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NE PAS CLIQUER
LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
2010-09-06
FLUX
par Marc Laimé, lundi 6 septembre 2010 @ 09:36

A l’occasion de la sortie simultanée le 23 septembre 2010 en région parisienne, en France, en Europe et aux Etats-unis du film « Water Makes Money », la Coordination EAU Île-de France, ATTAC-France, la Fondation France Libertés, la Convergence nationale des collectifs de défense et développement des Services Publics, le Mouvement national de lutte pour l’environnement (MNLE), le Mouvement Utopia et La Mare aux Canards, association de production audiovisuelle, diffuseur du film en France organisent une conférence de presse au Pavillon de l’eau à Paris, en présence de nombreux acteurs engagés en faveur de la promotion d’une gestion publique et soutenable de cette ressource vitale.

La Conférence de presse se tiendra le Jeudi 16 septembre à 10h00

au Pavillon de l’eau, 77 avenue de Versailles, Paris 16e

(métro ligne 10, stations Mirabeau, Javel ou Eglise d’Auteuil,

RER C station Javel)

Ce documentaire révèle comment les multinationales transforment l’eau en argent sur le dos des usagers. Il montre aussi le large mouvement de résistance à cette forme de privatisation et en faveur d’une gestion publique qui se développe partout et regroupe des collectivités, des associations, des personnalités…

Dont vous pourrez rencontrer certaines et découvrir les actions qu’elles mènent. Cette sortie internationale se déroule de façon alternative : ce sont des associations et des collectivités qui organisent les plus de 70 projections simultanées à travers l’Europe.

NB : affiches du film et dossier de presse vous seront remis à cette occasion

En présence de :

Anne Le Strat, présidente d’Eau de Paris,

Jacques Perreux, vice-président du Conseil général du Val-de-Marne,

Dominique Voynet, sénateur-maire de Montreuil

et

Jean-Luc Touly, responsable eau de la Fondation France Libertés,

Jean-Claude Oliva, président de la Coordination EAU Île-de-France,

Frank Pupunat, porte-parole d’Utopia,

Daniel Hofnung, président d’ATTAC Val-de-Marne,

Maurice Martin, président de l’AREP-CAMY…

Contact presse :

Jean-Claude Oliva 06 22 72 25 59

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2010-09-02
FIGURES
par Marc Laimé, jeudi 2 septembre 2010 @ 21:47

Le tranquille petit monde de l’eau croyait avoir tout vu… En cette rentrée 2010, voici de l’inédit. Une multinationale honnie, Veolia, vient de ré-embaucher, Cour administrative d’Appel de Paris oblige, l’infernal Touly, dont elle avait cru pouvoir se débarrasser à moindre frais il y a 5 ans en le licenciant pour faute lourde, au motif que notre ami passait son temps à les diffamer urbi et orbi, et, cerise sur le gâteau, ladite Veolia ne trouve rien de mieux que de lui confier, nonobstant, la gestion des fontaines parisiennes, qui par ailleurs sont à sec, comme on a pu le voir cet été. D’où il appert que ce faisant le diabolique camarade Frérot offre la mairie (de Paris), dans un fauteuil, au sieur Fillon, ce que nous allons vous démontrer illico…

Il se pourrait que quelques rares tétraplégiques auvergnats, deux ou trois sourds et muets et quelques seniors violemment affectés par la maladie d’Alzheimer, et encore, nous n’en sommes pas assurés, ignorent que le ci-devant Jean-Luc Touly a durant des lustres littéralement rendu mabouls les pontes de la Générale des eaux, qui avaient eu la faiblesse insigne d’embaucher un beau jour le susdit, dont l’essentiel de la carrière professionnelle se résuma à foutre le feu à la Générale qui n’en demandait pas tant, puisqu’elle est censée fournir de l’eau, certes à un coût exorbitant, mais tout de même…

Bref, ceci tant et si bien qu’il y a cinq ans, ladite Générale des eaux se résolut enfin à licencier pour faute extrêmement lourde notre ami, qui passait il est vrai son temps à diffamer épouvantablement cette auguste entreprise, ayant entretemps rejoint les rangs d’Attac, de l’ACME, de la Fondation de Tatie Danielle, etc, etc, soit autant de repaires d’ultra-gauche qui n’ont comme on le sait comme seule préoccupation dans l’existence que de conduire à la ruine les fleurons français de l’eau et de toutes ces sortes de choses.

A l’époque l’actuel président (UMP), du Sénat, M. Larcher, avait bien évidemment fait droit à la requête de Veolia, et accepté le licenciement de notre ami, en dépit de sa qualité de représentant syndical, conseiller prudhommal et autres calembredaines.

Et que croyez vous qu’il arrivât ? Entretemps notre ami Touly, comme les medias n’ont pas manqué de le souligner, a été élu en mars dernier Conseiller régional d’Ile-de-France sur les listes d’Europe Ecologie, et siège depuis lors à ce titre au Comité de bassin Seine-Normandie, comme au Comité national de l’eau, ce qui à l’évidence ravit au plus haut point Messieurs Santini, Girardot et consors (tium).

