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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
2014-11-26
VAGUES
par Marc Laimé, mercredi 26 novembre 2014 @ 19:09

Trois députés, UDI, UMP et PS, membres de la Commission du développement durable de l’Assemblée nationale sont depuis ce jour président et vice-présidents de l’association “Décider ensemble” créée en 2005 par Bertrand Pancher, député (UDI) de la Meuse. Après la création de la Fabrique écologique par Géraud Guibert, ex-animateur du “courant” écologique au PS, cette annonce confirme la crise terminale de la question écologique au sein des partis dominants de “l’arc républicain” en France…

Créée en novembre 2005, l’association Décider ensemble a pour objectif de développer une culture de la concertation entre décideurs (collectivités locales, élus, entreprises, associations, personnalités qualifiées, etc.) et citoyens. L’objectif principal est d’avoir des prises de décisions éclairées grâce à une évolution de nos modes de gouvernance.

Le Conseil d’administration de “Décider ensemble” qui se réunissait dans l’après-midi du mercredi 26 novembre 2014 à l’Assemblée nationale, sous la présidence de Bertrand Pancher, depute (UDI) de la Meuse, a nommé vice-présidents de l’association Jean-Paul Chanteguet, depute (PS) de l’Indre, et president de la Commission du développement durable à l’Assemblée nationale, ainsi que Serge Grouard, député (UMP) du Loiret ;

Anecdotique ? Non. Tout sauf un signal faible.

Bertrand Pancher a participé aux travaux préparatoires du Grenelle de l’environnement en tant que membre du groupe V-Construire une démocratie écologique, chargé de réfléchir à la gouvernance environnementale. Il est co-rapporteur du projet de loi « Grenelle II » et auteur du rapport La concertation au service de la démocratie environnementale, présenté en février 2012 à l’ancien Président de la République.

Serge Grouard, maire d’Orléans depuis mars 2001, député du Loiret depuis juin 2002, présidait la commission du développement durable à l’Assemblée nationale de 2010 à 2012.

Jean-Paul Chanteguet, député de l’Indre, maire du Blanc de 1983 à 2012, actuel président de la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire à l’Assemblée nationale depuis juin 2012, s’est notamment distingué en qualité de co-rapporteur de la loi sur l’exploitation du gaz de schiste et de rapporteur des missions d’information sur l’écotaxe et sur les autoroutes.

(Ajoutons qu’il soutint en 2012 le principe d’un audit sur le système d’information sur l’eau (SIE) après la révélation du scandale de l’Onema, puis la création d’un quatrième collège d’usagers au sein des Comités de basin, et enfin celle de la création d’une Autorité de régulation nationale de l’eau, après la remise du Rapport Lesage, toutes propositions enterrées depuis lors par le Lobby de l’eau…).

- Bertrand Pancher , pourquoi avez-vous proposé à de nouveaux élus de rejoindre Décider ensemble ?

« Décider ensemble est un think tank qui a pour objectif de croiser les réflexions de l’ensemble des acteurs de la société française engagés dans une démarche de changement de nos pratiques de gouvernance. Il me semble important que nos réflexions soient nourries et partagées par des élus nationaux qui souhaitent une évolution de nos modes de prises de décision. Serge Grouard et Jean-Paul Chanteguet ont une longue réflexion sur ces sujets et nous avons en partage cet objectif de faire évoluer la société française. »

- Serge Grouard , pourquoi rejoindre « Décider ensemble » ?

« Investi dans la logique de développement durable depuis des années, j’ai souvent eu l’occasion dans mes fonctions de Maire de constater que la participation et la concertation avec les habitants étaient des outils indispensables afin que nos concitoyens s’approprient les projets. Je suis convaincu qu’il est temps aujourd’hui de modifier nos modes de gouvernance. C’est une des raisons pour lesquelles je me suis engagé dans l’association Décider Ensemble : afin que le dialogue aboutisse à des propositions concrètes qui, je l’espère, pourront trouver un écho dans les plus hautes instances. »

- Jean Paul Chanteguet, pourquoi rejoindre « Décider ensemble » ?

« L’actuelle gouvernance politique n’est plus adaptée à notre société. Les dirigeants se retrouvent dépassés par les enjeux mondiaux que sont l’explosion démographique, le dérèglement climatique, l’épuisement et la pollution des ressources naturelles, la financiarisation et la mondialisation de l’économie, sur lesquels ils ne pèsent quasiment pas. Il est temps d’inventer un autre modèle, qui s’appuie davantage sur la société civile et mette en place des outils participatifs et délibératifs, permettant de compléter la démocratie représentative et de rééquilibrer le poids des lobbys. »

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REMOUS
par Marc Laimé, mercredi 26 novembre 2014 @ 14:30

Alors qu’il a souvent été affirmé et rapporté que le monde a perdu 50% de ses zones humides en un siècle, ces affirmations n’ont en fait jamais été véritablement étayées jusqu’à présent. Un rapport publié le 23 septembre dernier par Nick C. Davidson, chercheur australien, qui a analysé 189 études internationales atteste que les disparitions de zones humides sont bien plus importantes encore que ce qui était admis jusqu’à présent, et ne cessent de s’accélérer. Un véritable cri d’alarme d’une brûlante actualité.

La Convention Ramsar de gestion et de protection des zones humides a-t-elle servi à quelque chose depuis 1971 ? s’interroge en substance l’auteur.

Car la réalité est bien plus terrible que l’hypothèse couramment admise qui consiste – consistait - à dire que "depuis 1900 le monde a perdu la moitié de ses zones humides exprimées en surface". La moitié ? Seulement ?

En fait, depuis 1700, le monde entier aurait perdu 87% de ses zones humides selon un décompte réalisé à partir de 189 études scientifiques compilées.

Depuis 1900, notre monde a perdu 64-71% de ses zones humides, voire plus en Asie.

Les zones humides continentales ont largement plus souffert que les zones humides côtières, sur ces 3 siècles passés (-57-61%) et encore plus durant le dernier écoulé avec -69-75% (surtout Amérique du Nord, Europe). Néanmoins celles-ci, les côtières, connaissent une accélération de leur destruction surtout en Asie actuellement.

Avec pour celles-ci un rythme de 4,2 fois plus rapide sur le long terme et 3 fois plus pour le 20ème siècle au regard des continentales.

Même si le dénombrement possède des biais statistiques et de catégorisation, la tendance générale est avérée.

Ces zones humides continentales ou littorales, réservoirs d’eau qui fonctionnent comme des éponges, épuratrices des eaux, et qui stockent du carbone (ce qu’oublie de mentionner l’auteur), sont en déclin accéléré en Asie et avaient déjà fortement décliné en Europe, après une période de destruction forcenée de 1945 à 1990, même si le rythme de destruction et de "conversion" se ralentit. Normal, c’est une loi. Les dernières à détruire ont un coût marginal de destruction croissant, dirait un économiste lambda.

L’auteur ajoute avec une modération certaine, que les "conversions" en réservoirs de barrages, rizières inondées/irriguées, bassins de pisciculture... ne compensent que modérément les destructions de zones humides naturelles et/ou entretenues par l’homme.

Mais ces conversions sont elles des "reconstructions" de zones humides ? L’auteur a-t-il vraiment observé ce qu’est un marnage de réservoir de barrage ? Et une rizière qui connaît des assecs ?

Le terme "conversion" ne masque-t-il pas le terme "compensation" que veulent nous vendre les "assècheurs" et autres draineurs lors des études d’impacts ?

Pour vendre quels droits à "aménager" des zones humides que l’on doit plutôt "ménager" ?

Tel est l’un des enjeux actuels du devenir de la Convention Ramsar, enjeu qui pointe par ailleurs dans les négociations de la COP21 Climat. Après l’atténuation (mitigation) manquée du changement climatique, puis l’adaptation, toujours hypothétique, voici venu le temps de "loss and damage" (chiffrage des pertes et dégâts ou coûts de l’inaction) qui sera débattu dès la COP 20-Climat à Lima, puis lors de la COP21 à Paris en 2015.

Des zones humides au climat, en passant par la biodiversité ou la dégradation des terres, sommes-nous en train de rédiger l’acte notarié de décès de nos écosystèmes dont des repreneurs fort intéressés veulent s’arracher les dépouilles au travers de rachats compensatoires trompeurs ?

- « How much wetland has the world lost ? Long-term and recent trends in global wetland area »

http://www.publish.csiro.au/paper/M...

