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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
2017-03-25
REMOUS
par Marc Laimé, samedi 25 mars 2017 @ 12:37

Dès le soir de sa victoire à la primaire, le 29 janvier 2017, l’ancien ministre de l’Économie sociale et solidaire puis de l’Éducation nationale appelait au rassemblement de "tous ceux qui se reconnaissent dans la gauche et dans l’écologie politique". Depuis lors de nombreuses déclarations et publications ont émaillé une campagne très axée sur les enjeux écologiques.

Le candidat "jugeait que la question écologique est inséparable de la question sociale". Et prévoyait notamment un objectif de 50 % d’énergies renouvelables en 2025, souhaitant que la finance soit au service de la transition écologique.

"Il faudra rassembler la gauche et les écologistes", lançait-il devant ses partisans rassemblés à la Maison de la mutualité. "Je proposerai à tous les candidats à cette primaire ainsi qu’à Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon […] de ne penser qu’à l’intérêt des Français au-delà de nos personnes." "Je leur proposerai de construire ensemble une majorité gouvernementale cohérente et durable pour le progrès social, écologique et démocratique."

Le député des Yvelines avait publié dès novembre 2016 ses 12 propositions en matière d’écologie (voir ci-après).

Il avait également développé son programme environnemental et de RSE devant la Fabrique écologique fin novembre et lors des débats télévisés de la primaire, courant janvier.

Lors du débat avec Manuel Valls, mercredi 18 janvier, il avait jugé que le bilan du gouvernement allait "dans le bon sens pour la COP 21, la loi de transition énergétique et la loi sur la biodiversité" mais qu’il n’allait pas "assez loin sur les produits phytosanitaires par exemple". "Il faut être plus ferme avec les lobbies industriels qui souhaitent remettre en cause la santé de nos compatriotes", exposait-t-il, avant d’évoquer le cas du rejet de boues rouges dans les Bouches-du-Rhône.

Au sujet du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, il indiquait lors de ce même débat télévisé qu’il "suspendrait la déclaration d’utilité publique".

Les 12 propositions en matière d’écologie et de RSE

• Proposition 1 : "Lancer une grande conférence nationale écologie-prévention-protection-santé dans les six mois après la présidentielle qui fera de la France la nation pionnière et fer de lance en Europe dans ce domaine" ;

• Proposition 2 : "Aller au-delà du principe de précaution en constitutionnalisant les biens communs et en développant une démocratie environnementale" ;

• Proposition 3 : "Lancer un vaste plan de rénovation énergétique des bâtiments publics et privés sur le quinquennat". Ce plan comprend trois priorités : "la réhabilitation thermique des logements sociaux sur la base d’objectifs chiffrés qui s’appuiera sur des outils tels que le prêt, une enveloppe de l’Anru, le conditionnement des droits à construire ainsi qu’une prime aux bailleurs vertueux ; un plan ambitieux d’accompagnement des initiatives menées par le secteur privé avec des aides renforcées et conditionnées au recours à des artisans labellisés ; une protection des foyers en situation de précarité énergétique via un véritable bouclier ’énergie’ pour protéger les plus démunis", écrit-il ;

• Proposition 4 : "Acter un plan résolu de sortie du diesel à l’horizon 2025". Il propose de mettre fin à l’avantage fiscal au diesel, d’installer des bornes de recharge sur le réseau, de repenser la mobilité et de "refaire confiance au train" en lançant un "Airbus du rail" au niveau européen ;

• Proposition 5 : "Atteindre l’objectif de 50 % d’énergie renouvelable dès 2025" (l’objectif de la loi de transition énergétique est d’atteindre 32 % en 2030). Cet objectif doit passer selon lui par une "réorganisation des compétences d’EDF pour mieux mettre en valeur ses capacités de recherche et de production d’énergie renouvelable" ;

• Proposition 6 : Lancer un plan national "zéro déchet". Ce programme doit passer selon lui par la lutte contre le gaspillage alimentaire, un objectif de 50 % de recyclage des déchets dans les métropoles d’ici 2022 et le combat contre l’obsolescence programmée.

• Proposition 7 : "Lutter contre les pesticides et les perturbateurs endocriniens". Il propose de retirer les autorisations de tous les pesticides "pour lesquels un certain niveau de dangerosité est permis", comme le glyphosate, en application du principe de précaution. Il propose d’accompagner les agriculteurs vers "une agriculture à taille humaine et biologique pour tous" et de mettre en place un moratoire sur les pesticides néonicotinoïdes.

• Proposition 8 : "Mettre la finance au service de la transition écologique". Il propose d’instaurer une TVA différenciée pour les produits les plus vertueux, de mobiliser l’épargne des Français et de créer un label transition énergétique.

• Proposition 9 : "Créer 13 agences régionales de développement des nouveaux modèles de production et de consommation". Benoît Hamon souhaite ainsi favoriser les circuits courts de production alimentaire, via la digitalisation, l’utilisation de la commande publique pour développer les initiatives responsables et la mise en place de "contrats de filière agro-écologique pour rééquilibrer les marges entre acteurs de la filière, et développer le mieux-disant environnemental".

• Proposition 10 : "Relancer l’Europe des projets, via la transition énergétique". Benoît Hamon souhaite que la France soit "leader" sur ces sujets en Europe et que les investissements publics en faveur de la transition écologique ne soient plus comptabilisés dans les 3 % de déficit. Il souhaite mettre fin aux subventions aux énergies fossiles.

• Proposition 11 : Lancer un plan contre la maltraitance animale.

• Proposition 12 : Lancer un acte II de l’économie sociale et solidaire, afin qu’elle passe de 10 à 20 % du PIB d’ici 202

Un plan pour une alimentation de qualité

Le lundi 13 février, il présentait en Seine-et-Marne un "plan pour une alimentation de qualité" en dix mesures, qui prévoyait notamment d’interdire "les perturbateurs endocriniens, les nanoparticules et les pesticides dangereux" dans l’alimentation.

Le candidat creusait son sillon écologique en présentant ce plan à la ferme bio de Châtenoy, où il se prêtait au jeu des photographes, un agneau dans les bras.

Parmi les dix proposition, l’interdiction, en vertu du "principe de précaution", des perturbateurs endocriniens, nanoparticules et pesticides dangereux dans l’alimentation.

Et "pour que (cette interdiction) ne mette pas en danger nos agriculteurs", il promettait d’interdire l’importation de "produits fabriqués avec ces mêmes pesticides". "Il ne serait pas logique d’imposer des règles du jeu à nos agriculteurs et d’accepter que l’on continue à importer sur les marchés français des produits maraichers fabriqués dans des conditions que nous jugeons dangereuses pour la santé publique", justifiait-t-il.

Autres mesures saillantes : l’homologation des pesticides par le ministère de la Santé, qui devra prendre en compte les "mélanges effectivement commercialisés" et non "les molécules prises séparément", en raison des effets cocktail ; l’approvisionnement en bio des cantines à hauteur de 50% d’ici à 2025 ; la mise en place de "rémunérations pour services environnementaux" des agriculteurs ; l’installation d’un Comité national d’éthique des abattoirs.

Afin de soutenir les filières "bio et équitables", l’ancien ministre de l’Économie sociale et solidaire souhaitait étudier "la possibilité d’instaurer des prix planchers au niveau européen sur le modèle du commerce équitable".

Il déclarait aussi voir aboutir le chantier de l’étiquetage nutritionnel, et s’engageait, si le gouvernement n’y parvient pas avant la fin du quinquennat, à reprendre le flambeau sans "céder aux lobbies dans ce domaine".

Soulignant la nécessité d’un plan "pêche, pêcheurs, océan", M. Hamon rappelait son opposition à l’arbitrage rendu par l’ancien premier ministre Manuel Valls sur le dossier des "boues rouges" de l’usine Alteo de Gardanne.

"Je considère qu’il faudra reprendre ce dossier (…) il faut que ces entreprises qui par ailleurs perçoivent du CICE (Crédit impôt compétitivité et emploi) et toutes sortes de crédits publics cessent de produire dans des conditions qui sont des conditions dangereuses pour la santé publique(...) l’environnement et la biodiversité. Pour ce qui me concerne, je suivrai l’avis de la ministre de l’Environnement Ségolène Royal", affirmait M. Hamon, pour qui il "faut arrêter" d’opposer emploi et environnement.

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Alimentation les 10 propositions BH 2017.
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Pour un contrat écologique et social avec nos agricultures - BH 2017.

Le Collectif « Sauvons les fruits et légumes » proteste…

Dans son communiqué de presse diffusé le 13 février 2017, le Collectif dénonçait un manque de cohérence « à faire, dans le même discours, la promotion de l’agriculture bio et à interdire dans le même temps les substances comme l’huile de nem ? ». Cet insecticide naturel, connu comme perturbateur endocrinien, est notamment « utilisé dans les vergers de pommiers, pêchers, cerisiers ou encore pruniers bios », rappellait le Collectif.

Sauvons les fruits et légumes s’inquiètait de « la surenchère écologiste de la campagne présidentielle. Il demandait aux candidats de bien mesurer la portée de leurs déclarations et se tenait à disposition de tous pour faire part de l’expérience sur le terrain des producteurs. »

Hamon "heureux" de représenter l’écologie politique

Benoît Hamon se déclarait ensuite "très heureux du choix, qui n’est pas simple, de Yannick Jadot de proposer" qu’il représente "aussi l’écologie politique" à l’élection présidentielle.

"Je suis très heureux du choix de Yannick Jadot, qui n’est pas simple, que je devienne pas simplement le candidat de la Belle alliance populaire mais aussi de l’écologie politique", déclarait le candidat socialiste, en entamant un meeting à Arras devant plus d’un millier de personnes juste après l’annonce par Yannick Jadot d’un accord avec les socialistes.

Yannick Jadot avait annoncé qu’il retirait sa candidature à la présidentielle au profit de celle du socialiste Benoît Hamon, avec qui il a passé "un accord formidable" désormais soumis à l’approbation des militants qui l’avaient désigné lors de la primaire écologiste.

Cette annonce était accueillie à Arras par des militants et sympathisants de gauche debout, qui scandaient "Unité ! Unité", alors que l’accord tardait à venir.

Le député des Yvelines exprimait sa "grande fierté" de porter les couleurs socialistes et écologistes", relevant que "depuis 1974, l’écologie politique a un candidat" à l’élection-reine de la politique frnçaise.

Il affirmait que cet accord n’était "pas un arrangement mais une convergence avec la culture de l’écologie politique pour préparer les grandes conquêtes écologiques de demain".

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REMOUS
par Marc Laimé, samedi 25 mars 2017 @ 10:07

En présentant le 5 février à Lyon les 144 engagements de son projet présidentiel, la candidate du Front national détaillait 6 points, rassemblés dans le chapitre VII “Une France durable” concernant directement l’agriculture, sujet sur lequel elle est revenue depuis lors, notamment lors d’une visite au Salon de l’agriculture.

Elle proposait d’ « appliquer le patriotisme économique aux produits agricoles français » ; de « transformer la PAC en Politique agricole française » ; de « refuser les traités de libre-échange (TAFTA, CETA, Australie, Nouvelle-Zélande, etc.) » et de « développer les circuits courts » ; de stopper « l’explosion des normes administratives » et d’ « encourager l’installation des jeunes agriculteurs » ; de « défendre la qualité : afin de lutter contre la concurrence déloyale, interdire l’importation des produits agricoles et alimentaires qui ne respectent pas les normes de production françaises » ; de « promouvoir les exportations agricoles, notamment en soutenant les labels de qualité ».

La candidate entendait aussi interdire les OGM en appliquant le principe de précaution, et souhaitait faire de la protection animale une « priorité nationale ».

Elle proposait ainsi de « défendre le bien-être des animaux en interdisant l’abattage sans étourdissement préalable et en remplaçant le plus possible les expérimentations animales » et de « refuser le modèle des fermes-usines, du type ferme des 1 000 vaches ».

Par ailleurs, Marine Le Pen proposait de « créer un grand ministère de l’Outre-mer et de la Mer afin de valoriser la dimension maritime de la France ».

Elle s’engage aussi à « rééquilibrer la politique de la ville vers les zones désertifiées et rurales ».

Elle affirmera ensuitte que l’Union européenne avait "décidé dans ses plans de la disparition de l’agriculture française".

"L’UE a décidé dans ses plans la disparition de l’agriculture française, et la disparition plus spécifiquement du modèle agricole français fondé sur le modèle des exploitations familiales", accusait la présidente du FN lors de l’émission Questions de méthode (LCP - France Bleu).

Alors qu’une productrice de lait des Côtes d’Armor avait été retrouvée pendue le 24 février dans sa salle de traite, Mme Le Pen a évoqué une "détresse (qui) arrache le ventre à tous les Français. Mille suicides en cinq ans, c’est absolument considérable."

Face à cela, elle proposait "trois mesures immédiates".

Tout d’abord, le "patriotisme économique : nos collectivités territoriales doivent à tout prix commander des produits français".

Ensuite, "un revenu décent" pour les agriculteurs, via de nouvelles "relations commerciales revues de manière tripartite : producteurs, transformateurs, distribution, avec une garantie de transparence par l’Etat". "Il faut que la grande distribution arrête de capter des marges de plus en plus importantes quand les producteurs acceptent presque de vendre à perte", martelait-elle.