Pire, l’infâme Touly, désormais licencié par le fait du prince Larcher, officie à la Fondation France-Libertés auprès de Tatie Danielle, siège donc au Conseil régional d’Ile-de-France du sieur Huchon, est toujours conseiller prudhommal, membre d’Anticor, d’Attac, bon on passe sur les 54 000 commissions Théodule dans lesquelles il siège, sinon Anticor va lui chercher des poux dans la tête dans le registre cumul des mandats et des rémunérations y afférent.

Jusqu’ici tout va bien.

Sauf que lundi dernier notre ami a passé sa journée à se balader incognito, enfin presque, au siège de la Générale, rue d’Anjou !

Enfer et damnation, Que Choisir va sortir un numéro spécial…

On se calme. Notre ami Touly avait contesté son licenciement devant la Cour administrative d’Appel de Paris, qui vient de lui donner raison, d’annuler son licenciement, et de faire obligation à Veolia de la réintégrer, nonobstant accessoirement le règlement de 4 ans et demi de salaire, la reconstitution de carrière et tout le bastringue.

(Bon, pour les 4 ans et demi de salaire, Veolia, furax, a saisi le Conseil d’Etat, et ne les versera pas dans l’immédiat, mais sinon elle doit bel et bien recommencer à rémunérer notre ami depuis juillet dernier...)

Nous nous inquiétons accessoirement très fortement pour l’avenir de Veolia, dont l’armée de juristes n’aura donc pas réussi à licencier Touly. C’est dire si on peut leur faire confiance pour défendre les intérêts de la multinationale aux quatre coins du globe...

Mais c’est ici que le camarade Frérot a toutefois témoigné d’un machiavélisme que nous saluons, ému, chapeau bas.

Qu’allait-on foutre de l’infernal Touly ?

Lui proposer 200 000 euros pour solde de toute compote, ça la foutrait (très) mal auprès des 300 000 salariés du groupe qu’on pressure comme jamais, à l’heure où le cours de l’action se casse dramatiquement la gueule.

L’expédier à Hong-Kong superviser les devoirs de vacances de la fille de Jean-Louis « Houdini », bon ça serait fendard, rien que pour faire criser Henri, mais ce ne serait pas raisonnable.

Tilt, on va bombarder Touly grand fontainier des 160 fontaines que Veolia continue à gérer à Paris !

Chapeau.

Rouge, passe, impair et manque.

Tout le monde ignore qu’après avoir été boutée hors les murs par les vaillants Delanoë et Anne le Strat, Veolia a conservé la gestion des fontaines parisiennes.

Et oui, d’ailleurs cet été elles étaient à sec, même si, et sans doute parce que, des norias de pseudos Humvees aux couleurs de Veolia tournaient en rond autour desdites fontaines.

(D’ici à ce que lesdits camions aient été commandités par Suez, y a pas loin…)

Bref, c’est ici que ça devient grandiose. Lundi dernier, notre ami a entendu la DRH de Veolia lui annoncer que, compte tenu de ses innombrables mandats, et nonobstant ses importantes nouvelles responsabilités de grand chef des fontaines de Paris, l’entreprise qui doit le réembaucher n’entend pas lui imposer un temps de présence draconien. Bon, allez, une heure ou deux par mois, ça ira…

Voilà donc que Veolia offre un emploi fictif à notre ami Touly. Chef des fontaines parisiennes, à sec, depuis un lointain gourbi perdu au fond de la banlieue…

J’y viens, j’y viens.

Non, vous ne voyez pas ?

Bon, la droite du conseil de Paris ne devrait pas manquer de tomber sur le râble de Delanoe et de Le Strat, et de déclencher un scandale invraisemblable au motif qu’il est inconcevable que la Ville-lumière, qui se la joue « worldwide », on est le meilleur service public de l’eau du monde, est infoutue de faire couler de l’eau dans ses fontaines, qui sont inexplicablement demeurées dans les pognes de Veolia !

Et cela n’a au demeurant rien d’étonnant puisque c’est donc l’infernal Touly, ami et allié objectifs des susdits qui s’occupe des fontaines !

C’est bô.

Et Rafraîchissant (Enfin quand les fontaines se décideront à couler...). Ca nous changera de l’Argent de la vieille et des Roms, soit dit en passant.

Sur le fond, comme le Premier qui se la joue décontracté avec son col Mao Arnys ne peut plus compter sur l’ami Séché pour soutenir sa candidature en 2014 puisque l’option d’achat de Saur de mars 2012 à 12 fois l’Ebitda s’est fracassée à 8 fois l’Ebitda, et que les carottes sont cuites pour le Nicolin de l’Ouest, opérant un audacieux renversement, le camarade Frérot, étant acté que son mentor Proglio s’est carbonisé dans une Sarkozie qui va finir dans l’abîme, tente le génial gambit décrit ci-dessus : avec Touly aux manettes des fontaines parisiennes, Fillon va kârcheriser Hidalgo en 2014 !

