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NE PAS CLIQUER
LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
2017-04-26
REMOUS
par Marc Laimé, mercredi 26 avril 2017 @ 09:51

Le CGEDD en démineur, escalade la face Nord de la continuité (écologique) pour prôner le « changement », avec davantage de concertation, afin de concilier ladite « continuité » avec les enjeux patrimoniaux et énergétiques.

Dans le rapport rendu public au début du mois d’avril, le Conseil formule pas moins de 15 « recommandations » pour assouplir la politique de restauration de la continuité écologique en prenant mieux en compte les autres usages en particulier la valeur patrimoniale des moulins.

« La situation actuelle, qui a justifié cette troisième mission du CGEDD, se caractérise par sa tournure conflictuelle, du niveau local jusqu’au niveau national. », soulignent d’emblée les auteurs.

C’est de fait la troisième fois qu’ils vont au charbon depuis 2011...

La première mission évaluait le plan d’actions pour la restauration de la continuité écologique en 2011-2012. La seconde était une mission d’assistance pour la réalisation d’une charte « Moulins à eau et continuité écologique », qui n’a jamais pu aboutir tant les tensions étaient fortes entre nos amis des moulins et les services de l’Etat..

Pour le Conseil, le plan d’actions lancé en 2009, quoique légitime présente « des objectifs ambitieux mais des coûts élevés avec des délais peu réalistes ». Ca sent déjà le sapin.

Il souligne ensuite, « en même temps » comme dirait l’autre, histoire de ne pas désespérer les DREAL, que « le manque d’association des propriétaires de moulins qui se considèrent victimes de cette politique, alors qu’ils reçoivent des aides financières importantes et devraient au contraire se sentir bénéficiaires des actions entreprises par ce programme sur leurs ouvrages ».

Et rappelle que le plan concerne 5800 moulins sur plus de 20 000 obstacles recensés, ce qui représente un peu moins du tiers des moulins présents sur les cours d’eau en France.

Il souligne aussi l’existence d’une large palette de solutions pour répondre aux objectifs de la restauration de la continuité : effacement des ouvrages bien sûr mais aussi l’abaissement du niveau d’eau, le contournement, l’installation de passes à poissons ou encore l’ouverture de vannes, qui peuvent aussi être envisagés selon les situations.

Reste que les pratiques sont variables d’un bassin à l’autre. Ainsi, selon les données des agences de l’eau, en Adour-Garonne, l’effacement a été la solution retenue pour 14 % des opérations aidées alors qu’en Seine-Normandie, cela concerne 75 % des projets aidés.

De la concertation par temps d’orage

Pour sortir de la nasse, et éviter la propagation des conflits locaux, le Conseil va nous sortir à ce stade des kilotonnes de langue de bois, qui donneront naissance à la multiplication des réunions et de powerpoints associés autour de la « concertation »…

Et de prôner dans l’idiome « techno » de rigueur une « mise à plat des enjeux et un partage des objectifs à une échelle territoriale cohérente ».

Et de souhaiter conséquemment la mise en place de diagnostics territoriaux prenant « en même temps » en compte des enjeux environnementaux, patrimoniaux, énergétiques et ceux liés aux autres usages.

« Si l’objectif de continuité est incontournable, il peut être assuré avec des solutions moins radicales, quitte à ce que celles-ci soient moins efficaces en termes de gain écologique lorsque la valeur patrimoniale du moulin le justifie », précise-t-il.

(Autrement dit on va faire semblant et tout le monde sera content).

Les auteurs recommandent dès lors de mettre en place une méthodologie de reconnaissance d’un « moulin patrimonial » à remettre aux préfets.

(On devrait même organiser des cérémonies pour la délivrance de la médaille : en marche tous ensemble vers la continuité apaisée…)

Pour ces moulins, il faudra dès lors étudier en priorité des interventions « douces » comme des manœuvres régulières du système de vannage ou leur automatisation.

(Sans doute en recommandant aux soutiens d’En Marche qui n’auront pas réussi à piquer leur place aux vieux croutons du monde ancien de créer des startoupes idoines, qui seront financées par la Banque européenne d’investissement, et participeront à la revitalisation des territoires ruraux, avec comme bénéfice annexe l’éradication des légions frontistes qui prospèrent au long des chemins de halage, territoires perdus de la République ?)

Les auteurs proposent aussi qu’au sein de chaque bassin, une « instance » soit chargée du pilotage et de l’évaluation des programmes de restauration des cours d’eau et qu’elle associe des représentants de propriétaires de moulins et la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) pour l’aspect patrimonial. Et suggèrent dès lors tout à fait logiquement que les associations de valorisation des moulins intègrent les comités de bassin des agences de l’eau au sein du collège des usagers…

Mobiliser la science

C’est pas tout, il faudra aussi mieux valoriser les retours d’expérience et renforcer les suivis et les évaluations.

Nous y sommes, en avant pour de nouveaux villages Potemkine, ce qui est toute la philosophie de l’opération.

« Malgré l’existence d’opérations réussies, la forte médiatisation autour de certains blocages, ainsi que le caractère non immédiat de toutes les améliorations écologiques attendues, laissent place aux discours de ceux qui parlent d’échec de la politique de restauration de la continuité écologique. », regrettent ainsi les auteurs qui recommandent que chaque agence de l’eau mette en place un programme pluriannuel de suivi des milieux concernés par ces opérations.

Ils rappellent enfin que l’interprétation des travaux scientifiques sur l’écologie et l’hydromorphologie est « une question délicate qui nécessite indépendance et crédibilité ».

(On s’en serait douté…)

Ils préconisent dès lors que la nouvelle Agence française pour la biodiversité (AFB) se charge de réaliser cette veille scientifique. Les conseils scientifiques des agences et de l’AFB devraient aussi être mis à contribution pour évaluer et orienter la stratégie. Seul le bassin Rhône-Méditerranée est cité en exemple pour la démarche entreprise qui débouchera cette année sur des préconisations.

(L’AFB vous dis-je ! Voyons déjà les suites du baston sanglant entre la bande à Bonne eau et la bande à biodiv…)

Des sous !

Les auteurs proposent de profiter de l’élaboration du onzième programme pour tendre vers une redéfinition et une harmonisation des aides entre les différentes agences de l’eau. Ca c’est pas gagné au vu du triste état des Agences qui se soucient surtout de sauver leur peau dans la période qui vient…

Ils souhaitent aussi que des cofinancements se mettent en place que cela soit avec des collectivités territoriales, des fonds destinés au patrimoine ou même du « crowdfunding ».

(Ils ont oublié l’organisation chaque année d’un « Moulinton » sur BFMTV.)

Les propriétaires de moulins pourraient aussi bénéficier d’incitations fiscales.

(Ca dépendra de leur degré d’infiltration des marcheurs, mais faudrait pas non plus trop rêver…)

Par ailleurs, le rapport préconise de réformer la redevance « obstacle » pour la rendre plus incitative dans la réalisation de travaux.

(Oubliantt au passage que c’est l’existence même de redevances qui est aujourd’hui sur le tapis…)

Les auteurs proposent enfin de réformer les droits fondés en titre, délivrés avant la Révolution française et qui permet sans limite de temps l’exploitation d’un ouvrage. Les jugeant anachroniques, le CGEDD propose notamment une procédure de déchéance des droits qui ne seraient pas utilisés à compter d’un certain délai.

