

« M. Dominique Théophile attire l’attention de M. le ministre de l’agriculture et de l’alimentation sur l’exposition exceptionnelle de la Guadeloupe et de la Martinique aux risques chimiques liés au glyphosate.

Le glyphosate est le composant d’herbicide le plus utilisé au monde et il a fait l’objet de nombreux débats ces derniers mois, tant au niveau national qu’européen.

Son interdiction à court terme n’a pas été inscrite dans la loi.

Le 20 novembre 2018, l’association Générations futures a publié une étude cartographiant les départements français qui ont consommé le plus de glyphosate, entre autres pesticides, en 2017.

La Martinique y occupe la troisième place et la Guadeloupe la sixième. Ces deux départements ne sont donc pas les seuls à être touchés par l’utilisation de ces pesticides, mais ils sont en tête de classement.

Plus inquiétant encore, sur ces territoires, les effets du glyphosate se combinent à ceux de la chlordécone, molécule cancérigène ayant pollué les sols de la Guadeloupe et de la Martinique pour des siècles.

En septembre 2018, le président de la République a reconnu que la pollution des Antilles au chlordécone était un « scandale environnemental » pour lequel l’État devait prendre ses responsabilités.

C’est bien ce dont il est question. L’usage du glyphosate combiné à la pollution à la chlordécone crée un effet cocktail dont on peut redouter le pire pour nos concitoyens.

Comme l’a soutenu l’association médicale de sauvegarde de l’environnement et de la santé de Martinique, un tel effet cocktail devrait impliquer un principe de précaution.

Des initiatives existent et de plus en plus d’agriculteurs de Guadeloupe et de Martinique tentent de remplacer le glyphosate par d’autres méthodes.

Cela implique toutefois des efforts importants et un changement de modèle dont les agriculteurs ne peuvent pas toujours supporter le coût. Il s’agit parfois de procéder à un désherbage à la main, pouvant nécessiter une importante main-d’œuvre et de nombreuses heures.

Les solutions alternatives permettent toutefois une plus grande sécurité sanitaire pour les exploitants et les consommateurs, ainsi que, souvent, une meilleure qualité du produit.


Ainsi, il lui demande si le Gouvernement envisage des mesures de soutien particulières pour les agriculteurs de Guadeloupe et de Martinique qui souhaitent renoncer à l’usage du glyphosate. En effet, la pollution massive et pérenne de ces territoires au chlordécone est à la source d’une situation d’urgence toute particulière pour la santé de nos concitoyens sur ces territoires. »

- La réponse du Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, publiée dans le JO Sénat du 11/07/2019 - page 3702 :

« Compte tenu des incertitudes sur son caractère cancérogène et des risques pour la biodiversité, le Gouvernement a présenté le 22 juin 2018 un plan d’actions pour la sortie du glyphosate.

L’objectif est de mettre fin aux principaux usages d’ici trois ans au plus tard et d’ici cinq ans pour l’ensemble des usages, tout en précisant que les agriculteurs ne seront pas laissés sans solution.

Les modalités retenues se fondent sur la responsabilisation de tous les acteurs (producteurs, industriels, distributeurs et consommateurs) pour identifier, déployer et valoriser les alternatives.

L’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail procède actuellement, en lien avec l’institut national de la recherche agronomique, à l’évaluation comparative des alternatives au glyphosate.

Cette évaluation conduira à retirer les produits contenant du glyphosate pour lesquels des alternatives existent à un coût économique et pratique supportable par les agriculteurs.

Concernant le plan d’actions pour la sortie du glyphosate, il comporte notamment : la création d’un centre de ressources mis en ligne depuis le début de l’année 2019 pour rendre accessibles à l’ensemble de la profession agricole les solutions existantes pour sortir du glyphosate.

Un volet dédié aux cultures tropicales est en cours de développement ; le renforcement des actions d’accompagnement dans le cadre du programme Ecophyto pour diffuser les solutions et trouver de nouvelles alternatives pour les usages pour lesquels il demeurerait des impasses.

Ainsi, 60 % de l’enveloppe nationale Ecophyto de 41 M€ (issue de la redevance pour pollution diffuse sur les ventes de produits phytopharmaceutiques) pour 2018 ont été dédiés à l’évolution des pratiques, qui s’appuie notamment sur le réseau DEPHY, l’accompagnement de collectifs de fermes en transition (30 000 fermes) et le portail EcophytoPIC - portail de la protection intégrée des cultures.

Le document de synthèse « le glyphosate dans le réseau DEPHY Ferme » élaboré par la cellule nationale d’animation, montre dans sa partie dédiée aux cultures tropicales que, malgré l’existence de freins, 76 % des agriculteurs du réseau ont des trajectoires vertueuses du point de vue de l’utilisation du glyphosate.

L’appel à projets national 2018 sur le plan Ecophyto, dont les résultats seront connus très prochainement, contient une action dédiée aux outre-mer demandant que la réflexion sur les approches alternatives s’oriente principalement autour de la gestion de l’enherbement via les évolutions culturales, le développement des plantes de couvertures, de solutions de paillage et de mulching.

Un montant indicatif de 660 000 € est prévu, sous réserve de la qualité des projets, sur les 4 M€ de l’enveloppe de l’appel à projets national.

Le plan comporte également la mobilisation des réseaux territoriaux des chambres d’agriculture, et de l’enseignement agricole pour faire connaître et promouvoir les alternatives au glyphosate sur l’ensemble des territoires avec l’appui des centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural, et des coopératives agricoles.

Le plan de sortie du glyphosate, et plus généralement le plan Ecophyto avec une action dédiée (construire avec les outre-mer une agro-écologie axée sur la réduction de l’utilisation, des risques et des impacts des produits phytopharmaceutiques), portent donc une attention particulière aux outre-mer et à la prise en compte des spécificités ultra-marines.

Sur le budget 2018, des actions structurantes ont été financées à hauteur de 260 000 €.

Comme le mentionne le rapport de l’institut national de la recherche agronomique, l’adaptation à un arrêt du glyphosate passe par des changements profonds dans les exploitations (robotisation renforcée, développement de l’agriculture de précision, innovations variétales, rotations, gestion des sols, etc.). Elle nécessite donc un important accompagnement des agriculteurs.

Outre les actions précédemment citées, le volet agricole du grand plan d’investissement, doté de 5 Mds€, a identifié l’agroécologie et la réduction des intrants comme priorité transversale.

Cet accompagnement se fait à deux échelles : celui des exploitations agricoles via les mesures agro-environnementales et climatiques, le soutien à l’agriculture biologique et l’aide aux investissements (plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles) et celui des filières via le soutien à la recherche, l’innovation et l’expérimentation ainsi que les projets collectifs de filière.

S’agissant du chlordécone, le plan d’action III 2014-2020 a été récemment renforcé par des actions spécifiques qui seront déployées en 2019 et 2020.

L’objectif est bien, comme annoncé par le Président de la République en octobre dernier, de viser le « zéro chlordécone » dans l’alimentation. »

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2019-07-15
REMOUS
par Marc Laimé, lundi 15 juillet 2019 @ 08:37

Vers un scandale d’Etat ? Au détour des investigations conduites par la commission d’enquête parlementaire sur l’utilisation du chlordécone et du paraquat comme insecticides aux Antilles, une audition conduite le 2 juillet dernier à Paris a révélé que 17 années d’archives datées de 1972 à 1989 auraient « disparu » du ministère de l’Agriculture ! L’un des plus graves désastres sanitaires contemporains est donc désormais en passe de tourner au scandale d’Etat, comme vient de le révéler un reportage choc de notre consoeur Cécile Marre de Martinique 1ère.