Nick C. Davidson

CSIRO PUBLISHING

Marine and Freshwater Research, 2014, 65, 934–941

http://dx.doi.org/10.1071/MF14173

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VAGUES
par Marc Laimé, mercredi 26 novembre 2014 @ 13:45

Par un communiqué en date du 25 novembre 2014, les associations France Nature Environnement (FNE national), Bretagne Vivante - SEPNB, la Coordination Régionale de la LPO Pays de la Loire, FNE Pays de la Loire, Eau & Rivières de Bretagne et SOS Loire-Vivante ERN France, ont annoncé avoir décidé de solliciter l’aide du citoyen afin de contribuer au financement des recours juridiques qu’elles ont engagé contre les autorisations délivrées par le préfet de Loire-Atlantique pour mettre fin au massacre de la biodiversité auquel conduirait la réalisation du projet contesté d’aéroport à NDDL.

Le communiqué de FNE justifie une démarche qui doit permettre de « renforcer le mouvement écologiste dans ce qui ressemble à un combat assez inégal. »

« Dévastateur pour l’environnement, techniquement non justifié et extrêmement coûteux, le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes constitue un vestige des politiques d’aménagement des années 60 et 70, une époque où le droit de l’environnement n’existait même pas. À l’heure de l’urgence écologique, il entraînerait la destruction d’un bocage très bien préservé situé entièrement en zone humide et comprenant plus de 100 espèces protégées différentes. »

Les recours juridiques engagés par le collectif associatif ne seront pas jugés avant le premier trimestre 2015 au plus tôt et ils réclament l’engagement de moyens financiers conséquents.

« Afin de réunir ces fonds, nous avons décidé de nous appuyer sur Citizencase.org,, la plateforme de financement participatif pour un meilleur accès à la justice lancée en septembre 2014. Les dons récoltés, qui doivent être réunis avant la mi-janvier, seront exclusivement affectés à la gestion contentieuse de la lutte contre le projet d’aéroport. »

Pour Denez L’Hostis, président de France Nature Environnement : « Cet appel au soutien des citoyens est une nécessité car les partisans du projet disposent de moyens bien plus importants que ceux dont disposent les associations. Nous invitons tous ceux qui sont scandalisés par ce projet à soutenir notre démarche. En engageant une action collective, nous augmentons nos chances de réussite. »

L’affaire est moins anodine qu’il le pourrait paraître. Le budget de FNE, officiellement présenté par le ministère de l’Ecologie, comme un « opérateur de l’Etat », regroupant, selon ses dires, 3000 associations locales de défense de l’environnement, est assuré à hauteur de 70% par des subventions… de l’Etat, voire des mises à disposition de personnels de l’Etat.

Etat que FNE, dans un rituel exercice d’équilibre d’un « molletisme » achevé, se retrouve affronter de plus en plus frontalement dans la période, dénonçant, à juste titre, par exemple, la gestion du dossier nitrates par Manuel Valls, ou participant, aux côtés de la Ligue des droits de l’homme, à la constitution d’une Commission d’enquête citoyenne indépendante sur la mort du jeune botaniste Rémi Fraisse sur le site du projet de barrage contesté de Sivens.

Alors que sa participation, finalement effective, à la caricature de « Conférence environnementale » remise à l’agenda in extremis par Ségolène Royal fait problème au sein de ses propres rangs, dans lesquels de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer une opération de com inepte, l’annonce de FNE augure d’un aggiornamento dont l’exigence va s’imposer de plus en plus clairement à mesure que nous allons nous rapprocher de 2017…

En témoigne, exemple caricatural, le Rapport déposé à l’Assemblée nationale le 20 novembre 2014 par la Commission d’enquête présidée par Alain Boquet, député (PC) du Nord, chargée d’étudier les difficultés du monde associatif dans la période de crise actuelle, de proposer des réponses concrètes et d’avenir pour que les associations puissent assurer leurs missions, maintenir et développer les emplois liés à leurs activités, rayonner dans la vie locale et citoyenne et conforter le tissu social

Cette commission d’enquête « transpartisane » n’a pas auditionné UNE SEULE association de défense de l’environnement un tant soit peu représentative au niveau national !

PDF - 1.9 Mo
Rapport mission d’enquête parlementaire sur les difficultés du monde associatif, AN 20 novembre 2014

A l’heure où les luttes pour l’environnement voient les militants qui y consacrent une énergie admirable être assimilés à un nouvel ennemi intérieur, le rapprochement de ces deux informations, comme l’assaut résolu conduit par les forces les plus réactionnaires contre le principe de précaution, dessinent clairement le paysage qui se met en place dans la perspective de l’après 2017…

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REMOUS
par Marc Laimé, mercredi 26 novembre 2014 @ 12:52

La Commission européenne a ouvert une procédure d’infraction contre la France pour non respect de la directive sur l’eau sur le site du barrage controversé de Sivens (Tarn), a-t-on appris mercredi 26 novembre de source européenne.

Le projet de barrage, contesté, de Sivens, situé sur une zone humide, a été suspendu sine die après la mort du jeune botaniste Rémi Fraisse, tué par une grenade offensive lancée par les gendarmes, ce qui a provoqué un très important mouvement de protestation, en France et à l’étranger.

L’exécutif européen a adressé à la France "une lettre de mise en demeure", a-t-on précisé de même source, expliquant qu’il s’agissait de la première étape de la procédure et que le stade de sanctions était encore loin.

La France dispose de deux mois pour répondre et, si ce retour n’est pas satisfaisant, la Commission lui adresse un avis motivé qui peut être suivi d’une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne.

La directive cadre européenne sur l’eau du 23 octobre 2000, pierre angulaire des politiques publiques de l’eau, vise notamment à promouvoir l’utilisation durable de l’eau et à prévenir la pollution.

Une zone humide, telle que celle du Testet où devait être établi le barrage de Sivens, se caractérise précisément par la place prépondérante de l’eau dans l’écosystème.

La deuxième mission d’inspection dépêchée sur place par Ségolène Royal, avec comme "feuille de route" d’explorer des "solutions alternatives" au barrage de Sivens, avant Noël prochain, en voit sa tâche considérablement compliquée... au vif soulagement du gouvernement confronté à une véritable affaire d’Etat.

La réaction du Comité pour la sauvegarde de la zone humide du Testet

"La Commission européenne a annoncé ce 26 novembre l’ouverture d’une procédure d’infraction contre la France pour non-respect de la législation européenne dans le cadre du projet de barrage de Sivens.

Elle a déclaré que « sur la base des informations dont elle dispose, les autorités françaises ont lancé le projet nonobstant la détérioration de l’état écologique de la masse d’eau qu’il est susceptible d’entraîner ».

Le Collectif attend désormais d’avoir communication des éléments précis sur les points de non-respect des directives européennes selon la Commission.

La ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, a déclaré aux journalistes que « les choses seront faites en toute transparence » et que « ce document européen (...) va nous permettre, en intégrant ces critères, de faire en sorte que le nouveau projet respecte ces critères".

Les causes de cette procédure d’infraction vont fortement influencer les scénarios discutés dans le cadre du processus de dialogue multi-acteurs mené actuellement sous l’égide de la Ministre.

Si la Commission européenne vise la rupture de la continuité écologique, par exemple le fait de mettre un barrage qui empêche la migration des poissons ou la circulation des sédiments, cela écarterait toute poursuite du barrage de Sivens, même redimensionné, comme le proposent 2 scénarios du rapport d’expertise remis à la Ministre fin octobre.

Cette procédure d’infraction suspend le financement du projet de barrage de Sivens par des fonds européens. Un peu plus de 2 millions d’euros ont été programmés par le Préfet de Région, en novembre 2013, à partir des fonds FEADER. Ce financement était déjà remis en cause par les experts du CGEDD, alertés par le Collectif, sur l’incompatibilité de ce financement avec l’augmentation des surfaces irriguées.

Dans leur rapport rendu public le 26/10/14, ils concluent : « Il existe un véritable problème de compatibilité entre le projet, tel qu’il est actuellement présenté, les règles d’intervention du FEADER, et les règles applicables en matière d’aides publiques ». Le Collectif avait pourtant alerté les autorités publiques de ce problème dès septembre 2013…

Cette décision européenne n’est pas une grande surprise puisque, suite aux questions parlementaires de l’eurodéputée (EELV) Catherine Grèze, la Commission avait demandé à la France, dès novembre 2013, des garanties.