(Après la déchéance de nationalité, celle des droits fondés en titre ! Mais nous avons là de véritables séditieux qui vont plomber le chemin de roses d’Emmanuel ! Les partageux ne passeront pas !)

Si la loi biodiversité a reporté de cinq ans les travaux à réaliser sur les cours d’eau en liste 2, le rapport préconise de préciser rapidement les modalités d’applications aux services concernés mais aussi la manière dont seront réalisés les contrôles.

(Les contrôles ? Quels contrôles ? Dans la France réconciliée qui nous tend les bras, y aura plus de contrôle, puisque selon Saint Emmanuel le droit à l’erreur va être introduit dans le Code de l’environnement. Vite une remise à jour côté CGEDD, vous n’y êtes plus du tout, là…)

Enfin, le rapport souhaite que les futurs Sdage et Sage prennent plus en compte la dimension patrimoniale et énergétique en lien avec l’eau.

On aura compris qu’il ne va dès lors plus rien se passer, les services de l’Etat invités à lever le pied vont se calmer, ayant d’ailleurs autre chose à faire, et d’abord de sauver leur peau, ce qui n’est pas gagné dans la brillante période qui s’ouvre.

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La synthèse du rapport et les propositions

Lire aussi :

Le barrage et le lac des Pises, par l’ADHCA :

http://www.adhca.com/A_savoir/Le-ba...

Un exemple achevé d’incohérence dans la gestion des milieux naturels...

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2017-04-20
REMOUS
par Marc Laimé, jeudi 20 avril 2017 @ 16:32

Résidant rue de la Mare, et tout à la fois Place des fontaines du Nord, en aval de la rue des Cascades et de la rue des Rigoles, nous nous inquiétions de longue date de suites des échéances électorales à venir. Voilà qui n’est pas fait pour nous rassurer...

Il n’existe pas de définition juridique à la mare.

Elle appartient à la catégorie des zones humides définies par la loi sur l’eau du 3 janvier 1992 comme des « terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ».

A ce titre, leur préservation est considérée comme "d’intérêt général".

La gestion de l’eau vise en effet à assurer « la préservation des écosystèmes aquatiques, des sites et des zones humides » (art. L. 210-1, 211-1 et 211-1-1 du Code de l’environnement).

Propriété :

Les mares sont généralement des propriétés privées, appartenant à des particuliers ou des communes (domaine privé communal) ;

Elles peuvent être également propriété collective et font partie du domaine public communal ("mare communale").

Salubrité et entretien :

Le maire, responsable de la salubrité publique dans sa commune, assure la surveillance du respect du règlement sanitaire au niveau des mares (art. L.2213-29 du CGCT).

En cas de problème sanitaire, le maire peut demander aux propriétaires de mares de prendre les mesures nécessaires (suppression, travaux…) pour « faire cesser toute cause d’insalubrité ».

En outre, « en cas de refus ou de négligence, le maire dénonce au représentant de l’État dans le département l’état d’insalubrité constaté ».

Celui-ci peut alors ordonner la suppression de la mare ou des travaux à réaliser aux frais exclusifs du propriétaire privé après une mise en demeure préalable.

Si le propriétaire est une commune, c’est le Préfet de département qui, sur avis du conseil d’hygiène, peut décider de travaux au frais de la commune (art. L.2213-30 et L.2213-31 du CGCT).

Responsabilité :

Sur les terrains communaux, tout préjudice provoqué par la mare communale relève de la responsabilité du maire.

Sur les terrains privés, ce sont les propriétaires de la mare qui sont responsables des dommages.

(Sources : Eaux claires n° 26).

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VAGUES
par Marc Laimé, jeudi 20 avril 2017 @ 13:57

Alors que la question de l’eau, en France, est littéralement « sortie de l’histoire » depuis 2012, ailleurs en Europe les batailles de l’eau resurgissent.

En Catalogne, et ailleurs en Espagne, la question de la gestion publique de l’eau s’est imposée en quelques années au premier rang des luttes sociales, avec la montée en puissance des mobilisations des Indignés, puis la création de Podemos.

Voir le documentaire de TV2 Catalyuna « La batalla per laigua » :

http://www.ccma.cat/tv3/alacarta/30...

En Irlande la chambre basse du parlement, l’Assemblée, vient de voter la suppression de la taxe sur l’eau, adoptée aux forceps contre la volonté de la population.

Et prône le remboursement des foyers qui avaient acquitté la nouvelle taxe ces trois dernières années !

L’eau potable avait longtemps été gratuite en Irlande, mais l’austérité est passée par là. En 2014, le gouvernement avait décrété cette taxe après avoir confié la gestion des services d’eau à l’entreprise semi-publique Irish Water.

Durement affectés par la crise, les Irlandais n’ont jamais digéré ce nouvel impôt. Depuis trois ans, ils ont multiplié les manifestations pour obtenir un retour en arrière.

Leur neuvième et dernière mobilisation nationale avait encore réuni 10 000 opposants à Dublin, le premier samedi d’avril.

Theresa Kelly était présente, comme à chaque fois. Cette Dublinoise de 64 ans a rejoint le mouvement car elle se sentait « fatiguée » de ne pas être entendue par les politiques : « Nous devons payer des impôts tout le temps et les salaires ne suivent pas. »

Si cette taxe est désormais abolie, il reste à savoir comment financer les infrastructures d’eau, défectueuses dans le pays. Car l’Irlande ne respecte pas les directives de la Commission européenne concernant, notamment, le traitement de l’eau potable et des eaux usées.

Selon l’Irish Water, 5,5 milliards d’euros doivent être investis d’ici à 2021 pour atteindre les exigences européennes.

Pour limiter les abus, le gouvernement envisage de sanctionner financièrement toute « surconsommation d’eau ».

Mais la notion fait débat et les militants la rejettent déjà.

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2017-04-16
REMOUS
par Marc Laimé, dimanche 16 avril 2017 @ 17:26

Dans son édition datée des 16 et 17 avril 2017, une stagiaire du service Planète du quotidien de référence narre par le menu sur une demi-page une affaire digne de celle des avions renifleurs, fomentée par Suez avec la complaisance affichée de la ville de Paris et de son opérateur. Une stratégie identique à celle qui a précédé en juin 2016 la privatisation d’un tiers du Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de la région parisienne (SIAAP), au bénéfice de Suez, sous forme de la création d’une société d’économie mixte à opération unique (SEMoP), votée à l’unanimité par tous les élus “de gauche” siégeant au Conseil d’administration du SIAAP, dont les élus “de gauche” y représentant la ville de Paris…

"Pollution de l’air : Paris va tester une colonne Morris dépolluante"

« (…) Le dispositif s’inspire d’une réaction biochimique naturelle des végétaux : la photosynthèse. Dans une colonne en verre remplie d’eau, des microalgues vont fixer le gaz carbonique présent dans l’air, à l’aide d’un système de ventilation. A l’intérieur de cette sorte d’aquarium, ces organismes vivants composés de chloroplastes vont capter la lumière extérieure et celle créée par des barres de diodes électroluminescentes pour transformer le CO2 en dioxygène. L’air purifié est ensuite expulsé du puits de carbone vers l’extérieur.