C’est au deuxième jour d’audition, le 2 juillet 2019, que la bombe a éclaté au grand jour. Dix-sept années d’archives du ministère de l’agriculture, disparues, envolées !

Des documents cruciaux datant de 1972 à 1989. Une découverte incroyable qui révèle un vrai problème car ces archives contiennent les avis de la commission de toxicité de l’époque. Comment et pourquoi ont-elles disparues ? Quelle est donc la teneur de ces autorisations de prolongation ?

Ce sont les procès verbaux qui contenaient les autorisations de mise sur le marché du chlordécone qui se seraient mystérieusement volatilisés…

Pour mieux entraver des actions en justice qui pourraient coûter des milliards d’euros à l’Etat ?

Voir le reportage video de Cécile Marre, de Martinique 1ère :

https://www.youtube.com/watch?v=aku...

Les premières auditions ont également révélé un questionnement concernant l’importation du chlordécone en Martinique et Guadeloupe, bien après sa date d’autorisation de vente.

Entre 1972 et 1981 le contexte était en effet des plus singulier avec un usage des plus flou du chlordécone.

Car c’est dans cette période que la société de Laguarigue rachète la formule à Bézier et fait produire le « curlon », pesticide à base de chlordécone, au Brésil. Lequel pesticide est revendu aux Antilles françaises et au Cameroun.

Le député de la Martinique (Parti progressiste martiniquais), Serge Letchimy, président de la commission d’enquête, a donc demandé officiellement que soient retrouvés les documents, ou à défaut d’avoir une « explication satisfaisante » à leur disparition.

La gouvernance et son efficacité dans la prise en charge du drame ont également été interrogées.

Pour le président de la commission : « il n’y a pas de pilote dans l’avion ».

Une attaque au vitriol adressée par le député à Alfred Marie-Jeanne, actuel président de l’exécutif de la Collectivité territoriale de la Martinique (CTM), qui n’aurait pas « fléché » les fonds européens sur le plan chlordécone, apprenait-on de surcroît le vendredi 5 juillet 2019 lors de l’audition de la DGOM (Direction Générale des Outre-Mer).

Et ce n’est pas tout.

Ces premières auditions ont aussi mis en lumière le flou entretenu par l’INSERM sur les liens entre les maladies et la pollution, qui souligne encore une fois que la recherche semble avoir été volontairement négligée.

C’est ainsi qu’à l’issue des auditions conduites le 8 juillet avec l’INCA (Institut National du Cancer), la cacophonie montait encore d’un cran.

Dès le jeudi 11 juillet 2019, le professeur Jérôme Salomon, directeur général de la Direction Générale de la Santé (DGS), était revenu sur les propos tenus trois jours plus tôt par le responsable de l’INCA (Institut National du Cancer). Celui-ci avait expliqué pourquoi selon lui, le rapport entre cancer de la prostate et pollution au chlordécone n’était pas établi.

Des propos formellement contredits trois jours plus tard par le le docteur Jérôme Salomon qui prenait le contre-pied de certains de ses collègues et du Président de la République. Affirmant que sur le lien entre pollution au chlordécone et cancer de la prostate : « on ne peut pas dire circulez y’a rien à voir. »

Quinze jours plus tard, de passage en Guadeloupe, le docteur Luc Multigner, qui mène entre autres l’enquête Karuprostate, contre attaquait dans un entretien accordé à Guadeloupe 1ère.

Il rappellait en effet avec force que 10 jours plus tôt l’INSERM publiait des résultats de l’enquête Karuprostate. Résultats qui confirmaient la corrélation entre prévalence du cancer et pollution au pesticide.

Les auditions, filmées et ouvertes à la presse, devraient reprendre en Martinique puis en Guadeloupe autour du 12 septembre prochain.

- La commission d’enquête parlementaire :

http://www.assemblee-nationale.fr/d...

Lire aussi :

Le témoignage de Gérard Borvon, ce même jour 15 juillet 2019 :

"Scandaleux en effet mais rien d’étonnant. Je me souviens des circonstances dans lesquelles j’ai eu connaissance du rapport remis le 5 Juillet 2001 à Dominique Voynet et à Dominique Gillot par Henri Bonan (IGAS) et Jean-Louis Prime (IGE), sous la titre "Rapport sur la présence de pesticides dans les eaux de consommation humaine en Guadeloupe". C’est après avoir entendu des représentants du Sdage Guadeloupe venus l’exposer au CNE en 2003 que j’ai voulu en savoir plus sur le chlordécone et qu’une ingénieure du ministère m’a aimablement transmis le rapport oublié dans un tiroir après le départ de Dominique Voynet le 10 juillet 2001. Après en avoir fait des photocopies adressées à mes amis de Guadeloupe j’ai pu ensuite constater, venu sur place à leur invitation, que l’étendue du problème y était totalement ignorée aussi bien des habitants que des médias."

- Outre Mer, les oubliés des lois sur l’eau

http://seaus.free.fr/spip.php?article11

Gérard Borvon, S-Eau-S, 2 décembre 2011.

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2019-07-12
REMOUS
par Marc Laimé, vendredi 12 juillet 2019 @ 08:03

La multiplication d’incendies et d’accidents chimiques aux conséquences environnementales désastreuses à l’usine d’épuration d’Achères du Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne entâche à nouveau la réputation d’une institution qui fait déjà l’objet par ailleurs de plusieurs procédures judiciaires relatives à l’attribution, contestée, de marchés publics de plusieurs centaines de millions d’euros aux multinationales françaises de l’eau et à leurs filiales. L’octroi d’importants marchés relatifs à des systèmes informatiques de télégestion de l’usine d’Achères à une seule et même entreprise prolonge ces questionnements.

L'usine de Seine aval à Achères -.

Dans deux vidéos promotionnelles de la société Schneider Electric France, le DG du SIAAP, le directeur adjoint à la Direction Technique et le chef de service équipement/ingénierie n’hésitent pas en effet à vanter les mérites du matériel de télégestion installé par l’entreprise Schneider Electric France, notamment à l’usine de Seine Aval d’Achères, où un incendie aux causes encore inconnues vient de totalement détruire l’unité de clarifloculation.

On peut tout d’abord s’interroger sur le respect du devoir de réserve qui devrait s’imposer en la matière, conformément au statut du fonctionnaire territorial, titulaire ou contractuel, comme c’est le cas des responsables en question.

De surcroît ce sont ces mêmes responsables qui ont imposé au fil du temps l’adoption puis le renouvellement de ces matériels, et incitent à les installer sur les autres usines du SIAAP, au risque de flirter allégrement avec l’encadrement réglementaire des marchés publics, en invoquant un "partenariat", notion qui n’existe pas dans le Code des marchés publics.

Mais il y a un problème, un énorme problème. Le système de contrôle-commande (SCC) de l’usine Seine-Aval d’Achères est donc exclusivement du matériel Schneider-FOXBORO.

Or ce système de télégestion n’est pas fiable : il a été vendu avec l’assurance que chaque nouvelle version serait interopérable avec la précédente.

C’est-à-dire que lors du lancement d’une nouvelle version logicielle, les anciennes versions présentes sur l’usine doivent pouvoir dialoguer avec la nouvelle, et que les éléments des anciens ateliers de l’usine doivent pouvoir apparaître sur les écrans du nouveau système.