Les autorités françaises ont répondu seulement 4 mois plus tard, en mars 2014 (période prévue initialement pour le déboisement du site), espérant peut-être que le chantier serait suffisamment avancé pour justifier de ne plus pouvoir faire machine arrière…

Le 28 juillet 2014, la Commission européenne avait notifié au gouvernement qu’elle considérait que ses réponses n’apportaient pas les garanties du respect des directives européennes. Ce qui ouvrait la porte à une procédure d’infraction.

Pour Ben Lefetey, porte-parole du Collectif : « Les questions qui se posent aujourd’hui sont pourquoi le Ministre chargé de l’écologie fin 2013, Philippe Martin, a autorisé un projet aujourd’hui retoqué par la Commission européenne comme ne respectant pas la directive-cadre sur l’eau ? Pourquoi le Préfet de Région a validé un financement FEADER qui est incompatible avec le projet ? Pourquoi le Conseil Général et la Préfecture du Tarn ont démarré un chantier, le 1er septembre 2014, avec de nombreuses forces de l’ordre alors qu’ils savaient depuis fin juillet qu’ils risquaient une procédure d’infraction et la perte des fonds européens ? ».

Pour éviter que ne se reproduisent d’autres drames humains et écologiques comme à Sivens, les responsabilités et les fautes devront êtres identifiés. Des procédures nouvelles doivent se mettre en place en France comme la vérification avant travaux que les règles européennes sont bien respectées."

SIVENS/TESTET : le dossier d’Eaux glacées

- Barrage de Sivens : letter d’un opposant à la Préfète du Tarn

Les eaux glacées du calcul égoïste, 4 juillet 2014

- Barrage de Sivens : la faute de Ségolène Royal

Les eaux glacées du calcul égoïste, 11 septembre 2014

- Barrage de Sivens : Ségolène Royal écarte l’un des deux experts pro-irrigation

Les eaux glacées du calcul égoïste, 12 septembre 2014

- La lutte de Sivens : le film

Les eaux glacées du calcul égoïste, 18 septembre 2014

- SivensTestet : grand pique nique à proximité de la zone humide le dimanche 21 septembre à midi

Les eaux glacées du calcul égoïste, 20 septembre 2014

- Sivens/Testet : la mobilisation s’enracine

Les eaux glacées du calcul égoïste, 1er octobre 2014

- Sivens/Testet : déjà 49 et 43 jours de grève de la faim

Les eaux glacées du calcul égoïste, 14 octobre 2014

- Sivens/Testet : nouvelles mobilizations avant la grande manifestation des 25 et 26 octobre

Les eaux glacées du calcul égoïste, 20 octobre 2014

- Sivens/Testet : une semaine de silence

Les eaux glacées du calcul égoïste, 30 octobre 2014

- Sivens/Testet : la face cachée de l’iceberg

Les eaux glacées du calcul égoïste, 31 octobre 2014

- Sivens : lettre ouverte à Thierry Carcenac, par Benoit Biteau

Les eaux glacées du calcul égoïste, 3 novembre 2014

- Jean Pierre Darré, l’homme qui a manqué à Sivens/Testet

Les eaux glacées du calcul égoïste, 7 novembre 2014

- Sivens : le compte n’y est pas

Les eaux glacées du calcul égoïste, 12 novembre 2014

- Sivens, le Gers et le Rajasthan

Les eaux glacées du calcul égoïste, 14 novembre 2014

- Sivens/Testet : Henri Chevalier, trente ans de combat pour l’eau dans le Sud-Ouest

Les eaux glacées du calcul égoïste, 16 novembre 2014

- Sivens/Testet : une thèse extraordinaire qui éclaire le conflit

Les eaux glacées du calcul égoïste, 16 novembre 2014

— Sivens/Testet : la Commission européenne étudierait le lancement d’une procedure d’infraction

Les eaux glacées du calcul égoïste, 19 novembre 2014

— Sivens/Testet : la Commission européenne lance une procedure d’infraction

Les eaux glacées du calcul égoïste, 26 novembre 2014

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2014-11-25
AU FIL DE L’EAU
par Marc Laimé, mardi 25 novembre 2014 @ 10:53

De très nombreux colloques, forums, séminaires… sont organisés en permanence, en France et à l’étranger sur une infinité de thèmes liés à l’eau. Du bruit de fond incessant que génère ce mouvement brownien émergent des signaux faibles qui dessinent sans coup férir les lignes de force de l’agenda de l’eau à venir, comme les stratégies des acteurs qui dictent le contenu de cet agenda. Illustration avec quelques évènements se tenant en moins de dix jours au début du mois de décembre 2014.

- Lundi 1er décembre 2014, de 9h00 à 16h30 : « L’agroforesterie au service des territoires". Produire et protéger.

Désormais reconnue comme une piste d’avenir, l’agroforesterie sera au centre d’une journée nationale organisée par le Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, dans le cadre du projet agro-écologique « Produisons autrement ».
 En présence de Stéphane Le Foll. Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, 78 rue de Varenne - 75007 Paris.

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Journées agroforesterie

- Lundi 1er et mardi 2 décembre 2014 de 9h00 à 17h00 : « Qui gouverne quand personne ne gouverne ? Eau, gouvernance et participation en Ile-de-France ».

Association ARCEAU. Colloque AgroParisTech, 16, rue Claude Bernard, 75005 Paris.

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ARCEAU

- Mercredi 3 décembre 2014 « Construction intercommunale, eau potable et réforme territoriale. Quelles organisations ? Quels objectifs ? Quelles échelles ? Quels territoires ? ». Communauté de l’eau potable, Région urbaine de Grenoble. Maison des Moaïs, Saint Martin le Vimoux.

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Séminaire Eau potable

- Mercredi 3 décembre 2014 de 9h30 à 17h00. Journée de travail et de restitution « Evaluer autrement les systèmes de production et les politiques publiques en agriculture ». Journée de travail et de restitution collectif InPACT.

Le collectif « Initiatives Pour une Agriculture Citoyenne et Territoriale » est une plateforme associative issue du rapprochement de réseaux associatifs nationaux : l’AFIP, l’InterAFOCG, la FADEAR, la FNCIVAM, la Fédération nationale Accueil Paysan, le MRJC Solidarité Paysans et Terre de Liens et le MIRAMAP.

Contact : Anne Harivel

Animatrice du GT évaluer autrement

Directrice de la FNCIVAM

7 bis rue Riquet- 75019 PARIS

Tél. 01 44 88 98 58

Mail : anne.harivel@civam.org ;

inpact@globenet.org

Site : www.agricultures-alternative...

- Mercredi 3 décembre 2014 de 14h00 à 18h45 à Paris au palais du Luxembourg : « L’alerte devant la loi et la justice, nos droits pour protéger la population, alerter et se défendre ». Revue Les Périphériques vous parlent et association Adéquations.

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Séminaire Alerte

- Jeudi 4 décembre de 8h30 à 16h45 « Les 50 ans de la loi sur l’eau de 1964. Bilans et perspectives », à la Faculté Jean Monnet à Sceaux

Organisé par :

L’Université de Paris-Sud et L’Université du Littoral Côte d’Opale,

La Société Française pour le Droit de l’Environnement (S.F.D.E),

L’Institut d’Etudes de Droit Public (IEDP - Université Paris-Sud, Faculté Jean Monnet),

Le laboratoire Territoires Villes Environnement et Sociétés (TVES – EA ULCO/Lille 1),

L’Association des Juristes du Master Environnement (AJME – Université Paris-Sud,

Faculté Jean Monnet).

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50 ans Loi sur l’eau

- Mardi 9 décembre 2014 à Bourgoin-Jallieu (38) « « Mobilité des cours d’eau et
continuité latérale », journée technique
d’information et d’échanges organisée par l’Association Rivière Rhône Alpes.

Objectifs :

- Fournir les clés de définition d’un espace de bon fonctionnement
afin d’aider les gestionnaires à concevoir des stratégies territoriales,

- Présenter des retours d’expériences de restauration d’espaces de
bon fonctionnement dans différents contextes,

- Echanger autour des enjeux techniques et financiers des actions
de restauration et sur les leviers et difficultés de ce type de projets,

- Prendre du recul sur plusieurs années de restauration physique et
sur les enjeux à venir.


- 

Programme et bulletin d’inscription sur
le site

http://www.riviererhonealpes.org/jo...

L’équipe de l’Association Rivière Rhône Alpes

7 rue Alphonse Terray
38000 GRENOBLE

Tél : 04 76 48 98 08

Fax : 09 55 07 64 75

arra@riviererhonealpes.org

www.riviererhonealpes.org



- Mercredi 10 décembre 2014 « Le droit au service de la protection des eaux », Faculté de droit et de science politique de Rennes, 15ème colloque régional organisé par Eau & Rivières de Bretagne.