Le Monde

La start-up Fermentalg, basée à Libourne (Gironde), qui a développé ces micro-organismes, affirme aussi qu’elles sont « capables de capturer le dioxyde d’azote (NO2) » rejeté par les pots d’échappement des voitures. Place d’Alésia, le taux de NO2 dépasse les 40 µg/m3 réglementaires, selon les données d’Airparif.

A force d’aspirer du dioxyde de carbone, ces organismes vivants vont croître et se multiplier. Quand ils seront trop nombreux, le système prévoit d’évacuer la biomasse formée vers la station d’épuration la plus proche, par le réseau d’assainissement. Une fois traitées, les microalgues seront transformées en biogaz puis en biométhane (réseau de gaz naturel) pour chauffer les villes. »

(…)

Un « projet pilote » complètement bidon

(…) Le potentiel créé par ces végétaux est donc énorme. Pour autant, (un) scientifique émet un doute sur la capacité du puits de carbone pensé par Suez. « C’est séduisant sur le papier et ça va dans le bon sens. Mais les concentrations de gaz carbonique dans l’air sont sans doute trop faibles pour faire pousser efficacement les algues, qui ont besoin d’une importante teneur en CO2 », estime Olivier Bernard.

Il regrette aussi que le puits de carbone soit d’un petit volume. « Avec un mètre cube, on ne dépasse pas 10 kg de biométhane produit par an grâce à la méthanisation des algues, calcule-t-il. Il faudrait une forêt de colonnes entière pour que ça ait du sens… »

Même si Suez vante son nouveau produit, l’entreprise reste prudente. Pour l’instant, le dispositif n’en est qu’à sa phase d’expérimentation. « Nous savons que le puits de carbone fonctionne. Maintenant, si la quantité traitée est trop faible ou si le coût est trop important, nous optimiserons le procédé », précise Jean-Louis Chaussade. »

On se demande dès lors pourquoi Paris et son opérateur se prêtent aussi complaisamment à la recherche-développement de Suez, qui ne va pas manquer d’en faire des tonnes en mettant en avant les fameuses colonnes Morris de la ville lumière...

Voir le publireportage de Suez dans Le Monde :

http://www.lemonde.fr/planete/artic...

Lire aussi :

"We need to get rid of carbon in the atmosphere not just reduce emissions"

http://theconversation.com/we-need-...

Le précédent du SIAAP en juin 2016

Or, un précédent aussi foutraque que désastreux ne laisse pas d’inquiéter.

Quelques semaines avant que ne soit votée en juin 2016 la privatisation d’un tiers du SIAAP, le gigantesque syndicat qui assure l’assainissement des eaux usées de 9 millions de Franciliens, au bénéfice de Suez, et dans des conditions scandaleuses, la même comédie s’était jouée autour d’un autre « projet pilote » tout aussi fumeux, lui aussi proposé par Suez, recueillant l’approbation unanime d’élus aussi duplices que complices.

La privatisation d’un tiers du SIAAP, qu’Eaux glacées à dénoncé à plusieurs reprises, n’a pas suscité le moindre écho, pas une brève, pas un article.

Les pseudo-militants de « l’Eau bien commun », faux rebelles subventionnés par… Paris pour réaliser, moyennant finances, des opérations de propagande infantiles sont demeurés muets.

Plus grave encore, les mêmes mentent outrageusement en laissant accroire à des militants crédules à un proche regain de la gestion publique dans la région parisienne dans le cadre de la Métropole, ce que le fanzine Politis, par exemple, reprend religieusement puisqu’il faut à toute force entretenir la fable d’une "militance" totalement dévoyée.

Les directions du PCF, de la France insoumise, d’EELV et du PS que nous avons informés de ce véritable scandale (la SEMoP du SIAAP), n’ont apporté aucune suite à notre alerte.

Dès lors, concernant ces partis, et leurs éminent(e)s représentant(e)s en région parisienne, leurs "pudeurs de gazelle" ne laissent d’étonner.

Au temps pour leurs déclarations enflammées en faveur des services publics et leurs condamnations en peau de lapin des odieuses multinationales...

Lire :

« Le SIAAP ne doit pas être privatisé »

http://www.eauxglacees.com/Le-SIAAP...

Eaux glacées, 26 octobre 2016

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2017-04-14
REMOUS
par Marc Laimé, vendredi 14 avril 2017 @ 17:24

Qui s’intéresse au « lien fonctionnel » que peut entretenir une bouche d’égout avec son environnement ? L’indépassable Jean-Louis Masson, sénateur non inscrit de Moselle et terreur des cabinets ministériels… Qui soulève ce faisant un lièvre de fonte, que nous lui décernons à l’unanimité (de notre seule voix, certes). N’empêche, on mesure à cette aune combien le financement des politiques publiques de l’eau n’est pas un long fleuve tranquille…

La question de M. Jean Louis Masson (Moselle - NI), publiée dans le JO Sénat du 05/01/2017 - page 12 :

« M. Jean Louis Masson attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur sur le fait que par question écrite n° 22690 (14 juillet 2016, p. 3 172), il lui a entre autres demandé si la charge de l’entretien des bouches d’égout devait être assumée par la collectivité compétente en matière d’assainissement. La réponse ministérielle publiée au Journal officiel « questions » du Sénat du 8 décembre 2016 (p. 5 404) indique : « Par conséquent, la charge financière des travaux de réfection susceptibles d’être engagés sur les canalisations d’assainissement unitaire ou sur des bouches d’égout devra être assumée par l’intercommunalité compétente en matière d’assainissement ».

« Or une question semblable a été posée à l’Assemblée nationale sous le n° 97811 et la réponse ministérielle publiée au JO du 27 décembre 2016 indique : « Enfin, s’agissant des bouches d’égout, ces dernières sont réputées appartenir au domaine public routier, dans la mesure où elles présentent un lien de dépendance fonctionnelle avec la voie (CE, 28 janvier 1970, n° 76557). C’est donc la collectivité ou l’intercommunalité compétente en matière de voirie qui devra assumer la charge financière des travaux réalisés sur ces équipements ». Il lui demande s’il ne lui semble pas surprenant qu’à deux semaines d’intervalle, deux réponses totalement contradictoires soient apportées à des questions écrites sur le même sujet. »

- La réponse du Ministère de l’intérieur, publiée dans le JO Sénat du 16/03/2017 - page 1116 :

« Le rattachement des bouches d’égout au domaine public routier doit être apprécié au regard des dispositions de l’article L. 2111-2 du code général de la propriété des personnes publiques, selon lesquelles les éléments constituant un accessoire indissociable d’un bien appartenant au domaine public sont également rattachés à ce dernier.

La jurisprudence administrative considère que, dans la mesure où une bouche d’égout constitue un ouvrage public incorporé à la voie publique, elle doit être considérée comme une dépendance nécessaire de celle-ci (CE, 28 janvier 1970, n° 76557 et CAA de Marseille, 7 janvier 2015, n° 14MA00585).

Par conséquent, lorsque les bouches d’égout présentent un lien de dépendance fonctionnelle avec la voie, il incombe à la collectivité ou à l’établissement public compétent en matière de voirie d’assumer la charge financière des travaux réalisés sur ces équipements.