Avant de répéter enfin son souhait, déjà exprimé lors de sa visite au salon de l’Agriculture, de "franciser les aides."

"Nous versons 20 milliards, presque 21, à l’Union européenne, on nous en rend 13, Politique agricole commune comprise. Eh bien, on récupère ces 20 milliards, et on maintient nos aides, quitte à les augmenter un peu", a demandé la patronne du FN, qui pourrait réunir jusqu’à 35 % du vote des agriculteurs exploitants au premier tour de la présidentielle selon une étude du Cevipof.

Au Salon de l’agriculture, ensuite,elle appelait à "franciser les aides" aux agriculteurs, fustigeant l’"échec absolu" de la Politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne.

"Il faut revoir totalement le système des aides. Il faut franciser les aides, évidemment pas les baisser mais les distribuer différemment", plaidait la candidate dont le parti a effectué ces dernières années des percées électorales dans la France rurale.

"Il faut faire l’inverse de ce que fait l’UE. Il ne faut pas financer par des aides l’hectare, mais il faut financer les bonshommes",s oulignait-elle, qualifiant d’"échec absolu" la Politique agricole commune menée par l’Union européenne. "On veut maintenir le système des aides via une politique agricole nationale afin de définir nous-mêmes où vont ces aides", a expliqué aux journalistes la députée FN du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen, présente elle aussi au salon.

La candidate appelait à ce que "l’argent des Français" et "des collectivités serve à acheter des produits agricoles français", et à mettre un terme à "la concurrence déloyale, et (aux) accords de libre-échange". "On s’aperçoit que la grande distribution aujourd’hui contribue à l’effondrement de la situation des exploitants. Les exploitants doivent avoir un revenu décent, être payés, il faut leur rendre une part de leur plus-value", lancait-elle.

La visite suscitait quelques actes de protestation, en marge du cortège. A une trentaine de mètres d’elle, Philippe Nolot, patron d’une maison d’édition, frappe sur une casserole, référence aux affaires judiciaires autour de Mme Le Pen et du candidat de la droite : "qu’elle et Fillon arrêtent !".

Le service d’ordre FN évacuait deux jeunes membres d’une association féministe qui voulaient lui remettre "le prix de l’imposture pour sa soi-disant défense des femmes", avant la Journée des femmes le 8 mars.

Du côté des éleveurs, certains se disaient séduits par "le changement" proposé par Mme Le Pen ou jugaient qu’"elle pose les bonnes questions", quand d’autres estimaient que "ses idées en matière de politique européenne seraient une catastrophe pour les agriculteurs. On dépend des aides européennes". De nombreux éleveurs interrogés par l’AFP se déclaraient indécis sur leur vote.

Ainsi, selon l’AFP, l’Aisne, troisième département le plus aidé en France en 2014, avec 180 M€ reçus de la PAC, a ainsi voté à 43,5 % pour le FN au premier tour des régionales en 2015 — le parti avait pour ce scrutin recueilli 27,7 % des voix au niveau national.

Même chose dans la commune de Saint-Gilles (Gard), où 52 % des électeurs ont voté pour le FN en 2015 et qui recevait 4,7 M€ d’aides directes de la PAC en 2014. A Rahling (Moselle), la liste frontiste a enregistré un score de 63,3 % à la même élection. Les aides de la PAC — près de 500 000 € — y sont quatre fois supérieures à la moyenne des communes françaises.

Le FN a pourtant critiqué ouvertement, et à plusieurs reprises, la politique agricole commune. Un discours qui séduit : lors de la présidentielle de 2012, 21 % des agriculteurs avaient voté pour le Front national.

Arrivée vers 09H00 au Salon, la candidate protégée par un service d’ordre étoffé, repartait vers 19H30 après la fermeture.

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2017-03-23
REMOUS
par Marc Laimé, jeudi 23 mars 2017 @ 16:05

La candidate du FN présentait le dimanche 5 février 2017 les 144 propositions de son "projet présidentiel". Parmi ces propositions, 7 concernent directement l’énergie et l’environnement, dont "un moratoire sur l’éolien", qui avaient en partie été présentées lors d’une convention présidentielle à Paris, le 26 janvier 2017.

Les 7 propositions

• "rompre avec le modèle économique fondé sur la mondialisation sauvage des échanges et le dumping social, sanitaire et environnemental ; la véritable écologie consiste à produire et consommer au plus près et retraiter sur place.

• faire de l’isolation de l’habitat une priorité budgétaire du quinquennat, parce que l’énergie la moins chère est celle que l’on ne consomme pas.

• développer massivement les filières françaises des énergies renouvelables (solaire, biogaz, bois…) grâce à un protectionnisme intelligent, au patriotisme économique, à l’investissement public et privé et aux commandes d’EDF. Décréter un moratoire immédiat sur l’éolien.

• pour maintenir, moderniser et sécuriser la filière nucléaire française, engager le grand carénage et garder le contrôle de l’État sur EDF, en lui redonnant une véritable mission de service public. Refuser la fermeture de la centrale de Fessenheim.

• soutenir une filière française de l’hydrogène (énergie propre), par un appui de l’État en matière de recherche et développement, afin de réduire notre dépendance au pétrole.

• interdire l’exploitation du gaz de schiste, tant que des conditions satisfaisantes en matière d’environnement, de sécurité et de santé ne seront pas réunies, et appliquer le principe de précaution en interdisant les OGM.

• faire de la protection animale une priorité nationale. Défendre le bien-être des animaux en interdisant l’abattage sans étourdissement préalable et en remplaçant le plus possible les expérimentations animales. Refuser le modèle des fermes-usines, du type ’ferme des 1 000 vaches’".

Afin "d’agir pour le pouvoir d’achat", Marine Le Pen propose aussi de "baisser immédiatement de 5 % les tarifs réglementés du gaz et de l’électricité".

Philippe Murer, conseiller de Marine Le Pen, évoquait les deux raisons qui motivent ce moratoire. Premièrement, "les ruraux ne supportent pas et n’acceptent pas les éoliennes qu’on leur implante. Elles sont vécues comme des totems écolo-mondialistes qu’on leur impose dans leurs jardins". En outre, le FN souhaite prendre le temps d’étudier "à quelle distance doivent être implantées les éoliennes par rapport aux habitations". Philippe Murer cite notamment "plusieurs collectifs de médecins allemands et canadiens inquiets" des conséquences des éoliennes pour la santé publique. L’Anses doit publier un rapport à ce sujet dans les prochaines semaines.

Logement, infrastructures, agriculture

Dans le dernier chapitre de son programme, consacré à la "France durable", la candidate évoque également le logement, les infrastructures et l’agriculture. Elle propose notamment de :

• "regrouper en un seul ministère l’aménagement du territoire, les transports et le logement.

• réduire les dépenses de logement des ménages par un grand plan d’aide à la construction et à la réhabilitation des logements.

• rationaliser et simplifier les normes d’urbanisme et de construction afin de résorber les tensions sur le marché du logement. Veiller à la préservation de l’environnement et des espaces naturels protégés (littoral, montagne, etc.).

• soutenir l’effort d’investissement en infrastructures, en particulier dans la ruralité (très haut débit, couverture téléphonique, routes…) et renationaliser les sociétés d’autoroutes.

• refuser les traités de libre-échange (Tafta, Ceta, Australie, Nouvelle-Zélande, etc.) et développer les circuits courts de la production à la consommation, en réorganisant les filières.

• interdire l’importation des produits agricoles et alimentaires qui ne respectent pas les normes de production françaises en matière de sécurité sanitaire, de bien-être animal et d’environnement".

Fiscalité

La candidate émet également plusieurs propositions en matière de fiscalité, et notamment celle de "lutter efficacement contre l’évasion fiscale pour préserver notre modèle social en s’attaquant aux paradis fiscaux et en créant une taxe sur l’activité réalisée en France par les grands groupes et les profits qui auraient été détournés". Elle souhaite "continuer la coopération fiscale internationale dans ce but".

Elle propose par ailleurs "d’aggraver les sanctions contre les dirigeants d’entreprise coupables d’ententes ou d’agissements frauduleux qui ponctionnent une partie du pouvoir d’achat des consommateurs".

Institutions

Parmi les réformes institutionnelles envisagées par la candidate figurent celles :

• d’"abaisser le nombre de députés à 300 (contre 577 aujourd’hui) et le nombre de sénateurs à 200 (contre 348 aujourd’hui).

• créer un référendum d’initiative populaire, sur proposition d’au moins 500 000 électeurs.

• conserver trois niveaux d’administration (au lieu de six actuellement) : communes, départements et État".

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2017-03-21
REMOUS
par Marc Laimé, mardi 21 mars 2017 @ 08:08

Le candidat de Debout la France a, au fil de ses déclarations, formulé une série de propositions parfois éloignées de l’environnement au sens strict, mais qui n’en dessinent pas moins un projet politique dont on pourra apprécier l’impact qu’il aurait sur l’environnement.

ENERGIE

- Revenir sur l’objectif de 50% du nucléaire en 2050.

- Création d’un livret d’épargne « dispositifs d’économie d’énergie » pour effectuer des travaux.

VALORISONS NOS ATOUTS AGRICOLES ET MARITIMES

• Exception agricole à l’OMC sur le modèle de l’exception culturelle et refus des traités transatlantiques (TAFTA, CETA…)

• Prix planchers garantis pour nos agriculteurs et plan de désendettement des bâteaux de pêche

• Des circuits courts pour garantir les marges des producteurs et la qualité alimentaire

• Validation plus souple des trimestres de cotisation vieillesse pour les femmes d’agriculteurs et choix des 25 meilleures années pour le calcul de la retraite

• Supprimer les réglementations inutiles

RELOCALISONS 1 MILLION D’EMPLOIS

• 75 % de la commande publique réservée la production française et 50% pour les PME

• Etiquetage obligatoire sur les marchandises avec la part de "Fabriqué en France"

GARANTISSONS L’ÉGALITÉ DES TERRITOIRES

• Equiper l’ensemble du territoire d’accès internet à très haut débit avant 2022

• Supprimer la loi NOTRe et garantir les dotations aux communes et aux départements

• Cesser les fermetures d’infrastructures publiques en zones rurales (écoles, postes, hôpitaux…)

• Créer un fonds de sauvegarde du patrimoine rural qui ouvrirait une déduction fiscale de 66 %, dans une limite de 7500 euros

• Valoriser les atouts de l’Outre-mer et garantir la continuité territoriale

FAVORISONS LE BIEN-ÊTRE ANIMAL

• Imposer aux abattoirs des cahiers des charges draconiens afin d’éradiquer la maltraitance animale dans les chaînes de production et interdire l’abattage sans étourdissement.

• Encourager l’élevage de qualité et créer un label "Bien-être animal."

• Soutenir et mieux répartir les refuges qui sont débordés à cause du nombre d’animaux qu’ils reçoivent et du peu de moyens dont ils disposent.

• Garantir le financement des associations de protection des animaux.

• Mettre fin aux subventions des activités contraires à la dignité animale.

Par ailleurs, au salon de l’Agriculture, Nicolas Dupont-Aignan a aussi plaidé pour une refonte de la PAC.

Au cours de sa visite, le candidat de Debout la France a notamment échangé avec des éleveurs de bétail et des producteurs laitiers, leur exposant ses mesures pour l’agriculture : renégociation de la PAC, instauration d’un "prix-plancher" pour la viande et le lait, refus de l’accord Ceta, étiquetage obligatoire de l’origine des produits...

Il a assuré qu’il fallait absolument "rompre avec la PAC" en proposant, pour y parvenir, un plan A et un plan B : "Soit on arrive à réguler les productions, et on rétablit les prix garantis et une protection européenne, soit on s’en va et on fait une politique nationale", a-t-il précisé à l’AFP.

Son adversaire frontiste Marine Le Pen avait appelé mardi à "franciser les aides" aux agriculteurs et qualifié la PAC "d’échec absolu".

"La différence avec Marine Le Pen, c’est que, elle, elle dit : "On s’en va tout de suite." Moi, je dis : "On renégocie d’abord", a souligné M. Dupont-Aignan.

Le député de l’Essonne s’est indigné contre les industriels et la grande distribution, estimant que "la valeur ajoutée est complètement prise" par ces deux acteurs économiques, laissant peu de marge aux producteurs.

"Je proposerai un prix plancher pour les achats du lait et de la viande, et les industriels et les grands distributeurs seront obligés d’avoir un prix plancher", ce qui "va permettre à notre agriculture de survivre", a assuré le candidat à la présidentielle, après avoir échangé avec les présidents d’Interbev (Interprofession Bétail et Viande) et du groupe laitier Lactalis.

Accompagné par plusieurs agriculteurs, dont la vice-présidente du parti Anne Boissel, productrice de lait, le candidat de Debout la France a débuté sa visite par une minute de silence en hommage aux agriculteurs qui se sont suicidés ces derniers mois.

Il a pointé du doigt "l’agrobusiness, la manière dont ont été abandonnés (les) agriculteurs depuis des années par des gouvernements successifs", qu’il considère comme responsables de ces suicides.