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Le Droit au service des eaux

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2014-11-19
REMOUS
par Marc Laimé, mercredi 19 novembre 2014 @ 08:23

Après la diffusion d’informations contradictoires par plusieurs medias dans la journée du 18 novembre, le Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet a confirmé cette information, y apportant plusieurs précisions.

« Le Collectif n’est pas surpris par l’information de La chaîne parlementaire (LCP) qui a annoncé hier mardi 18 novembre que, "la commission européenne va lancer une procédure d’infraction contre la France pour violation des directives environnementales sur le projet de barrage du Tarn. La procédure pourrait être lancée cette semaine".

Il attend en effet une décision de la Commission depuis que celle-ci s’est auto-saisie à propos du barrage de Sivens, suite aux questions parlementaires posées à ce sujet par l’eurodéputée (EELV) Catherine Grèze à plusieurs reprises de 2011 à 2014.

Les questions parlementaires n’étant plus possibles entre l’élection européenne (25 mai 2014) et la nomination de la nouvelle Commission le 1er novembre, le Collectif ne pouvait plus être informé par ce biais. Il savait toutefois que la France avait répondu le 7 mars à la Commission européenne dans le cadre de la procédure pré-contentieuse EU Pilot. Et avait tenté en vain d’obtenir cette réponse de 8 pages auprès des services des affaires européennes dépendant du Premier Ministre…

Le Collectif avait donc pris l’initiative de contacter la Commission européenne directement fin juillet. Comme il n’est pas partie prenante dans cette procédure, il n’avait pas été possible d’obtenir des informations sur son état d’avancement, à part le fait que le dossier était toujours en cours de traitement.

La Commission a par contre demandé au Collectif de lui fournir des éléments complémentaires s’il jugeait cela nécessaire, ce qui a été fait à plusieurs reprises en août et en septembre.

Le Collectif avait dès lors bon espoir que la Commission lance une procédure d’infraction contre la France avant que le chantier ne redémarre en septembre, mais cela n’a malheureusement pas été le cas. Probablement dans l’attente de la nomination de la nouvelle Commission.

La procédure semble donc arriver à son terme. Cependant, après vérification dans l’après-midi du mardi 18 décembre auprès des services concernés, aucune décision n’avait encore été prise. Celle-ci ne pouvant l’être que par le Collège des commissaires, elle pourrait être annoncée sous quelques jours..."

"Il y a une procédure dans les tuyaux, mais le collège peut ne pas ouvrir la procédure d’infraction, ou la décision peut être reportée", indiquait, selon le Point, une source européenne. Le collège des commissaires, l’organe politique de l’institution, devrait en discuter lors d’une réunion plénière le 27 novembre.

La procédure pour non-respect de la règlementation européenne pourrait porter à la fois sur la directive habitats, en matière de protection des forêts et des zones humides, et sur les règles européennes de financement.

Si la Commission européenne ouvrait une procédure d’infraction, la première étape serait l’envoi d’une lettre de mise en demeure aux autorités françaises, qui auraient alors deux mois pour répondre. Elle peut ensuite porter le dossier devant la justice européenne.

A noter qu’une procédure d’infraction rendrait impossible le financement européen du projet qui représente plus de 2 millions d’euros, soit 21 % du financement global du projet de barrage.

A la lumière de ces nouvelles informations l’attitude du gouvernement apparaît rétrospectivement plus scandaleuse encore, puisqu’il était non seulement parfaitement informé qu’une procédure de pré-contentieux instruite par la Commission avait toutes les chances d’aboutir, mais qu’il aura nécessairement "défendu" ce projet dans la note adressée le 7 mars, via le Secrétariat aux affaires européennes, directement rattaché à Matignon, aux services de la Commission...

Rappelons que le périmètre et la composition du "gouvernement de combat" de M. Manuel Valls n’ont été rendus publics que le 1er avril 2014. Jusqu’à cette date le ministère de l’Ecologie, dont les services ont obligatoirement été saisis pour alimenter la réponse adressée le 7 mars 2014 par le Secrétariat aux affaires européennes à la Commission, était dirigé par un certain... Philippe Martin.

Lire aussi :

- Voici comment l’Europe en est venue à la procédure d’infraction sur le barrage de Sivens

Catherine Grèze, Reporterre, 20 novembre 2014

SIVENS/TESTET : le dossier d’Eaux glacées

- Barrage de Sivens : letter d’un opposant à la Préfète du Tarn

Les eaux glacées du calcul égoïste, 4 juillet 2014

- Barrage de Sivens : la faute de Ségolène Royal

Les eaux glacées du calcul égoïste, 11 septembre 2014

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Les eaux glacées du calcul égoïste, 12 septembre 2014

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Les eaux glacées du calcul égoïste, 18 septembre 2014

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Les eaux glacées du calcul égoïste, 20 septembre 2014

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Les eaux glacées du calcul égoïste, 1er octobre 2014

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Les eaux glacées du calcul égoïste, 14 octobre 2014

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Les eaux glacées du calcul égoïste, 16 novembre 2014

— Sivens/Testet : la Commission européenne étudierait le lancement d’une procedure d’infraction

Les eaux glacées du calcul égoïste, 19 novembre 2014

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2014-11-16
FIGURES
par Marc Laimé, dimanche 16 novembre 2014 @ 09:57

Sara Fernandez, Ingénieure du génie rural et des eaux et forêts, a soutenu le 29 septembre 2009 à AgroParisTech à Paris, une thèse intitulée « Si la Garonne avait voulu… ». Un travail de recherche colossal de 653 pages, sous-titré « Etude de l’étiologie déployée dans la gestion de l’eau de la Garonne, en explorant l’herméneutique sociale qui a déterminé sa construction », à lire absolument pour comprendre les fondements historico-politiques du drame de Sivens.

Cette thèse a aussi son histoire. Elle a été encadrée par une autre chercheure, aussi brillante qu’atypique, et donc dérangeante... Julie Trottier, chercheure en Sciences politiques canadienne, diplômée de Louvain-La-Neuve (Belgique), aura vu en effet son recrutement en France comme directeur de recherche au CEMAGREF, devenu IRSTEA, puis à l’IRD, bloqué par on devine quelle "bienveillante" tutelle...

Après avoir gagné un procès en Conseil d’Etat contre l’IRD, constat fait qu’au niveau du CEMAGREF, le blocage étant intervenu en amont du recrutement, il n’y avait pas de recours judiciaire possible, Julie Trottier est désormais directeur de recherches au CNRS.

Aujourd’hui, au regard du drame de Sivens, la lecture de la thèse de Sara Fernandez, indispensable, revêt un tour vertigineux.

L’auteure définit quatre paradigmes successifs pour les "rationalités hydrauliques" des décideurs de la Garonne, le dernier en date (année 1990) étant celui de la "concertation".

Sivens, comme nombre d’autres actions contestataires de la politique de l’eau en ce moment, signent à n’en pas douter l’épuisement rapide de ce paradigme.

Parce que le "décideur" (public, privé) a toujours déjà "décidé", et que sa concertation est l’habillage d’une éducation bienveillante des récalcitrants par la "pédagogie" ou d’un rachat à moindres frais des protestataires par la "compensation", voire la subvention...

Quand rien n’y fait, c’est à la grenade offensive que l’on concerte, et le drame révèle brutalement les villages Potemkine édifiés par les cohortes de « décideurs » qui nous mènent à la ruine…

Commentaire avisé d’un observateur attentif du conflit : « Petit jeu (« Nous irons tous au paradigme ») : quel sera le prochain paradigme, la cinquième époque de l’hydropolitique ? Je vois bien se dessiner un "paradigme de l’information" où l’on va tous être noyés dans le flux haut débit du Big Data et de l’internet des objets appliqués aux milieux vivants, sur le mode de la surveillance panoptique en temps réel pour gérer tout déséquilibre local. Le "on" qui déploiera ce système, et gérera en conséquence le milieu, ne sera pas forcément l’Etat, et la Big Data ne sera pas forcément de la Smart Data... »

Cygnes

Le résumé de la thèse de Sara Fernandez

« Cette recherche explore les mécanismes par lesquels des principes méthodologiques d’interprétation et d’explication définissent des relations de causalité particulières qui ont façonné et façonnent aujourd’hui un certain discours sur la gestion de l’eau, un certain développement des sciences et des techniques de l’eau et un certain pouvoir sur l’eau.

Nous nous appuyons sur un cas d’étude particulier, celui de la gestion de l’eau dans le bassin de la Garonne.