Il convient d’appliquer le même raisonnement à la question écrite n° 22690. La réponse qui lui a été donnée le 8 décembre 2016 doit être interprétée à la lumière des développements et précisions ici apportés, à savoir que, pour plus de clarté, les termes « ou sur des bouches d’égout » n’auraient effectivement pas dû figurer à son dernier alinéa. »

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2017-04-09
REMOUS
par Marc Laimé, dimanche 9 avril 2017 @ 08:38

A l’occasion de son assemblée générale annuelle tenue à Paris le samedi 8 avril 2017, la plus importante fédération française d’associations de défense de l’environnement - elle en revendique 3000 -, se voyait proposer par sa direction d’adopter une motion dans laquelle elle “appellait à s’opposer au modèle de société proposé par le Front national”… Au terme d’un vif débat, cette motion a été refusée par son assemblée générale.

Tout un symbole. Les délégués de la galaxie FNE montés de toute la France à Paris en ce samedi matin ensoleillé tenaient conclave au sous-sol de la flambant neuve Auberge de jeunesse Yves Robert, esplanade Nathalie Sarraute, à la frontière des 18ème et 19ème arrondissements. Une enclave “bobo” dans un quartier déshérité, avec son long roof en planches et ses “terrasses” où d’avenants “millenials” se régaleront à midi de quelques miettes veggie…

Hier matin, en remontant la rue Pajol depuis le métro La Chapelle, sur les trottoirs, quelques dizaines de matelas sur lesquel autant de “migrants” finissent leur nuit, avant que d’aller déposer leur couche sur un petit autel de béton en surplomb au carrefour Pajol-Philippe-de-Girard, qui a échappé, momentanément (miracle), à la fureur des urbanistes (dument rétribués à cet effet), que la mairie expédie en rangs serrés pour hygiéniser la no-go zone… Le minuscule bureau d’accueil de France Terre d’Asile devant lequel la queue se déploie dès six heures du matin est à deux pas.

Flash-back. Il y a bientôt vingt ans, au 20 Esplanade Nathalie Sarraute, c’était le 20 rue Pajol, l’immense entrepôt désaffecté de la SNCF, où s’échouèrent plusieurs semaines durant les expulsés de Saint-Bernard.

Debré, la porte de l’église brisée à la hâche le 23 août 1996 au matin, 525 gardes mobiles protégés par 500 policiers des commissariats environnants, et 480 CRS…

L’évacuation de l’église se solda par 220 interpellations, dont 210 sans-papiers (98 hommes, 54 femmes et 68 enfants) qui furent placés dans le centre de rétention de Vincennes. Bien que tous soient en principe menacés d’arrêté de reconduite à la frontière, seules huit personnes le seront effectivement.

Les pleurs d’Emmanuelle Béart.

Voilà les images qui nous revenaient hier matin en découvrant la motion que la centaine de délégués de FNE étaient invités à adopter en fin d’après-midi :

“Un renouveau démocratique pour une transition écologique.

Dans le cadre des prochaines élections présidentielles et législatives, fidèle à ses principes de neutralité, FNE n’appelle à voter pour aucun candidat et demande à ses adhérents susceptibles de faire campagne de ne pas arguer de la qualité de membre du mouvement FNE.

Par ailleurs, au nom d’un humanisme revendiqué, engagée pour plus de démocratie, notamment dans le domaine environnemental, FNE appelle à s’opposer au modèle de société proposé par le Front national qui représente un danger réel pour notre pays.

Il s’agit pour notre mouvement de mettre en pièces les arguments délétères avancés par ce parti d’extrême droite, incompatible avec notre objectif de protection de la nature et de l’environnement au sein d’un monde vivable pour toutes et tous.

En effet, l’érosion croissante de la biodiversité, les dérèglements climatiques, l’épuisement des ressources de la planète, les menaces sanitaires ne peuvent plus être ignorées. L’aggravation de la crise sociale, économique et environnementale confirme la nécessité de repenser les fondements du modèle économique hérité du 20ème siècle.

Une transition écologique volontariste et ambitieuse est plus urgente que jamais dans notre pays et au-delà au niveau européen : refonder notre société sur le constat que dans un monde fini, la croissance perpétuelle est une impasse, que le toujours plus doit faire la place au toujours mieux.

FNE place son action pour la nature et l’environnement sous le signe des solidarités :

- solidarité qui se démarque du repli sur soi, des clivages sociaux et des égoïsmes nationaux et continentaux ;

- solidarité à l’égard de celles et ceux qui sont en situation de précarité : alimentaire, sanitaire, énergétique ;

- solidarité à l’égard des populations opprimées et de l’ensemble du vivant surexploité ;

- solidarité à l’égard des générations futures à qui nous devons transmettre un monde vivable.

Cette urgente transition écologique doit se réaliser grâce à un renouveau démocratique en mettant les citoyens au coeur des changements à venir. Notre démocratie doit donc se renouveler afin que chacun et chacune d’entre nous soit véritablement actif dans ce nécessaire sursaut collectif.”

CRISES

La motion, non signée, émanait du bureau de FNE qui allait, comme son nouveau président, être renouvelés ce même jour.

Denez l’Hostis, à la barre de FNE tout au long de l’actuelle mendature, malade, était absent.

A l’été 2016, la première université d’été du mouvement avait déjà sonné comme un signal d’alarme.

Quelle place pour l’environnement dans le monde qui vient, tel qu’il va ?

Et aussi éternel débat, jamais clos, le rapport salariés-bénévoles change de nature.

Qui décide, de quoi, comment ? Et pourquoi ?

Où allons-nous, où va la “boite” ?

Une “Charte féférale” y pourvoira-t-elle ?

Comment équilibrer demain un budget annuel de quelques 4 millions d’euros ? Aller encore plus vers le bureau d’études ?

Un rapprochement avec la CFDT et l’UNSA, pour faire quoi ?

Le monde d’hier et celui de demain.

Fractures. Inquiétudes. Divergences. Conflits. Souffrances.

http://www.actu-environnement.com/a...

En toute fin d’après-midi, à la fin de l’AG, la crise.

Le Bureau défend la motion anti FN.

L’AG la rejette.

(C’est seulement après avoir été amputée des trois premiers paragraphes dédiés au FN, en gras ci-dessus, que la motion finira in extremis par être validée par l’AG).

L’ingénieur chimiste Michel Dubromel (qui soutenait la motion), sera élu ensuite nouveau président de FNE en place de l’économiste Denez L’Hostis.

Joint dans la soirée, Michel Dubromel, nouveau président de FNE, nous confiait : “Il y avait une volonté de s’afficher contre les “valeurs” du FN. A contrario, d’autres considèrent que si on en parle on leur fait de la pub… Il y a soixante-dix ans, on a “oublié” de s’opposer aux nazis. Donc nous avons eu un vrai débat, avec le souhait de réaffirmer nos propres valeurs par rapport aux différentes parties en présence. Cà témoigne d’une véritable démocratie au sein de l’organisation, car nous avons eu un débat de fond durant cette AG. Tout cela vient de loin, il y a eu l’Appel des solidarités, auquel nous avons adhéré, et donc une volonté de s’ouvrir aux autres, face à un silence assourdissant des politiques vis-à-vis de la crise multiforme que vit la société. Pour la suite nous verrons au soir du premier tour."

