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NE PAS CLIQUER
LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
2019-09-17
REMOUS
par Marc Laimé, mardi 17 septembre 2019 @ 08:27

Claude Miqueu, président de la commission réglementation du Comité national de l’eau (CNE), après avoir conduit une mission à hauts risques pour tenter d’apaiser les débats et conflits autour de la continuité, prend acte que des projets de recours portés par différents acteurs vont être déposés contre une Note de la Direction de l’eau et de la biodiversité (DEB), du 30 avril dernier et le décret du 3 août qui s’en est suivi. Il a dès lors écrit le 16 septembre à Jean Launay, notre Kappelmeister, afin de remettre l’affaire sur le feu dans la perspective d’une prochaine réunion du CNE le 3 octobre prochain.

Oû l’on mesure combien l’Etat profond est agité de remous qui, s’ils échappent au vulgum pecus, illustrent à merveille le concept même de continuité…

« Monsieur le Président du CNE,

Cher Jean,

Objet : Politique apaisée de restauration de la continuité écologique. Annonce d’éventuels contentieux, contre la note du 30 avril et le décret du 3 août.

Pendant 18 mois, nous avons, sur ta proposition et celle de la DEB, puis délégation du Comité National de l’Eau (CNE) co-présidé avec Simone Saillant (DEB / MTSE) le groupe technique national (GTN), installé pour analyser d’abord, puis essayer de faciliter ensuite la déclinaison territoriale « de la restauration de la continuité écologique ».

Nous l’avons in fine, imprudemment peut-être, nommée « Pour une politique apaisée ».

Depuis la présentation des conclusions du GTN lors du CNE de Rennes fin janvier 2019, après 18 mois de travail, la direction de l’eau et de la biodiversité a donné, dans le calendrier prévu, la suite réglementaire attendue, par la note du 30 avril et le décret du 3 août.

Informé à la fin de l’été de probables recours contre ces textes (le pluriel est justifié par leurs origines diverses…), je souhaite te confirmer les conclusions de notre entretien de jeudi.

Deux désaccords sont cités (non exhaustif) pour justifier ces possibles recours :

- La non application de la politique apaisée annoncée, par les services de l’Etat. Un courrier type est envoyé aux Préfets et aux DDT dénonçant cette situation. D’autres acteurs locaux ont aussi attiré notre attention sur ce qu’ils considèrent être des dysfonctionnements incompatibles avec l’esprit et la lettre de la note du 30 avril.... Mais nous avons aussi reçu des témoignages d’instructions locales sereines, concrétisées par des chantiers... De l’ardente obligation d’une approche globale !

Rappel : Le ministère a décidé, dans son autonomie fonctionnelle, hors GTN, de réunir les services instructeurs le 14 mai à Paris (200 personnes) pour engager une pédagogie de la note du 30 avril, et organiser un travail « territorialisé » en ateliers. (Aucun responsable, ni aucun réseau n’a été exclu pendant les 18 mois de travaux du GTN). Ce travail de déclinaison territoriale est en cours.

- La suite donnée au rapport Giraud dans le décret du 3 août.

Notre commission réglementation avait pris acte, sans désaccord formalisé, des conclusions et propositions de ce rapport sur les cours d’eau méditerranéens.

La conclusion de notre entretien de jeudi : Nous avons installé une méthode et un calendrier.

- Les comités de bassin doivent délibérer avant la fin de l’année 2019, pour doter tous les acteurs publics et privés concernés d’un guide des « priorisations », élaboré en transparence et partenariat par les services instructeurs de l’Etat.

- La DEB centralisera les informations issues des territoires (services instructeurs et réseaux des porteurs de projets).

- Le CNE sera destinataire 1 an après ses conclusions, d’un premier retour sur l’application de cette politique apaisée. Le GTN sera réuni avant, pour prendre connaissance de cette synthèse, en débattre et proposer si nécessaire des améliorations (La place du patrimoine hydraulique et celle de la force motrice hydraulique dans nos territoires, méritera sans doute quelques clarifications).