Et c’est ainsi que la rue d’Anjou persévérera dans son être (et qu’Allah est grand…)

Il ne nous a pas totalement échappé que nombre de lecteurs, y compris les fidèles aficionados d’Eaux Glacées ressentiront à la lecture de ce qui précéde le sentiment de regarder Canal sans décodeur.

Le plus élémentaire honnêteté nous enjoint donc de vous révéler que le billet ci-dessus valait pour entretien d’embauche simultané au JDD, qui vient de flinguer Askolovitch, au service politique du Figaro, gravement décimé depuis la semaine dernière, et enfin, last but not least, au poste de conseiller du Président Pougatchev (junior), qui veille aux destinées de France-Soir depuis les Champs Elysées.

Et nous ne manquerons pas de vous informer des suites.

Nous sommes au demeurant tout à fait rassurés : Dieu reconnaîtra les siens.

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2010-08-29
FLUX
par Marc Laimé, dimanche 29 août 2010 @ 17:44

Plusieurs dizaines de projections militantes du nouveau film d’enquête sur la marchandisation de l’eau réalisé par le couple de documentaristes allemands Leslie Franke et Herdolor Lorenz (*), déjà auteurs d’un précédent opus sur le même sujet, "Eau, service public à vendre", seront organisées simultanément le jeudi 23 septembre 2010 dans des dizaines de villes françaises et européennes et aux Etats-Unis.

Coïncidence, c’est la veille, le mercredi 22 septembre 2010 à 13h30, que la 17ème Chambre du Tribunal de grande instance de Paris devait débattre de la plainte en diffamation déposée par Suez-Lyonnaise des eaux contre un autre documentaire, « Flow », réalisé par la documentariste Irena Salinas…

(L’audience a finalement été reportée au mercredi 29 septembre 2010, même lieu, même heure...)

Suez-Lyonnaise des eaux ne va pas manquer, après avoir emporté au début du mois d’août une victoire devant l’organisme d’arbitrage qui examinait son différend financier avec l’Argentine, consécutif à la rupture du contrat d’Aguas Argentinas, de dénoncer les « critiques ineptes » des altermondialistes qui "racontent littéralement n’importe quoi" (sic), si, comme c’est probable, le TGI de Paris lui donne raison à l’issue de l’audience du 29 septembre prochain, eu égard aux passages du film « Flow » poursuivis, qui attestent pour le moins de facilités de langage, hélas imputables aux défenseur(e)s, ou par trop énervé(e)s ou se noyant dans un amphigouri des plus approximatif, de notre noble cause, ce qui constitue hélas l’une des calamiteuses plaies de notre croisade…

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La plainte de Suez (en anglais)

(Accessoirement il est intéressant de mesurer à quel point l’affaire argentine aura durablement traumatisé Suez, et est à l’origine de la véritable mue de la transnationale, engagée à marches forcées dans le courant de ces dernières années, ce qui tendrait aujourd’hui à lui conférer un "nouvel avantage compétitif" sur Veolia... C’est du moins ce que les protagonistes du "re-engeneering" veulent laisser accroire, nous y reviendrons...)

Une leçon à méditer à l’heure où la contre-offensive du Cartel de l’eau prend de l’ampleur à mesure que l’on se rapproche de « Marseille 2012 ».

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Lire la newsletter de l’Aquafed

Ainsi la même Suez-Lyonnaise des eaux va rendre publics sous peu, dans une savante mise en scène, les résultats d’une trentaine d’auditions conduites auprès d’autant d’experts depuis le printemps 2010, dont un certain nombre de nos ami(e)s, dont nous espérons que les propos n’auront pas par trop été habilement troussés par les petites mains d’Orsenna, « ad majorem Suez gloriam »…

Le tout en prologue à l’inauguration par les mêmes, décidément suractifs en la période, d’une chaire dédiée aux PPP, qu’ils vont financer dans le cadre de la nouvelle Fondation tout juste créée par l’Université de Bordeaux, portée sur les fonts baptismaux par M. Jean René Fourtou, ci-devant P-DG de Vivendi, ex-syndic de faillite de M. Messier, et accessoirement président de la Chambre de commerce internationale, discrète officine dédiée à l’arbitrage des conflits qui opposent les grands fauves qui nous préoccupent…

(Que les fans de Veolia et de Saur se rassurent, on va y revenir sous peu…)

Water Makes Money, le film

L’aventure a été financée par le recueil de dons militants dans plusieurs pays européens.

Plusieurs dizaines de « premières » sont donc organisées simultanément, dans le même état d’esprit, le jeudi 23 septembre prochain.

Associations et collectifs peuvent encore contacter le diffuseur français afin d’organiser une projection :

La Mare aux canards

Distribution France de Water Makes Money

25, rue de Meaux - 75019 Paris

Tel : 01 42 45 11 05

Voir la Bande annonce

Télécharger le Dossier de presse

Télécharger des photos du film

Télécharger l’Affiche en A3

Télécharger l’ Affiche en A4

Les affiches comportent en bas un espace réservé pour indiquer le jour, l’heure et le lieu de la projection. Chaque collectif peut ainsi imprimer ses affiches avec les renseignements correspondant à sa première.