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2017-04-06
REMOUS
par Marc Laimé, jeudi 6 avril 2017 @ 09:05

L’animateur du collectif eau de la fédération CGT des services publics revendique un service public national de l’eau et de l’assainissement relevant du ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer ainsi que la gratuité de 50 litres d’eau par personne par jour, afin de garantir le droit d’accès à l’eau à tout citoyen et préserver la santé publique. Il exige également l’abrogation de la loi Notre, qui exterminera plus de 90 % des services de proximité de l’eau et de l’assainissement.

"Analysons les usages de l’eau afin de comparer ce que consomment les différents acteurs.

L’usage domestique prélève 18 % de l’eau et la restitue épurée en moyenne à 94 %.

L’industrie prélève 11 % de cette ressource et en restitue autant que le domestique, mais chargée de polluants malgré un traitement préalable qui ne fait que les réduire.

L’agriculture en prélève 70 % (la plupart de manière sauvage, au détriment de la faune et la flore) et rend celle-ci chargée de pollutions dues à la politique de cultures et d’élevages intensifs.

Pourtant c’est l’usage domestique qui assume à plus de 90 % la facture pour la sauvegarde du cycle de l’eau.

Si on ne paie pas l’eau dans sa facture, nous payons, en moyenne pour 39 %, le coût de sa production et sa distribution ; 39 % le coût du transport et de l’assainissement des eaux usées ; 22 % les redevances et taxes (1). 78 % de la facture sert à payer les ouvrages et les salariés pour desservir et assainir l’eau, mais quand les services sont concédés, les actionnaires se rétribuent sur ce taux, augmentant redevances et taxes.

Que la gestion des services soit publique ou privée, la gestion de l’eau est, elle, toujours publique.

Les élus fixent le prix de l’eau, mais quand les services sont concédés, ont-ils la maîtrise des coûts ? La CGT estime que la maîtrise des politiques publiques et la police dans ce domaine relèvent de la responsabilité et du pouvoir régalien de l’État.

Le financement doit être assuré par l’impôt et en aucun cas par des redevances sur les factures d’eau acquittées majoritairement par les usagers domestiques.

À ce titre nous dénonçons la taxe pollueur-payeur, qui a instauré le droit à polluer cet élément naturel indispensable à toute vie sur Terre et une redevance supplémentaire pour ces mêmes usagers.

Nous demandons l’institution du pollueur responsable par l’application de sanction pénale et d’amendes exponentielles, nonobstant les coûts de réparation à assumer par le pollueur.

La gestion publique de l’eau, de l’assainissement et des services ; la péréquation des coûts de construction, d’exploitation, d’entretien et de maintenance des installations ; la création d’un statut public unique pour tous les salariés ; le redéploiement des services de proximité ; l’essor de la démocratie et de la transparence afin de répondre aux besoins des citoyens du local au national, instaurant la participation des usagers et des organisations syndicales, sont indispensables pour garantir un juste prix unique de l’eau sur tout le territoire.

La fédération CGT des services publics revendique un service public national de l’eau et de l’assainissement relevant du ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, et la gratuité de 50 litres d’eau par personne par jour, afin de garantir le droit d’accès à l’eau à tout citoyen et préserver la santé publique.

Nous exigeons l’abrogation de la loi Notre, qui exterminera plus de 90 % des services de proximité de l’eau et de l’assainissement (sur environ 32 000 existants, il en restera moins de 3 000 selon les critères de desservir 15 000 habitants et d’être constitué de 3 établissements publics de coopération intercommunale – EPCI).

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2017-04-03
FIGURES
par Marc Laimé, lundi 3 avril 2017 @ 22:24

André Flajolet, maire de Saint-Venant (62), ancien député du Pas-de-Calais, préside depuis janvier 2016 la commission Environnement et développement durable de l’Association des Maires de France. Impliqué depuis une trentaine d’années dans les politiques publiques de l’eau, il dresse, dans l’entretien qu’il nous a accordé, un constat sans concession d’une situation inquiétante, appelant de ses voeux des réformes désormais indispensables, au regard des défis de la période.

Eaux glacées : Pourquoi des réformes, alors que nombre d’élus aspirent à une pause, après trois lois sur l’eau depuis 1964, des difficultés à atteindre les objectifs de la DCE, les inquiétudes que suscite le réchauffement climatique, la création de l’AFB, l’ouverture sur le grand cycle de l’eau avec la nouvelle compétence Gemapi, la loi NOTRe, qui a bouleversé ,toute l’architecture territoriale ?

André Flajolet : Dans la réalité la multiplicité des réformes a entraîné un véritable désordre législatif car chaque réforme, même si elle part d’une bonne intention et d’un problème réel, ne porte que sur un aspect conjoncturel des difficultés constatées.

Dans le fond l’essentiel de l’architecture de la politique de l’eau s’appuie sur les lois de 1964, 1992, 1996 et 2006, même si certains aspects importants aujourd’hui n’ont pu être pleinement explorés ; ainsi en est-il d’une vraie structuration de la loi Oudin-Santini pour assurer les principes de solidarité ici et ailleurs, du service unique de l’assainissement avec ses deux volets assainissement collectif et non collectif, ou encore d’un vrai projet de réduction de l’utilisation des phytosanitaires.

Or les lois NOTRe et MAPTAM pour le volet GEMAPI viennent perturber deux évidences : la première est que la seule réalité de l’eau est le bassin versant avec le principe de solidarité amont/aval ; la seconde évidence est que la question de l’eau doit être conçue de façon globale alors que la GEMAPI isole quelques items de l’article L.211.7, rendant impossible ce nécessaire regard global. C’est pourquoi, face aux conséquences actuelles et à venir du changement climatique, face aux risques majeurs comme suite de choix non cohérents guidés par l’utilitaire ou l’intérêt, il me semble urgent d’exprimer le courage politique d’une version cohérente et partagée de long terme. Une nouvelle loi basée sur un contrat de confiance et de responsabilité est nécessaire pour réduire les contradictions existantes, approfondir les sujets seulement effleurés et faire face au défi du développement durable.

Eaux glacées : La France se targue pourtant d’avoir inventé un modèle original de gestion de l’eau, au niveau du bassin versant, modèle qui a inspiré les directives européennes, puis que nous avons exporté avec succès dans le monde entier, alors qu’est-ce qui ne marche plus ? Quels sont les principaux blocages que vous identifiez ?

André Flajolet : Je ne crois pas que l’Union européenne soit au coeur de nos problèmes car ce sont les directives qui ont permis, sur le papier, l’émergence d’avancées significatives.

De nombreux pays ont transposé à minima et rejeté sur l’Union, prise comme bouc émissaire, leur propre impuissance ou volonté de prendre les mesures nécessaires pour créer une culture de la prévention et du risque pour garantir l’attente du bon état écologique des masses d’eau.

La terre n’est pas un simple terrain de jeu que l’on peut “réinitialiser” quand cela est nécessaire. L’absence de gestion équilibrée de l’eau et le manque de respect des milieux entraînent l’urgence de la mise en oeuvre d’une réelle politique des coûts évités, renforcée par la réalité du changement climatique : le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) n’est pas une option, mais le garant de la qualité de vie à laquelle nous pouvons légitimement prétendre. L’Etat doit collaborer avec ses organismes de bassins pour rendre viables une vraie politique de la ressource et de sa gestion, une vraie économie de la protection des milieux et de la réparation des dommages.