Nous devons donc "dans la tourmente actuelle, garder le cap" en invitant tous les acteurs concernés à ne pas oublier les raisons fondatrices de l’installation du GTN, sa volonté largement majoritaire d’engager cette démarche nécessaire d’une politique apaisée, sa méthode et la première évaluation par le CNE, un an après la publication de la note du 30 avril.

Nous en parlerons au CNE du 3 octobre. Claude Miqueu. »

Notes :

- Réf : Diffusion aujourd’hui d’une vidéo « Continuité écologique - Cabinet Landot et associés – Weka ». Durée : 5 mns . Claude Miqueu y présente les attentes du CNE :

https://www.youtube.com/watch?v=NEU...

Mur collaboratif : « Gouvernance des cycles de l’eau. Veille juridique, technique et pédagogique" :

https://padlet.com/claudemiqueu/811...

- Restauration écologique des cours d’eau

https://www.documentation.eauetbiod...

Notice DEB.

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2019-09-16
REMOUS
par Marc Laimé, lundi 16 septembre 2019 @ 15:03

À partir d’images satellitaires, une équipe de glaciologues du Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales (LEGOS/OMP, CNRS / CNES / IRD / UT3 Paul Sabatier), de l’Institut des géosciences de l’environnement (IGE/OSUG, CNRS / UGA / IRD / Grenoble INP) et du IANIGLA (Argentine) cartographie avec une résolution inégalée les changements de masse des glaciers andins entre 2000 et 2018. Les résultats, publiés dans Nature Geoscience, montrent que les glaciers perdent de la masse à toutes les latitudes. Entre 25° et 40°S, la partie la plus aride, la fonte accélérée des glaciers depuis 2009 a permis de limiter les effets néfastes d’une sécheresse extrêmement intense.

Les glaciers des Andes s’échelonnent sur plusieurs milliers de kilomètres depuis 10°N jusqu’à 56°S, couvrant une gamme de latitude et d’altitude unique sur Terre. Il en résulte des morphologies très différentes depuis des petits glaciers nichés à plus de 6000 m d’altitude dans les Andes arides jusqu’aux très vastes champs de glace de Patagonie couvrant plusieurs milliers de kilomètres carrés et se terminant dans des lacs ou dans l’océan Pacifique où ils donnent naissance à des icebergs.

Si les études récentes s’accordent sur le fait que ces glaciers reculent et perdent de la masse, l’ampleur des pertes reste débattue. Les travaux souffrent soit d’un échantillonnage spatial trop limité (les mesures de terrain sont rares) soit d’une résolution trop faible lorsqu’ils s’appuyaient sur des données satellitaires. Cette nouvelle étude permet de préciser l’ampleur des pertes et révèle leur distribution géographique et leur variation temporelle au cours des deux premières décennies du XXIe siècle.

Pour parvenir à cette nouvelle estimation, les chercheurs ont construit des topographies à partir de plus de 30 000 couples d’images stéréoscopiques acquis par le satellite ASTER. Ils cartographient ainsi les variations d’épaisseur puis déduisent le changement de masse de 95 % des 19 000 glaciers des Andes, entre 2000 et 2009 d’une part et entre 2009 et 2018 d’autre part.

Le résultat ? Partout dans les Andes, les glaciers perdent de la masse depuis 2000. La perte totale atteint 23 gigatonnes par an, ce qui équivaut à un amincissement des glaciers de 0.85 m chaque année. Cela correspond à 10 % de la contribution globale des glaciers (hors calottes polaires) à la hausse du niveau des mers, alors que les Andes contiennent moins de 5% des glaciers du globe. Les Andes sont ainsi l’un des massifs où l’amincissement des glaciers est le plus rapide sur Terre. « Plus de la moitié de ces pertes se produisent aux fronts des glaciers qui se terminent dans les lacs ou dans l’océan » précise Ines Dussaillant, première auteure de l’étude et doctorante à l’université Toulouse III - Paul Sabatier.