"Ici (au Salon de l’agriculture), vous avez tous ceux qui pillent l’agriculture et qui vivent aux crochets des agriculteurs", a dénoncé le maire de Yerres. Pourquoi s’y rendre alors ? "Moi, je n’ai pas gouverné, et j’ai proposé autre chose, et j’ai été le seul député à lutter contre la suppression des quotas laitiers", s’est-il défendu.

http://www.nda-2017.fr/projet

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2017-03-20
REMOUS
par Marc Laimé, lundi 20 mars 2017 @ 16:22

Créé par l’animateur du fantomatique ex-pôle écologique du PS, la Fabrique a mué en quelques années en discret think-tank « transcourant », qui se caractérise par le refus de toute subvention publique, remplacées par des donations d’entreprises. Les 14 mesures que la Fabrique a présentées le 16 février dernier dans la perspective du prochain quinquennat traduisent bien dès lors l’approche dépolitisée et très « techno » qui empreint ses travaux. Mais l’ordonnance a aussi le mérite de s’interroger sur le « comment faire », totalement absent de l’ensemble des programmes de campagne.

« Le débat écologique, quand il existe, repose trop souvent à notre avis sur des postures, des principes ou des objectifs de long terme », déplore la Fabrique en avant-propos de sa synthèse.

Ainsi il ne suffit pas de fixer des objectifs de rénovation énergétique des logements. Il faut aussi préciser la manière de les atteindre. Autre exemple : les objectifs d’incorporation de produits écologiques ou de proximité dans la restauration collective n’ont de sens que si l’on définit les critères de sélection.

La Fabrique entend montrer l’exemple. C’est la raison pour laquelle elle suggère aux candidats « 14 idées et mesures concrètes originales, percutantes, de niveau présidentiel et structurantes », selon Géraud Guibert, président du think tank.

- 1 : La fin de la pauvreté énergétique. Cette mesure cible 1,6 million de ménages dont plus de 15 % des revenus sont consacrés aux factures énergétiques. L’idée est de fixer une obligation de rénovation minimale avec l’interdiction, au terme du quinquennat, de louer ou de vendre un logement non-conforme. La mise en œuvre s’accompagnerait d’un accompagnement spécifique, via un guichet unique, et de la mobilisation des moyens financiers disponibles. Le coût est estimé entre 1 et 3 milliards d’euros par an.

2 : Une marque nationale pour la rénovation énergétique.

Cette mesure ne concerne pas seulement les situations de pauvreté énergétique, mais tous les ménages. L’idée est de lancer un programme national de rénovation énergétique des logements. Il serait identifié par une marque et un logo afin de donner de la visibilité aux professionnels, produits et outils concernés. Mais surtout d’envoyer un message positif à la population. Cette mesure s’appuierait sur la généralisation accélérée des carnets numériques de suivi et d’entretien des logements, introduits par la loi sur la transition énergétique. Et d’un signal économique : constituer des réserves financières à destination de travaux énergétiques, alimentées par les propriétaires lors de chaque transaction immobilière, et bénéficiant d’un avantage fiscal.

- 3 : Une loi de transition vers la mobilité durable.

Cette loi redéfinirait le service public de transport en intégrant les enjeux de santé, d’environnement, d’urbanisme… Elle prendrait plusieurs mesures structurantes. Avec un choix clair : abandonner le programme de lignes TGV pour accorder la priorité aux trains du quotidien. Mais aussi faire de l’Agence de financement des infrastructures de transports Afitf une vraie agence de financement de la transition vers la mobilité durable, comme l’Ademe pour l’énergie. L’idée est également de créer des micro-hubs d’intermodalités et un pass intermodal national unique. Ou encore de simplifier la gouvernance des transports autour de 3 niveaux : État, Régions, métropoles. La fiscalité du secteur des transports serait revue en basculant vers une redevance sur les facteurs de pollution et d’usure de la route. Par exemple, par des taxes poids lourds régionales.

- 4 : Des contrats État-métropoles sur la voiture en ville.

Il ne s’agit pas de supprimer la voiture en ville, mais d’en optimiser l’usage grâce aux leviers existants. Voiture électrique, plan vélo, autopartage, paiement à l’usage des parkings… De nombreuses solutions sont disponibles. Pour les généraliser, l’idée est de proposer aux métropoles des contrats avec l’État assortis de financements.

- 5 : Une vraie PPE électrique.

La Fabrique écologique défend la publication d’une programmation pluriannuelle de l’énergie spécifique pour le secteur électrique. Avec un principe : pour toute unité supplémentaire d’énergie renouvelable électrique, une unité en moins d’une autre source (nucléaire, charbon, gaz).

- 6 : Une pleine compétence régionale. L’idée est de confier aux Régions une compétence globale pour le développement des énergies renouvelables décentralisées. L’éolien en mer ne serait pas concerné. Les Régions joueraient ainsi un rôle pilote pour l’adaptation des réseaux de distribution d’énergie à la montée en puissance des renouvelables. Elle pourrait expérimenter un supplément régional aux mécanismes de soutien, tarif d’achat ou complément de rémunération. Il serait financé par un supplément régional de contribution au service public de l’électricité.

- 7 : Des négociations collectives territoriales.

Le think tank propose de créer par la loi un statut général pour des « négociations collectives environnementales dans les territoires ». L’idée est de décentraliser les débats multipartites sur les questions écologiques. Chaque collectivité aurait le droit et un cadre pour mener sur son territoire des négociations sur un sujet donné avec les principaux acteurs concernés. Une place particulière serait donnée aux lanceurs d’alertes. Ces négociations déboucheraient sur un document dénommé « convention collective environnementale » récapitulant les engagements de chacun.

- 8 : La reconquête des sols.
 Plutôt que de freiner l’artificialisation des sols, le but est de lancer une reconquête agro-écologique et naturelle des sols artificialisés. Par exemple, en rendant obligatoire dans les documents d’urbanisme l’identification des sols pouvant revenir à l’état naturel.

- 9 : La transparence dans les cantines scolaires.

Un décret obligerait les cantines scolaires à classer par catégorie les produits servis aux élèves : « biologique », « de qualité », « de proximité », « autres produits ». Des chartes de référence seraient définiels localement après concertation, notamment pour définir ce qu’est un produit de proximité.

- 10 : Un dossier scolaire éco-citoyen.

De la maternelle à la terminale, chaque élève consignerait dans un dossier ses expériences d’éducation à l’environnement. Sur cette base, les élèves passeraient un entretien de 10 minutes lors des épreuves diplômantes, comme le brevet et le baccalauréat, pour exposer le bilan qu’il tire de cet apprentissage.

- 11 : Un réseau d’éducation à la biodiversité.
 Il s’agit de montrer la biodiversité. Ne pas se contenter de discours abstraits, mais créer un réseau de lieux permettant un apprentissage concret de la biodiversité. Dans un premier temps, 10 lieux de ce type serait mis en place par département.

- 12 : L’affichage de la durée de vie.
 La Fabrique écologique propose de rendre obligatoire l’affichage sur l’ensemble des produits de leur durée de vie estimée. Cela passerait par une labellisation Afnor. Et commencerait par une expérimentation sur l’électroménager.

- 13 : Un plafonnement des niches fiscales.

Le comité pour la fiscalité écologique, mis en place après la Conférence environnementale de 2012, se verrait confier une mission : passer en revue les niches fiscales défavorables à l’environnement. Le but est ensuite de plafonner le montant de ces niches, et de baisser progressivement ce plafond.

- 14 : Une modulation du prix du carbone. Il s’agit de fixer une double trajectoire pour le prix du carbone. D’abord en demandant à la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) du ministère de l’Environnement de déterminer le prix des combustibles nécessaires pour permettre à la France d’atteindre ses objectifs de baisse de consommation et de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ensuite, d’instaurer un mécanisme pour moduler la « taxe carbone » en fonction de l’évolution des prix des énergies fossiles.

Voir les 14 propositions de La Fabrique écologique :

http://media.wix.com/ugd/ba2e19_1d9...

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2017-03-19
REMOUS
par Marc Laimé, dimanche 19 mars 2017 @ 08:37

Affichant un soutien unanime à la filière bio, à l’occasion de la présentation d’un Pacte le 8 février 2017, les candidats à la présidentielle partagent aussi le diagnostic d’évolutions nécessaires du modèle agricole, mais ne s’entendent guère sur les options à privilégier.

Certains considèrent que l’ensemble du monde agricole doit faire sa transition écologique, d’autres pensent qu’il ne faut pas opposer les différentes agricultures.

"Les agriculteurs français peuvent évoluer massivement vers le bio", martelait Philippe Murer, représentant de Marine Le Pen (FN), rappelant que l’agriculture biologique protège la terre, les hommes et la biodiversité.

Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) défend lui aussi le projet d’une transition de l’ensemble de l’agriculture et des systèmes alimentaires vers une agriculture paysanne et bio. "Le modèle agricole dominant ne contribue pas à l’intérêt général en creusant le déficit de la balance commerciale, en concentrant les aides publiques vers l’agriculture industrielle…", expliquait son représentant Laurent Levard.

Un diagnostic partagé par Corinne Lepage, représentant Emmanuel Macron (En marche) : "L’agriculture conventionnelle va assez mal et les importants soutiens publics n’ont résolu aucun problème, analysait-t-elle. Il faut replacer la question agricole au cœur des enjeux alimentaires et de santé. (…) Ceux qui n’auront pas pris le train de la nouvelle économie en marche sont condamnés à terme dans leur marché".

Yannick Jadot (EELV) soulignait qu’il était essentiel "d’aller vers une agriculture paysanne et écologique".

Face à ce diagnostic partagé, le syndicaliste agricole Guy Vasseur, représentant le candidat Les Républicains (LR), était bien seul à défendre le modèle agricole actuel : "Pour François Fillon, il n’est pas question d’opposer les différents types d’agriculture. Il faut de la diversité : des circuits longs, des exportations et des circuits courts, du local".

Haro sur les OGM et les pesticides

Le candidat PS défendait l’interdiction immédiate des pesticides dangereux, des perturbateurs endocriniens et de l’importation des produits en contenant, afin d’appliquer le principe de précaution. Il est opposé à l’expérimentation des OGM en plein champ. Pour Yannick Jadot, "passer au zéro pesticide doit être notre objectif". Le candidat EELV est également opposé aux OGM. De son côté, Jean-Luc Mélenchon souhaite l’exclusion des OGM tandis que le Front national les juge "sans intérêts et dangereux", les assimilant à des plantes "Round up ready".

Divergences

Les intervenants divergeaient sur la cause du mal. Tandis que les représentants du Front national, de la France insoumise et des Républicains pointaient du doigt la politique européenne, d’autres dénoncaient au contraire le modèle agricole français : "Si l’Europe était plus productiviste que la France, ça se saurait ! C’est le modèle français qu’on a développé en Europe", soulignait Yannick Jadot.

Pour Philippe Martin, représentant Benoît Hamon (PS), "il ne faut pas réécrire l’histoire ! C’est la politique des chambres d’agriculture, des organisations professionnelles qui a conduit à la situation actuelle". Et d’interpeller Guy Vasseur sur les pratiques de certains agriculteurs qui plantent de la luzerne sans jamais la récolter pour "pomper les aides à la conversion bio".

Quel avenir ?

Les représentants des candidats livraient aussi leur vision de l’avenir, notamment pour l’agriculture biologique. Philippe Martin défendait une PAC plus verte et l’idée d’un débat national sur la transition vers une agriculture et une alimentation durable, sur le modèle du débat national de transition énergétique. Le représentant du candidat socialiste estimait qu’il faut "maintenir les fondamentaux du bio" dans le cadre du règlement européen et faire attention "aux grands ensembles économiques qui s’accaparent le marché dans une logique de productivisme et de consumérisme".

La France insoumise projette une loi pour accompagner la transition du monde agricole et tendre vers l’autonomie des exploitations en termes d’énergie, de protéines… L’objectif est de créer 300 000 emplois. Cela passe par la garantie de prix stables et rémunérateurs, le rejet de l’alignement sur les cours mondiaux, la mise en place de plateformes logistiques et le développement de projets collectifs d’acquisition du foncier portés par les collectivités et les citoyens.

Si Guy Vasseur affirmait que le premier combat de François Fillon sera de maintenir le budget de la PAC, voire de le renforcer, Yannick Jadot proposait d’allouer la moitié des fonds de la PAC à l’agriculture biologique (conversion et structuration des filières).

Le Front national prônait lui des aides à la conversion, la baisse des charges pour les exploitations bio et l’instauration d’une TVA à 0% pour donner un signal prix aux consommateurs.

Tous entendaient s’appuyer sur la restauration collective pour accompagner le développement de l’agriculture biologique et permettre l’accessibilité des produits bio au plus grand nombre.

Pas d’aides spécifiques à la bio pour Emmanuel Macron, mais des paiements pour services écologiques à hauteur de 200 M€ (PSE) afin de récompenser les bonnes pratiques agricoles et "accompagner les agriculteurs en conversion". Selon Corinne Lepage, les mesures en faveur des entreprises (allègements de charge, droit au chômage pour tous, contrats cycliques) promises par le candidat "En marche" devraient également bénéficier aux agriculteurs en transition.