Quelles relations causales ont permis de façonner les stratégies favorisant la construction d’infrastructures hydrauliques ? Quelles relations de pouvoir ont permis à ces stratégies de s’imposer ? Quels schèmes interprétatifs ont été mobilisés, quelles structures de signification ont-ils alimentées et quelles structures de domination ont-ils renforcées ou au contraire affaiblies ?

La réponse à ces questions exige de caractériser et de comprendre la gestion de l’eau actuelle dans le bassin de la Garonne.

Un examen de l’histoire des infrastructures hydrauliques du Sud-ouest de la France, des rapports de force et des justifications qui leur ont été associés met en lumière de nombreuses reformulations paradigmatiques.

Le problème de la gestion de l’eau a été successivement décrit de façons très différentes par des acteurs poursuivant chacun leurs stratégies propres.

La modélisation en tant qu’outil contribue largement à produire notre représentation de la nature et de ses enjeux. Comme toute science et technologie, la modélisation et les indicateurs ont été des constructions sociales et politiques qui ont façonné la perception du problème.

Enfin, les modalités d’insertion des experts au sein des divers mécanismes de prises de décision ont activement participé à ces processus.

Cette recherche nous informe sur les relations intimes entre maîtrise de l’eau d’un côté et construction des sciences et des technologies de l’eau de l’autre.

Les résultats nous permettent aussi de reconsidérer le problème de la pénurie d’eau.

Les modèles et les indicateurs développés et promus ne sont pas des représentations objectives : ils façonnent certaines représentations et contribuent à les légitimer. Il s’agit d’actants, c’est-à-dire des entités humaines ou non, qui s’organisent, se structurent en prenant part aux controverses, et qui sont donc largement impliqués dans la construction du problème lui-même.

Une constellation hydropolitique correspond à l’ensemble des acteurs et de leurs relations impliqués dans la maîtrise de l’eau, même s’ils peuvent être associés à une grande diversité d’enjeux, déployés à différentes échelles. Conceptualiser la constellation hydropolitique, impliquant des instruments, des méthodes et des acteurs particuliers demande une analyse approfondie avant de penser à des « solutions ».

Télécharger la thèse de Sara Fernandez :

- « Si la Garonne avait voulu… »

THÈSE pour obtenir le grade de Docteur de L’Institut des Sciences et Industries du Vivant et de l’Environnement (Agro Paris Tech).

Spécialité : Sciences de l’eau. Présentée et soutenue publiquement par FERNANDEZ Sara le 29 septembre 2009.

« SI LA GARONNE AVAIT VOULU… ETUDE DE L’ETIOLOGIE DEPLOYEE DANS LA GESTION DE L’EAU DE LA GARONNE, EN EXPLORANT L’HERMENEUTIQUE SOCIALE QUI A DETERMINE SA CONSTRUCTION. »

Directrice de thèse : Julie TROTTIER

AgroParisTech-Engref, UMR Gestion de l’eau, acteurs, usages, F-34000 Montpellier.

D'Italie

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Les eaux glacées du calcul égoïste, 16 novembre 2014

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REMOUS
par Marc Laimé, dimanche 16 novembre 2014 @ 08:44

Eaux glacées republie plusieurs articles d’Henri Chevalier, engagé depuis plus de trente ans pour la défense de l’environnement dans le Sud-Ouest. Ses analyses et mises en garde remettent en perspective le drame de Sivens, et l’aveuglement des pouvoirs publics.

- Eau et agroécologie

Les eaux glacées du calcul égoïste, 23 mars 2009

« Défenseur d’une gestion écologique de l’eau en agriculture, Henry Chevalier milite depuis une trentaine d’années dans le Sud-ouest en faveur d’une nouvelle approche de la gestion de l’eau. Engagé dans les luttes contre la construction aberrante de barrages et de retenues collinaires, qui se poursuivent en Adour-Garonne, il a publié en 2007 un ouvrage remarquable dans lequel il condense plusieurs décennies d’engagement en faveur d’une gestion soutenable de l’eau (*). Présentation d’une approche d’une gestion de l’eau en agriculture respectueuse de l’environnement. »

(*) L’eau, un enjeu pour demain, Henry Chevalier, ed. Sang de la Terre, 2007. Pour le commander, adresser un chèque de 24 euros à l’ordre de « Ende doman », La Bertrande, 32400 Fusterouau.

- Non aux barrages-réservoirs dans le bassin de l’Adour ! par Henri Chevalier

Les eaux glacées du calcul égoïste, 4 mars 2011

« Plusieurs dizaines d’associations de défense de l’environnement se sont mobilisées pour dénoncer un projet de construction de nouveaux barrages-réservoirs dans le Sud-Ouest, dédiés aux besoins de l’irrigation du maïs. Elles pointent à juste titre la timidité d’un SDAGE timoré, imprécis, voire laxiste. Qui se limite à la réécriture des mesures des SDAGEs de la Loi sur l’eau précédente, celle de 1992…. SDAGE et Programme de mesures (PDM), que les seuls cinq représentants des APNEs, sur la centaine de membres composant le Comité de bassin Adour-Garonne avaient dès lors refusé de voter… »

Video du WWF : Agriculture industrielle, le sacrifice de l’eau : Gers, un maïs arrosé d’argent public.

- Sécheresse : pourquoi la FNSEA veut stocker l’eau l’hiver

Les eaux glacées du calcul égoïste, 6 juin 2011

« Et pourquoi il ne faut pas se laisser abuser par les « éléments de langage » concoctés par les services de Bruno Le Maire et Xavier Beulin qui, en « gestionnaires de crise » éprouvés, construisent depuis près d’un mois une fable qui ne résiste pas à l’examen. Non, le stockage de l’eau l’hiver ne constitue en aucune façon un instrument de prévention intelligent contre des sécheresses qui vont inévitablement se multiplier, sous l’effet du changement climatique, et provoquer de véritables catastrophes si l’on continue à soutenir à bout de bras un modèle agricole qui va dans le mur… Ce sont des pratiques culturales néfastes et le recours à l’irrigation forcée qui l’accompagne qui doivent être revues de fond en comble. »

- L’eau, un bien commun, pas une marchandise, par Henri Chevalier

Les eaux glacées du calcul égoïste, 11 septembre 2012

« L’eau sera un des principaux enjeux du XXIe siècle. La seconde moitié du siècle précédent nous a légué des milieux naturels aquatiques dégradés, fragilisés, asséchés, pollués... L’eau est devenue une marchandise que les assoiffés de fric et de pouvoir s’accaparent et monnayent, que ce soit pour les besoins domestiques, pour l’industrie, pour l’énergie ou pour l’agriculture. Pour renverser la vapeur il faudrait que les consommateurs, les usagers, les écocitoyens se réapproprient ce « bien commun » et le gèrent de façon véritablement démocratique et totalement écologique. »

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2014-11-14
REMOUS
par Marc Laimé, vendredi 14 novembre 2014 @ 15:07

L’affaire du barrage, contesté, de Sivens entre dans une nouvelle phase dans laquelle le combat va aussi porter sur l’appropriation, l’instrumentalisation, voire le détournement de concepts et données scientifiques complexes, parfois controversées. Qu’est-ce que l’irrigation, qu’est-ce qu’un barrage, une zone humide, une retenue collinaire ? Une gouvernance de l’eau dévoyée, un modèle d’aménagement du territoire dévastateur, l’emprise du lobby agricole productiviste dans le Sud Ouest, et l’effondrement du politique concourent à interdire tout débat démocratique autour d’enjeux de société majeurs. Bref éclairage sur le débat qui n’a pas lieu.

En une décennie, Rajendra Singh, qui incarne désormais cette révolution silencieuse, a transformé un désert en une oasis verdoyante, créant un véritable modèle mondial de préservation des ressources en eau, qui a permis de faire revivre plus d’un millier de villages, abritant près de 700 000 personnes.

Tout a commencé en 1987 dans le district d’Alwar dans l’état du Rajasthan, au nord-ouest de l’Inde. La plupart des villageois avaient abandonné des terres devenues arides et rejoint les villes.

C’est en construisant à la main des milliers de réservoirs en terre, permettant de récupérer les eaux de pluie, que le processus de désertification découlant d’une surexploitation des eaux souterraines a pu être enrayé.

Les habitants ont parallèlement lancé un programme de reforestation. Les arbres regagnent du terrain, les surfaces cultivables ont été multipliées par trois, les rendements agricoles par dix.