Cette perte nette masque d’importantes disparités régionales. C’est en Patagonie et dans les Andes tropicales que les amincissements sont les plus rapides et quasiment continus depuis 2000. Au cœur du champ de glace Sud de Patagonie, le glacier HPS12 a même connu un amincissement record de 44 mètres par an entre 2000 et 2018. En revanche, l’amincissement est plus modéré entre 25°S et 40°S. Dans cette partie centrale de la chaîne, plus aride, les glaciers ont été stables entre 2000 et 2009 avant de connaître des pertes d’épaisseurs très fortes.

Ce basculement s’explique par une période de très intense sécheresse au cours de la dernière décennie. Les glaciers, moins alimentés en hiver et moins protégés de la radiation solaire en été, fondent donc vite ce qui accroît leur apport d’eau aux rivières. Ainsi, les glaciers limitent les impacts négatifs de cette intense sécheresse sur les écosystèmes et les habitants. Mais ce rôle hydrologique tampon n’est que temporaire. Quand les glaciers auront disparu, ils ne pourront plus jouer leur rôle de château d’eau naturel.

Glaciers 1914 -.

Bahia Ainsworth et Glacier Marinelli, février 1914 © Alberto de Agostini, Salesian Musée Maggiorinno Borgatello, Punta Arenas, Chili

Glaciers aujourd'hui -.

Bahia Ainsworth, janvier 2018 © Cristian Donoso et Alfredo Pourailly De La Plaza, Projet ’Postales de Hielo’

Référence :

Dussaillant, I., Berthier, E., Brun, F., Masiokas, M. H., Hugonnet, R., Favier, V., Rabatel, A., Pitte, P. and Ruiz, L. : Two decades of glacier mass loss along the Andes, Nature Geoscience. DOI 10.1038/s41561-019-0432-5

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REMOUS
par Marc Laimé, lundi 16 septembre 2019 @ 11:35

Interdiction de piscine, amendes de $50 000 et incitation à dénoncer les voisins pour l’arrosage de la pelouse ! Les Australiens se dirigent vers les restrictions d’eau les plus brutales au monde

Certaines parties de l’Australie pourraient être confrontées aux restrictions d’eau les plus sévères jamais observées, car la sécheresse qui sévit dans le pays ne montre aucun signe d’assouplissement.

Les interdictions concernant les tuyaux d’arrosage, les limites d’utilisation d’eau personnelle et des amendes pouvant atteindre 50 000 dollars pour violation sont parmi les mesures qui seront envisagées en l’absence de précipitations abondantes.

(…)

« Nous sommes au cœur de la pire sécheresse jamais enregistrée, avec des précipitations pratiquement inexistantes et des températures élevées prévues au cours des prochains mois. » a annoncé le ministre de l’Agriculture de la Nouvelle-Galles du Sud, Adam Marshall ;

Le département de l’agriculture a annoncé un programme de 10 millions de dollars destiné à injecter de l’oxygène dans les rivières de la Nouvelle-Galles du Sud et à acheminer les poissons vers une écloserie durant les mois d’été.

« Nous sommes confrontés à une véritable catastrophe, qui pourrait entraîner la mort de poissons à grande échelle cet été encore plus importante que celle que nous avons vue à Menindee plus tôt cette année. »

Source :

https://www.lecourrieraustralien.co...

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REMOUS
par Marc Laimé, lundi 16 septembre 2019 @ 07:31

Une étude, publiée dans Nature Geoscience, relève d’importantes inexactitudes dans la plupart des représentations actuelles du cycle de l’eau.

Les scientifiques ont compilé les dernières estimations de l’eau sur Terre à partir de plus de 80 études qui montrent à quel point l’influence des activités_humaines sur l’eau est devenue considérable : nous utilisons l’équivalent de plus de la moitié de l’eau qui coule dans toutes les #rivières du monde, soit 24 000 km3 par an, principalement pour l’#élevage du bétail.

Hormis les activités humaines, d’autres importantes inexactitudes existent sur ces représentations, poursuit Gilles Pinay. Notamment, la plupart des pluies que l’on reçoit sur Terre ne vient pas directement de la mer, comme le laissent croire les représentations actuelles. Les deux-tiers sont en fait dues à de l’#évapotranspiration par les plantes et les sols, ce qui génère de la vapeur qui est poussée par le vent vers d’autres bassins versants où l’eau retombe.