L’émergence d’une gestion quantitative et qualitative des bassins transfrontaliers et l’application de ces principes aux fleuves transnationaux est une condition nécessaire pour apaiser les tensions entre les pays, partager les risques et initier une politique patrimoniale. Comme tous les fleuves mènent à la mer il faut décréter l’état d’urgence pour les façades maritimes, il faut instaurer des principes mondiaux sur le rôle de la mer : cela devient une nécessité qu’il faut partager, une exigence morale et économique qui concerne toute l’humanité.

En France, les agences de l’eau ont joué leur rôle dans un contexte souvent difficile, dans le respect des lettres de cadrage et de mission ministérielles, à partir de redevances encadrées et limitées et en dépît de ponctions d’Etat importantes tant en moyens humains que financiers opérés dans l’indifférence générale au grand dam des élus locaux.

Cette transgression de l’autonomie financière des agences s’est accentuée ces dernières années alors même que leurs missions environnementales se sont élargies entraînant une complexification importante de la réglementation d’une part, des difficultés croissantes à atteindre les objectifs prioritaires d’autre part.

De ce point de vue une lecture attentive du compte administratif 2016 de l’Agence de l’eau Artois Picardie montre l’écart entre le devoir faire et la réalité imposée.

Au vu des chiffres, il est possible de tirer quelques constats :

Ce que reprend l’Etat, en contradiction des principes d’autonomie des agences et du respect de l’affectation des redevances, équivaut à ce que coûte tout le personnel.

L’instabilité juridique des lieux de decision entraîne des retards dans les projets structurants qui subissent une baisse significative des capacités de financement. Les programmes les plus urgents stagnent.

Le non respect de l’unité des lieux de décision et la multiplication des autorités de contrôle conduisent parfois à des décisions illisibles et tardives dans la décision et la sanction.

Ainsi les collectivités bousculées par les lois nouvelles et un principe de précaution glissant vers le principe de suspicion, voient leurs capacités d’investissement diminuer ; ces mêmes capacités étant pourtant indispensables pour la protection de la ressource et la distribution sécurisée de l’eau potable.

Le monde agricole reste quant à lui encore assez largement à l’écart des nécessaires efforts de réduction de l’utilisation des pesticides et d’une réflexion prospective sur la cohérence interne entre la nature des terres et leur utilisation.

De même, la place de l’eau et de la trame verte doivent trouver un espace de réflexion décisionnelle dans l’organisation des spécificités territoriales, ce qui devrait entraîner une révision parfois drastique des documents d’urbanisme et plus particulièrement des droits à construire.

Eaux glacées : Quels sont les grands défis que nous allons devoir affronter dans les années qui viennent, tant pour le petit cycle que pour le grand cycle ?

André Flajolet : Les grands défis devant lesquels nous nous trouvons sont déjà connus dans leurs principes et leurs contenus. L’évolution climatique entraînera un vrai problème d’équilibre de la ressource et les réfugiés climatiques seront nombreux tant pour les excès d’eau que pour les étiages sévères. Sécheresses et inondations seront des paramètres nouveaux pour les questions agricoles et forestières, pour la protection des rivages et du trait de côte, pour la biodiversité et les paysages.

Mais un autre défi majeur nous attend, c’est celui de la connaissance, la protection et l’exploitation raisonnée des océans avec l’exigence de règles mondiales pour leur exploitation.

La France est le 2ème pays du monde pour ses espaces maritimes et il est frappant de constater l’ignorance des océans, de ce qu’ils subissent et de ce qu’ils peuvent représenter en termes de nourriture, de découvertes phytopharmaceutiques et d’absorption de CO2. De façon plus locale, il me semble urgent de renforcer, dans sa représentation politique et scientifique, les parlements de l’eau que sont les comités de bassin car les enjeux de l’eau et des milieux exigent des réponses pragmatiques et partagées ainsi que du courage collectif.

Dans le même état d’esprit, il conviendra de revisiter le contenu, les missions essentielles et le périmètre de l’AFB (Agence française pour la biodiversité) pour donner toute leur place aux sciences et aux décideurs territoriaux. Il est impensable que les collectivités et notamment les communes y soient si peu représentées.

De même il sera nécessaire à l’aube de l’évaluation de la DCE que l’Europe redéfinisse le corpus des directives en l’assortissant d’un principe d’adaptation régionale d’une part, d’un volet de solidarité et de transferts de technologie vers les pays en voie de développement d’autre part.

Eaux Glacées : Comment refonder ce modèle ?

André Flajolet : Si les Agences de l’eau apparaissent plus que jamais comme une nécessité pour protéger la resource des convoitises, intérêts et utilités catégorielles, tant elles sont les seules à pouvoir construire un corpus cohérent de réponses, il est aussi évident que le seul principe des redevances comme outil de financement est à la fois insuffisant et obsolète.

En effet, l’écart entre leurs missions historiques et nouvelles est tel que les supports de financement doivent être revisés en profondeur pour épouser ces nouveaux contours. Les contributions des consommateurs, des entreprises et du monde agricole doivent être traçables et leur fongibilité limitée, expliquée et justifiée.

Une exigence de rationalisation des missions des collectivités et de l’Etat dans ses fonctions régaliennes s’impose ; une clarification de la part relative des financements reçus du consommateur et du citoyen est indispensable : la réalisation d’une expertise sur de nouvelles assiettes de financement possibles en s’inspirant des travaux du CGEDD (Conseil général de l’environnement et du développement durable) est urgente.

Mais cette réforme d’intérêt général risque de se heurter à la passivité au mieux, la résistance surement des désordres d’ampleur établis et confortés par plusieurs lois récentes sans vision ; elle se heurtera aussi à l’idéologie des habitudes économiques et sociétales, au hiatus grandissant entre la réelle conscience écologique et le discours convenu de la “bien-pensance”. La loi de 1992 définit l’eau comme le “bien commun de la nation”. Ce bien commun a une dimension européenne qui reste à légitimer dans ses principes et ses contenus et une dimension mondiale tant sur,la question des droits à usages que du droit à l’eau et aux biens premiers pour toute personne. Or les intérêts financiers, le court terme de la productivité, le refus du partage équitable des fleuves internationaux rendent quasi vaines des propositions de bon sens ou innovantes – de protection des personnes et de leur environnement.

Eaux glacées : La profession agricole conteste ouvertement depuis quelques années tout contrôle et toute norme. Comment sortir d’une logique d’affrontement ?

André Flajolet : Le monde agricole a souvent été désigné comme le mauvais élève pour l’utilisation de l’eau. A ce sujet trois remarques s’imposent pour expliquer et comprendre : d’abord en 1964, à la création des agences, le “mouton noir” était le monde industriel. En un demi-siècle il est devenu exemplaire et la problématique agricole quant à elle n’était pas une priorité ; ensuite les pouvoirs publics ont demandé à l’agriculture d’assurer l’auto-suffisance de la France, entraînant tout le secteur sur les routes effrénées de la productivité et du bas coût, portant dans leur sillage le développement des semenciers, producteurs d’engrais, de machinisme, de phytosanitaires et pesticides. Enfin une prise de conscience s’est alors fait jour sur l’épuisement de la terre et l’impasse productiviste, rendant obsolètes certains comportements et modes de gestion.