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2017-03-16
REMOUS
par Marc Laimé, jeudi 16 mars 2017 @ 07:41

Coop de France, la Fnab et Synabio présentaient le 8 février 2017 le pacte "pour une agriculture et une alimentation d’intérêt général" visant à "faire de la France le premier pays bio en Europe". Les six principaux candidats ou leurs représentants à l’élection présidentielle des 23 avril et 7 mai prochains se sont empressés de renchérir. Benoît Hamon, candidat du PS, et Corinne Lepage, pour Emmanuel Macron, l’ont immédiatement signé, rejoignant 622 élus locaux. Témoignage s’il en était que le « bio » est devenu l’ultime marqueur, ce qui autorise bien aisément… à oublier tout le reste dès lors que l’appétit consumériste de l’électeur d’élite, bien pensant et politiquement correct, aura été satisfait.

Le pacte vise à "créer un nouveau contrat de société entre producteurs, entreprises de transformation et de distribution, et consommateurs au service de la création de valeur économique, environnementale et sociétale dans [les] territoires".

Il contient huit propositions :

• amener la France au rang de leader européen de la bio d’ici 2022 ;

• soutenir un secteur économique d’avenir ;

• encourager le développement de la production bio ;

• relocaliser l’emploi agricole et agroalimentaire ;

• garantir des politiques agricoles et agroalimentaires favorables aux filières bio ;

• développer des outils de financement adaptés ;

• augmenter la consommation de bio dans la restauration collective ;

• impliquer tous les acteurs des filières bio dans leur gouvernance.

Ses promoteurs estiment qu’il est "nécessaire de prendre des mesures adaptées et suffisantes au sein de la PAC aujourd’hui (2017) et demain (2020) pour garantir l’indispensable accompagnement des producteurs en conversion et la rémunération des pratiques des agriculteurs bio actuels à raison de leurs impacts positifs sur l’environnement en santé publique".

En matière de financements, ils demandent que "les outils institutionnels de financement (notamment le PIA et le LDD) soient réévalués et orientés vers les besoins des filières bio, au cœur des schémas stratégiques régionaux, pour accompagner l’innovation et le développement des PME, des coopératives et des réseaux de distribution bio".

Les réactions des candidats

• Benoît Hamon

Philippe Martin, ancien ministre de l’Écologie, président du CA de l’Agence française pour la biodiversité et président du conseil départemental du Gers, et représentant de Benoît Hamon l’a assuré : "La bio doit se développer. Pour réaliser son programme, Benoît Hamon s’est inspiré du Gers, premier département en bio, comptant plus de 1 000 fermes".

Avant de poursuivre : "Benoît Hamon a inscrit la transition énergétique au cœur du chemin qu’il propose, par conviction. Il défend l’interdiction immédiate des pesticides dangereux et des perturbateurs endocriniens, l’interdiction d’importations alimentaires contenant des substances interdites en France, veut faciliter installation des jeunes agriculteurs en bio, une PAC verte avec un financement pour les agriculteurs qui adoptent le modèle bio". Benoît Hamon défend aussi "le ’made’ sur place. Il faut faciliter la relocalisation des emplois".

Concernant le développement de l’offre bio dans la restauration collective, il assure de d’autres marchés sont à conquérir : les hôpitaux, les Ehpad. Et ajoute que son candidat souhaite "favoriser les cultures maraichères autour des villes" afin de créer des "ceintures vertes", et demande que les régions continuent à "soutenir les Amap et les Frab".

En matière de gouvernance, il propose la mise en place d’un débat national de transition vers une agriculture et une alimentation durable "qui donnera lieu ensuite à une loi".

• Emmanuel Macron

Corinne Lepage, représentant Emmanuel Macron, assure que l’agriculture bio est "éminemment importante pour tous les domaines économiques", étant pour eux "une forme de modèle".

Elle ajoute : "L’objectif général du programme d’Emmanuel Macron est de replacer les enjeux agricoles comme enjeux de l’alimentation et de la santé. L’agriculture n’est pas seulement l’affaire des agriculteurs."

Il veut ainsi "refonder un pacte entre agriculture et société". Et propose "le lancement d’un plan d’investissement agricole avec des financements dédiés à la modernisation des exploitations et leur transformation privilégiant les circuits courts" ainsi qu’un plan permettant de "rémunérer les services rendus à l’environnement par les agriculteurs bio, et l’accompagnement de producteurs en conversion".

Puisqu’un "agriculteur est avant tout un chef d’entreprise", Emmanuel Macron propose également des allégements de charges durables, et souhaite accompagner le développement de PME, coopératives, regroupements de producteurs "pour leur donner plus de poids dans les négociations".

Corinne Lepage ajoute qu’Emmanuel Macron "propose avec enthousiasme un projet européen", et défend une PAC "pour faire face à l’enjeu de volatilité des prix".

• Marine Le Pen

Philippe Murer, représentant de Marine Le Pen, "se réjouit de la croissance des surfaces en bio", car "c’est protéger la terre, les hommes, la biodiversité végétale et animale".

Il estime que "transformer le secteur agricole sera complexe. Il nous faut du temps de l’énergie, du partage et les moyens financiers de masse et de justes règles" pour "que l’agriculture produise massivement et que les Français aient les moyens d’acheter du bio".

"Produire massivement bio nécessite une diffusion des connaissances car c’est plus difficile que l’agriculture avec les kits Monsanto", ajoute-t-il.

Le FN souhaite donc "revoir la formation en lycée agricole", favoriser les "échanges de pratiques". En matière d’aides, il défend "une TVA 0 % pour les produits bio" et que les charges des exploitations "baissent par rapport au conventionnel pour donner un avantage de 10 % sur les prix du bio".

Il ajoute : "les paysans peuvent faire massivement évoluer leur production, ils souhaitent être protégés pour le faire", ce qui implique de "sortir de l’austérité européenne". Il souhaite remplacer la PAC par une PAF, politique agricole française.

Il déplore que la France "donne 21 milliards d’euros à l’UE pour n’en recevoir que 13 milliards". Et propose donc de quitter l’UE pour consacrer ces 8 milliards à l’agriculture bio par exemple.

• François Fillon

Guy Vasseur, syndicaliste agricole ayant présidé l’APCA, conseiller général et régional du Centre Val de Loire, représentant François Fillon, assure que son candidat souhaite "faire en sorte que le budget de la PAC soit maintenu voire renforcé. Oui, la France doit être de retour à Bruxelles pour défendre l’agriculture".

Pour "redonner de la compétitivité à l’agriculture française et mettre fin aux distorsions européennes", il rappelle la proposition de François Fillon de "mettre fin à la surtransposition des normes européennes". Il ajoute qu’il n’est "pas question pour François Fillon d’opposer les types d’agriculture, bio ou conventionnelle. C’est une chance pour la France d’avoir une telle diversité".

Tandis que la Commission européenne prépare un nouveau règlement européen pour l’agriculture bio, qui doit entrer en vigueur en 2017, Guy Vasseur affirme : "Ce nouveau règlement peut poser question, enlever de la crédibilité et de la fiabilité à la démarche engagée jusqu’à présent. Ce sera le combat que mènera François Fillon."

• Jean-Luc Mélenchon

Laurent Levard, pour La France insoumise, assure son "plein soutien pour le pacte". Car le projet qu’il représente est "un projet de transition de l’ensemble de l’agriculture et du système alimentaire vers une agriculture paysanne".

Ce projet d’agriculture écologique "fera l’objet d’une loi", la France insoumise n’est pas en faveur d’une "agriculture duale". Il prévoit le "développement de l’autonomie des exploitations en matière d’énergie, le développement des circuits courts, l’exclusion des OGM, la réduction du gaspillage alimentaire".

Et d’ajouter : "Les nouveaux établissements publics fonciers agricoles appliqueront un droit de préemption en faveur de projets d’agriculture biologique". En appui au développement de filière, des plateformes logistiques seront créées pour faciliter la distribution des produits bio.

La France insoumise souhaite mettre en place un "plan de transition au bio à 100 % sur 5 ans". La "gouvernance de l’Inra sera revue afin que la recherche agronomique soit pleinement au service de cette transition de l’agriculture, les missions des chambres d’agricultures seront recentrées dans une mission de service public". De même, en matière d’enseignement agricole, "un virage sans ambiguïté doit être pris".

Laurent Levard ajoute : "Nous sommes pour des prix agricoles rémunérateurs, plus élevés pour les consommateurs, et de manière plus large, pour une redistribution des revenus dans la société".

• Yannick Jadot

Yannick Jadot, pour EELV, était le seul candidat à avoir fait le déplacement lors de la présentation du Pacte. Face au "risque de voir l’agriculteur nourricier devenir l’agriculteur pollueur", il "développe l’idée que 100 % de la restauration collective provienne d’agriculture paysanne ou biologique. Je ne suis pas sûr que cela soit possible d’ici 5 ans, mais il faut le faire au plus vite, c’est un enjeu essentiel".

Il souhaite "trouver les moyens de la contractualisation locale pour créer une dynamique". Pour le candidat EELV, la France "doit devenir le pays de l’excellence biologique", et il souhaite "que l’Europe construise sa souveraineté alimentaire autour de l’agriculture paysanne".

Au sujet de la renégociation du paquet agricole, il estime qu’il faut "réintroduire dans la réglementation l’objectif de moyens et un principe pollueur payeur pour éviter que les agriculteurs bio payent les conséquences de l’épandage de pas mal d’autres" quand des résidus de pesticides sont retrouvés dans leurs champs.

"La France zéro pesticide c’est la réponse aux perturbateurs endocriniens", assure Yannick Jadot. "Ça doit être notre objectif. Il y a l’argent de la PAC, une volonté citoyenne, si on aide les paysans dans la transition ça peut être un beau projet", conclut-il.

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2017-03-14
REMOUS
par Marc Laimé, mardi 14 mars 2017 @ 23:08

La Commission européenne a publié, lundi 6 février 2017, un bilan de la mise en œuvre de la politique environnementale de l’UE, sous la forme d’une communication et d’une annexe à cette communication qui, pointant les forces et les faiblesses de chaque pays suggère des actions, assurant que le respect de la législation environnementale européenne permettrait à l’Union d’économiser 50 milliards d’euros par an en coûts de santé et en coûts directs pour l’environnement.

Que ce soit en matière de gestion et de prévention des déchets, de biodiversité, de pollution de l’air, de qualité de l’eau, "on trouve à l’origine de ces problèmes [de mise en œuvre] un certain nombre de causes communes à plusieurs États membres : une coordination inefficace entre les différents niveaux administratifs, un manque de capacité et des connaissances et des données insuffisantes".

La France doit relever trois principaux défis : l’amélioration de la qualité de l’air, la réduction de la pollution de l’eau, notamment par les nitrates, mais également mieux appliquer la loi pour garantir la protection des habitats et des espèces.

La qualité de l’air continue d’être préoccupante. "Les violations persistantes des exigences relatives à la qualité de l’air (pour PM10 et NO2), qui ont des conséquences négatives graves sur la santé et l’environnement, font l’objet d’un suivi, rappelle la Commission. Le but est la mise en place de mesures adéquates afin que toutes les zones soient rendues conformes". Elle recommande de réduire les émissions de NO2 liées au transport, en particulier dans les zones urbaines, et celles de PM10 notamment en jouant sur les émissions liées à l’énergie et à la production de chaleur au moyen de combustibles solides, aux transports et à l’agriculture.

La qualité des eaux pâtit des lacunes dans l’évaluation de l’état des masses d’eau dans les plans de gestion de district hydrographique. La pression prioritaire reste celle liée à l’agriculture. "La pollution diffuse provenant de l’agriculture constitue la pression significative la plus répandue sur les masses d’eau - affectant 39% des masses d’eau au niveau national, beaucoup plus dans certains districts hydrographiques, souligne-t-elle. Le système actuel de la facturation de l’eau et de la taxation des nitrogènes/pesticides incite peu à améliorer les pratiques agricoles".

La Commission rappelle aussi que la biodiversité de la Méditerranée est menacée par des sources de pollution terrestre. Elle regrette que la définition du bon état écologique adoptée par la France soit qualitative et non quantitative. "Ce choix, combiné à l’absence de référentiel de base, entraîne un manque général de clarté quant au bon état écologique, précise-t-elle. L’ensemble des pressions et impacts sur le milieu marin ne sont souvent pas clairement et efficacement couverts, ce qui peut poser des problèmes pour la fixation des objectifs environnementaux, la surveillance et l’élaboration d’un programme de mesures".

Le dispositif Natura 2000 ne recouvre que 12,7% de la superficie de la France (contre en moyenne en UE 18,1%). Les habitats côtiers, les zones humides et les écosystèmes liés à l’eau ainsi que les habitats liés à l’agriculture sont les principales zones menacés. Parmi les pressions les plus importantes : la disparition des habitats (due en particulier à l’expansion urbaine, à l’intensification agricole, à l’abandon des terres et à la gestion intensive des forêts), la pollution, la surexploitation (en particulier des pêcheries), les espèces exotiques envahissantes et les changements climatiques.

"La principale difficulté en France en ce qui concerne la mise en œuvre de Natura 2000 consiste à assurer un financement approprié, tant de la part des fonds nationaux que de l’UE, et à œuvrer pour une meilleure intégration des politiques de protection de la nature et des politiques agricoles", note la Commission. Elle pointe également la chasse illégale et la détermination de la saison pour les espèces d’oiseaux protégés. "Pour certaines espèces (à savoir le Bruant ortolan et l’oie), les informations connues par les plaintes et les infractions semblent suggérer que les autorités françaises ont réduit l’intensité de leur contrôle, mettant en péril l’état de conservation de ces espèces", poursuit-t-elle.