Cette publication amène dès lors à reconsidérer par ailleurs les liens entre changement climatique et cycle hydrologique.

Est-ce le changement climatique qui affecte le cycle hydrologique, ou ne seraient-ce pas plutôt les usages inappropriés de l’eau qui aggraveraient le changement climatique ?

https://www.univ-rennes1.fr/actuali...

https://www.revue-ein.com/actualite...

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2019-09-11
REMOUS
par Marc Laimé, mercredi 11 septembre 2019 @ 11:23

Le cabinet de courtage et d’assurances pour les entreprises Bessé, l’un des leaders du secteur, qui recueille plus de 900 millions d’euros de primes d’assurance chaque année, vient de rendre publiques les résultats d’une étude menée sur la gestion des risques agricoles en France.

« Changement climatique, surfaces agricoles en baisse régulière, montée en puissance du bio avec, à la clef, une sécurisation des cultures à renforcer et à piloter…

Un certain nombre d’indicateurs montre que l’agriculture française vit une période charnière.

Dans ce contexte, le monde agricole ne pourra, au risque de fragiliser tout son modèle économique, faire l’économie d’une vraie réflexion pour s’engager vers des solutions assurantielles pertinentes.

Pour accompagner les producteurs dans cette transition, il est nécessaire de comprendre leurs besoins.

C’est justement l’objectif de l’enquête qualitative menée par Bessé auprès d’un large panel d’agriculteurs, représentatif du monde agricole.

Cette enquête visait un triple objectif : identifier le degré de conscience des risques et l’état de connaissance des moyens de sécurisation du revenu, évaluer la perception que les agriculteurs ont de l’assurance récolte et évaluer le rapport à l’assurance et à la souscription en ligne. »

(…)

Chiffres clés du marché de l’agriculture française

- L’agriculture française s’appuie sur un peu plus de 437 000 exploitations

- Hors subventions, la valeur de la production agricole française s’élève à 75,2 milliards d’euros en 2018

- Les cotisations de l’ensemble des assurances de biens et responsabilité des exploitations agricoles s’élèvent à 1,9 milliards d’euros en 2017

- Les seuls contrats grêle et Multi Risques Climatiques (MRC) représentent, avec 468 M€ de cotisations (données 2017), 25% de l’ensemble des assurances agricoles.

- La superficie assurée en MRC en 2017 est de 4,7 millions d’hectares dont 4,4 millions en grandes cultures.

http://www.datapressepremium.com/rm...

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REMOUS
par Marc Laimé, mercredi 11 septembre 2019 @ 08:03

Les medias ont largement relayé le mardi 10 septembre des éléments de langage selon lesquels un « consensus » aurait été trouvé entre les autorités locales, la profession agricole et les associations de défense de l’environnement autour d’un « nouveau projet » d’approvisionnement en eau pour l’irrigation dans la vallée du Tescou. Indignation de FNE Midi Pyrénées, du collectif Testet, de la Confédération paysanne…, s’estimant « trahis ». Opposées aux néo-zadistes, revendiquant leur « réformisme », ces associations « responsables » récoltent les fruits de leur collaboration assumée à l’élaboration d’un « projet de territoire », la pseudo concertation mise en place par le gouvernement pour faire taire toute opposition, en la divisant, comme cela a déjà été le cas en Poitou Charentes.

Nos associations réformistes, grandes expertes en jésuitisme, achèvent de se ridiculiser en diffusant à leur tour un argumentaire qui exprime à la perfection le double langage permanent qui est leur marque de fabrique.

Sauf qu’il est trop tard maintenant que le piège s’est refermé, comme c’était prévisible depuis le début de leur participation au « projet de territoire ».

Les finasseries sémantiques qu’elles brandissent en gage de leur honnêteté « militante » traduisent en réalité, au-delà même d’un besoin de « reconnaissance » qui les précipite dans l’abîme, l’insondable crétinerie politique qui est leur caractéristique première…

« Nous voyons fleurir dans les médias des fake news et des Trumperies sur un prétendu consensus sur la construction d’un barrage à Sivens.