Une exigence impérative, du fait de la volonté du SIAAP de renouveler l’usine et de la moderniser par étape, atelier par atelier, l’un après l’autre.

Ce n’est pas le cas !

Les versions proposées par Schneider au cours du temps ne sont que très imparfaitement compatibles entre elles. Un peu comme avec Windows par exemple : il n’est pas possible de faire tourner un jeu développé sous Windows XP avec un PC Windows 7, et encore moins avec Windows 10 !

On se retrouve donc à Achères avec un système de gestion automatisé spécifique pour le prétraitement, un autre système pour la clarifloculation (l’unité qui a brûlé), et la NIT-DENIT (nitrification-dénitrification), et enfin un troisième système pour la dernière nouvelle tranche, la File Biologique.

Ce qui oblige les opérateurs à jongler avec plusieurs PC et une multitude d’écrans dans la salle de commande du PC central.

Chaque système ayant ses caractéristiques particulières, il n’est pas toujours facile de se rappeler qu’une action sur une pompe dans un système peut ne pas donner les mêmes résultats sur le même type de pompe via un autre système.

En termes de gestion industrielle du process et de la sécurité, et pour un site classé Seveso 2 « seuil haut », on fait mieux…

Ajouter à cela une réorganisation de l’ensemble du personnel de l’usine conduite à la hussarde, et a déjà été à l’origine de plusieurs grèves, un management de plus en plus coercitif aux pratiques féodales, voire népotiques, que ne cessent de dénoncer les syndicats du personnel, et l’occurrence d’accidents industriels à répétition s’éclaire d’un tout autre jour.

Lire aussi :

- Val-d’Oise. Pollution à Herblay et La Frette : plusieurs tonnes de poissons morts ramassés dans la Seine

Le triste bilan de la pollution après le rejet d’eaux usées directement dans le fleuve, par le Siaap, après l’incendie d’une unité (clarifloculation) de son usine d’Achères.

https://actu.fr/ile-de-france/herbl...

Actu.fr, 12 juillet 2019.

- Un journaliste dénonce des incohérences techniques au SIAAP

https://www.constructioncayola.com/...

Environnement magazine, 15 juillet 2019.

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2019-07-11
REMOUS
par Marc Laimé, jeudi 11 juillet 2019 @ 15:09

Plusieurs dizaines de jeunes stagiaires du ministère de l’Ecologie (ce qu’il en reste) ont eu la désagréable surprise de ne pas toucher leur (maigre) gratification début juillet.

Au motif que la personne qui devait appuyer sur le bouton pour mettre en paiement le virement, dont on imagine qu’ils et elles les attendaient avec impatience, était absente, nos jeunes pousses avides de sauver la planète font ceinture depuis bientôt quinze jours.

Le secrétariat général "essaie de trouver une solution..."

On réfléchit à faire appel à un prestataire extérieur.

Le "Sinistr-é" De Rugy, grand mamamouchi de l’Ecologie du quotidien (ce qu’il en reste), pourrait demander à Richard Ferrand de leur offrir quelques langoustes, arrosées, à l’Hotel de Lassay ?

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REMOUS
par Marc Laimé, jeudi 11 juillet 2019 @ 10:44

Le nouvel incendie d’Achères c’était l’accident de trop. Le jour même de l’audition de deux responsables du syndicat par Emmanuelle Wargon, l’association Robin des Bois révélait de nouveaux dysfonctionnements. On apprenait ainsi que le SIAAP avait fait l’objet depuis 2018 de quatre mises en demeure du Préfet des Yvelines qui, n’ayant pas été suivies d’effet, ont été assorties d’astreintes financières depuis janvier 2019. Sur le front environnemental enfin, alerte rouge en prévision des pluies d’automne, qui provoqueront inévitablement de nouveaux rejets massifs d’eaux polluées non traitées dans le milieu naturel.

C’est Jean-Didier Berthault, l’un des vice-présidents (LR) du SIAAP, qui accompagnait son DG Jacques Olivier (PCF) chez Emmanuelle Wargon.

Jean Didier Berthault, conseiller municpal du 17ème arrondissement de Paris, conseiller de Paris, Conseiller communautaire (Métropole du Grand Paris), préside la commission d’appel d’offres (CAO) du SIAAP, qui a porté sur les fonts baptismaux la SemOp qui vient d’être réattribuée à Veolia à Valenton.

Un signe ? Le SIAAP que nous avons connu depuis les années 70 agonise. Les têtes vont tomber. Le grand partage historique RPR-PC est dead comme le dirait Sibeth Ndiaye.

La macronie vient de comprendre que les errements du SIAAP menacent gravement, non pas l’environnement, dont elle n’a que faire, mais le Grand Paris et les JO… Sauf que “reconstruire” la gouvernance comme vient, enfin, de la recommander la CRC Ile-de-France, est plus facile à dire qu’à faire.

En attendant les révélations pleuvent. Non seulement, comme nous l’avons déjà évoqué, les pompiers en arrivant à Achères pour y combattre le sinistre ont découvert que les bornes d’incendie ne fonctionnaient pas, mais le communiqué diffusé par l’association Robin des Bois au moment même où les représentants du SIAAP étaient reçus par Emmanuelle Wargon, fait froid dans le dos.

Nature morte aux poissons -.

Nature morte aux poissons

« L’incendie survenu le 3 juillet 2019 dans la STEP (Station d’épuration des eaux usées) d’Achères au niveau des cuves de stockage de chlorure de fer est le 11ème accident sur site depuis le 10 avril 2017.

Achères est la plus grande station d’épuration d’Europe et aussi la plus accidentogène. Les incendies, fuites et rejets de méthane se succèdent.

En 2018, la station d’épuration d’Achères a subi 4 mises en demeure du Préfet pour non conformités à la réglementation, notamment pour le manque de contrôle des tuyauteries et soudures du site.

Ces mises en demeure ne sont pas toujours suivies d’effets comme en témoigne l’astreinte pécuniaire qui a été prononcée par le Préfet des Yvelines fin janvier 2019. »

L’actuel préfet des Yvelines s’appelle Jean-Jacques Brot.

The right man in the right place.

Au début de sa carrière il a connu l’affaire des nitrates en Bretagne. Puis ce seront les Deux-Sèvres et, déjà, les tensions avec les irrigants. A Chartres, après avoir fait classer le bureau de Jean Moulin, il organise des Assises de l’eau pour tenter de contenir la crise des pesticides dans la Beauce. Ensuite c’est toujours lui qui affronte la tempête Xynthia en Vendée. Après un rapide intermède en Nouvelle-Calédonie, il s’est enfin pleinement investi dans l’accueil et la relocalisation des réfugiés dans toute la France durant plus de deux ans. Une mission qui lui a valu le respect unanime de tous les acteurs rencontrés à l’occasion.

Et maintenant le SIAAP, courage Monsieur Brot.

Le gouvernement patauge

"Quatre incidents en 18 mois, c’est beaucoup", s’alarmait mardi la secrétaire d’Etat au ministère de la Transition écologique Emmanuelle Wargon lors d’un point presse, après avoir rencontré Jean-Didier Berthault et Jacques Olivier.

"L’Etat est garant de la qualité de l’eau (...), on ne peut pas continuer à constater des incidents", tançait-elle.