Tout en reconnaissant la baisse de la production de déchets du pays, la Commission invite la France à progresser concernant le recyclage. "La France est encore trop dépendante de l’incinération, regrette-t-elle. De même, la mise en décharge représente encore un taux préoccupant de 26% de l’ensemble des déchets municipaux".

Une fiscalité environnementale en dessous de la moyenne européenne, avec des recettes équivalentes à 2,05% du PIB en 2014 inférieures à la moyenne de l’UE (2,46 %), les transports restant très peu taxés.

Elle rappelle la publication en 2016 d’une étude qui "suggère qu’il existe un potentiel considérable en France pour réorienter la charge fiscale pesant sur le travail vers les taxes environnementales", de l’ordre de 19 milliards d’euros en 2018, 40 milliards en 2030, soit 0,84 % et 1,43 % de PIB supplémentaire en 2018 et 2030 respectivement.

"La source potentielle de recettes la plus importante proviendrait de l’augmentation préconisée des taxes sur les véhicules", de l’ordre de 27 milliards d’euros en 2030, équivalant à 0,95 % du PIB, suivie des taxes sur les carburants de transport (7 milliards d’euros en 2030, équivalant à 0,25 % du PIB) et de la taxe recommandée sur les passagers aériens (2,6 milliards d’euros en 2030, équivalant à 0,09 % du PIB).

Côté « points forts », ce qui exprime aussi une vision du monde, la Commission salue l’efficacité avec laquelle l’économie française utilise les ressources matérielles pour générer de la richesse : elle affiche un productivité de 2,8 euros/kg contre une moyenne de 2 au niveau européen. Elle considère aussi la France comme un acteur européen majeur dans le domaine de l’éco-innovation. Toutefois, si elle se positionne en septième position, elle reste encore loin du podium occupé par le Danemark, la Finlande et l’Irlande. En cause ? Sa productivité limitée en matière d’énergie et d’eau et un nombre faible d’investissements verts initiaux.

Une “excellence” fantasmatique…

La Commission cite enfin des "points d’excellence" qui pourraient être étudiés par d’autres pays :

• "une bonne capacité administrative (par exemple, des organes d’inspection spécialement consacrés à la protection de l’environnement, ICPE, ONCFS, etc.) et une autorité environnementale engagée 
dans l’évaluation des plans et des projets" ;

• son réseau trame verte et bleue ;

• "des outils de gouvernance innovants et participatifs pour protéger la biodiversité tels que des structures spécifiques pour Natura 2000 (un comité directeur avec des parties prenantes locales et un plan de gestion spécifique) et une politique régionale des parcs naturels qui protège l’environnement tout en veillant au développement durable des activités humaines (parcs naturels régionaux)".

Ici, hélas, la Commission se laisse abuser par une intense production bureaucratique, les innombrables villages Potemkine caractéristiques de la prise en compte de l’environnement dans la période, habile rideau de fumée qui occupe l’essentiel des services en charge de l’environnement…

Les contentieux

Le rapport ne fait pas directement référence aux contentieux qui opposent la Commission et la France pour non respect des textes européens en environnement.

Il en existe pourtant plusieurs : la France a récemment été condamnée par la CJUE pour non respect de la directive sur les eaux résiduaires urbaines, elle est en situation précontentieuse pour ses émissions de NOx et de PM-10, pour ne pas suffisamment protéger le bruant ortolan, pour ne pas avoir réalisé une étude d’impact globale sur Notre-Dame-des-Landes et sur les plans régionaux de gestion des déchets notamment.

Elle a en revanche récemment résolu le contentieux relatif à la pollution aux nitrates en Bretagne, autre miracle dont on aimerait connaître les tenants et aboutissants, enfin on sait : un "rapportage" optimisé...

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2017-03-08
FIGURES
par Marc Laimé, mercredi 8 mars 2017 @ 11:30

Anne Spiteri, polytechnicienne, licenciée de l’IFEN en 2007 après avoir refusé de truquer sur ordre de sa hiérarchie le bilan officiel de la présence des pesticides dans l’eau, ce qui lui a coûté sa carrière, a travaillé pendant plus de deux ans avec Cyrille Deshayes, alors responsable du pôle Eau du WWF-France, qui vient de disparaître brutalement à 44 ans, à la création d’un site d’information expliquant la réalité de la contamination des eaux en France. En hommage à Cyrille, elle livre aujourd’hui, sous forme d’un véritable journal de lutte, une partie du dialogue engagé entre deux défenseurs résolus du bien commun.

« J’ai connu Cyrille en 2008 alors qu’il était responsable du Pôle Eau Douce du WWF et qu’il voulait, avec Marc, dénoncer les graves dysfonctionnements du système français de production de données publiques brutes et élaborées sur l’eau.

Nos travaux ont donné lieu à la publication en 2011 d’un petit document WWF intitulé "Qualité de l’eau, une vérité qui dérange".

Au tout début, on y croyait. Mais on n’a pas été aidés, ni par les journalistes, ni par le WWF qui a fini par supprimer complètement cette campagne sur l’eau en 2013.

Pour moi qui avais déjà vécu moult désillusions et coups bas environnementaux, c’était juste "comme d’hab" ; mais pour Cyrille, cela a été un véritable choc. Son engagement admirable pendant toute cette période a cependant contribué à la révélation publique de graves manquements sur la connaissance, l’état et la protection de la ressource en eau.

Heureusement, le rapport original

« L’eau, toujours source de vie ? L’état réel des eaux et des données sur l’eau » qui avait servi de base au petit document WWF "Qualité de l’eau, une vérité qui dérange", mais qui dérangeait a minima tellement il avait été édulcoré, restera toujours en ligne sur mon site.

J’ai beaucoup apprécié Cyrille, pour son savoir et son intelligence comme pour ses grandes qualités humaines : il faisait partie des quelques personnes de grande valeur que l’on peut croiser dans une vie et que l’on n’oublie pas. Et j’ai trouvé que le comportement du WWF envers lui avait été tout à fait odieux et lamentable.

Alors, comme Marc, j’éprouve une immense tristesse depuis l’annonce de son décès.

J’ai réuni ci-dessous, dans l’ordre chronologique, les 26 commentaires que Cyrille, qui se disait avec humour "fan absolu" du nouveau paradigme sur l’eau potable et l’assainissement, avait mis au bas des articles de mon site, "pour te soutenir" ; et de fait, j’avais beau en mettre une tonne, il trouvait toujours le moyen d’en rajouter une couche ou de dire ce que je n’avais pas osé dire ! C’était formidable et d’autant plus sympa de sa part qu’il ne trouvait le temps de les rédiger que "dans les RER et les trains".

Ses commentaires sont toujours d’actualité ; ils montrent combien il prenait à cœur la protection de l’environnement ; ils constituent une synthèse pleine de fougue, de colère, d’humour, d’espoir, de déception, d’ironie, d’altruisme et de franc-parler sur ses engagements dans ce domaine.

Cyrille s’inquiétait entre autres : « Quelles réponses donnent-ils à leurs enfants "Qu’as-tu fait pour endiguer cette situation, que fais tu pour améliorer les choses, est-ce que je peux être fier de toi ?" » (Commentaire du 2011-02-15 10:16).

Eh bien il a certainement fait plus pour l’environnement dans sa trop courte vie, que tous "les grands corps malades ou élites" (Commentaire du 2011-03-10 11:36) réunis, et sa fille peut être fière de lui.

Mais mes mots sont dérisoires devant la peine.

Cyrille Deshayes

Place à Cyrille :

Le 2009-09-17 16:23 sur Pression sur la ressource en eau : Micropolluants chimiques

Travail et réflexion remarquables ! Cet article soulève beaucoup d’interrogations en plus des lacunes de connaissances soulignées : non exhaustivité des molécules prises en compte, la question de la prise en compte des métabolites et leur degré de toxicité.... Une chose est sûre, il est urgent de stopper les apports de tous ces produits chimiques, dont on ne connait rien ou si peu des interactions, de leur assimilation dégradation par les organismes vivants (végétaux et animaux). A la vue de tous ces déversements on peut se poser la question si un jour et même pour les nappes profondes, on aura encore une ressource en eau de qualité potable sans traitements au sens de « l’eau biocompatible » !

Le 2009-09-17 16:55 sur L’Ill, contamination chimique des sédiments

La LQ des PCBs est remontée de 1 à 5, ce qui peut être une explication de leur non détection et non de leur absence ! Ce qui est intéressant pour cette rivière est la comparaison entre sédiments et contaminants de la masse d’eau. On constate que la rivière est contaminée à un degré qui est loin d’être anodin. L’hydrosystème continuera d’être alimenté par des molécules toxiques dans la mesure où ses sédiments sont eux-mêmes contaminés avec des toxiques persistants, dont les plus problématiques en termes de toxicité sont les HAP. On remarquera d’ailleurs en comparaison avec l’article (1) sur la même rivière que selon l’auteur et selon l’évaluation de la toxicité, l’essentiel repose pour cette rivière sur les HAPs.

Le 2009-09-17 17:19 sur Les données sur l’eau douce continentale

Là encore une très bonne synthèse du sujet "données sur l’eau en France", avec des définitions claires et nettes. On voit que l’auteur a une complète maîtrise du sujet et des enjeux afférents ou sous-jacents de ces données sur l’eau et de leurs usages. Quel doit être le niveau d’intervention de l’Etat sur la question de la fourniture des données ? => a priori objectivité et transparence doivent guider les actions, pour rejoindre l’approche patrimoniale. Et à partir ces données patrimoniales : fournir un jeu de données réglementaires, et non avoir l’approche contraire. C’est à dire partir de l’objectif réglementaire, définir le dispositif et l’architecture (protocoles de prélèvements, fréquences, exhaustivité des molécules recherchées et de leurs métabolites, la toxicité de ces molécules, seuils analytiques,...) et s’en servir pour rendre compte et inscrire ces données qualifiées ensuite de patrimoniales. Ce site a au moins le mérite de nous ouvrir les yeux sur une réalité qui n’est pas celle affichée officiellement. Bravo pour ce travail et cette réflexion. Puisse ce site expert servir le plus grand nombre.

Le 2009-09-17 17:34 sur Atrazine et Déséthylatrazine : les eaux souterraines

« L’Atrazine et le Déséthylatrazine : (1) les cours d’eau et (2) les eaux souterraines des régions agricoles » : Deux articles remarquables qui en disent long et qui sèment le doute quant à l’éventualité d’une utilisation frauduleuse encore actuellement de l’atrazine pourtant interdite depuis 2003. Si l’on fait le parallèle entre ces analyses conduites par une experte qui prend toutes les précautions d’usage pour ne pas dire que l’atrazine est encore utilisée, difficile d’en avoir la preuve formelle, et le rapport de l’IGE (Inspection Général de l’Environnement) du 18 janvier 2005 sur la question des pesticides (Bilans des plans d’action régionaux de lutte contre les pollutions de l’eau par les pesticides dans le cadre du plan national), le doute diminue. Pour ma part cette molécule est encore utilisée, alors que l’on sait qu’elle est fortement préjudiciable pour l’AEP. Que fait la police de l’Eau ?

Le 2009-09-24 15:27 sur Qualité de la recherche des substances chimiques dans l’eau des rivières

Là encore l’auteur, jette un pavé dans la mare et quel pavé ! Article là encore très pertinent qui ne peut laisser indifférent. Combien d’années encore avant d’agir sérieusement ? La Crise de l’Eau en France n’est pas une utopie, elle sera pour bientôt, et elle sera violente ! A nous d’éveiller les consciences. Ce qui se passe n’est pas une fatalité ! Il y a des coupables à cette situation, mais il y a surtout des réponses et des solutions. L’auteur nous éclaire : un grand merci !

Le 2009-09-24 17:16 sur Nappe alluviale de la Saöne : contamination chimique de l’eau

Là encore une analyse très pertinente. Les résultats sont très parlants et le moins que l’on puisse dire, si l’on prend quelques paramètres tels que Trichloroéthane et Tétrachoréthylène, leur concentration ne cesse d’augmenter ! Alors que l’on tend à dire que les molécules les plus préoccupantes en matière de micropolluants sont les pesticides ! Il faudrait pour le moins être plus incisif sur les ICPE et les autorisations de rejets industriels. L’objectif zéro rejet doit être fixé. Dire que cette nappe sert à produire de l’eau potable !

Le 2009-09-24 17:28sur Un nouveau paradigme pour l’eau potable et l’assainissement

Remarquables ces 5 articles "Un nouveau paradigme pour l’eau potable et l’assainissement", personnellement, j’adore ! Concrètement cessons le fiasco actuel et mettons-nous autour de la table pour réfléchir à un nouveau modèle plus durable, même si nous n’avons pas tous, toutes les solutions. Posons les problèmes, et les coûts/efficacité et tentons de voir si ce modèle nous conduit vers une impasse à court/moyen terme (concrètement, il y a urgence : regardez l’état de certaines nappes phréatiques en France laminées en moins de 30 ans) ! Les efforts sont à engager d’urgence sur nos nappes profondes à préserver pour l’alimentation en eau potable de très bonne qualité ! Les propositions formulées peuvent rapidement être testées dans le cadre d’opérations pilotes ! Une question cependant, je n’ai pas vu ou mal apprécier la question du traitement du pluvial ! => Là encore pour le pluvial un nouveau paradigme est à envisager plutôt que le tout-tuyaux : des solutions existent actuellement, mais sont peu démocratisées et loin d’être mises en avant par les collectivités !