(*) Les réalisateurs du film sont Leslie Franke et Hermann Lorenz : auteurs d’"Eau, service public à vendre".

Leslie Franke : après des études universitaires de russe et d’histoire à Hambourg, elle est boursière de l’Institut National de la Cinématographie de Moscou. Aujourd’hui, elle exerce la profession de cinéaste à Hambourg.

Herdolor Lorenz : après des études universitaires de sciences politiques, d’histoire, de littérature allemande et de philosophie, il exerce depuis 1985 la profession de cinéaste et de producteur à Hambourg.

Lire aussi :

Rien à voir, enfin si, justement, lire pour une rentrée studieuse "H20 et les eaux de l’oubli", une conférence prononcée par Ivan Illich à Dallas en mai 1984, qui a été notamment publiée en France par Lieu Commun en 1988.

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2010-08-12
REMOUS
par Marc Laimé, jeudi 12 août 2010 @ 09:06

L’association ZEA a été créée le 19 avril 2009 pour soutenir le financement d’une expertise indépendante et incontestable sur certains OGM et pesticides qui y sont liés, avec pour finalité d’en étudier l’impact sur notre santé au long terme. Conduite selon des protocoles très stricts, qui pourront d’ailleurs être discutés car ils seront rendus publics, l’étude fait actuellement l’objet d’un appel de fonds public, nouveau témoignage de la montée en puissance de l’expertise indépendante, après les expériences du CRIIGEN, du Réseau Environnement Santé (RES), de l’ARTAC, du MDRGF ou de l’Association santé environnement France (ASEF).

Depuis plusieurs années un débat récurrent porte sur l’effet de l’absorption de ces produits sur la santé, sur le moyen ou long terme.

Une étude de l’université de Caen, portée par le lanceur d’alerte Gilles-Eric Séralini et publiée dans Chemical Research in Toxicology fin décembre 2008 à pourtant déjà montré des effets à court terme à des très faibles doses, inférieures à 400 ppm (partie par million). Elle mettait en évidence l’impact de diverses formulations et constituants de ce pesticide sur des lignées cellulaires humaines (cellules néonatales issues de sang de cordon, des cellules placentaires et de rein d’embryon). Les auteurs signalaient diverses atteintes de ces cellules (nécrose, asphyxie, dégradation de l’ADN...), induites soit par le glyphosate, soit par un produit de sa dégradation (AMPA), soit par un adjuvant tensioactif (POEA) qui facilite son incorporation par les plantes cibles, soit par des formulations commerciales de l’herbicide

Cette étude a été critiquée par l’AFSSA à la fin du mois de mars 2009, notamment pour des raisons méthodologiques et pour l’interprétation de ses résultats. L’agence estimait que « les auteurs [de l’étude] sur-interprètent leurs résultats en matière de conséquences sanitaires potentielles pour l’homme, notamment fondées sur une extrapolation « in vitro-in vivo » non étayée ».

Le cancer des pesticides

Les pesticides, et particulièrement le Round up, sont présents dans les eaux françaises du fait de son usage massif . La situation est devenue inquiétante depuis une dizaine d’années pour les eaux de surface. En 2006, un rapport de la Direction régionale de l’environnement Bretagne mettait en garde sur le niveau de contamination « alarmant » atteint pour le glyphosate et l’AMPA (composants du Round up).

Deux ans plus tôt, ces deux produits étaient retrouvés respectivement dans 35% et 55% des échantillons. En 2006, leur niveau était monté à 60% pour le glyphosate et 91% pour l’AMPA ! Le dernier rapport de l’IFEN montre aussi des taux de contamination pour d’autres régions. Les eaux franciliennes sont également de plus en plus contaminées par ce type de pesticide, à l’image de la nappe du Champigny, qui alimente en eau un million de Franciliens.

L’utilisation des OGM, contribue par ailleurs à la banalisation du Roundup qui contamine les eaux de surface et les eaux souterraines car 75% des OGM sont actuellement conçus et brevetés pour êtres traités avec ce produit et donc l’absorber sans mourir.

Une nouvelle démarche militante

Pour ses animateurs l’initiative de ZEA répond à une véritable attente : " Pour une meilleure efficacité, la mobilisation doit être massive et rapide car l’étude sera réalisée par tranche (3 x 1/3 par exemple), et chaque fois qu’un certain montant sera atteint il déclenchera une phase de l’étude. Tous les dons sont donc importants, même les plus petits…

Depuis des années, individus ou associations signent des pétitions, soutiennent la destruction de champs de maïs ou demandent qu’on tienne compte de leur avis (80% de personnes ont peur des OGM…). Là ils peuvent agir."

Le site de l’association ZEA, ouvert dans le courant de l’été 2010

Video présentation

Les statuts de l’association ZEA

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2010-07-27
FLUX
par Marc Laimé, mardi 27 juillet 2010 @ 08:40

Le 15ème colloque « Aquarévolte » de la CACE (Coordination des associations de consommateurs d’eau), organisé le 5 juin 2010 par l’Association des usagers de l’eau de Tournon (Ardèche), a adopté une motion qui pourrait synthétiser les propositions et revendications des très nombreuses associations d’usagers, membres ou non de la CACE, qui promeuvent une gestion de l’eau publique, démocratique et soutenable.