"Le Siaap est en train de travailler sur les causes (...), sur comment on fait pour passer l’été", ajoutait-elle, alors que ce site classé Seveso "seuil haut" en raison de risques toxiques a déjà connu depuis février 2018 trois incendies et un dégagement de fumées dû à un mélange de produits chimiques.

Cet incident arrive "au plus mauvais moment", affirmait l’association de protection de l’environnement Robin des Bois dans un communiqué. "La Seine est en période d’étiage et les égouts de l’ouest parisien reçoivent cet été de lourdes charges de poussières de plomb consécutives à l’incendie de Notre-Dame de Paris", assurait l’association.

Mme Wargon a ensuite indiqué que la qualité de l’eau rejetée dans la Seine par le site d’Achères était revenue à son niveau "habituel", alors que cinq tonnes de poissons morts ont déjà été repêchées en aval de la station depuis mercredi.

Le retour d’un taux d’oxygène "propice au développement" des poissons remonte au "vendredi 5 juillet, 16H00", avait annoncé le Siaap dans un communiqué, soit 48 heures après le départ de l’incendie.

L’analyse des impacts sur la biodiversité peut prendre "plusieurs semaines", précisait la ministre. "Nous n’avons pas encore connaissance du préjudice, mais s’il y a préjudice direct ou indirect à indemniser, on indemnisera", assurait-elle.

Le préfet des Yvelines Jean-Jacques Brot indiquait en outre qu’en vertu "du principe pollueur/payeur, le Siaap (allait) reconstituer les frayères et réempoissonner".

Enfin, le Siaap va proposer des scénarios pouvant aller jusqu’au 31 décembre et adaptés "aux situations de fortes précipitations (...) potentielles à l’automne et au début de l’hiver prochain", pour son usine d’Achères qui fonctionne désormais au ralenti.

Une enquête judiciaire a été ouverte, confiée au commissariat de Saint-Germain-en-Laye pour déterminer les causes du sinistre. Une enquête interne est également en cours.

Un audit de sécurité va avoir lieu sur l’ensemble des sites gérés par le Siaap. La station d’épuration, créée en 1940 et qui s’étend sur 250 hectares, est la plus grande d’Europe et traite en temps normal 60% des eaux usées de l’agglomération parisienne. Elle n’en traite plus que 40% environ depuis l’incident.

Le communiqué de l’association Robin des Bois

EAUX USÉES : PARIS LAVE PLUS SALE 9 juil. 2019

« L’incendie survenu le 3 juillet 2019 dans la STEP (Station d’Epuration des eaux usées) d’Achères au niveau des cuves de stockage de chlorure de fer est le 11ème accident sur site depuis le 10 avril 2017.

Achères est la plus grande station d’épuration d’Europe et aussi la plus accidentogène. Les incendies, fuites et rejets de méthane se succèdent.

En 2018, la station d’épuration d’Achères a subi 4 mises en demeure du Préfet pour non conformités à la réglementation, notamment pour le manque de contrôle des tuyauteries et soudures du site.

Ces mises en demeure ne sont pas toujours suivies d’effets comme en témoigne l’astreinte pécuniaire qui a été prononcée par le Préfet des Yvelines fin janvier 2019.

En fonctionnement normal, les eaux partiellement assainies sont rejetées dans la Seine. L’indisponibilité transitoire de la STEP arrive au plus mauvais moment.

La Seine est en période d’étiage et les égouts de l’ouest parisien reçoivent cet été de lourdes charges de poussières de plomb consécutives à l’incendie de Notre-Dame de Paris. Achères en est le réceptacle principal. Le fonctionnement dégradé d’Achères entraîne le rejet d’eaux brutes dans la Seine. Des milliers de poissons flottent aujourd’hui les nageoires en l’air. La STEP d’Achères est à 20 km en aval de Paris.

Elle est exploitée par le SIAAP (Syndicat Interdépartemental pour l’Assainissement de l’Agglomération Parisienne). Elle traite 1,5 million de m3 d’eaux usées par jour provenant de 5 millions d’habitants de Paris, de Seine-Saint-Denis, des Yvelines, des Hauts-de-Seine et du Val-d’Oise (300 litres par jour par habitant).

Le siège du SIAAP est établi à Paris dans le 12ème arrondissement. Le conseil d’administration du SIAAP est composé de 33 conseillers départementaux, 12 issus de la ville de Paris, 7 de chaque département adhérent (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne). La station d’épuration d’Achères est une usine Seveso seuil haut.

43 ans après l’accident technologique survenu dans une filiale d’Hoffmann-Laroche à Seveso dans le nord de l’Italie (12 juillet 1976), ce nouvel incendie chloré démontre une fois de plus qu’en Île-de-France et en France les MMR (Mesures de Maîtrise des Risques) sont insuffisantes ou anéanties par les négligences dans les usines ou entrepôts qui mettent en œuvre ou stockent des matières dangereuses. »

Lire aussi :

- La Région Île-de-France aux côtés des collectivités pour restaurer la biodiversité

http://www.datapressepremium.com/rm...

- Le SIAAP essaime son modèle : une usine de fabrication d’alarmes incendie prend feu à Crolles :

https://www.francebleu.fr/infos/fai...

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REMOUS
par Marc Laimé, jeudi 11 juillet 2019 @ 07:59

Le collectif citoyen Bassines Non Merci a adressé une lettre ouverte au « Sinistre d’État » De Rugy dans le cadre de sa venue en Deux-Sèvres ce jeudi 11 juillet sur la thématique de l’eau. Il prévoit d’organiser la "Grande Bouffe à De Rugy" devant la Préfecture à 13h00.

Lettre ouverte à Monsieur De Rugy, Ministre d’État, Ministre de la Transition Écologique et Solidaire (sic !), à l’occasion de sa venue dans les Deux-Sèvres le jeudi 11 juillet 2019.

« Monsieur le Ministre d’État,

Ayant eu le plaisir hier d’apprendre votre venue dans les Deux-Sèvres avec comme thématique le sujet de l’eau, qui nous tient particulièrement à cœur et sur lequel notre collectif citoyen est engagé depuis bientôt 2 ans, nous vous avons sollicité pour que vous puissiez recevoir une délégation de notre collectif afin de vous présenter notre vision des thématiques afférentes à votre venue.

Vous n’avez pas daigné nous recevoir – ce en quoi vous faites tristement écho à la préfète du Département qui a entaché la pseudo-concertation de l’an dernier de profonds dénis de démocratie ; certes, nous comprenons que vous êtes sans doute très occupé, mais il semble finalement qu’il y ait un trou dans le planning de votre visite sur le temps du midi. Cela tombe d’ailleurs particulièrement bien car il est aussi arrivé à nos oreilles que vous étiez friand de bonne – et chère – chère entre amis.

Nous vous invitons donc cordialement à venir partager un repas commun à Niort avant votre point presse de 14h30 à la Préfecture de Niort. Pas d’inquiétude, ce sera un agréable moment populaire et festif, familial et non-violent, comme nous nous plaisons à organiser. Pas d’inquiétude non plus, c’est bien sûr le peuple qui régale, comme d’habitude !

C’est pourquoi, François (puisque nous serons entre amis), nous t’invitons ainsi que toutes les personnes qui auront envie de partager ce moment convivial, à 13h ce jeudi 11 juillet, aussi près des grilles de la Préfecture de Niort que ton service de sécurité voudra bien nous laisser approcher !