Tout d’abord, il n’y a pas eu consensus (qui signifie approbation), mais consentement (qui signifie "pas d’opposition").

Ni ceux qui sont pour un barrage à Sivens, ni ceux qui pensent que lorsqu’on aura évalué et localisé les besoins en on trouvera une solution consensuelle n’ont approuvé ce texte, chacun y a émis des réticences. Mais personne ne s’y est opposé et il a donc été adopté sans vote au consentement.

Rétablissons la réalité. Que dit le texte qui a été adopté ?

"Dans l’attente de la prise de décision quant aux volumes répondant aux besoins sur le bassin versant du Tescou et aux enjeux d’avenir soulevés dans la charte devant donner lieu au lancement d’une étude spécifique (dans un délai d’un à deux mois), qui s’appuiera sur les contributions existantes des différents acteurs du projet de territoire (Agence de l’eau, chambre d’Agriculture, propositions des APNE et services de l’État).

Demandant que cette étude soit menée par l’Agence de l’eau et puisse bénéficier d’une participation financière des Départements du Tarn et de Tarn-et-Garonne et la Région Occitanie, l’Instance de Co-Construction du projet de territoire du bassin versant du Tescou décide :

D’approuver un schéma de principe d’organisation de la ressource en eau s’appuyant sur les trois axes suivants :

Axe 1 : Une optimisation de la retenue du Thérondel associée à l’utilisation du réseau du Syndicat d’Irrigation de Reynies,

Axe 2 : la valorisation et la mutualisation des retenues collinaires individuelles pour le soutien des écoulements naturels du Tescou et l’alimentation des coteaux,

Axe 3 : La création d’un ouvrage sur le haut bassin du Tescou limité à une faisabilité technique et constructible allant jusqu’à 1.000.000 m3 disponible »"

Si on sait lire, il est écrit à l’axe 3 : "la création d’un ouvrage sur le haut bassin du Tescou". Un ouvrage n’est pas forcément un barrage même s’il peut l’être.

Tout dépendra donc des résultats de l’étude sur les besoins supplémentaires pour l’irrigation. Au jour où nous parlons les seuls besoins sont de 420.000 m3 (200.000 pour le milieu aquatique et 220.000 pour les substitutions des prélèvements existants), et tous sont situés à 13 kilomètres en aval de Sivens !

Les besoins nouveaux sont des besoins privés qui ne relèvent pas de l’intérêt général. Ceux qui veulent développer des cultures irriguées devront participer à l’investissement et au fonctionnement. Pour nous le coût de l’eau est clairement trop cher pour assurer une rentabilité des cultures irriguées. C’est d’ailleurs pour cela que l’irrigation a fortement diminué ces 15 dernières années, depuis que les subventions européennes à l’irrigation ont été supprimées. »

Lire aussi :

- le communiqué de presse des acteurs pour une solution consensuelle préservant la zone humide du Testet :

https://www.collectif-testet.org/up...

et également :

- le communiqué de presse de FNE Midi-Pyrénées que nous approuvons :

https://fne-midipyrenees.fr/2019/09...

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2019-09-08
REMOUS
par Marc Laimé, dimanche 8 septembre 2019 @ 09:13

Dans une opération de lobbying sans précédent, une trentaine de sénateurs et sénatrices, tous courants politiques confondus, ont assailli le gouvernement en avril dernier, en lui adressant la même question écrite, rédigée par les lobbyistes de la FNSEA et des irrigants. Après la sécheresse caniculaire qui a sévi tout l’été, le gouvernement, par la voix du ministre de l’Agriculture, a tout accordé à la profession agricole, en s’engageant fin août, avec l’aval du Premier ministre, à faciliter la construction de 60 nouveaux projets de gigantesques retenues d’eau dans les trois prochaines années.

Une capitulation en rase campagne. Alors qu’une mission d’expertise conduite par le préfet Bisch, dont la publication avait fait scandale l’an dernier, au motif que la majorité des 60 projets présentés par les irrigants étaient inadéquats, sinon parfaitement ineptes, Didier Guillaume, et le Premier Ministre, Edouard Philippe, ont décidé, à six mois des municipales, de tout lâcher à la FNSEA…

La publication du rapport Bisch l’an dernier avait doublement fait scandale.