Le 2009-09-25 08:31 sur La Vilaine : hausse des concentrations des nitrates de 1971 à 2008

30 ans ont suffi à rompre un équilibre millénaire, avec une multiplication de la concentration par 10 : NON ce n’est pas dû au hasard, et ce n’est pas une fatalité comme certains voudraient le laisser entendre ! On a certes des nitrates dans nos cours d’eau en absence d’activités humaines, mais dans une fourchette de 2-5mg/l (on a toujours des nitrates issus de l’activité microbienne : dégradation de la MO). Rappelez-vous qu’une espèce bioindicatrice digne de ce nom comme la moule d’eau douce (espèce prioritaire, en voie d’extinction au niveau national) a besoin pour boucler son cycle de 2 mg/l maxi de nitrates ! Cette espèce était là bien avant nous, et sa disparition tient en partie à une dégradation qualitative sur le paramètre nitrates de notre ressource en eau ! On pourra toujours définir des indicateurs de bon état écologiques et être conforme à la DCE, sur un paramètre aussi simple que les nitrates on voit bien que si on veut être rigoureux sur une approche indicateurs et être ambitieux, il faut mettre la barre haute, ce qui n’est vraisemblablement pas la voie prise par la France ! Combien d’années faudra t’il pour retrouver une qualité digne de ce nom sur un paramètre aussi simple que les nitrates ! Le Bon état en 2015 sur les niveaux de 1977, peut être, si l’on ne recherche pas ce paramètre en décembre ou janvier ! Tout est question de méthode et de rigueur : bas l’essentiel diront certains est d’éviter les contentieux avec Bruxelles !

Le 2009-09-25 08:45 sur La Vilaine : deux millions de tonnes de nitrates en trop déversés à l’océan depuis 1971

Au fait, il me semble que la France a pris un certain nombre d’engagements !? La convention OSPAR, notamment cela vous dit quelque chose !? On peut toujours signer des conventions et faire de beaux discours ! L’auteur nous donne là encore un exemple du respect des engagements pris par la France ! Connaître et réduire les flux rejetés en mer, pour OSPAR façade Atlantique : on voit bien que la France s’attèle depuis 30 ans : 1) Il n’y pas beaucoup de communications sur ces flux ! 2) on a multiplié par 10 nos apport de nitrates (il est vrai qu’il ne s’agit que d’estimations, et qu’il est nécessaire de prendre en compte des marges d’erreurs (analytiques et de débits Q), ce qu’évoque l’auteur !). Sur un paramètre aussi simple que les nitrates et sur une rivière, on voit bien que la France fait des efforts pour connaître ses apports et les réduire ! Qu’en est-il de paramètres encore plus problématiques (micropolluants !?) => Allez encore un petit effort, on fera le point dans 30 ans, nos enfants nous remercierons ! Une solution pour ce paramètre : multiplier la redevance pollution par les nitrates par 10 ! Un peu de courage politique !

Le 2009-09-25 09:21 sur La Garonne et le Tarn : évolution inquiétante de la température de l’eau

L’augmentation de la température est une réalité et l’homme en est responsable, personne ne peut l’ignorer (sauf peut être ceux qui ont un intérêt à se voiler la face….). Pour les cours d’eau la tendance est similaire. L’exemple donné ici nous le confirme ! Une activité économique qui génère un impact qualitatif négatif sur ce critère température comme une centrale nucléaire, va elle-même être impactée et amplifier ce phénomène (peut-être dans une moindre mesure si en amont, la prise d’eau se fait dans une retenue (le temps pour que cette masse se réchauffe sur toute sa hauteur est plus long). Quid des dépassements d’autorisation de rejets de T°, Quid de la baisse de disponibilité de la ressource ? Et les poissons et notamment les salmonidés dans tout cela, auront-ils le temps de s’adapter, aura-t-on une dérive génétique rapide et des espèces capables en quelques générations de s’adapter ? On peut être sceptique, mais la nature nous révèle parfois quelques surprises ! Il suffirait de quelques individus résistants (à des températures sup. à 22-24°C (les salmonidés et notamment les saumons n’apprécient pas des T° sup. à 22°C)) par génération et sur plusieurs générations pour voir une population se maintenir et s’adapter (on le voit bien avec des êtres vivants comme les insectes, ou bactéries, qui deviennent résistants aux insecticides ou antibiotiques, et il suffit de quelques individus résistants pour qu’en quelques générations on obtienne une nouvelle population !). Il y a cependant un gap : les poissons même s’ils peuvent être prolifiques, ne se reproduisent pas avec la même rapidité et facilité, par ailleurs ils sont soumis à d’autres pressions (pertes/dégradation d’habitats, pollutions, chimiques,…). A j’oubliais, ils pourraient toujours s’adapter, mais jusqu’à une certaine limite (à 50°C on commence à cuire les protéines !) => On a de la marge !

Le 2009-09-25 09:50 sur Nappe de Beauce : évolution du niveau de 1965 à 2009

Un article intéressant qui est à rapprocher de Une irrigation copieusement arrosée d’euros (Pierre Boulanger). D’autres articles du même auteur vous aideront à mieux comprendre la situation catastrophique de notre ressource (tant quantitative que qualitative). Pour l’heure en Beauce, tout va bien : sur le site SAGE BEAUCE, on ne voit la problématique Eau presque que par l’approche quantitative, préoccupation 1ère des irrigants ! Il est vrai que la nappe de Beauce sert aussi pour produire de l’eau potable aux communes rurales et agricoles qui sont situées à sa surface (c’est l’arroseur arrosé !). Tout va pour le mieux, puisque pour l’eau potable on raccorde les réseaux à tout va, donc, il n’y aura plus de problèmes…. On continuera à produire comme on le fait depuis 30 ans. C’est les poissons de la rivière Conie qui ne sont pas contents, ne recherchez pas non plus à vouloir faire une descente de kayak l’été sur cette rivière, il n’y a plus d’eau ! => Le bon état en 2015 !? On va bientôt classer cette rivière en OUED : donc pas de problèmes !.....

Le 2009-09-25 10:12 sur Nappe de Beauce : évolution des nitrates, chlorures, dureté et pesticides

A quelle est belle notre Beauce, certains diront le grenier à Blé de la France ! L’Eure et Loir dont une bonne partie comporte la Beauce n’est il pas le premier département Français pour la production de céréales !? La France n’est elle pas excédentaire pour sa balance commerciale pour ses produits agricoles, du fait des céréales, des produits IAA (manufacturés) et pour ses spiritueux !? Dans un contexte de déficit structurel de sa balance commerciale, on comprend mieux pourquoi on continue de soutenir un tel modèle agricole qui nous conduit et conduit nos eaux de surfaces et souterraines (cf. cas cité ici) à la catastrophe ! 30 ans auront servis à ce résultat : Les responsables : nos politiques ! Les agriculteurs : les boucs émissaires ! Ce qui est intéressant et ce que montre l’auteur, c’est l’augmentation récurrente des concentrations des paramètres mesurés : nitrates, chlorures, dureté, depuis 1985 (et avant ?). Compte tenu de cette situation et de ces courbes : 1) Existe-t-il une corrélation sur la base de ces 3 paramètres avec une augmentation de la salinité des sols (accentuée par l’irrigation, on est dans un bassin où l’été on arrose par 30°C en plein soleil, alors que des restrictions d’usage existent pour les particuliers (mais on m’a déjà répondu, il n’y a pas de problème sur la nappe de Beauce en été (on était en 2003, et rebelote cet été 2009 !) => va-t-on vers la désertification de cette plaine, qui perd en matière organique !? 2) Existe il d’autres paramètres mesurés (HAP, PCBs, métaux, autres substances synthétiques) pour lesquels on constate une augmentation (il serait intéressant de constater une augmentation des HAP : il faut savoir que pour empêcher l’agglomération des boulettes d’engrais chimiques (pour faciliter la mécanisation de l’épandage), les industriels pulvérisaient du fuel ! => On a aspergée la Beauce de pétrole !). 3) Peut on établir des droites de régression pour avoir une estimation de là où cela nous mène si on continue sur cette voie ? 4) Quid des populations habitant en surface (l’eau potable est produite à partir de cette nappe) ?

Le 2009-09-25 10:24 sur Le Loir, aperçu de la toxicité et de la contamination chimique Article très intéressant ! Compte tenu de la position géographique de cette rivière et du point analysé (cf. introduction de l’auteur) et des résultats, plusieurs questions m’interpellent : 1) la qualité ne peut pas uniquement être fondée sur présence/absence de molécules. Il faut une approche toxique, ce que met bien en avant l’auteur ! 2) Alors que nous sommes a priori dans une région agricole, la toxicité évaluée selon l’approche de l’auteur n’est pas seulement que le fait des pesticides. Les HAP y contribuent pour une bonne part !? 3) D’où viennent ces HAP ? 4) Les PCBs ne sont pas identifiés dans l’eau, ce qui pourrait ne pas être surprenant (sont assez peu solubles sauf pour ceux qui possèdent 3 atomes de chlore, Ceci étant, leur non détection peut aussi traduire une LQ trop élevée (car on les retrouve dans les sédiments, qui eux ne sont pas caractérisés : les PCBs sont surtout présents sur la MO et la partie fine).

Le 2009-09-25 10:31 sur Le Loir : hausse des concentrations de nitrates de 1971 à 2008

On se situe en amont du BV du Loir dans une région très agricole. La tendance donnée par les courbes ne laisse pas voir d’amélioration notable, ce qui laisse entrevoir des apports continuels dans la nappe, et donc pas d’amélioration à attendre quant à l’état de cette dernière pour ce seul paramètre (à croiser avec l’article portant sur la nappe à Nottonville). Quand on sait que la population dépend essentiellement de cette ressource phréatique pour ses besoins en AEP !.....

Le 2009-10-09 10:54 sur Pression sur la ressource en eau : qualité générale

Cet article comme tant d’autres montre qu’il est urgent de changer de braquet, en référence au rapport du conseil de l’Europe, passé sous silence, sorti le 20 janvier 2009 (n°Doc. 11788), intitulé « Environnement et santé : pour une meilleure prévention des risques sanitaires liés à l’environnement ». Nul doute que nos apports agricoles et industriels sont encore trop nombreux de façon unitaire ou cumulés. Pour l’industrie, même si les données, ne sont qu’à minima, cela en dit long sur la réelle volonté de retrouver un bon état ! Comment en effet, alors que les activités ICPE ne sont pas plus contraintes à fournir des données et ne sont pas plus contrôlées ! Quel crédit accorder aux déclarations volontaires ? A l’heure où l’on ne cesse de prôner le Développement Durable, à y regarder de plus prêt avec des données qui ne sont pas assez qualitatives (et pourtant démonstratives, et à minima), on voit comment est traduite sur le terrain la pertinence des discours. La gestion patrimoniale de l’eau adoptée par la France, à la vue de cette analyse, est pour le moins une « blague de mauvais goût » ! Avoir une gestion patrimoniale c’est se fixer des objectifs ambitieux, réalistes, un suivi et des indicateurs de performance pertinents. Pour les ICPE, c’est tendre vers le zéro rejet !

Le 2009-10-13 17:15 sur Pression sur la ressource en eau : quantité

Article encore très intéressant qui soulève de nombreuses questions. On s’aperçoit que l’on gère la ressource de façon empirique et à la hussarde… Pour l’approche patrimoniale, il faudra attendre la CRISE…. On voit bien que tous les compartiments, et tous les prélèvements AEP, industrie et agriculture sont interdépendants. Nous sommes sur des équilibres fragiles, et fragilité dit gestion patrimoniale…. => Un nouveau paradigme pour ces usages/prélèvements est à avoir : Pour l’AEP et le tout tuyaux, ok, les écrits de l’auteur nous laissent percevoir des possibilités. Pour l’industrie ? Pour l’agriculture => Il faut une révolution. Le rapport INRA 2006 sur Sécheresse/agriculture nous offre des pistes, mais qui pour le moment sont pas exploitées par les filières, notamment celle du Maïs : Le sorgho semble offrir une réelle alternative, mais c’est au secteur amont –aval dans sa totalité d’intégrer cette culture et les formulations de l’alimentation animale avec cette céréale.

Le 2009-10-13 17:34 sur Un nouveau paradigme pour l’eau potable et l’assainissement

Pour capter ces eaux météoriques, sans dommages collatéraux, et dans un contexte d’augmentation de température, les couvertures végétalisées et les murs végétalisés pourraient apporter des réponses intéressantes, tout en permettant de renforcer l’isolation des bâtiments, ou du moins favoriser l’inertie thermique (le tout béton en été, ce n’est pas super !). => Nouveau paradigme pour l’urbanisme, avec une approche intéressante sur la restauration d’une biodiversité laminée. L’eau serait au cœur de ce processus de revégétalisation, restauration de la biodiversité en milieu urbain. Pour le coup, on aurait de nouvelles opportunités économiques de "croissance verte" !