Lancé en 1987 par la petite ONG Tarun Bharat Sangh, le projet a mobilisé les villageois qui ont creusé des centaines de « johads », réservoirs en terre installés au bas des collines. Ils permettent non seulement de récupérer la pluie, mais aussi les eaux de ruissellement qui sinon se perdent en surface.

Dans un premier temps les puits se sont remplis, puis, après plusieurs années, les cours d’eau ont commencé à se reformer.

Dans chaque village un comité a été constitué pour veiller à la préservation des ressources. Dans la région d’Arvari, ils ont été fédérés au sein d’un « Parlement de la rivière », qui légifère sur l’utilisation de l’eau.

Il a décidé d’interdire la plantation du riz ou de la canne à sucre, qui exigent trop d’eau, de prohiber les pesticides, d’interdire d’utiliser l’eau à des fins industrielles, ou de vendre son terrain à une industrie.

En dix ans les paysans, autrefois condamnés à l’exode rural, ont vu le prix de leurs terres multiplié par 150. Ils produisent suffisamment pour exporter légumes et céréales dans toute la région. Asséchée depuis plus de soixante ans, la rivière Arvari est ressortie de terre en 1996, avant que quatre autres cours d’eau ne renaissent à leur tour, redonnant vie à des villages condamnés à l’abandon.

En quinze ans le projet s’est chiffré à 1,5 million d’euros. Le montant a minima des indemnités de licenciement que perçoit un capitaine d’industrie dans un pays développé.

Lire :

- “Restauration des écosystêmes, restauration des sociétés”.

par Alain Claude Burgevin Galtié

Au Rajasthan

En Terre étrangère : les paroles et les actes

Le 20 novembre 2012, l’Agence régionale pour la protection de l’environnement (ARPE), outil du conseil régional Midi-Pyrénées, organisait un petit déjeuner à Toulouse. Sujet : la valeur économique de l’eau, autrement dit les “services” que rend la nature, par exemple, avec les zones humides, à la gestion quantitative et qualitative de l’eau.

Mr Marc Abadie, alors Directeur de l’Agence de l’eau Adour Garonne introduisait les festivités en évoquant l’article paru le jour même dans le quotidien régional “La Dépêche”, propriété de M. Jean-Michel Baylet, qui se félicitait de l’avis favorable rendu par la commission d’enquête publique sur le projet de "retenue “ de Sivens.

Souriante schizophrénie : d’un côté un discours sur la protection des zones humides, de l’autre le rapport de la commission d’enquête publique favorable à la “retenue” de Sivens, qui détruira la zone humide du Testet.

Les mêmes applaudissaient bien évidemment sans retenue (même collinaire), l’ode au retour à une "agriculture agronomique" qui permet aux sols de stocker de l’eau, comme le rappelait la Lettre de la SCOP Sagnes…

Monsieur Abadie, interpellé par ce que l’on ne stigmatisait pas encore à l’époque comme un “djihadiste vert”, avouait sans barguigner assumer cette schizophrènie : “On peut détruire une zone humide sans regrets s’il y a des compensations.”

Ceci au nom du réchauffement climatique et de l’augmentation de la démographie dans le Sud-ouest, de l’économie, avec le maïs irrigué, la production électronucléaire etc. “C’est la société qui veut ça.”

Le site de l’Agence de l’eau Adour Garonne présentait d’ailleurs fort opportunément à l’occasion l’exercice de prospective "Garonne 2050" tout droit issu des cogitations des brillants cerveaux de la CACG.

Il présentait cinq scénarios. Quatre privilégiaient le stockage dans des retenues collinaires, plus ou moins selon l’évolution politique, et... selon la possibilité de recours à des financement publics…

Le cinquième, le scénario "Sobriété", entendre l’austérité, horresco referens, agitait le spectre de la crise subie.

Cette prospective était soumise à une consultation publique et devait servir à établir la revision du SDAGE, pour la période 2015-2018.

Du matraquage idéologique “mainstream” avec, à Toulouse, dans le gratuit du métro 20’, des articles de M. Abadie insistant sur l’obligation de s’adapter au réchauffement climatique, et d’augmenter pour ce faire… le stockage des hautes eaux d’hiver dans des retenues collinaires.

Peu avant un colloque “Eau et avenir durable des territoires” avait déjà martelé le même message les 26 et 27 novembre de la meme année.

Noir Périgord

Dans le Gers, la retenue de La Barne, près de Ju-Belloc, est très similaire à celle de Sivens dans le Tarn. Elle a aussi ses détracteurs, et ses partisans, qui soulignent son importance pour la bonne santé du milieu aquatique.

Bien vivre dans le Gers, et d’autres associations, qui manifestaient fin octobre à Auch contre le barrage de Sivens, en profitaient pour souligner leur opposition au futur barrage de La Barne.

Placée sur un ruisseau, la Barne, qui se jette dans l’Arros, affluent de l’Adour, le projet, en voie d’achèvement, va s’étendre sur 20 hectares et permettre la retenue de près d’un million de m3 d’eau, derrière une digue de 15 mètres de hauteur tout juste achevée un mois plus tôt.

« Ce barrage doit coûter 2,7 millions d’euros, tempêtait Sylviane Baudois, la secrétaire de Bien Vivre dans le Gers, et fait partie de la dizaine de barrages prévus dans le département ! Ces projets vont coûter dans les 100 millions d’euros au contribuable, et ne tiennent pas la route. Nous demandons avant leur poursuite qu’une commission indépendante juge leur utilité. »

Cible des opposants, l’Institution Adour et l’Établissement public territorial de bassin de l’Adour (Eptb) dirigé par 20 conseillers généraux qui ont la maîtrise d’ouvrage.

« Ces barrages ne servent qu’à une agriculture intensive, et tous les contribuables vont payer pour elle. »

Les barrages gersois ne sont en réalité pas… des barrages, mais des « retenues » : les barrages « barrent » un cours d’eau, quand la retenue est creusée non loin de celui-ci pour être remplie par les pluies.

Ces retenues, clament leurs promoteurs, ne servent pas qu’à l’agriculture. Et celle de la Barne ne fait pas exception.

« Elle fait partie des projets prioritaires de l’Institution Adour d’ici 2021, précisait à la Dépêche Bernard Malabirade, président de la FDSEA 32. Et son but premier, c’est l’étiage de l’Adour. »

L’étiage correspond au point le plus bas atteint par un cours d’eau. « 30 % au minimum des capacités de la Barne sont destinés à la salubrité. Et ça peut monter à 80 %, lorsque la sécheresse frappe. On ne rajoutera pas un hectare de surface irriguée autour de ce lac. Il est faux de dire qu’il ne va servir qu’à l’agriculture. »

Même son de cloche du côté de la chambre d’agriculture du Gers. Celle-ci, en lien avec l’Institution Adour, gère pour l’État les volumes prélevables du bassin de l’Adour. Une véritable délégation de service public, qui impose la construction de retenues !

« Un tel ouvrage a toujours plusieurs rôles, expliquait Henri-Bernard Cartier, président de la Chambre d’agriculture. Celui d’irriguer, mais c’est loin d’être le seul, et dans le futur, ce sera peut-être bien secondaire ! Une retenue régule l’étiage, permet d’assurer la salubrité en aval. Actuellement, avec l’arrière-saison sèche, sans les lacs de retenue, l’alimentation en eau du Gers poserait un problème. Le contrôle de l’étiage, c’est aussi l’assurance de préserver le débit biologique des cours d’eau. Sans cela, plus de vie aquatique. »

Un étiage faible entraîne la concentration de tous les toxiques contenus dans les cours d’eau. L’eau réchauffe également plus vite, au détriment des espèces aquatiques.

Francis Daguzan, le vice-président du conseil général en charge des questions hydrauliques, le reconnaissait sans détours : « Il manque 10 millions de m3 pour sécuriser l’étiage. Et il faut pour cela 10 retenues de plus. C’est le fruit des études déjà menées ». Et d’évoquer les problèmes récurrents concernant l’alimentation en eau potable, jusqu’à l’année 1989, où un accord avait pu être établi.

« Depuis, on a corrigé. L’économie - et sur ce plan, dans le Gers, l’eau ne concerne que l’agriculture - passe après le milieu naturel et la salubrité. »

Invention remarquable du Parti du maïs, qui préside à tout ce qui peut se présider dans le Sud-Ouest, la « salubrité », concept hors-sol gravé dans le marbre des murs (en brique rouge) de l’Agence Adour-Garonne exprime une notion qui dépasse la seule hygiène.