« Ce XVéme Aquarévolte de Tournon/Rhône tient à apporter son plus vif soutien aux associations, aux élus, aux nombreux citoyens qui dans tout le pays agissent pour que leur municipalité s’oriente vers une réappropriation de la gestion de l’eau, bien inaliénable qui devrait échapper à l’emprise du marché, notamment par la gestion qui s’avère la plus proche des citoyens, et la plus conforme à leurs intérêts, c’est à dire la régie.

C’est pourquoi les congressistes ne peuvent accepter et dénoncent les déclarations des commissaires européens qui ont affirmé que : … « l’eau doit être considérée et gérée comme une marchandise », car ils cautionnent du même coup toutes les pratiques et les dérives commerciales préjudiciables aux intérêts des usagers et des collectivités elles-mêmes.

En ce sens les usagers qui se veulent exigeants et vigilants à l’égard des élus, loin de les considérer comme des adversaires, souhaitent trouver en eux des partenaires rigoureux et aussi vigilants à l’égard des gestionnaires à qui ils ont confié la gestion de l’eau. Les usagers respectent le pouvoir de décision qui a été confié aux élus par le suffrage universel, mais ils souhaitent se voir reconnu plus concrètement un droit d’expression, un droit de regard sur la gestion de l’eau, sur les procédures de consultation, et y compris dans certains cas un réel pouvoir de décision.

- DROIT D’EXPRESSION : les associations d’usagers souhaitent, au même titre que nombre d’autres associations(sportives, humanitaires, culturelles, etc…) pouvoir s’exprimer par exemple, dans les bulletins municipaux pour donner leur point de vue sur le mode de gestion de l’eau, financée par leurs factures et leurs impôts.

- DROIT DE REGARD : les associations et leurs représentants estiment avoir une place légitime dans les Commissions municipales consultatives de l’eau là où elles existent, et jugent arbitraires les seuils du nombre d’habitants requis dans une communauté pour rendre obligatoire la création de ces commissions.

- DROIT DECISIONNEL : les associations d’usagers revendiquent aussi de désigner des représentants dans les Conseils d’exploitation des Régies, où ils devraient se voir reconnaître leur place (eu égard à leur expérience et à leur formation) tout autant que des citoyens désignés dont la compétence en matière de gestion de l’eau reste souvent à prouver. Dans les cas où ces droits leur sont reconnus, les usagers revendiquent légitimement de recevoir les documents préparatoires aux discussions dans ces structures, dans les délais raisonnables qui leur permettent de faire collectivement un réel travail de réflexion et d’analyse avant d’avoir à s’exprimer.

- DES ELUS ACTIFS, CRITIQUES ET VIGILANTS GAGES DE DEMOCRATIE : la démocratie de proximité parfois mise en avant comme un gadget de démocratie a tout à gagner à voir ces droits reconnus, ce qui permettrait un réel rapprochement entre élus et administrés souvent séparés malheureusement par un mur de méfiance et un défaut de confiance dans les capacités de ces derniers. Cette confiance au contraire existe lorsque les élus des communes ou les délégués de syndicats montrent leur réelle volonté de connaître et analyser de façon critique les bilans fournis par les sociétés délégataires, en exigeant des informations plus fiables, concrètes et plus complètes que les simples et maigres rapports techniques et financiers présentés par celles-ci (ce à quoi s’étaient engagés leurs représentants durant leur audition devant la Commission d’enquête parlementaire Tavernier en 2001…).

Enfin les participants au XVème AQUAREVOLTE s’inquiètent que les sociétés délégataires se voient confier par les collectivités des prérogatives normalement dévolues aux administrations publiques, telles que le recouvrement des sommes directement perçues sur les factures des usagers de l’eau pour financer des programmes ponctuels concernant la politique de l’eau dans les pays en voie de développement, ou telles que la création de caisses dîtes de solidarité, abondées directement par les collectivités locales, pour venir en aide aux consommateurs en difficulté, voire en grande misère. C’est en ce sens que les consommateurs, excédés par ce dévoiement de la pratique de la solidarité, rappellent leur mot d’ordre :

L’argent de l’eau doit rester à l’eau et ne doit pas servir de prétexte pour légitimer les profits des multinationales.

Les usagers de l’eau et leurs associations lancent un appel solennel à l’ensemble des élus et délégués intercommunautaires pour qu’ils entendent et prennent en compte les exigences de la présente motion, afin de rendre plus concrète la notion de démocratie de proximité, et de demander l’abrogation de la « loi Oudin », et de restituer la gestion de l’eau à nos collectivités."