Ainsi, puisqu’en signant le matin même le Contrat Territorial de Gestion Quantitative de l’eau, tu nous offres le désert, laisse-nous donc t’offrir le dessert !

En attendant le plaisir de te rencontrer nous t’adressons donc, François, Monsieur le Ministre d’Etat, nos plus sincères salutations ! »

Le Collectif citoyen Bassines Non Merci

Le programme officiel :

François de Rugy et Emmanuelle Wargon se rendront dans les Deux-Sèvres le jeudi 11 juillet 2019 :

https://www.ecologique-solidaire.go...

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2019-07-08
REMOUS
par Marc Laimé, lundi 8 juillet 2019 @ 20:59

Après l’incendie qui a totalement ravagé mercredi 3 juillet vers 17h00 le local de stockage de chlorure ferrique du bâtiment de clarifloculation de l’usine Seine Aval d’Achères exploitée par le SIAAP, et comme nous l’annoncions dès le lendemain, plusieurs tonnes de poissons ont été tués par des rejets d’eaux usées non traitées dans le fleuve, et remontent à la surface, suscitant une vive indignation des riverains. Indice de la gravité de l’accident, l’un des Vice-Présidents et le DG du SIAAP sont convoqués le mardi 9 juillet à 15h30 par Emmanuelle Wargon.

Quatre mois après la fuite d’un pipeline à Autouillet, puis, déjà, deux incendies sur le site d’Achères depuis le début de l’année, une nouvelle catastrophe industrielle a frappé les Yvelines.

Mercredi 3 juillet, un impressionnant incendie ravage l’unité de clarifloculation de l’usine du SIAAP implanté sur la commune de Saint-Germain-en-Laye, site sensible, classé « Seveso 2 », qui traite 60 % des eaux usées de 9 millions de Franciliens, ce qui fait d’elle la plus grande station d’épuration d’Europe.

Située à l’Ouest de Paris, l’usine couvre 800 hectares à cheval sur les villes d’Achères, Maisons-Laffitte et Saint-Germain-en-Laye.

Au moment de l’incendie et dans les heures qui ont suivi, un gigantesque panache de fumées noires s’est répandu, inquiétant les riverains. D’après les autorités, ce nuage noir était dû à la combustion de plastique, sans conséquences sanitaires. L’an dernier, déjà, lors d’un précédent incident, les habitants du secteur avaient vu un nuage de fumées jaunes s’élever. Il s’agit, en l’espace de quelques mois, du quatrième incident, sur ce même site.

"Problème pour les soldats du feu à leur arrivée, révélait Le Parisien, dans son édition datée du 8 juillet. Les bouches d’incendie du Siaap étaient inutilisables. « Nous avons dû procéder à une alimentation en Seine avec un bateau pompe. Nous avons également utilisé des motos-pompes remorquables dans les rétentions des eaux usées, explique le lieutenant-colonel Christophe Betinelli, commandant des opérations de secours."

Deux jours après le sinistre, et alors que le bras télescopique qui avait contribué à combattre l’incendie de Notre Dame était toujours déployé vendredi au-dessus de l’usine pour éteindre les derniers foyers, l’heure était au premier bilan.

Communes touchées par la pollution - Infographie Le Parisien -.

Vendredi matin, le directeur du site, Yann Bourbon, confirmait l’existence d’une pollution de la Seine liée au déversement d’eaux qui n’étaient plus que « partiellement » traitées.

Le feu a pris dans un grand bâtiment de 1000 m2 qui contenait du chlorure ferrique servant à débarrasser les eaux usées de leur phosphore, embrasant cuves en plastique et toiture en lattes de bois.

Ce bâtiment, où sont traités chimiquement les eaux usées, a été « gravement et durablement endommagé (...) détruisant notamment la totalité des cuves de chlorure ferrique utilisées » dans le processus, détaillait-t-il.

C’est la troisième fois depuis début 2018 qu’un incendie a lieu dans ce site sensible classé Seveso « seuil haut » en raison de risques toxiques. Mais il n’existe « pas de lien entre ces incendies », assurait M. Bourbon.

. La préfecture indiquait pour sa part « s’interroger » sur ces incendies à répétition.

« A l’heure actuelle, le traitement normal des eaux est interrompu », confirmait Thierry Laurent, directeur de cabinet de la préfecture des Yvelines, précisant que le feu n’était pas totalement maîtrisé. « L’état du bâtiment rend difficile l’intervention et l’un des planchers s’est effondré. Le feu ne pourra pas être parfaitement éteint au mieux avant vendredi matin », ajoutait-t-il.

Le bâtiment qui a totalement été détruit, après avoir pris feu pour des causes qui demeurent inconnues, stockait en effet sur 1000 mètres carrés du chlorure ferrique, également appelé perchlorure de fer, toxique et fortement corrosif. Sa dissolution dans l’eau s’accompagne d’un important dégagement de chaleur et de la formation de vapeurs corrosives de chlorure d’hydrogène (acide chlorhydrique).
 À forte température, au delà de 200°C, il se transforme en chlorure ferreux et en dichlore. Le chlorure ferreux est corrosif et hautement toxique. Le dichlore provoque une odeur suffocante très désagréable et est extrêmement toxique puisque mélangé à l’eau ou à l’humidité des muqueuses et des poumons, il attaque les tissus.

« A aucun moment il n’y a eu de rejet massif en milieu naturel, indiquait à la presse le directeur du site. Durant une ou deux heures, on a rejeté un peu d’eau non traitée, de l’ordre de 23 m3 par seconde, soit au total 12 % de l’eau traitée sur la journée.

Mais dès le début de la soirée, on a pu reprendre la décantation primaire qui permet de recueillir les matières en suspension ». Et donc, selon lui, de « limiter » des dégâts déjà visibles.

« De l’ordre de quelques dizaines de poissons morts, notamment dans le bras mort de l’île d’Herblay », minimisait le SIAAP.

Des témoins affirmaient pourtant que les cadavres de poissons se comptent « par milliers ».

« Une centaine de kilos en tout » de « petits poissons » ont été retrouvés morts depuis jeudi soir, bétonnait Marine Renaudin, chef du service police de l’eau de la Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie (DRIEE) d’Ile-de-France. Ils ont été victimes d’un manque d’oxygène après le rejet dans la Seine mercredi, entre 17h15 et 19h30, d’eaux peu retraitées.

Depuis l’accident, de spectaculaires photos ou videos d’amoncellement de poissons morts ont pourtant été diffusées par les medias, ou mises en ligne par des associations locales et de nombreux particuliers, notamment des pêcheurs et de bateliers, ces derniers étant massivement stationnés à Conflans-Sainte-Honorine.

Cette mortalité est due au manque d’oxygénation de l’eau, conséquence de la présence anormale de matières organiques et donc de carbone.

« (…) Les premières mesures réalisées montrent une forte chute de la teneur en oxygène du milieu, évolution susceptible d’entraîner de la mortalité piscicole » en aval de l’usine, développait le Siaap soulignait toutefois qu’en amont de l’usine, c’est-à-dire vers Paris, « cet incident n’a aucune conséquence sur l’équilibre du milieu » aquatique.

« Cette baisse de la teneur en oxygène s’avère moins prononcée à mesure que l’on s’éloigne de la zone critique », assurait-t-il, promettant de travailler « activement à des solutions alternatives pour diminuer l’impact de cet événement sur la qualité du milieu naturel ainsi que sur la biodiversité et la vie piscicole » de la Seine.