La "salubrité" pour un bassin, c’est en premier lieu la régularité des débits. Ainsi le SDAGE lancé en 2000 et approuvé en 2009, en fixe les contraintes. Un bassin comme l’Adour, qui dépend de la fonte des neiges pyrénéennes, serait régulièrement à sec, sans les lacs artificiels.

Ils ont pour rôle de maintenir l’étiage des différents cours d’eau, pour permettre d’alimenter les urbanisations en eau potable, mais aussi pour préserver le milieu.

Et cela bien au-delà des frontières du Gers : le département a ainsi obligation d’assurer un débit minimum dans la Garonne.

Et c’est ainsi qu’Allah, et Maïsadour, et la CACG… sont grands !

Retour à Sivens

Dans ce contexte, on ne sera dès lors pas surpris d’apprendre, en consultant le désormais fameux « Rapport d’expertise du CGEDD », qu’il y a eu étude d’impact, enfin une étude allant jusqu’à identifier les différentes espèces et reconnaître "la présence d’espèces protégées et d’habitats protégés". Il a même été envisagé une « compensation » avec un coefficient autour de 2, et la restauration de certains tronçons aval. Il y a eu consultation de la fameuse Autorité Environnementale, etc.

Avec pour résultat, pour finir, comme on le sait, l’anéantissement.

Second enseignement, qui prend forme très vite : cette histoire de « compensation » relève d’une culture impérialiste qui a supprimé toute l’intelligence sensible (Donald Worster "Les pionniers de l’écologie", titre originel : “Nature’s Economy »).

Ici, on détruit des habitats originaux et une quantité indéterminée de vies, donc tout un ensemble si complexe que l’on ne peut le comprendre tout à fait, et sûrement pas le déplacer ou le reproduire. Cependant, les technos prétendent bien évidemment en reconstituer l’essentiel... Aussi simple que les vases communicants. Vision de pure réduction mécaniste ! Ecologie Potemkine.

Puis, une interrogation. Le rapport du CGEDD ne précise nulle part si l’ouvrage (le "réservoir de stockage d’eau") est seulement conçu pour l’irrigation classique, ou s’il a été pensé aussi pour réalimenter la nappe phréatique, donc si son fond devait être étanche ou non.

Aucune trace de ce distinguo dans l’expertise rendue publique en octobre dernier. C’est, pourtant, une caractéristique extrêmement importante.

On découvre en effet aisément, à l’occasion, que les "retenues collinaires" sont réalisées avec un fond étanche...

Or le grand intérêt des "retenues collinaires" et autres « Johads », comme nous l’avons vu au Rajasthan, c’est de retenir l’eau pour alimenter les nappes phréatiques, afin que cette régulation de l’eau bénéficie à tout l’environnement, pas de permettre de faire de l’irrigation avec des pertes colossales par évaporation et salinisation…

En cherchant encore un peu, nul besoin pour ce faire d’être Ingénieur des Ponts et des Eaux et forêts, on vérifie qu’il était prévu une étanchéité avec lit d’argile déposé à Sivens, d’où le grattage et le dessouchage intégral du fond de la retenue, brutalement ordonné par le Conseil général du Tarn, sous la protection des forces de l’ordre, et qui s’est terminé comme on sait.

Ici on oublie que la nature se satisfait à elle-même, et que l’intervention de l’homme ne fera, dans le cas présent, qu’accroître les problèmes à venir.

Car la mise en place d’un fond argileux va limiter les échanges avec la nappe existante et, à terme, risque de faire disparaître la dite nappe.

Ici tout le monde semble avoir oublié de s’interroger : quels seront les impacts de l’imperméabilisation sur les écosystèmes proches qui en dépendent, notamment forestiers ? Comme sur les autres usages à partir de la nappe "en bon état" ?

L’aménagement projeté risque bien à terme d’être plus préjudiciable que le non aménagement vis à vis de la ressource en eau, lors même qu’il existe d’autres moyens pour compenser le manque d’eau, comme le maintien, et le développement d’un couvert forestier, ce qu’on appelle l’agroforesterie, qui est désormais officiellement soutenue par le ministère de l’Agriculture de M. Stéphane Le Foll…

Le rapport d’expertise précité précise en effet l’importance d’un décapage soigné du fond, et que 43 000 m3 de matériaux devront être importés…

Un schéma voisin donc pour le « barrage » de Sivens, que celui des « retenues collinaires », qui sont installées dans des talweg. Ainsi pour les retenues de substitution, appelées "bassines" que la CACG, encore elle, a massivement implantées en Poitou Charentes, c’est avec des géomembranes, genre Bidim, posées entre deux géotextiles, qu’est assurée l’étanchéité.

Sivens c’est plus qu’un talweg, mais un vallon déjà "formé" géomorphologiquement, et vu sa taille le coût du Bidim semble difficile à justifier.

Au final, la dimension du projet et, surtout, sa substitution à une zone humide le trahissaient. L’étanchéification du fond achève le tableau. Ces retenues n’ont aucun rapport avec la restauration écologique qui est l’objectif des "johads" indiens et autres techniques de réalimentation des nappes phréatiques et de régulation des étiages par infiltration et non par lâchages ! Affligeant.

Retour à Sivens

L’objectif est ici clairement le détournement du bien commun. L’eau de pluie qui doit profiter à toutes les vies, à "l’économie de la nature", est détournée et privatisée par une forme d’économie si réductionniste qu’elle vit au détriment du bien commun de l’écosystème.

Que deviendrait la nappe phréatique avec ce projet ? La zone humide qui contribuait à l’alimentation de celle-ci une fois supprimée, l’eau détournée et largement évaporée... Le niveau de la nappe ne risquerait-il pas de baisser, rendant (pour les mécanistes), plus nécessaire encore les retenues étanches et l’irrigation ? Etc.

Cela a-t-il été étudié ? La "compensation" prévoit-elle l’alimentation de la nappe ?

Le fameux rapport d’expertise n’évoque même pas la nappe phréatique, mais seulement "l’aquifère" pour dire que l’existence des zones humides résulte de la présence d’un aquifère temporaire (?), etc. (page 8).

Cet "aquifère" n’aurait-il pas de rapport avec la nappe phréatique qui dépend beaucoup des zones humides ? L’alimentation de la nappe phréatique par les zones humides n’a ainsi été envisagée que très légèrement...

Ainsi le rapport d’expertise semble-il oublier la nappe phréatique, n’établissant de rapport qu’entre l’agriculture et l’irrigation. De même, le "soutien d’étiage" semble ne dépendre que des lâchages superficiels…

L’ensemble de l’approche apparaît dès lors de plus en plus superficielle, ne se préoccupant que des eaux de surface, un peu comme si une étude botanique oubliait les racines...

Si l’on s’intéresse par exemple aux systèmes d’épandage de crues (« spate irrigation » en anglais), comme alternative à l’irrigation par pompage au Sahel, on affronte un contexte difficile où, avec les villageois et les nomades, on raisonne l’inféro-flux, la nappe alluviale, la ripisylve et les berges, lit mineur et lit majeur, les débits solides, le colmatage et la construction des sols alluviaux et des dépôts limoneux cultivables... la nappe phréatique et l’aquifère étant toutes autres choses.

Mais les ingénieurs, la DREAL, le CGEDD, la CACG… raisonnent le milieu en termes de tuyaux.

Quant à Manuel Valls, il a déclaré à la télévision que le barrage de Sivens servirait, aussi, à alimenter Montauban en eau potable !

Sortir de l’impasse de Sivens ? Stage obligatoire de 12 mois au Mali et au Rajasthan pour Ségolène Royal, Manuel Valls, Thierry Carcenac, le Préfet du Tarn, et tous les IGREF !