Dans le monde d’aujourd’hui cohabitent des agricultures, des pratiques nouvelles, des consciences critiques qui s’éveillent et proposent pour bâtir de nouvelles relations entre l’urbain et le rural, pour faire émerger des principes de santé publique ou des volontés de faire partager l’accès aux biens premiers pour des populations en souffrance, pour un retour à la “terre-patrimoine” et le développement de circuits directs.

Des agricultures respectueuses de la richesse de la faune et de la flore, de la diversité des terres et des systèmes de production, doivent reprendre place, même si cela est au détriment d’une productivité de court terme où l’utilisation sans limite d’engrais et pesticides fait oublier que la terre s’épuise.

Cela implique une gestion équilibrée des espaces sur des terres vivantes, un rapport harmonieux à l’eau et à la terre comme impératif humaniste, écologique et économique de long terme. Ainsi des activités agricoles insérées dans les territoires et participant de l’utilisation patrimoniale et utilitaire de ces derniers permettront une implantation différenciée des pratiques culturales et des productions, une harmonie des produits, des hommes et des terroirs.

Eaux glacées : En matière de gouvernance, quel rôle pour l’Etat, les collectivités locales, les organismes de gestion de l’eau et les citoyens ?

André Flajolet : Un immense champ des possibles et des nécessités est ouvert à tous les niveaux des espaces de responsabilité, du local à l’international. La COP 21 et la COP 22 ont ouvert des portes, suggéré de nouveaux chemins politiques, incité par la parole et l’expérimentation à de nouvelles gouvernances à tous les étages.

Malheureusement quand une agence de l’eau sensibilise sa population sur le futur SDAGE, le taux de retour des contributeurs de propositions ou de critiques n’est que de 2%, ce qui correspond à ceux qui s’intéressent à notre “or bleu”, comprennent son actualité et son devenir.

Cela signifie qu’au-delà des enjeux politiques ou organisationnels de l’eau, un énorme effort de connaissance et de sensibilisation des populations reste à faire, d’autant que les pressions qualitatives et quantitatives sur la ressource se multiplient et se complexifient et exigent une réponse au premier niveau de la responsabilité.

La profession agricole prend conscience qu’elle ne peut pas s’exonérer d’une réflexion et d’un engagement sur un patrimoine aussi fragile et essentiel que l’eau. Le seul vrai lieu de débat, parfois conflictuel, souvent serein mais toujours transversal est le Comité de bassin. C’est là que s’inscrira et s’acceptera une nouvelle écriture des masses d’eau, capital épuisable et fragile. Les réponses aux urgences : protection des captages, lutte contre le ruissellement et l’érosion, adaptation des productions au sol, continuité écologique, développement de l’hydroélectricité, protection des paysages, ne sont pas des thématiques utilitaires ou seulement techniques, mais des enjeux d’intérêt général.

D’autres urgences frappent à la porte ; le trait de côte, le ruissellement urbain, la préservation des paysages, la place de la nature et de l’eau dans la cité.

Ces enjeux exigent une connaissance intégrée minimum et il n’est pas possible de se satisfaire d’une cohabitation individualisée des spécialistes de tel ou tel domaine.

Une bonne gouvernance est à réaffirmer pour que chacun aît sa place, et toute sa place.

Deux paradigmes doivent mourir : la consommation effrénée des espaces et de la nature, la production par tous les moyens dans des systèmes capitalistiques ignorant les hommes et les territoires.

Un nouveau paradigme émerge comme élément de conscience collective : l’eau et ses milieux sont le bien commun de l’homme, comme individu et partie de l’humanité.

L’Europe est l’échelle pertinente de la réflexion et de l’action pour partager des enjeux communs dans une solidarité interne et des partenariats avec d’autres pays, avec l’espoir que des technologies nouvelles permettront de compenser des ressources insuffisantes. L’Europe permetra ainsi une politique durable, des mises en oeuvre innovantes et une réelle capacité d’exporter de l’expertise, des savoirs et des moyens.

A l’Etat d’être un garant du respect des directives européennes, sans excès et sans faiblesse catégorielle et d’initier une vraie politique Nord-Sud qui devient une urgence mais reste à inventer.

Aux parlements de l’eau, sur chaque bassin hydrographique, et au sein d’une Agence française de la biodiversité revisitée dans son périmètre et ses missions, de porter des politiques partagées dans le respect d’un développement soutenable.”

Propos recueillis par Marc Laimé le 7 mars 2017.

Lire aussi :

L’Association nationale des élus des bassins se veut une caisse de résonance des savoirs :

http://www.maire-info.com/organisat...

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REMOUS
par Marc Laimé, lundi 3 avril 2017 @ 14:12

Après avoir mesuré l’inanité de la kyrielle d’ordonnances publicitaires mensongères dont s’adorne une « campagne » qui augure bien des désastres à venir, conclusion provisoire avec une dystopie qui décoiffe…

« (… ) A ce moment de l’histoire, il n’y a aucune bonne porte de sortie à court terme pour la société humaine mondiale.

Certaines sont meilleures et d’autres pires, et à long terme certaines sont vraiment bonnes mais pour le court terme, nous sommes dans une impasse. Je ne vais pas vous mentir, il est trop tard pour désigner des coupables.

La seule manière de trouver les bonnes est de se confronter à notre situation désastreuse, et ne pas se laisser distraire par de faux espoirs.

La société humaine - à cause de la civilisation particulièrement - se retrouve dans une impasse. Comme espèce, nous nous sommes rendus dépendants de nos ressources limitées, pétrole, sol et eau. L’agriculture industrielle (et l’agriculture de graines annuelles avant ça) nous a poussé dans un cercle vicieux générant une croissance démographique incontrôlable. Nous avons depuis longtemps dépassé la capacité d’accueil d’humains de notre planète, et l’extension de nos civilisations réduisent cette capacité chaque nouvelle seconde.

Ceci est majoritairement la faute de ceux qui sont au pouvoir, les plus riches, les états et les multinationales. Mais les conséquences - et la responsabilité à porter - reviennent au reste d’entre nous, non-humains inclus.

Techniquement parlant, il n’est pas trop tard pour un programme crash pour limiter les naissances et réduire la population, pour réduire la consommation de combustibles fossiles à zéro, pour remplacer la monoculture avec des polycultures pérennes, pour stopper la pêche intensive, et pour arrêter définitivement l’avancée des industries (ou de la destruction qu’elles opèrent) sur les aires sauvages.

Il n’y a aucune raison technique valable qui nous empêcherait de commencer tout ce processus demain, de stopper le réchauffement climatique où il est, de contrebalancer les excès engendrés, l’érosion, le déclin des aquifères, et de redonner de l’espace à toutes les espèces aujourd’hui presque disparues.

Il n’y a aucune raison technique qui nous empêche de nous réunir afin d’agir en adulte pour résoudre ces problèmes, en d’autres mots, ce n’est à l’encontre d’aucune loi physique.

Mais socialement et politiquement parlant, nous savons que cela ne reste qu’un rêve. Il existe des systèmes de pouvoir matériels qui rendent cela impossible, tant qu’ils sont intacts. Ceux qui détiennent le pouvoir tirent bien trop d’argent et de privilèges à détruire la planète. Nous n’allons pas sauver la planète - ou notre propre futur comme espèce - sans se battre.