Le syndicat affirmait miser sur la mise en service d’unités de biofiltration pour faire remonter le taux d’oxygénation de la Seine. Ces unités devraient être opérationnelles sous quelques heures, grâce à l’installation de groupes électrogènes.

Parallèlement, toujours selon le SIAAP, le volume d’eaux traitées sur le site était réduit, passant de 15 m3 par seconde à 8, la compensation étant assurée par les autres usines, notamment celles de Colombes (Hauts-de-Seine) et de Triel-sur-Seine.

Le site d’Achères, traite en temps normal 60% des eaux usées de l’agglomération parisienne, confirmait Jacques Olivier, directeur général du syndicat. Aujourd’hui, seuls « 40% des eaux usées d’Ile-de-France sont traitées » à Achères et sur ces 40%, « la moitié est traitée correctement, l’autre moitié, traitée partiellement, est rejetée en Seine ».

Le problème sera réglé « dans les prochains jours », assurait-il. Les eaux usées qui ne peuvent plus être retraitées à Achères ont été redirigées vers d’autres sites.

« On attend une amélioration rapide. En revanche, il faudra attendre quelque temps pour retrouver un régime normal en matière de phosphore », concluait Jacques Olivier.

Dans l’après-midi de vendredi les membres du CHSCTE de Seine Aval demandaient à l’administration suite à l’incendie qui a ravagé en partie la Clarif :

- l’ouverture d’un CHSCTE Extraordinaire sur SAV le plus vite possible ;

- l’ouverture immédiate d’une enquête de CHSCTE ;

. une communication transparente envers les agents suite aux différents incendies et/ou anomalies sur le site de SAV depuis plus d’un an.

Le SIAAP fâché avec les chiffres ?

Récapitulons.

Le syndicat affirme successivement :

- « (…) Durant une ou deux heures, on a rejeté un peu d’eau non traitée, de l’ordre de 23 m3 par seconde, soit au total 12 % de l’eau traitée sur la journée. »

- L’eau « normalement traitée » dans la journée représenterait donc un débit d’un peu moins de 184 m3 par seconde ? Hum...

- « (…) Parallèlement, selon le SIAAP, le volume d’eaux traitées sur le site était réduit, passant de 15 m3 par seconde à 8, la compensation étant assurée par les autres usines, notamment celles de Colombes (Hauts-de-Seine) et de Triel-sur-Seine. »

- « (…) Aujourd’hui, seuls « 40% des eaux usées d’Ile-de-France sont traitées » à Achères et sur ces 40%, « la moitié est traitée correctement, l’autre moitié, traitée partiellement, est rejetée en Seine ».

- Or on sait avec certitude que le seul site d’Achères traite journellement de 60 à 70% du volume journalier d’eaux usées pris en charge par les 8 usines du SIAAP sises dans l’agglomération parisienne.

Est-ce à dire que les deux seules usines de Colombes et de Triel-sur-Seine vont pouvoir substituer Achères ?

Même pas en rêve…

Noter de plus qu’à l’occasion de la réunion d’information organisée en urgence à St Germain-en-Laye le lundi 8 juillet en fin de journée, le SIAAP reconnaissait, primo, n’avoir aucune idée précise de la quantité de rejets entre mercredi et vendredi...

Secundo, s’il s’aventurait à s’engager sur un horizon de quelques semaines pour obtenir un traitement des phosphates quasi équivalent, il reconnaissait dans la foulée qu’il faudrait plusieurs années pour reconstruire la clarifloculation !

Interrogé ensuite par un jeune confrère pugnace, le syndicat confirmait qu’il est son propre assureur...

Sachant qu’en octobre dernier la bande à « Baignades en Seine » déclarait (en exclusivité) aux Echos que l’addition desdites baignades au Trocadéro pour lesdits (funestes) JO se chiffrait désormais à un milliard et demi d’euros (dont personne n’a l’ombre d’un kopeck sous la main), on n’a pas fini de se marrer.

Quand la mer monte…

L’odeur est pestilentielle. En cette fin de journée de samedi, le bateau affrété par le SIAAP, est arrimé au quai de l’île Peygrand, face au barrage d’Andrésy (Yvelines).

A son bord, deux bennes contiennent trois tonnes de poissons morts, mélangés à des algues et détritus divers.

« Ils ont ramassé tout ce qu’ils ont pu dans la Seine, entre le rejet de l’usine, au droit d’Herblay (Val-d’Oise), et ce barrage », expliquait Yann Bourbon, directeur du site aux medias.

Lundi, un autre bateau allait nettoyer vers Conflans

Les zones nettoyées le samedi s’étaient concentrées sur Herblay (Val-d’Oise), au plus près du rejet de l’usine, là où l’impact est le plus fort. « Il reste deux points difficiles où le bateau ne passait pas : le bras mort d’Herblay et le secteur où sont stationnées les péniches d’habitation à Conflans-Sainte-Honorine. Nous mettrons en service, dès lundi à 8 heures du matin, un petit navire qui sera plus efficace » promettait Yann Bourbon.

Emmanuelle Wargon sur le pont

Lundi soir à 18h00, Emmanuelle Wargon annonçait la convocation "du vice-président et du DG" mardi à 15h30 :

(Il est où Belaïde, en cavale à Cuba ?)

« A la suite de l’incendie de la station d’épuration d’Achères mercredi 3 juillet et du décès de nombreux poissons constaté dans la Seine ce week-end, Emmanuelle Wargon recevra le vice-président et le directeur général du Syndicat intercommunal d’assainissement de l’agglomération parisienne (SIAAP) pour qu’ils lui présentent les modalités de gestion de crise et les mesures envisagées pour un retour à la normale dans les meilleurs délais. »

Faudrait que Mame Wargon pousse la porte de MAGES pour y comprendre quelque chose...

https://www.siaap.fr/equipements/le...

Arrivé là, un petit tableau vite fait :

- Débit Seine, amont, traversée de Paris et aval ;

- Flux entrant, volume traité, taux d’abattement et volume rejeté pour chacune des usines du SIAAP ;

- Analyse à partir des flux calculés : covariation entre débit et flux de DB05, de KMNO4, de NO3, d’oxygène dissous, de déficit en oxygène…

En deux minutes, on aura compris l’ampleur du désastre.

La nave ne va plus du tout…

Quand la macronie triomphante va découvrir l’épouvantable bourbier dans lequel va la plonger :

- la politiciernne saga des JO initiée par mame Hidalgo ;

- les mensonges éhontés de ses subordonné(e)s selon lesquels la baignade du Trocadéro pourra avoir lieu en 2024, parce que les normes des JO sont « moins sévères » que celles de la Directive baignade, et qu’on va mettre des UV sur les STEP du SIAAP, et que les résidents des péniches acagnardées sur la Seine vont mettre leur caca dans un pochon bio avec lequel on fera pousser du gazon sur les achloums parigots pour sauver la planète…

- les 50 parties de billards à 19 bandes, des grands syndicats franciliens, aka la Coupole et leurs milliasses d’affidés der Gross Paris…

Même l’éminent Cedric Villani as "capo di tutti capi" putatif du SIAAP n’y pourra rien.

On n’a pas fini de se marrer.

A suivre…

Lire aussi :

- SIAAP : mystérieux incendie, puis accident chimique à l’usine d’Achères

http://www.eauxglacees.com/Siaap-my...

Les eaux glacées du calcul égoïste, 5 mars 2018.