Le 2011-02-15 10:02 sur Une information officielle indigente sur l’état chimique des eaux jusqu’en 2009

Voilà une belle illustration/démonstration de la façon dont on peut s’y prendre pour berner les citoyens, à partir des données environnementales. Dormez tranquilles braves gens, on s’occupe de tout… Et surtout de bidouiller les données brutes pour restituer une information minimisant la situation… Cette démonstration sur la base des données publiques ayant trait à l’eau est imparable. Que dire des autres données environnementales ou autres (santé, économiques, emploi,….) ? Peut-on faire confiance aux autres documents officiels s’appuyant sur des données publiques et aux politiques qui en découlent. Quand on sait que l’ensemble de nos politiques publiques sont établies à partir de rapports utilisant des données publiques !?

Le 2011-02-15 10:16 sur Les publications officielles depuis 2009 sur l’état des eaux et ses tendances sont consternantes

Avec cette démonstration, l’auteur enfonce le clou ! L’eau est une ressource patrimoniale et doit être gérée comme telle. Aussi, une information qualitative doit être dispensée afin de régir les orientations/politiques publiques pour répondre aux enjeux, faire face aux problèmes et apporter des solutions pertinentes/adaptées. Il est sûr qu’en bidouillant un peu les données ou en édulcorant la situation, on conserve encore un peu plus longtemps les modèles économiques qui nous ont conduit à cette catastrophe environnementale ! Bah, le développement durable… Nos enfants n’auront qu’à se débrouiller de la situation qu’on voudra bien leur laisser…. Ce qui est également consternant, c’est de savoir que bon nombre de personnes sont au courant de ces pratiques… J’ai honte pour eux, comment peuvent-ils le soir se regarder dans la glace et être fier de ce qu’ils font ? Quelles réponses donnent-ils à leurs enfants « Qu’as-tu fait pour endiguer cette situation, que fais tu pour améliorer les choses, est-ce que je peux être fier de toi ? »

Le 2011-03-01 09:21 sur L’eau toujours source de vie ? L’état réel des eaux et des données sur l’eau

A la lecture de cette synthèse, on se demande si l’eau est pour la France une ressource patrimoniale, et si elle est gérée comme telle ? Pour les français, il ressort de différents sondages, que l’eau est la thématique environnementale la plus importante, cela n’est certainement pas vrai pour ceux qui nous dirigent ou administrent sa gestion ! Tout est semble-t-il accompli pour occulter la situation, qui à la lecture de ce rapport est peu réjouissante et enviable (à la belle école française de l’eau, il est vrai que pour donner des leçons on est champion, pour le reste, circulez il n’y a rien à voir, dormez tranquille braves gens, on s’occupe de tout et on ne souhaite surtout pas vous donner les bonnes informations….). Comment s’étonner à la lecture de cette synthèse, que la biodiversité inféodée aux milieux aquatiques ne puisse pas être impactée par toutes sortes de pressions anthropiques, à différents niveaux : hydromorphologie, continuité écologique, nutriments/contaminants physico-chimiques, phytoplancton et zooplancton, algues et végétaux aquatiques, faune benthique, batraciens, reptiles, poissons, et prédateurs (homme, mammifères aquatiques, et oiseaux aquatiques). L’eau est le réceptacle et le miroir de nos pratiques les plus diverses, on aura beau lancer de beaux programmes de restauration sur les espèces les plus diverses, si en parallèle les pressions sur l’eau qu’elles soient qualitatives (pressions toxiques) ou quantitatives continuent encore et encore…. Ce n’est pas grave, l’essentiel c’est de faire tourner le business ! Si quelques espèces disparaissent, si notre environnement quotidien est dégradé, que l’on se réjouisse, on a quelques hauts lieux préservés où il faut payer soit le parking soit l’accès, on a les parc zoologiques où l’on pourra amener nos enfants les jours de congés…. Avec cette synthèse, on ne pourra pas dire que l’on ne savait pas…. Merci à l’expert qui a écrit cette synthèse, certes difficile à lire, mais ô combien importante compte tenu de la faiblesse qualitative des nombreux rapports officiels qui se suivent et se ressemblent, tous plus indigents les uns que les autres ! On prend les français pour des benêts, et on fait en sorte qu’ils le restent, afin de préserver encore quelques temps certains modèles économiques passéistes très impactant pour nos ressources hydriques et les espèces qui en dépendent…. A la lecture de ce rapport il est urgent de réformer la gouvernance de l’eau, de créer une structure indépendante en charge des données environnementales, chargée de produire des rapports qualitatifs dignes d’un pays comme la France, afin d’engager les politiques de réforme qui s’imposent ! Quel crédits accorder aux politiques de l’eau actuelles, et plus largement environnementales ou économiques, si les éléments de bases (données brutes, données traitées, rapports/synthèses) nécessaires à la prise de décision ne traduisent pas la réalité ? Autrement dit comment prononcer le bon diagnostic et proposer le bon traitement si la prise de température est mauvaise ?

Le 2011-03-10 11:36 sur La surveillance des contaminants chimiques et l’évaluation de l’état chimique DCE ne sont que des leurres

Cette synthèse est remarquable et permet de bien comprendre que finalement la DCE avec la liberté qu’elle accorde aux états membres de l’EU ne permettra pas d’atteindre les bons états chimiques de nos eaux souterraines et de surface, ni même d’atteindre le bon état écologique ni en 2015, ni en 2021 ou même en 2027. L’eau qualifiée de patrimoine commun n’est pas traitée de façon patrimoniale et le plus grave, c’est que l’on ne se donne pas les moyens en France d’avoir de bons états des lieux et un bon suivi des pollutions des eaux de surface ou souterraines. Je suis sûr, comme avec un certain nombre d’ouvrages comme "Printemps silencieux" de Rachel Carson (1962) traitant de la contamination des pesticides et leurs impacts sur la biodiversité, ou "L’homme en voie de disparition de Théo Colborn" (1991) traitant des micropolluants à effets perturbateurs endocriniens, que malgré les alertes successives, les années se suivent et se ressemblent, les problèmes perdurent, les contaminations s’accroissent, la biodiversité est impactée, sans que l’on se donne réellement les moyens d’apprécier l’ampleur de cette contamination et son évolution. Et l’homme dans tout cela… (épidémie de cancers, nouvelles pathologies,… Il paraît que la dégradation de notre environnement, contaminations chimiques, n’a rien à voir). Business as usual… Quand on peut encore faire du fric sur un modèle économique qui s’essouffle, vaille que vaille et au diable nos ambitions environnementales, on affiche que l’on est vertueux sur la base du bidouillage des données publiques pour dire que tout va bien et que l’on fait des progrès. Qui est aujourd’hui en capacité de comprendre les propos tenus par l’auteur dans cet article ou les autres sur ce site, certainement pas les politiques en place ! Les responsables : probablement "quelques grands corps malades ou élites" qui restent au grès des changements de gouvernements et qui font la pluie et le beau temps. La crise de l’eau est réelle en France et j’espère que ce dossier fera date et permettra de sortir de l’ornière et impasse dans laquelle s’engouffre notre pays. J’espère que ce dossier permettra une prise de conscience et amorcera une réelle crise pour amorcer de réels changements. Bravo pour ce formidable travail !

Le 2013-02-04 15:53 sur La surveillance des contaminants chimiques et l’évaluation de l’état chimique DCE ne sont que des leurres

Comme pour la question du bon état chimique des eaux, qu’il s’agisse des eaux souterraines et des eaux de surface, et la batterie d’indicateurs qui qualifie le soit disant bon état chimique (cf. la démonstration de Anne, sur ce site même) ; il y a tout lieu de penser que le bon état écologique qualifié par une batterie d’indicateurs (hydromorphologie, continuité écologique, indices d’abondance,…) ne soit un leurre au bon état patrimonial ; et que ces mêmes indicateurs ne servent finalement qu’à masquer une réalité bien plus sombre pour éviter les contentieux communautaires ! D’ailleurs avis aux amateurs d’une telle démonstration, je suis preneur !

Le 2013-02-06 16:59 sur Le thermomètre de l’environnement est toujours cassé

J’ai pris en charge le Pôle eaux douces de WWF-France dans le courant de l’été 2006. L’IFEN a rendu public juste à ce moment-là son bilan 2006 des pesticides dans l’eau, et j’ai été sollicité à ce sujet par le journal de 13h00 de France 2. J’ai donc cherché à en savoir davantage et à contacter l’auteur du rapport. Très vite je me suis rendu compte que sa méthodologie soulevait une polémique, et j’ai cherché à en savoir plus. A l’époque, une critique très argumentée a été publiée par une lettre d’information spécialisée qui défend les intérêts de la profession agricole, ce qui m’a intrigué et j’ai donc continué à étudier ce dossier. De fil en aiguille, j’ai appris que le ministère de l’Ecologie s’apprêtait à mettre l’IFEN étroitement sous tutelle, ce qui a été réalisé en 2008, à la faveur de la constitution de l’hyper-ministère de M. Borloo. En fait le Syndicat national de l’environnement comme Mme Corinne Lepage ont tour à tour dénoncé une véritable " liquidation " de l’Institut français de l’environnement, qui a été fondu dans un nouvel organisme. J’ai continué à suivre le dossier de l’eau durant le Grenelle de l’environnement, qui a été très décevant sur ce point. Et j’ai appris à ce moment là que l’auteure du rapport 2006 de l’IFEN sur les pesticides dans les eaux avait été licenciée pour faute, pour avoir refusé de se plier aux directives de sa hiérarchie. Ce qui m’a alors alerté et incité à rentrer en contact avec elle (Anne Spiteri, auteur de ce site). Comme il s’agit d’une question de gouvernance majeure et que la question de la qualité de l’eau figure au rang des premières préoccupations des Français, nous avons décidé de mener une enquête. Nous avons rencontré la chercheuse de l’IFEN qui avait été licenciée, et nous avons ensuite identifié plusieurs dysfonctionnements graves, que nous avons rendus publics en 2011. Cette scientifique, qui est au chômage depuis son licenciement par le ministère de l’Ecologie, a créé le premier site internet grand public qui permet de prendre connaissance de l’état réel de l’eau. Nous soutenons, comme les membres du Conseil Scientifique du WWF, cette démarche qui répond d’ailleurs à des obligations de transparence sur les données publiques environnementales que nous imposent des directives européennes. Nous attendons que le gouvernement apporte des réponses précises à l’ensemble des dysfonctionnements que nous avons relevé, hier et aujourd’hui (Affaire ONEMA). D’autant plus que le public a droit aujourd’hui, compte tenu des engagements communautaires souscrits par la France, à une totale transparence sur les données publiques environnementales, et d’autant plus que la politique de l’eau qui est mise en œuvre est financée à environ 85% par sa facture d’eau !

Le 2013-02-13 16:25 sur Les grandes faillites de l’état sur l’eau et les milieux aquatiques

Cette gabegie politico-financière autour de la thématique de l’eau, et que l’on nous vend comme étant le modèle de référence qu’il faut déployer à l’international, ne tient aujourd’hui que par le biais de la facture d’eau des ménages..... Qu’on se le dise. 85% des recettes des 6 agences de l’eau française, qui servent la politique de l’eau en France, est le fait des factures d’eau acquittées par les ménages. Ils sont pollueurs et usagers d’une ressource : ils payent et c’est normal, mais ils ne sont pas responsables de la situation à gérer aujourd’hui. Les taxes dont s’acquittent les consommateurs sont mentionnées sur ces factures qui alimentent à 85% le budget des agences de bassin, et qui servent la politique de l’eau dans une optique de gestion de " bon père de famille " : gestion patrimoniale de la ressource. Les agences sont là pour redistribuer ces fonds collectés, pour satisfaire à des objectifs : -de restaurer la qualité physico-chimique des nappes (qui servent entre autre et majoritairement par exemple un usage qui préoccupe ces mêmes consommateurs (eau potable)), et des cours d’eau, -de préserver la quantité de cette ressource patrimoniale, -de restaurer et préserver les milieux aquatiques, ….en faisant de l’incitation financière sur des investissements/programmes de dépollution, gestion quantitative de la ressource… Ces citoyens consommateurs sont aujourd’hui les "dindons de la farce" ! Contributeurs majeurs à la politique de l’eau ils sont peu ou mal représentés dans les instances de gouvernance de cette politique de l’eau. Eu égard à leur poids respectif (contributeur majoritaire au niveau des recettes des agences de bassins), ils devraient être mieux représentés dans ces instances de gouvernance, pour être mieux défendus. Le bilan de 50 ans de politique de l’eau en France est catastrophique. Si nous voulons adopter une politique de résultats, il faut changer les choses rapidement et en profondeur :
- il y a la manière forte : on assèche le dispositif de financements,
- ou alors et je privilégie cette seconde voie, il faut rééquilibrer les forces en présence. Il est grand temps de donner un coup de balai, en intégrant une gouvernance adaptée selon le principe par exemple d’une gouvernance à 5 ou 6 collèges équilibrés (du type Grenelle), à l’échelon le plus local, jusqu’au niveau supra. De façon plus cohérente (le débat est ouvert) et si il devait être intégré le poids respectif des contributeurs nets financiers aux ressources de cette politique, il faudrait 85% de citoyens consommateurs dans ces instances de décisions (CLE, SAGE, Agences de l’eau et CNE ) !

Le 2013-02-22 10:04 sur Anne SPITERI, webmaster du site Eau-Evolution

- Laurent Roy : « Je ne sais pas si elles ne sont pas bonnes. Alors que la France est en contentieux communautaire sur certains dossiers, ça n’est pas le cas pour la DCE[2]. Et la Commission européenne ne nous reproche rien concernant le rapportage, quand plusieurs pays sont en phase de pré-contentieux ».