SIVENS/TESTET : le dossier d’Eaux glacées

- Barrage de Sivens : lettre d’un opposant à la Préfète du Tarn

Les eaux glacées du calcul égoïste, 4 juillet 2014

- Barrage de Sivens : la faute de Ségolène Royal

Les eaux glacées du calcul égoïste, 11 septembre 2014

- Barrage de Sivens : Ségolène Royal écarte l’un des deux experts pro-irrigation

Les eaux glacées du calcul égoïste, 12 septembre 2014

- La lutte de Sivens : le film

Les eaux glacées du calcul égoïste, 18 septembre 2014

- SivensTestet : grand pique nique à proximité de la zone humide le dimanche 21 septembre à midi

Les eaux glacées du calcul égoïste, 20 septembre 2014

- Sivens/Testet : la mobilisation s’enracine

Les eaux glacées du calcul égoïste, 1er octobre 2014

- Sivens/Testet : déjà 49 et 43 jours de grève de la faim

Les eaux glacées du calcul égoïste, 14 octobre 2014

- Sivens/Testet : nouvelles mobilizations avant la grande manifestation des 25 et 26 octobre

Les eaux glacées du calcul égoïste, 20 octobre 2014

- Sivens/Testet : une semaine de silence

Les eaux glacées du calcul égoïste, 30 octobre 2014

- Sivens/Testet : la face cachée de l’iceberg

Les eaux glacées du calcul égoïste, 31 octobre 2014

- Sivens : lettre ouverte à Thierry Carcenac, par Benoit Biteau

Les eaux glacées du calcul égoïste, 3 novembre 2014

- Jean Pierre Darré, l’homme qui a manqué à Sivens/Testet

Les eaux glacées du calcul égoïste, 7 novembre 2014

- Sivens : le compte n’y est pas

Les eaux glacées du calcul égoïste, 12 novembre 2014

- Sivens, le Gers et le Rajasthan

Les eaux glacées du calcul égoïste, 14 novembre 2014

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2014-11-12
VAGUES
par Marc Laimé, mercredi 12 novembre 2014 @ 13:15

Créé formellement à l’été 2012 dans les Landes, le réseau FEP regroupe aujourd’hui une quarantaine de collectivités locales ou opérateurs publics français qui ont fait le choix, certains depuis des décennies, de la gestion publique de l’eau et de l’assainissement. Mutualisation, échange de bonnes pratiques, défense des intérêts de la gestion publique auprès de toutes les instances concernées, à l’heure où la gestion de l’eau connaît des évolutions majeures, France eau publique organise le 13 novembre 2014 à Poitiers un séminaire destiné à préciser ses priorités pour les 5 prochaines années.

Entretien avec Christophe Lime, adjoint au maire de Besançon pour l’eau et l’assainissement, président de la Régie de Besançon, et qui vient d’être élu par ses pairs président de FEP.

Christophe Lime, président de la régie de Besançon et de France eau publique

“ Le premier bilan est positif, on existe toujours car on a surmonté les risques de dispersion, voire de conflits. Du coup, on enregistre une progression d’adhérents et on commence à devenir le référentiel de la gestion publique, vis-à-vis des tous les partenaires concernés, y compris les ministères de tutelle.

A contrario, on demeure encore trop dispersés avec des difficultés de coordination. On va devoir se recentrer sur des priorités en fonction de nos forces.

Le séminaire que nous organisons à Poitiers le 13 novembre a été monté pour nous permettre de décider de nos priorités pour les cinq prochaines années.

Pour nous donner les moyens de nos ambitions on doit aussi réussir à ne pas remettre en cause tous les trois mois ce que l’on aura décidé, et là nous ne sommes peut-être pas encore pleinement à maturité.

Aujourd’hui les 40 structures membres de FEP desservent 10 millions d’usagers. Dans les 5 ans qui viennent nous allons encore nous développer, mais désormais les collectivités ou syndicats qui nous rejoignent sont majoritairement des petites structures, qui regroupent en moyenne de 30 000 à 50 000 usagers. Nous devons développer à leur égard un dispositif qui nous permettra de répondre à tout un panel de questionnements et de demandes, que les plus grosses entités fondatrices maîtrisent déjà peu ou prou.

Parmi les grands enjeux de la période, la priorité c’est le nouvel acte de la décentralisation, avec la poursuite des regroupements intercommunaux, l’avènement des métropoles, le transfert de nouvelles compétences, comme la compétence GEMAPI, qui vont nous contraindre à apprécier du même élan gestion du petit cycle et grand cycle, avec les valeurs du service public, et avec le préalable qu’on ne peut pas nous imposer des compétences nouvelles si nous ne bénéficions pas de moyens nouveaux pour y faire face. A cet égard il faudrait sans doute revoir les problématiques IOTA et ICPE.

Par ailleurs, au niveau territorial, l’avènement des métropoles va nécessiter une nouvelle articulation entre grands syndicats péri-urbains et milieu rural, sur fond de tension financière accrue pour les collectivités, de baisse des dotations de l’état, voire de suppression des départements, et à tout le moins de leurs interventions financières pour l’adduction d’eau et l’assainissement qui, même depuis la suppression du FNDAE, représentaient encore plus de 300 millions d’euros par an. Là, le désengagement est déjà très net. Avec la ponction de l’état dans la trésorereie des Agences de l’eau, 175 millions d’euros chaque année programmés dans le projet de loi de Finances 2015 jusqu’en 2017, la situation financière va devenir très tendue, alors que dans le même temps il va falloir faire face à des besoins importants pour le renouvellement des réseaux, la mise aux normes des installations, la protection des captages, et l’ensemble des engagements communautaires de la France, vis-à-vis desquels nous sommes déjà en situation très critique.

Il va dès lors falloir redéfinir une taille optimisée pour nos services, au plan technique comme au plan politique, et mettre en oeuvre, parallèlement, de nouvelles péréquations urbain-rural.

Vis à vis de tout cela, soit on conteste et on bloque, soit on enrichit en essayant de peser. C’est aussi la mission de FEP : faire entendre et défendre les intérêts de la gestion publique de l’eau et de l’assainissement dans toutes les instaces officielles concernées, afin de veiller à ce qu’elle puisse se développer.

On en a eu un exemple récent avec la COSEI qui dépend de Bercy, au sein duquel les opérateurs privés ont d’abord semblé être les seuls à defendre leurs intérêts. Nous avons fait en sorte d’y être présents afin d’y défendre la gestion publique.

En la matière la FEP et Aqua Publica Europea doivent encore développer leurs activités de veille réglementaire et de veille juridique, au niveau français comme européen. Nous sommes encore trop dispersés et on devrait pouvoir mieux travailler sur les sujets importants, par exemple en lien au niveau local avec les parlementaires qui défendent l’activité de leurs territoires, sachant qu’une gestion de l’eau optimisée est un levier fondamental pour toute l’activité économique.

FEP c’est aussi la mutualisation entre services publics locaux sur tout le territoire, ce qui passe par une ingénierie partagée, des actions de formation, et l’optimisation des functions achat par exemple pour pouvoir bénéficier d’économies d’échelle. Mais ce n’est pas aussi simple que çà en a l’air, car on peut déclencher des effets pervers. Ainsi, avec un fournisseur unique on peut “tuer le marché”, avec plusieurs gros fournisseurs il faut affronter une logique de cartellisation, donc il faut imaginer des formules nouvelles et nous y travaillons.

FEP a ainsi développé la méthode des audits croisés que nous travaillons à structurer sur l’ensemble du territoire. Ainsi une équipe de spécialistes d’Eau de Paris peut venir chez nous à Besançon, ou à Grenoble auditer notre service à partir de leurs points forts, ce qui nous permettra ensuite de mettre en place les process qui nous permettront d’améliorer la qualité du service rendu à l’usager. C’est une piste prometteuse et nous allons nous investir pour développer la qualification de l’ensemble des intervenants potentiels.

Idem pour la formation, chacune de nos grosses structures pourra ainsi par exemple accueillir à coût marginal 3 ou 4 collègues d’une plus peite entité lorsque nous organisons des journées de formation en interne. On fait des économies d’échelle en mutualisant et ça crée du lien.

A l’identique il nous faut aussi développer un marché des compétences, qui puisse faire office de bourse pour l’emploi.

Sur un autre registre, nous avons identifié récemment un enjeu majeur pour l’avenir, celui de la maîtrise publique des données afferentes à la gestion de l’eau. Les données produites dans le champ de l’eau sont considérables, que ce soit pour le petit ou le grand cycle. Et il existe donc désormais un enjeu considérable autour de la maîtrise d’ouvrage publique locale au service de l’ensemble des territoires, sujet auquel nous travaillons avec la FNCCR.

Enfin le projet fondamental de FEP, faciliter le passage en gestion publique, passe aussi par un renforcement de l’activité de parrainage d’une structure par une autre, déjà en gestion publique. Nous allons travailler à préciser les questions de taille et de problématiques spécifiques, en termes de proximité, de connaissances, d’échelle d’intervention, car ce n’est pas la même chose de passer en régie selon qu’on est une collectivité de 3000, 50 000 ou 250 000 habitants. Là il s’agit de faire de l’amorçage intelligent et, sans se substituer au secteur concurrentiel, d’apporter une vraie valeur ajoutée, par exemple en aidant à l’établissement d’un cahier des charges.”

- France Eau Publique

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