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2010-07-26
REMOUS
par Marc Laimé, lundi 26 juillet 2010 @ 12:20

Intitulé « De la Bretagne à Bruxelles : voyage au fil de la politique de l’eau », le site internet Eaurope rend compte du projet de recherche conduit depuis plusieurs années par un groupe d’étudiantes de Sciences-Po Paris dans le cadre de leur mastère. Un travail remarquable, qui éclaire singulièrement les errements d’une « politique de l’eau » dont la Bretagne est hélas peu ou prou devenue… le laboratoire de tout ce qu’il ne fallait pas faire. On y découvrira notamment les témoignages d’une pléïade d’acteurs qui éclairent un désastre toujours actuel, dont la dernière manifestation s’incarne dans la crise des algues vertes, loin d’être résorbée.

Le site Eaurope propose aussi une présentation du cas Breton dans le contexte français et européen, des analyses sur les outils utilisés, l’évolution historique de la norme, une étude des contentieux... L’analyse centrale s’est terminée avec le « retour des algues vertes » sur la scène nationale d’août dernier, et une page, mise à jour fréquemment, permet de rappeler ce qui s’est passé depuis.

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REMOUS
par Marc Laimé, lundi 26 juillet 2010 @ 11:17

La LEMA du 30 décembre 2006 a prévu d’appliquer progressivement la redevance pour pollution de l’eau aux communes de moins de 400 habitants qui en étaient auparavant exonérées. A un parlementaire s’inquiétant de la « trop rapide » progressivité de la mesure, et souhaitant le report de l’échéance du taux plein à 2017, Jean-Louis Borloo a répondu dans une réponse publiée par le JO du Sénat le 22 juillet 2010 que c’était hors de question. Le montant de cette redevance va donc augmenter de 20% par an en l’espace de 5 ans dans les communes de moins de 400 habitants qui doivent désormais la percevoir auprès de leurs usagers…

Question écrite n° 10690 de M. Jean Louis Masson (Moselle - NI) publiée dans le JO Sénat du 29/10/2009 - page 2505 :

Suppression de l’exonération de la redevance pour pollution de l’eau pour les communes de moins de 400 habitants/13 ème législature.

« M. Jean Louis Masson attire l’attention de M. le ministre d’État, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat sur le fait que la loi du 30 décembre 2006 relative à l’eau et aux milieux aquatiques a prévu d’appliquer progressivement la redevance pour pollution de l’eau aux communes de moins de 400 habitants qui en étaient auparavant exonérées. Compte tenu des difficultés budgétaires croissantes rencontrées par les petites communes, cette généralisation de la redevance est d’autant plus inopportune que sa progressivité est trop rapide. Il lui demande en conséquence de lui indiquer si l’échéance de 2012 pour la perception du taux plein ne pourrait pas être reportée à 2017. »

Réponse du Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat publiée dans le JO Sénat du 22/07/2010 - page 1917 :

« Dans le dispositif de redevances antérieur à la loi n° 2006-1772 du 30 décembre 2006 sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA), les communes de moins de 400 habitants n’étaient pas soumises à la redevance pour pollution d’origine domestique appliquée par l’agence de l’eau, alors qu’elles bénéficiaient d’aides financières. Autrement dit, les habitants des communes de plus de 400 habitants payaient pour les habitants de celles de moins de 400 habitants.

Depuis l’entrée en vigueur de la LEMA le 1er janvier 2008, toutes les communes y sont assujetties, ce qui confère à ce nouveau dispositif un caractère plus équitable entre les usagers face à l’impôt.

Pour permettre aux communes de s’adapter, le Parlement a prévu une entrée en vigueur progressive de 20 % par an pendant cinq ans. Il est rappelé que cette mesure est associée aux financements du dispositif de la solidarité urbain-rural assuré par l’ensemble de la population pour les investissements des communes rurales dans les domaines de l’assainissement et de l’eau potable.

Ces financements représentent, sur le bassin de l’Agence de l’eau Rhin-Meuse, un montant de 20 M¬ par an environ à compter de 2010, à comparer aux 4,5 M¬ par an de redevances des communes de moins de 400 habitants en 2010 et aux 7,5 M¬ à l’échéance 2012.

Il n’est pas possible de retarder l’application prévue à l’article 100 de la loi du 30 décembre 2006 dont les conditions d’application relatives au service de la distribution d’eau sont précisées à l’article 4 du décret modifié n° 2007-1311 du 5 septembre 2007 relatif aux modalités de calcul des redevances des agences de l’eau et modifiant le code de l’environnement. »

La question et la réponse sur le site du Sénat

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REMOUS
par Marc Laimé, lundi 26 juillet 2010 @ 11:04

La Gazette des communes soulignait, dans un article publié le 7 juillet 2010, que le dessalement est l’une des parades imaginées par le département pour accroître ses ressources en eau potable, mises à mal en période estivale. Une « parade » qui n’a pas fini de faire jaser…

Le conseil général de Vendée envisagerait de se doter d’une usine de dessalement d’eau de mer pour faire face à des besoins croissants d’eau potable, en particulier durant la saison estivale où ses ressources ont frôlé la pénurie à plusieurs reprises au cours des dernières années.