- SIAAP : gigantesque (nouvel) incendie à la station d’épuration d’Achères

http://www.eauxglacees.com/SIAAP-gi...

Les eaux glacées du calcul égoïste, 4 juillet 2019.

- Les suites de l’incendie du SIAAP à Achères

http://www.driee.ile-de-france.deve...

DRIEE Ile-de-France, 9 juillet 2019.

- Incendie de Seine Aval : le SIAAP fait le point avec Emmanuelle Wargon après l’hécatombe de poissons

https://www.lejournaldugrandparis.f...

Le Journal du Grand Paris, 10 juillet 2019

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2019-07-04
REMOUS
par Marc Laimé, jeudi 4 juillet 2019 @ 08:35

Aux environs de 17h00 le mercredi 3 juillet un incendie spectaculaire est survenu sur le site classé Seveso du SIAAP, dont l’unité de clarifloculation a été très gravement endommagée, ce qui pourrait entrainer des rejets massifs d’eaux usées non traitées dans la Seine. Les syndicats dénoncent un quatrième accident industriel majeur en moins de deux ans, affectant le site historique qui épure 70% des eaux usées franciliennes. L’accident surgit dans un contexte de plus en plus délétère, sur fond de marchés publics colossaux qui font l’objet de multiples procédures judiciaires.

C’est le bâtiment servant à la « clarifloculation » des eaux usées (procédé d’élimination des particules en suspension) et abritant plusieurs cuves de chlorure ferrique qui a pris feu. Dans sa forme habituelle, le chlorure ferrique est toxique et hautement corrosif.

Un spectaculaire nuage de fumée noire s’est aussitôt dégagé mais, selon les pompiers et la préfecture des Yvelines, il n’est pas nocif et sa couleur noire ne serait pas due à la combustion du chlorure ferrique mais plutôt à celle des « plastiques présents sur place ».

L’immense panache a été aperçu à plusieurs kilomètres à la ronde, se développant notamment au-dessus de Maisons-Laffitte et de la forêt de Saint-Germain-en-Laye, comme en attestent les photos publiées par Le Parisien :

http://www.leparisien.fr/yvelines-7...

Le sinistre semblait circonscrit au bâtiment mais, à 19 heures, il n’était toujours pas maîtrisé par les sapeurs-pompiers du Sdis 78 qui ont dépêché sur place plusieurs dizaines de véhicules et au moins 70 soldats du feu. A 18 h 45, de nouveaux camions et d’autres sapeurs-pompiers continuaient d’arriver sur place.

Le bilan établi par la direction du site

Un premier bilan était dressé à minuit par la direction du site, qui l’adressait à l’ensemble du personnel :

« Aujourd’hui vers 16h45, un feu s’est déclaré au niveau du local de stockage de chlorure ferrique du bâtiment de Clarifloculation. Notre Plan d’Opération Interne a été déclenché, et le SDIS est intervenu très rapidement.

A cette heure, le feu est maîtrisé, cependant les équipes du SDIS et les équipiers du SPGR restent présents jusqu’à extinction complète.

La cellule de crise reste active au PCCAIII de l’UPEI pendant les opérations.

Aucune victime n’est à déplorer, que ce soit parmi nos agents ou nos prestataires.

Un certain nombre d’agents ont été confinés dans les bâtiments le temps de s’assurer que les fumées ne soient pas toxiques.

Le feu a gravement endommagé le bâtiment, détruisant notamment la totalité des cuves de Chlorure Ferrique.

L’unité de Clarifloculation est donc hélas durablement hors service.

Le process a été reconfiguré pour limiter les déversements d’eau brute, cependant le traitement reste très dégradé.

Nous vous tiendrons informés régulièrement de l’évolution de la situation de l’usine.

Les causes de l’incendie sont pour l’instant inconnues, des investigations poussées vont être menées pour les déterminer.

D’un point de vue logistique : l’accès par la porte de Fromainville est condamné jusqu’à nouvel ordre, l’accès à l’usine s’effectue donc par la route de l’épine ou par la route centrale.

Vos prises de poste de ce jeudi matin se feront aux endroits habituels, à l’exception des agents travaillant à l’unité de Clarifloculation, à qui nous demandons de se rendre aux installations du prétraitement pour un point de situation.

Nous sommes tous sous le choc de l’évènement. Soyez assurés que nous mettrons tout en œuvre pour, collectivement, limiter les impacts de cet incendie sur notre activité. »

La mise en garde du syndicat FO du SIAAP

Jeudi matin, FO adressait un courrier particulièrement alarmant à l’ensemble des personnels du syndicat :

« La situation à Seine Aval en matière de sécurité s’est fortement dégradée depuis plus de deux ans maintenant. On se souvient des 3 accidents industriels majeurs l’année dernière, notamment l’incendie d’un des deux bâtiments des filtres presses de l’UPBD.

Vendredi dernier, FO a émis en copie à l’inspection du travail 7 alertes de dangers graves et imminents (dont le SIAAP n’a toujours pas tenu compte malgré ses obligations en la matière) pour des fuites de gaz ou des départs d’incendie notamment.

Lundi matin, un nouveau POI était déclenché en raison de la cloche du digesteur primaire n°9 qui s’était éventrée suite à une vanne d’admission ouverte, d’ailleurs sans même que le CHSCTE de SAV n’en ait été informé. Ce digesteur est désormais définitivement inutilisable.

Aujourd’hui c’est un incendie qui a ravagé la clarifloculation avec les conséquences très certainement graves et incalculables pour nos missions et l’environnement. Bien qu’aucune alarme incendie n’ait été installée, l’agent qui était stationné au PCC a pu être prévenu à temps pour évacuer les locaux.

Finalement et heureusement, il n’y a pas de victimes à l’heure où nous écrivons. Enfin, notons que les herbes hautes et sèches ont pris feu lequel a ainsi failli atteindre la zone Biogaz.

Le SIAAP, emmuré dans ses certitudes (« à Valenton, on traite deux fois moins d’eau avec 5 fois moins de personnel qu’à SAV », nous explique le Directeur Général), déroule son incompétence aux yeux de tous.

Or, les usines sont vides. Il manque partout des effectifs. On bricole l’introduction du travail isolé. Les nouvelles organisations des 2x8/3x8 sont bancales de l’aveu de tous.

On recrute avant tout selon le critère d’allégeance à la politique de la Direction Générale. On saque les agents de la Ville de Paris et les agents logés. On sanctionne les peccadilles des humbles et on ignore les brimades insupportables des responsables.

Le Directeur Général se retire du CHSCT. Les transcriptions des échanges en CHSCT sont remplacées par des compte rendus complaisants où les déclarations qui mentionnent les risques dans les entités opérationnelles sont purement et simplement ignorées.

Le SIAAP instaure des mécanismes de fusibles pour s’isoler des risques juridiques en matière d’hygiène et sécurité. Etc. Etc.

Avec le temps, une telle politique de soi-disant « service public compétitif » (en fait, le sas vers la privatisation) affaiblit l’outil de travail et le moral des agents.

Les dernières grèves, historiquement massives, ont montré le rejet du management basé sur la soumission et le manque de moyens humains et salariaux. Pour le SIAAP, FO est une Cassandre subversive. Pourtant les mauvaises nouvelles viennent d’elles-mêmes et atteignent les plus sourds des courtisans.