(…)

La raréfaction de l’énergie fossile causera une agitation politique sans précédent, et un cycle perpétuel de contractions économiques va se mettre en place. Les entreprises ne seront plus capables de payer leur travailleurs, les travailleurs ne seront plus capables d’acheter ce dont ils ont besoin, et de nombreuses d’entre elles fermeront leur portes. Rendus incapables de payer leur dettes et prêts, propriétaires, entreprises et également états feront faillite (ce processus a déjà peut-être commencé).

Le commerce international va plonger au plus bas à cause d’une dépression globale et de l’augmentation du prix des transports et de fabrication. Bien qu’il soit possible que le prix du pétrole augmente avec le temps, il viendra un moment quand l’économie, sous pression, ne pourra plus assurer une demande stable en pétrole, faisant chuter le prix de celui-ci. Le bas coût du pétrole pourrait, ironiquement mais bénéfiquement limiter les investissements dans de nouvelles infrastructures pétrolières.

(…)

Il y aura trois réponses principales à cet manque globalisé de nourriture. Dans certains endroits, les gens retourneront cultiver leur propre nourriture et construiront des initiatives locales pour leur assurer un approvisionnement durable.

Cela sera un signe positif, mais l’implication du public sera tardive et inadaptée, comme la plupart des gens ne réaliseront pas le caractère permanent de cette crise et n’auront tout simplement pas envie de cultiver leur propre nourriture.

Cela va également être difficile considérant l’urbanisation intensive de ce dernier siècle, la destruction progressive des terres arables et les conséquences du changement climatique.

De plus, les cultures les plus subsistantes auront été d’ici là détruites ou déracinées - les inégalités vont empêcher les gens de faire pousser leur propre nourriture faute de terres appropriées (c’est déjà le cas dans de nombreuses parties de cette planète). Sans résistance organisée, les réformes appropriées ne verront jamais le jour et les personnes déplacées n’auront aucun accès à la terre.

La faim (et la famine au cours de certaines années à mauvaise récolte) proliférera de manière endémique dans plusieurs parties du monde. Le manque d’énergie pour l’agriculture industrielle causera une résurgence des institutions d’esclavagisme.

L’esclavage ne s’installe pas dans un désert politique. Menacés par l’effondrement de l’économie et du secteur de l’énergie, certains gouvernements s’écrouleront complètement sur eux-mêmes, entraînant dans leur chute leur état.

Avec personne pour les arrêter, des chefs de guerre vont s’approprier les décombres. D’autres, désespérés à maintenir le pouvoir hors de portée des séparatistes et à calmer l’agitation civile, verront des gouvernements autoritaires prendre le pouvoir. Dans un monde où les ressources critiques se raréfient, les gouvernements deviendront d’autant plus radins et avares.

Nous verrons une résurgence d’autoritarisme dans ses formes modernes : technofascisme et féodalisme de multinationales.

Les riches se réfugieront dans des enclaves privées et bien gardées. Leur pays/propriétés n’auront pas un air apocalyptique - elles seront comme des éco-jardins d’Eden, avec des cultures organiques bien tenues, des lacs privés et propres, et des refuges sauvages. Dans certains cas, ces enclaves seront de taille réduite, dans d’autres, elles seront à l’échelle du pays.

En même temps, les pauvres verront leur condition se dégrader. Des millions de réfugiés créés par l’effondrement économique et énergétique mondial devront se déplacer, mais personne ne voudra d’eux.

Dans certains zones fragiles, l’afflux de réfugiés saturera les services sociaux de base et causera un effondrement local de ceux-ci, ceci résultant en vagues de réfugiés radiants d’épicentres de désastres.

Dans certains endroits, les réfugiés seront renvoyés par la force. Dans d’autres, racisme et discrimination deviendront une excuse pour les régimes autoritaires pour placer ces dissidents marginalisés dans des "camps spéciaux", permettant aux privilégiés de disposer de plus de ressources.[2]

Les désespérés seront les premiers candidats pour la main d’oeuvre dangereuse et sale nécessaire à la production industrielle persistante une fois que l’énergie facile deviendra rare. Ceux au pouvoir considéreront les communautés autonomes et indépendantes comme une menace pour la disponibilité de la main d’oeuvre dont ils ont besoin et feront tout ce qu’ils peuvent pour les détruire. »

NOTE : La Guerre Écologique Décisive (GED) est la stratégie d’un mouvement qui a trop longtemps été sur la défensive. C’est le cri de guerre de personnes qui refusent de perdre une bataille de plus, le dernier ressort d’un mouvement isolé, coopté, et las de ne jamais voir la fin des batailles légales et blocus.

Ergo, les activistes de "Deep Green Resistance" nous changent agréablement des roucoulades des Colibris qui nous bassinent avec la fable d’une transition écologique dans la joie et la bonne humeur à grand coup d’actions aussi festives et symboliques que totalement inefficaces…

https://deepgreenresistance.org/fr

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REMOUS
par Marc Laimé, lundi 3 avril 2017 @ 13:22

La Fédération professionnelle des entreprises de l’eau a publié, à l’intention des candidats aux élections présidentielles (et législatives, c’est là qu’on reconnaît les pros…), dix propositions pour répondre aux défis à relever dans la gestion de l’eau.

Il s’agit de répondre à cinq défis majeurs en matière de politique de l’eau. « Nous alertons sur la fracture territoriale, sur la transition écologique, la bonne utilisation de l’argent public, la relance des investissements et les questions de sécurité liées à l’eau », explique Bertrand Camus (SUEZ), le président de la FP2E.

Les entreprises de l’eau réclament en particulier une augmentation des investissements publics que ce soit sur les réseaux en mal de renouvellement ou sur les services et les infrastructures qui vont devoir s’adapter au changement climatique.

« Ce n’est pas tant l’accès aux fonds que leur bonne utilisation », précise Bertrand Camus. Et de dénoncer la mauvaise habitude prise par l’État de ponctionner les budgets des agences de l’eau et surtout la non utilisation des fonds européens.

« Les Régions qui gèrent dorénavant les fonds européens ne se sentent pas investies dans la politique de l’eau. Elles ne dépensent pas les fonds dans leur intégralité faute de projets.

C’est pourquoi, nous sommes prêts à éditer un guide avec le Secrétariat général aux affaires européennes, pour aider les collectivités à monter les dossiers », propose-t-il.

Autre sujet qui fâche, la loi Brottes qui interdit coupure d’eau et restriction du débit des mauvais payeurs avec pour conséquence, selon la FP2E, une hausse de 0,5 % à 3 % des impayés.

« Une fois identifiés les ménages en vraie précarité pour lesquels un Fonds de solidarité logement a été mis en place dans les 3/4 des départements, il nous faut un mécanisme légal et efficace pour recouvrer les factures non payées », demandent les entreprises de l’eau. Enfin, elles réclament un plan national « services d’eau intelligents » et des incitations à l’innovation.

Les entreprises de l’eau s’engagent à apporter leur contribution pour accompagner l’adoption de ces mesures, dans le cadre de collaborations avec les organismes de gouvernance de l’eau, les associations d’élus et de consommateurs. Elles proposent de contribuer à la recherche conjointe avec le service public ainsi qu’au partage de données sur la performance permettant une meilleure information des consommateurs. Elles feront état, annuellement, des expérimentations accomplies en matière d’économie circulaire et apporteront leur aide aux collectivités locales dans l’élaboration des dossiers visant à l’obtention de subventions européennes

http://www.fp2e.org/userfiles/files...

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