Ses annexes, des analyses d’une soixantaine de projets réalisées par les Préfets de région, et qui concluaient dans la majorité des cas qu’il s’agissait d’inepties pures et simples, avaient purement et simplement été consurés lors de la publication du rapport, par Stéphane Travert et Monsieur De Rugy, qui nous bassine en cette rentrée en victime éplorée des complots de Mediapart et désormais d’EELV, pour faire bonne mesure…

La réponse aux trente questions posées par les sénateurs et sénatrices, sous l’habillage fallacieux du respect des conditions posées par les désormais fameux “projets de territoire” exprime dans sa conclusion les pressions qui s’exercent déjà, et vont s’accroître, au sein des Comités de bassin et des Agences de l’eau pour tout lâcher à la FNSEA et aux irrigants, en finançant sur fonds publics des projets totalement ineptes.

“Make our irrigation great again !”

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Les 30 questions écrites adressées au gouvernement -.

-La réponse du Ministère de la transition écologique et solidaire, publiée dans le JO Sénat du 05/09/2019 - page 4579 :

« Les impacts du changement climatique sur les ressources en eau sont de plus en plus perceptibles par les collectivités, acteurs économiques (industriels, agriculteurs) et citoyens.

Face à une ressource de moins en moins abondante, la sobriété doit être recherchée par tous. Face à ces défis, le Gouvernement a décidé de généraliser la méthode des projets de territoires pour la gestion de l’eau (PTGE) afin de garantir une démarche concertée localement avec tous les usagers de l’eau pour améliorer la résilience des territoires face aux changements climatiques et mieux partager les ressources en eau.

À la suite des recommandations de la cellule d’expertise du préfet Bisch (2017-2018), l’instruction sur les projets de territoire pour la gestion de l’eau adressée aux préfets a été élaborée et publiée le 7 mai 2019.

Elle précise le rôle de l’État et remobilise les acteurs pour élaborer des projets de territoire pour la gestion de l’eau (PTGE).

Parmi les solutions possibles pour une gestion équilibrée de la ressource en eau figure celle relative aux retenues de stockage de l’eau. La question de la pertinence d’une retenue doit être abordée dans le cadre d’une approche globale tenant compte des économies d’eau, des pratiques agricoles plus résilientes, des innovations technologiques en matière d’irrigation et de la capacité de remplissage des retenues dans le contexte du changement climatique.

L’instruction, dans un souci de respecter la subsidiarité des territoires, indique que le projet de territoire doit aboutir à un programme d’actions qui détaille les volumes d’eau associés aux actions en précisant la période de prélèvement (étiage et hors étiage).

En l’absence de schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE) ou de répartition de volumes par le SAGE, le PTGE doit aboutir à la répartition, sur toute l’année, des volumes d’eau par usage. Ces volumes doivent être compatibles avec le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE).

En tout état de cause, ils respectent les équilibres hydrologiques, biologiques et morphologiques.

La démarche et les actions portés par les PTGE mobiliseront plusieurs sources de financement : les usagers, les collectivités territoriales, les financeurs privés, les fonds européens, les agences de l’eau.

L’instruction du Gouvernement rénove les modalités d’intervention des agences de l’eau.

Pour les projets de retenue ou transfert concernant l’irrigation agricole, la part finançable par les agences de l’eau sera la partie de l’ouvrage correspondant au volume de substitution (volume prélevé en période de hautes eaux ou transféré depuis une ressource qui n’est pas en déficit en substitution des volumes prélevés en période de basses eaux).

Concernant les ouvrages multi-usages (eau potable, usages industriels, soutien d’étiage, irrigation), les agences de l’eau pourront éventuellement les financer au-delà de la seule substitution dans les conditions fixées par les PTGE, selon les priorités des comités de bassins où les différents usagers sont représentés. »

Lire aussi .

- La Confédération paysanne défend le stockage naturel de l’eau

https://www.terre-net.fr/meteo-agri...