Dans ce contexte, le manque de maîtrise des risques à SAV nous saute aux yeux. Le SIAAP doit s’expliquer auprès des agents. C’est pourquoi, FO alerte le SIAAP d’un danger grave et imminent sur tout le périmètre de Seine Aval à partir de maintenant. Cette alerte s’ajoute aux 7 autres et l’inspection du travail en sera informée.

De plus, nous demandons à tous les agents de SAV de se rassembler ce jeudi à 10h30 devant la Direction du site afin que le Directeur de SAV nous explique les mesures qu’il compte prendre pour nous assurer la sécurité qu’il nous doit et réponde aux questions des agents.

Sachez aussi que le représentant FO en CHSCTE qui s’est présenté devant l’UPEI, s’est vu refusé l’accès à l’usine sans raison valable, et sans que ses questions n’aient été écoutées. »

Un communiqué de la SAIVP-CGT du SIAAP

"C’est avec beaucoup d’émotion et d’inquiétude que nous avons vécu l’incendie de la Clarifloculation hier soir. Notre première préoccupation s’est portée sur les collègues qui auraient pu être blessés : heureusement, encore une fois, la gestion de crise et le sang-froid des équipes qui sont intervenues ont permis d’éviter tout impact humain.

Néanmoins, la situation actuelle n’est pas acceptable. L’anxiété des agents est palpable et légitime ; la fréquence et la gravité des évènements des derniers jours et des derniers mois nous interrogent. Au cours de la dernière année, nous avons dû faire face à l’incendie des filtres presses Achères 4, au nuage chimique du prétraitement.

La semaine dernière un nouvel incendie s’est déclaré à Achères 4, et le dôme du digesteur 9 d’Achères II s’est fissuré.

La CGT s’alarme de cette récurrence, et nous nous posons la question de causes communes qui pourraient exister : réorganisations des services et du roulement, externalisations, centralisation des équipes, effectifs constants et sous-effectifs, perte de spécialisations et turnover, disparition des hommes de terrain au profit de tâches administratives, organisation de la prévention et moyens mis à disposition, organisation des remontées des alertes, vétusté des installations, complexité d’exploitation des nouvelles installations…

Pour la CGT, plutôt que de désigner à l’emporte-pièce et de lancer des accusations arbitraires, il faut comprendre et coopérer avec l’administration afin de trouver les changements profonds qui sont impératifs. Nous avons fait de nombreuses propositions dans le cadre du rapport annuel présenté au CHSCTE et du plan annuel de prévention : nous espérons qu’elles seront entendues.

Ce que la CGT attend de l’administration :

1) dans le cadre de cet incendie, nous exigeons l’ouverture immédiate d’une enquête de CHSCTE ;

2) dans le cadre plus général de l’ensemble des incidents industriels qui sont survenus à SAV, nous demandons une seconde enquête du CHSCTE, plus globale, avec l’assistance d’une expertise extérieure pour déterminer les causes communes et profondes ;

3) devant le choc que vivent certains collègues quant à la perte de leur outil de travail, nous demandons la mise en place immédiate d’une cellule d’écoute et de soutien ;

4) nous demandons une communication plus transparente et rapide envers les agents, et une implication renforcée des CHSCTE dans la prévention des risques industriels.

Les semaines et les mois à venir vont être difficiles. Le regard des autorités et des citoyens envers le SIAAP sera dur, et les agents devront le supporter malgré leur implication.

Un risque pèse sur la dégradation de l’environnement, et des efforts importants seront nécessaires pour revenir au plus vite à une situation normale. Cet effort sera commun, et, en plus des agents présents sur SAV, l’ensemble des usines et des services supports du SIAAP vont y contribuer.

La CGT veillera au bon déroulement des enquêtes, et vous tiendra informés.

Nous comptons sur vos remontées, votre connaissance du terrain, vos compétences, et votre expertise afin de nous aider à prescrire au SIAAP les actions qui sont nécessaires."

A l’usine de Clichy, des travaux "au fil de l’eau…”

Sur un autre front, celui des travaux de rénovation de l’usine de Clichy, le SIAAP fait cette fois flèche de tout bois pour tenter de s’extraire du bourbier judiciaire dans lequel il est ensablé…

En novembre dernier, le tribunal administratif de Cergy (Val-d’Oise) décidait en effet d’annuler le marché de 371 M€ remporté en 2015 par un groupement français, Stereau et OTV, (les filiales d’ingénierie de Veolia et SAUR qui construisent les usines), au détriment de l’italien Passavant.

Ce dernier, devenu célèbre depuis son apparition dans l’émission « Cash investigation » d’Elise Lucet, diffusée le 13 mars 2018, a porté l’affaire devant la justice administrative, considérant que le marché n’avait pas été attribué de manière impartiale. Le groupe italien a donc obtenu gain de cause en première instance, même si le Siaap a fait appel.

Et le syndicat vient de relancer les travaux, lot par lot, avec pour commencer le baptême d’un énorme tunnelier.

« Cette inauguration est la première pierre de la reprise du chantier, soulignait le 27 juin dernier le président (PCF) du syndicat Belaïde Bedreddine. Car les travaux doivent se poursuivre et le Siaap a donc décidé de relancer les marchés les uns après les autres. »

Outre le prétraitement, l’usine a également une mission anti-crue, protégeant la capitale des inondations.

« Un site stratégique dont la refonte évitera les déversements dans la Seine en cas de fortes pluies puisque nous devons pouvoir y nager en 2024 », insiste d’ailleurs le maire (DVD) Rémi Muzeau en référence à cette promesse sans cesse renouvelée en vue des Jeux olympiques...

Plus question, donc, de marché global pour le moment mais de marchés par lots en fonction des différentes étapes à réaliser, dont certaines en urgence.

Des travaux répertoriés et validés par un arrêté préfectoral notifié le 28 novembre 2018.

A commencer par l’intervention d’un tunnelier qui avait déjà été fabriqué « sur mesure » pour le Siaap par l’entreprise française Bessac. Une machine de 3,50 m de diamètre qui commencera à creuser d’ici quelques semaines une galerie de 184 m le long du fleuve pour déboucher sur un nouveau bassin de stockage d’une capacité de 70 000 m3.

Le directeur général d’OTV se désiste de sa plainte en diffamation contre Le Monde…

Il se passe décidément toujours quelque chose au SIAAP !

Le 13 mars 2018 en début d’après-midi, Le Monde publiait une enquête signée Franck Johannes qui évoquait les différents marchés publics du SIAAP faisant l’objet d’enquêtes judiciaires.

Nommément mis en cause le directeur d’OTV, la filiale d’ingénierie de Veolia, avait déposé plainte pour diffamation contre Le Monde et son journaliste.

Le procès devait se tenir le 12 juillet prochain devant la 17ème chambre du TGI de Paris, au nouveau palais de justice, situé… Porte de Clichy.

Hier, mercredi 3 juillet, dans la journée, les avocats du Monde ont été informés qu’après avoir pris connaissance de leur « offre de preuves » le dirigeant d’OTV s’est désisté de sa plainte.

A suivre.

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Le Figaro, avec AFP, 4 juillet 2019.

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2019-07-03
REMOUS
par Marc Laimé, mercredi 3 juillet 2019 @ 20:39

A l’invitation d’Eau Secours 34 nous avons présenté à Montpellier le jeudi 27 juin 2019 une réflexion sur la gestion des EPU qui va compter au rang des enjeux majeurs des politiques publiques de l’eau à l’horizon des toutes prochaines années.

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