=> L’histoire n’est pas finie ! il y a tout lieu de s’inquiéter d’un contentieux futur sur le volet DCE, si Bruxelles demande à son tour une enquête, sur la qualité de l’information transmise, au regard :

- 1) de la qualité/pertinence des prélèvements pour les 41 substances prioritaires de l’état chimique (fréquence,…),

- 2) de la qualité des analyses,

- 3) de la qualité de la donnée,

- 4) de la qualité de l’exploitation de cette donnée (faire des moyennes de moyennes, sans écart type,…).

Enfin, il ne faut pas oublier, qu’il ne faut pas s’attarder seulement sur le volet DCE. Il existe sur le marché plus de 100 000 substances chimiques, et le bon état chimique de nos masses d’eau au sens DCE ne concerne que 41 substances dites prioritaires aujourd’hui. Ainsi, on va qualifier un bon état sur 41 substances sans considérer les autres. La connaissance de l’état réel de la contamination (état patrimonial) est important et au-delà d’un objectif purement réglementaire. Comment avoir une bonne politique de l’eau sans cette connaissance non partisane ? L’exercice me semble certes difficile. Ce qui est gênant, c’est le prétexte de dépenser des millions d’euros, en acquisitions de données (vous voyez bien on fait des efforts !), sans être capable de définir un état patrimonial, il y a de quoi se poser des questions !

- Laurent Roy : « La "photo" des masses d’eau –souterraines et supérieures- est partielle et partiellement floue. Partielle, car nous ne disposons pas de tous les "éléments" de connaissance. Partiellement floue, car les données ne sont pas assez précises ou pas suffisamment robustes ».

=> Sans commentaire ! Il ya de quoi se poser des questions et nous voilà rassuré ! A qui va profiter cette situation ? Certainement pas aux milieux aquatiques, à la biodiversité, ni à l’homme qui est un des maillons

- Laurent Roy : « La DCE ne porte pas sur l’état sanitaire des masses d’eau, mais bien sur leur état environnemental. La recherche de la présence de résidus médicamenteux ne fait donc pas partie des missions du SIE. Cependant, des discussions sont en cours au plan européen pour élargir le spectre des substances dangereuses aux substances médicamenteuses ».

=> Sauf erreur de ma part, c’est faux ! Pour chaque molécule chimique qui définit l’état chimique au sens DCE, il y a une norme de qualité environnementale (NQE), qui traduit la toxicité d’une molécule. Et quand bien même cette référence (concentration) serait arbitraire car décidée non pas seulement sur une toxicité réelle, mais sur un accord à caractère politique, afin de ne pas mettre la " barre trop haute " en matière d’ambition et ainsi disqualifier toutes les masses d’eau, il y a bien une entrée sanitaire.

Pour les substances médicamenteuses, il y a un débat/combat communautaire actuellement sur le choix des molécules à intégrer. Tous les pays ne sont pas d’accord, car les impacts économiques selon les différents pays seront pas les mêmes ! L’état sanitaire au sens médicament du terme, est bien loin des priorités débattues selon moi !

2013-02-27 16:34 sur Pression sur les ressources en eau et les Micropolluants chimiques

Bon y’en a marre de ces mauvaises nouvelles ! Et pour toutes celle et ceux qui pensaient que la Loire, qualifiée de dernier fleuve sauvage d’Europe, était épargnée par la contamination chimique ; c’est loupé ! Que faut-il penser de l’approche DCE, et de "milieux classés en bon état écologique ou chimique", mais qui par le biais de facteurs de bioamplification/accumulation possèdent des espèces bourrées de contaminants chimiques classés pour certaines molécules de perturbateurs endocriniens ? La présence des ces espèces n’est pas synonyme de bon état écologique, et leur degré de contamination n’indique pas que le milieu est contaminé. Le bon état chimique au sens DCE n’est fondé rappelons le que sur 41 substances dites prioritaires ! Ainsi, certains contaminants, comme les PCBs (présents dans les sédiments (source de contamination des chaînes trophiques pour plusieurs décennies), ou d’autre molécules (médicaments, hormones de synthèse…) ne qualifient pas le bon état chimique. Ils peuvent être présents en concentration plus ou moins importante, et le milieu peut être classé en bon état chimique au sens DCE ! Certaines espèces comme l’anguille sont presque dans l’incapacité de se reproduire, vu leur charge toxique, et déclarent cancers, nécroses et autres pathologies (imaginez les dans un tel état avant de parcourir leur périple en mer des Sargasses !).

impression

2017-03-06
FIGURES
par Marc Laimé, lundi 6 mars 2017 @ 14:50

C’était un ami, un combattant, un amoureux fou de la nature, de l’environnement, de la vie. Il en avait fait sa vie. Il est mort hier soir, chez lui, à Abondant, en Eure-et-Loir, à quarante huit ans, d’une crise cardiaque, dans la grande maison qu’il retapait depuis des années, avec Corinne, sa femme, et Cassandre, sa fille. Vous ne le connaissiez pas. Il nous manque déjà. Fuck la mort. So long Cyrille.

Cyrille

Je l’avais invité en 2007 à participer à un débat à la Fête de l’Huma, pour le festival de l’Oh !, qui a disparu lui aussi.

C’était l’été, en plein Grenelle de l’Environnement. Le WWF-France, dont il animait le pôle Eau, aujourd’hui disparu, cherchait un sujet de plaidoyer. Un mois que je traquais le scandale des PCB dans le Rhône, près de Lyon.

Opération commando, on monte un dossier accablant. Guillaume Llorca et Cyrille filment une scène sidérante dans le bras du canal de Jonage, en aval de la prise d’eau de Veolia, qui alimente les Lyonnais en eau potable : une péniche chargée de déchets balance tout dans le fleuve !

Retour à Paris, montage, mise en ligne. La video atterrit en Une du Monde, 25 000 vues en vingt-quatre heures. Une semaine plus tard je reçois un beau matin un mel de la police lyonnaise qui nous convoque illico.

Le cabinet de François Fillon (déjà !), Premier ministre, soupçonnait un “montage”, inopportun juste avant que NKM n’enterre les PCBs en trois phrases lors d’une conférence de presse. Le dossier n’est jamais ressorti depuis.

A Lyon les policiers qui nous interrogent, fort civilement, saisissent le master de la video, et se rendront à l’évidence : pas de montage.

Ensuite on s’attelle à la rédaction d’une Guide des bonnes pratiques dans le domaine de l’eau pour les collectivités locales.

Les textes d’application de la LEMA viennent de sortir. Nous convainquons Serge Orru, qui dirige alors le WWF-France, de conduire une enquête de terrain sur la pollution de l’eau : dossiers, films, plaidoyers… Les marées vertes en Bretagne, la pollution de l’eau potable à Chalon-sur-Saône, l’irrigation dans le Sud-Ouest, une STEP qui rejette ses eaux usées dans la Méditerrannée… A chaque fois enquête, voyages, débats publics, à l’arrache, à la rage.

Cyrille siège aussi pour le WWF-France au Comité national de l’eau, y découvre les arrières-cuisines de “l’Ecole française de l’eau”.

Depuis un an j’ai été contacté par Anne Spiteri, notre Erin Brockovitch française. Polytechnicienne, elle a accompli une partie de sa carrière dans la police de l’eau.

En 2007 elle travaille depuis plusieurs années à l’Institut français de l’environnement (IFEN), à Orléans, y supervise la publication du chapitre sur l’eau du rapport 2006 "l’Environnement en France", un énorme bilan publié tous les quatre ans par le ministère de l’Environnement.

Mais elle refuse l’ordre de sa hiérarchie qui lui enjoint de truquer le bilan des pesticides dans l’eau. Licenciement pour faute en un week-end. Blacklist.

Plus de deux ans durant Cyrille se bat en interne, au WWF, afin, qu’avec l’aide d’Anne, nous rendions public le scandale du truquage des données publiques sur la qualité de l’eau. Après maintes péripéties le dossier sort “à minima”, les medias ne relaient pas, trop compliqué. Mais un dossier, aujourd’hui disparu, a longtemps expliqué l’affaire sur le site du WWF-France.

Voir le site Eau évolution, réalisé par Anne Spiteri :

http://eau-evolution.fr/

En Eure-et-Loir, un père de famille contacte Cyrille. Il se bat depuis un an après que l’un de ses voisins agriculteurs ait arrosé de pesticides le jardin clos de haies où ses gosses en bas âge fêtaient leur anniversaire. L’un d’entre eux est affecté de troubles thyroïdiens. La soeur de Cyrille est médecin, le gosse se rétablira après le départ de la famille dans les Landes.

La Beauce, les céréaliers, les pesticides. Durant près de 18 mois, avec Gérard Leray puis d’autres militants qu’il fédère, nous montons une opération d’agit-prop, enquêtons, filmons, tenons cinq réunions publiques aux quatre coins du département.

Nous faisons la connaissance de Jean-Jacques Brot, le préfet, gaulliste. Admirable. A notre première rencontre il nous ouvre le bureau de Jean Moulin qu’il vient juste de faire classer par les Monuments historiques. A ses côtés, la représentante de l’ARS et celui de la DDTM. “Nous sommes trois, aidez-nous”.

Là, il va lancer des états-généraux de l’eau dans le département le plus sinistré de France pour les pesticides.

Avant, notre préfet avait été en poste en Bretagne, les nitrates. Viré. Dans les Deux Sèvres, les irrigants, viré. Après Chartres, où nous le rencontrons, c’est lui qui est préfet de Vendée quand Xynthia tue cinquante personnes. Après il y aura la Nouvelle Calédonie. Viré. Depuis deux ans il s’occupe de l’accueil des réfugiés en France. On le voyait la semaine dernière dans Libé aux côtés de plusieurs familles syriennes accueillies dans les Deux Sèvres. Un juste.

Dans la Beauce, les RG nous préviennent que les gros bras de la Coordination vont nous mener la vie dure.

Nous montons cinq débats publics, la campagne doit s’achever par une grande soirée à la Chambre d’Agriculture à Chartres.

Lors de l’avant dernier débat dans un petit village, la Coordination et la FNSEA ont fait venir Thirouin, deux représentants du Conseil général, le député Philippe Vigier, devenu depuis le leader du groupe UDI à l’Assemblée, et une palanquée de maires.

Le dirigeant de la Coordination m’interrompt en plein laïus et se pointe à la tribune avec une cagette en plastique remplie de légumes, une bouteille d’eau et une grande feuiile millimétrée.

“Laimé raconte n’importe quoi, il y a davantage de nitrates dans ces carottes et ces salades que dans une bouteille d’eau…”. Le député Vigier, médecin de formation, approuve et en rajoute.

Nous n’obtiendrons jamais la salle de la Chambre d’Agriculture pour le dernier débat public…

Je rentre à Paris par le dernier train... avec le cageot de légumes. Même pas empoisonnés...

Ces souvenirs là, et il en est des centaines d’autres.

Et toujours Cyrille, curieux, feu follet, impavide, impatient, obstiné : “Et si on essayait de…”

(Genre on part à l’assaut de la Guyane, parcequ’il y avait séjourné. C’est ça et on détourne une Ariane à Kourou, pour "sauver la planète"...)

Une étude géniale sur le maïs qu’il avait portée à bout de bras, jamais utilisée...

Nos interminables échanges à Rennes avec Jean-Claude Lefeuvre.

Quatre jours de crapahut sur les sites historiques de la bataille de la Loire.

Les Héros de l’eau à l’Unesco.

Pau, le Sud-ouest, l’irrigation, une salle surchauffée, je dégaine Bernanos et Pisani. Miracle, pas encore ce soir là qu’on se fera rosser.

La plate-forme de soutien juridique aux victimes de délits environnementaux à laquelle nous avons travaillé comme des chiens, sans parvenir à lui donner vie.

Je revois les vallées de la Nièvre et les rives de la Dordogne, que tu aimais tant.

En 2012 le WWF-France est repris en main, brutalement, par une droite écolo-affairiste.

Le pôle eau du WWF-France est liquidé, Cyrille poussé vers la porte.

Ni oubli, ni pardon. On n’oublie pas. On ne pardonne pas.

(A peine trois ans plus tard, FNE emprunte-t-elle le même chemin ? Plus de Lettre Eau depuis au moins six mois... Que devient le général Rousseau ?).

Depuis, le nouveau boss, Pascal Canfin, y porte la finance verte sur les fonts baptismaux.

Cyrille rejoint durant un an l’ASP, l’agence qui distribue toutes les aides européennes en France.

Depuis quelques mois il revivait, après avoir retrouvé un poste de chargé de mission auprès de l’ARA France, où il défendait avec le même enthousiame l’anguille, les civelles et les saumons.

Nous préparions une intervention de sa présidente lors du Festival du journalisme libre que le groupe Le Monde organise cet été à Couthures dans le Lot-et-Garonne, du 27 au 31 juillet prochain.

Ce matin, au téléphone Mme Rabic, la présidente de l’ARA France, me disait combien Cyrille allait lui manquer.

J’écris ici avec une peine immense.

Pour sa famille, ses amis.

Pour Corinne, sa femme.

Pour Cassandre sa fille.

Qu’elle sache un jour que son père comptait au rang de celles et ceux qui nous donnent la force de continuer.

So long Cyrille.

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