Terre-Net, 8 septembre 2019.

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2019-09-06
FIGURES
par Marc Laimé, vendredi 6 septembre 2019 @ 11:05

Menacée de perdre sa régie publique après que sa compétence eau soit transférée, dans le cadre de la loi NOTRE, à la communauté d’agglomération dont elle est membre, la commune de 10 000 habitants sise dans les Alpes Maritimes a repris le concept de SEM-usagers inventé il y a deux ans par un autre petit village de l’Hérault (*), ce qui va lui permettre de conserver une gestion publique, auxquels les habitants étaient particulièrement attachés, grâce au combat engagé il y a quarante ans par André Aschieri, figure historique de l’écologie en France, aujourd’hui âgé de 82 ans, qui a mis un terme à son mandat en 2015 pour raisons de santé.

L’histoire vien de loin. Il y a vingt ans déjà André nous avait longuement narré, nouveau Jean de Florette, comment il avait passé des nuits entières dans ses collines pour y assurer les “tours d’eau” dont la compréhension et la maîtrise allaient lui permettre d’échapper aux rets de la Lyonnaise, qui colonisait la région depuis un siècle, et de créer la régie publique de Mouans Sartoux…

A l’instar des milliers d’autres communes françaises frappées par la loi NOTRe, Mouans Sartoux allait donc perdre ses compétences eau et assainissement, transférées d’office à la communauté d’aggmomération dont elle est membre.

Après avoir vainement tenté d’amadouer le Préfet à l’issue de l’adoption du SDCI, comment faire pour preserver la régie, qui distribue le M3 d’eau potable 50 centimes d’euros moins cher qu’alentours dans le département, alors que le risqué de voir le service affermé par l’Agglo était patent ?

Après avoir consulté les habitants, le bouche à oreille a fonctionné et l’initiative prise deux ans plus tôt par une autre petite commune de l’Hérault a fait tilt.

Créer une SEM-habitants, une société d’économie miste dont la majorité du capital est détenu par la commune et les autres actions par les habitants-usagers-sociétaires. Par ce biais, et même si la compétence elle-même sera finalement transférée à l’Agglo, celle-ci ne pourra pas dissoudre la SEM, dont elle ne pourra par ailleurs controler que 30% du capital après la prise de compétence.

Par ce biais la SEM-usagers, dénommée “Les Eaux de Mouans” continuera à gérer le service en gestion publique… jusqu’en 2039.

Du coup, après la passation d’un appel d’offres en bonne et due forme, même Veolia a fini par abandonner.

Conclu pour une durée de 20 ans, le nopuveau contrat prévoit, classiquement, que la SEM-usagers assurera l’exploitation, l’entretien et les investissements nécessaires à l’extension du réseau.

Une belle histoire qui deviendra peut-être un livre, qui ferait un tabac au célèbre Salon du livre de Mouans Sartoux !

Lire aussi :

- Un village de l’Hérault sauve sa régie publique de l’eau, en dépît de la loi NOTRe, en créant une SEM dont les habitants sont sociétaires

http://www.eauxglacees.com/Une-regi...

Les eaux glacées du calcul égoïste, 26 octobre 2017.

 

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REMOUS
par Marc Laimé, vendredi 6 septembre 2019 @ 09:31

Via son think tank, la SNCF a commandé à Yves Cochet, désormais fervent effondriste, un rapport à 50 000 euros. Une « expérience de pensée » qui laisse songeur, révèle l’hebdomadaire Le Point.

(…)

« Louise est inquiète car elle doit livrer des poireaux au marché de la gare de Lyon et parce qu’une partie de ses légumes a gelé. Il se peut qu’en raison de la météo l’intermittence électrique s’applique et rende impossible aujourd’hui la circulation des trains biorégionaux vers Paris. La gare de Saint-Yon ayant été réhabilitée en 2032, elle peut désormais se rendre un jour sur deux à Paris dans la galerie maraîchère de la gare de Lyon. Elle peut aussi se rendre à Arpajon depuis Saint-Yon. Comme c’est une bonne marcheuse, elle fait parfois cinq kilomètres à pied sur la voie de l’ancien GR de loisirs devenu un axe de marche très fréquenté pour rallier Paris. Mais dans quel monde vit Louise  ? »