Cette unité constituerait une première dans l’Hexagone avec une capacité d’environ 30 000 m3/jour. Un syndicat mixte d’études est en cours de constitution incluant le syndicat départemental Vendée Eau mais aussi celui de l’énergie, le Sydev, car, comme le souligne M. Bernard Laubies, directeur de Vendée Eau, une des principales difficultés de ce projet réside dans l’énergie dont a besoin un tel équipement : sa consommation serait en effet 6 à 7 fois plus gourmande que pour le traitement d’une eau douce de surface…

Deux sources d’énergie, dites de compensation puisqu’elles n’alimenteront pas directement l’usine, tiennent à ce stade la corde : la houle et le courant marin, l’éolien semblant d’emblée exclu compte-tenu de l’hostilité du président du conseil général. Quant au photovoltaïque, la puissance requise gèlerait un grand nombre d’hectares.

Le coût de ce projet ne sera connu qu’une fois le choix technique fait, mais les élus ont cependant une petite idée de la dimension financière d’une telle affaire : l’unité de dessalement qui était prévue sur l’île d’Yeu, aujourd’hui abandonnée bien qu’inscrite au contrat de projet État-région 2007-2013, aurait nécessité une enveloppe minimale de 9 millions d’euros pour une capacité de 2 000 m3/jour.

Il faudra aussi aborder le volet environnemental du dossier en raison du problème posé par les saumures, rejetées généralement en mer.

La mission du syndicat mixte ira jusqu’à l’avant-projet détaillé, ultime étape avant la décision finale de réaliser ou non l’investissement. Si tel était le cas, l’usine pourrait être mise en service entre 2020 et 2030.

La Vendée a également dans ses cartons depuis plus de quinze ans un projet de construction de barrage, lequel serait son quatorzième ouvrage de ce type, mais ses vicissitudes juridiques en font aujourd’hui un serpent de mer même si des études se poursuivent.

La collectivité estime à 7 millions de m3 le volume d’eau potable qui lui manquera dès 2015.

Entre 1997 et 2009, la consommation est passée de 30 millions à 34,3 millions de m3/an (+ 14 %) et les abonnés de 258 000 à 336 000 (+ 30 %). »

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REMOUS
par Marc Laimé, lundi 26 juillet 2010 @ 10:03

Soutenu par le programme « Eaux et territoires » (CNRS, MEEDM, Cemagref), le programme AQUADEP se donne comme objectif d’étudier et d’accompagner les recompositions en cours à l’échelon départemental. Dans ce cadre, une enquête sur la politique de l’eau des Conseils généraux (CG), a été réalisée au second semestre 2009.

« La gouvernance de l’eau destinée à la consommation humaine est soumise à des injonctions et transformations multiformes. Ces dernières questionnent le niveau territorial pertinent de pilotage et de mise en œuvre de cette politique, suscitent la recherche de formes de solidarité territoriale, conduisent à rapprocher la gestion de l’eau-ressource et celle de l’eau-service, et appellent enfin le déploiement d’outils de pilotage et d’évaluation de cette politique (…) Quels sont les objectifs, les moyens humains et financiers, les outils de connaissance et les partenariats mis en place pour relever le défi de l’eau potable ? »

Voir la synthèse des résultats de l’enquête « Gestion de l’eau destinée à la consommation humaine : Enquête sur l’action des départements. R. Barbier et S. Michon, avec l’ensemble des partenaires du projet Aquadep. Eaux et territoires, juillet 2010.

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Aquadep juillet 2010

Lire aussi :

Les finances des collectivités locales en 2010. Etat des lieux.

Observatoire des finances locales.

Gestion de l’eau : les collectivités vont devoir se réorganiser « à la base »

Les eaux glacées du calcul égoïste, 31 octobre 2009

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2010-07-21
FIGURES
par Marc Laimé, mercredi 21 juillet 2010 @ 11:20

Le célèbre romancier américain, s’inspirant de la création d’une compagnie privée de l’eau à Oakland, dynamitait le mythe de la bienfaisante « concurrence » dans l’apologue ci-après, paru le 12 août 1896.

« Un mot sur la concurrence. La concurrence est l’âme du commerce. C’est un aiguillon pour le capital et le travail, le consommateur en bénéficie. Elle stimule les affaires et elle donne la mesure de la prospérité nationale. Elle ranime les énergies latentes d’un peuple, développe les ressources d’un pays ; elle lègue à une nation, comme un objet de première nécessité, l’indépendance individuelle et collective.

Tout cela - et bien d’autres choses encore - est le résultat, ou du moins, on le prétend, de la concurrence.

Le peuple, les grandes masses agitées, le croient, cela doit être vrai, mais le peuple a été, est, et peut être trompé. Prenons comme exemple le jeu de la coquille. Il est simple - le pois, les coquilles, l’opérateur se trouvent exposés à la vue de tous. Cependant, combien y a t-il de gens qui échouent dans leur tentative de réaliser cet exploit dérisoire : désigner la coquille sous laquelle se trouve le pois ?

Pourtant ils se prononcent aussi hâtivement sur les mérites ou les démérites de la concurrence. Si chaque citoyen voulait consacrer à la question une analyse honnête et réfléchie, comme les conclusions seraient différentes.

Procédons à cette analyse, en prenant pour exemple l’affaire purement locale des compagnies rivales de distribution d’eau d’Oakland.

Jusqu’à ces derniers temps, la Contra costa water company fournissait toute l’eau de la ville. C’était un monopole, mais ce mot répugnait aux citoyens du lieu, qui se croyaient lésés dans leurs intérêts. Ils réclamèrent à cor et à cri un changement et on leur proposa cette panacée : la concurrence. Ils prirent la dose et s’estimèrent heureux-heureux- heureux comme le mangeur d’opium sous l’empire de sa drogue subtile. Mais quand ses effets se sont dissipés et que commence la réaction, comme le mangeur d’opium se trouve mal à l’aise ! Il en est de même des habitants d’Oakland. Actuellement ils ne ressentent que les effets de l’action ; la réaction est à venir, encore à venir.

La Contra costa water company a l’apport d’eau nécessaire, les installations pour la distribuer, et conclusion logique, les capitaux nécessaires pour faire fonctionner le tout. Il est évident que de nouveaux capitaux n’étaient pas nécessaires pour approvisionner Oakland en eau.

L’Oakland water company s’est créée et il faut désormais un capital double pour alimenter Oakland en eau. La nouvelle compagnie double les canalisations de l’ancienne, éventre encore une fois nos rues, et creuse des tunnels et établit des barrages dans nos collines pour obtenir cette précieuse fourniture. Alors la guerre commence, les tarifs diminuent dans des proportions ruineuses, tandis que nos concitoyens se régalent du spectacle et font en même temps des économies. Ils oublient qu’il y a toujours un lendemain. Avec une telle concurrence bel et bien instaurée et une guerre des tarifs qui sévit, il peut y avoir trois résultats - pas davantage.

Tout d’abord, à vendre de l’eau à perte, la compagnie ayant le capital le moins élevé, moins armée pour subir l’épreuve, va sombrer. L’autre compagnie va désormais jouir d’un monopole et la première chose qu’elle va faire, c’est de réaliser des économies. Les habitants d’Oakland qui bénéficiaient de tarifs modérés en feront les frais, en payant plus cher.

En second lieu, la lutte peut être si âpre et s’annoncer comme devant durer si longtemps que la compagnie la plus riche va racheter la plus pauvre. Que s’ensuit-il ? Elle a été obligée de doubler son capital investi et de trouver sur ce nouveau capital un dividende équivalent de celui qu’elle recueillait antérieurement, il lui faudra donc doubler ses tarifs. En outre, du fait qu’elle avait perdu de l’argent au cours de la période de concurrence, elle augmentera encore davantage ses tarifs pour se rembourser.

En troisième lieu, si les deux compagnies sont à peu près d’égale importance elles peuvent continuer la guerre jusqu’au moment où l’une des deux se trouve au bord de la faillite. Alors elles s’apercevront des dangers de la situation. Elles vont se concerter et aboutir à la conclusion qu’avec une bonne gestion, elles peuvent l’une et l’autre recueillir de bons dividendes sur leurs investissements. Elles vont mettre leurs intérêts en pool et augmenter l’une et l’autre leurs tarifs jusqu’à un niveau sur lequel elles se mettront d’accord. Puisque le capital investi est maintenant le double de ce qu’il était, un intérêt double est nécessaire ; que les anciens tarifs aient à être doublés pour obtenir ce résultat est la conclusion prévue.

En dehors de ces trois moyens, il n’y en a pas d’autre pour régler la question de la concurrence entre les compagnies d’eau d’Oakland. La réaction est arrivée - le mangeur d’opium s’est réveillé !

La question du chemin de fer de la vallée peut être analysée de la même façon, de même, en réalité, que toute affaire similaire. Si une compagnie est parfaitement en mesure de faire fonctionner son affaire, l’intervention d’une seconde ne peut se terminer que de l’une des trois façons que nous avons examinées. Si la compagnie est trop peu importante pour s’en tirer et qu’une autre entre en scène, il n’y aura que très peu de concurrence car ni l’une ni l’autre ne se trouvera en situation de reprendre l’affaire de l’autre ; tandis que si la nouvelle compagnie est d’une taille suffisante, elle évincera la plus ancienne.

Supposons une communauté de cent travailleurs, dont tous sont occupés à produire légitimement le nécessaire et le superflu ; on décidera si elle est plus prospère qu’une autre communauté de cent travailleurs parmi lesquels vingt sont occupés à la tâche improductive d’assécher l’océan.

Supposons que Dingee ait employé 500 hommes pendant une année comportant 300 jours de travail, la journée comportant dix heures. 1 500 000 heures de travail ont ainsi inutilement, à tort, dépensées, puisque la Contra costa water company était parfaitement capable d’alimenter Oakland en eau.

Il semble visible qu’une telle concurrence nécessite un gaspillage de travail et de capitaux et aboutit toujours à un monopole.

Y a-t-il un autre chemin pour sortir du désert ?

Le lecteur peut il suggérer un remède à la concurrence des compagnies d’eau rivales d’Oakland ? Sinon, je lui demanderai s’il a déjà entendu parler de domaine municipal ? »

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