(…)

Commentaire Eaux glacées : noter que Cochet et Sinaï font totalement l’impasse sur la nouvelle inondation centennale qui dévastera à coup sur l’Ile-de-France dans les 20 à 30 années à venir, eu égard à l’impéritie de la puissance publique en la matière, et aggravent considérablement leur cas en prônant la construction de méthaniseurs à tous les coins de rue, autre désastre en cours à l’initiative de l’actuel gouvernement, dont le Canard Enchaîné dénonce cette semaine le caractère de bombe à retardement environnementale et sanitaire, financée par une effroyable gabegie d’argent public (8 MM d’euros prévus), dilapidés pour calmer la FNSEA, qui va perdre 1MM d’euros avec la réforme de la PAC…

L’enquête du Point :

https://www.lepoint.fr/societe/apre...

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REMOUS
par Marc Laimé, vendredi 6 septembre 2019 @ 07:52

Sachant que la réglementation qui en encadre l’existence est très mal appliquée, faute de volonté politique et de moyens, de très nombreux prélèvements illicite sont effectués au vu de tous, dans les ressources en eau disponibles.

« Un agriculteur ou autre désirant effectuer un forage pour prélever une quantité d’eau dépassant un certain seuil doit en demander l’autorisation à la DDTM. Une fois l’autorisation obtenue, il doit avertir la collectivité locale où va se trouver le forage. C’est la théorie. Voyons la pratique. La collectivité locale avertie du forage ne peut pas l’interdire, si tant est qu’elle le veuille. Les forages par des particuliers ne nécessitent pas une autorisation parce qu’on considère qu’ils vont prélever une quantité d’eau en dessous de ce fameux seuil ; il n’y a aucune obligation pour les particuliers à installer un compteur et donc ils peuvent prélever autant qu’ils veulent.

Il n’y a aucune cartographie des forages en France. Certaines CLE ayant réalisé des EVP (études de volumes prélevables) indiquent les volumes prélevés autorisés pour les principaux forages. Cela ne va jamais plus loin.

C’est la police de l’eau qui est censée verbaliser ceux qui ont des forages illicites ou qui prélèvent plus que ce qui leur est autorisé. Sauf que les agents sur le terrain sont en sous-effectif et subissent des pressions de leur hiérarchie et de la FDSEA pour fermer les yeux. Résultat : la plupart des forages illicites ne sont pas localisés et lorsqu’ils le sont il n’y a quasiment jamais de poursuite du contrevenant.

Les Pyrénées-Orientales sont le champion incontesté des forages illicites. Il y en a probablement plusieurs dizaines de milliers sur la nappe du Pliocène. La DDTM 66 a commencé à les répertorier. Un bon nombre sont abandonnés mais continuent à polluer la nappe. Une nappe qui est dans un état quantitatif déplorable (sur-exploitation entraînant l’entrée d’eau salée), mais aussi dans un très mauvais état qualitatif (pollution). La DDTM 66 sous la pression des élus ferme les forages illicites qu’elle découvre mais se garde bien d’embêter ceux qui ont fait ces forages.

L’Espagne aussi compterait plus d’un million de puits illégaux qui servent à assouvir la soif dévorante de l’industrie agroalimentaire. Or, dans le sud de l’Europe, la rareté de l’eau a des conséquences désastreuses, et pas uniquement pour l’environnement comme le montre le cas de Julen, un garçonnet retrouvé noyé dans un puit.

https://www.arte.tv/fr/videos/08689...

Il existe aussi, on l’a vu, un grand nombres de forages illégaux dans le sud de la France et les autorités françaises ne sont pas beaucoup plus actives que les autorités espagnoles pour les rechercher et les fermer. »

Lire aussi :

Les policiers de l’environnement confrontés aux entraves des Préfets :

https://www.bastamag.net/Policiers-...

Bastamag.

(*) Thierry Uso est membre d’Eau Secours 34, d’ATTAC et de l’European Water Movement.

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