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NE PAS CLIQUER
LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
2017-09-22
REMOUS
par Marc Laimé, vendredi 22 septembre 2017 @ 07:44

Bercy a mis en place un « plafond mordant » qui réduira le produit de la redevance sur l’eau, et a aussi augmenté le prélèvement des agences de l’eau pour le financement de l’Agence française de la biodiversité qui passera de 150 à 200 millions d’euros", ont dénoncé le 14 septembre 2017 dans un communiqué les présidents des comités de bassin et l’Association des maires de France (AMF).

Comme ils le redoutaient, "c’est un nouveau coup dur" qui attend les agences de l’eau dans le PLF 2018.

Depuis la loi de finances 2015, l’État prélève chaque année 175 millions d’euros sur le fonds de roulement des agences de l’eau, après avoir ponctionné 210 millions d’euros en 2014. Pour l’AMF, "ces prélèvements se font au détriment direct des collectivités et des missions des agences de l’eau sans cesse élargies et renforcées."

André Flajolet, président du comité de bassin Artois-Picardie et président de la commission environnement et développement durable de l’AMF, a précisé à l’agence AEF que le plafond devrait atteindre 12,1 milliards d’euros sur la période du 11e programme des agences de l’eau 2019-2023, "au lieu de 13,4 milliards d’euros" sur le précédent programme 2013-2018. "Ce plafond mordant nous obligera à rendre les redevances si nous dépassons les 12,1 milliards d’euros", explique André Flajolet.

Par ailleurs, les agences de l’eau financeront l’AFB "à hauteur de 175 millions d’euros. Mais c’est une base, nous arriverons peut-être à 200 millions d’euros", explique l’élu.

Un arrêté du 25 avril 2017 fixait jusqu’à présent la contribution financière des agences de l’eau à l’Agence française pour la biodiversité à 145 millions d’euros pour l’année 2017 et à 150 millions d’euros pour l’année 2018. Par ailleurs, la contribution des agences de l’eau à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), devrait atteindre "45 millions d’euros environ", avance André Flajolet.

Ainsi, selon les estimations des présidents des comités de bassin, "400 millions d’euros par an au total" viendraient à manquer. En contrepartie, le ministre Nicolas Hulot serait prêt à instaurer dès 2018 une taxe sur les espaces imperméabilisés, assure André Flajolet, "mais cela ne nous intéresse pas du tout, car le plafond serait de toute façon maintenu".

"La situation va devenir intenable et ne permettra pas de faire face aux défis énormes que devront conduire les agences de l’eau", poursuivent-ils, citant l’adaptation au changement climatique, l’atteinte de 100 % de bon état des eaux en 2027, la réussite de la prise en main de la Gemapi par les collectivités, l’élargissement des compétences des agences à la biodiversité terrestre ou encore l’accompagnement du financement du renouvellement des réseaux et la lutte contre les fuites.

"Sur l’ensemble de ces sujets, on ne peut pas demander aux agences de l’eau de faire toujours plus avec moins de moyens", poursuivent les présidents, qui estiment que les agences de l’eau, dont le budget provient des redevances sur l’eau payées par les consommateurs et les usagers, "n’ont pas vocation à alimenter le budget des parcs nationaux ou de l’ONCFS".

Lors de la discussion du projet de loi sur la biodiversité, promulgué le 8 août 2017, les sénateurs s’étaient déjà opposés à ce que le périmètre d’intervention des agences de l’eau soit étendu à la biodiversité terrestre, au motif que l’eau devait continuer à financer l’eau.

Lors d’un entretien avec Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire lundi 11 septembre, les présidents des comités de bassin ont fait savoir qu’ils seront "inévitablement amenés à réduire leurs investissements", alors que la France est "très loin d’atteindre ses objectifs de 100 % de bon état des eaux en 2027". Ce taux a atteint 43 % en 2013 et doit théoriquement s’élever à 66 % en 2021.

Les présidents des comités de bassin "s’en remettent" désormais aux députés et sénateurs "pour qu’ils corrigent la copie" du projet de loi de finance 2018, présenté le 27 septembre prochain.

L’association d’élus a également publié un communiqué le 14 septembre annonçant qu’elle "s’oppose fermement à la poursuite des ponctions opérées par l’État sur le budget des agences tout comme à la diminution de leurs effectifs." Au contraire, elle demande que leur autonomie administrative et financière soit préservée par l’affectation de l’intégralité des recettes des redevances de l’eau aux missions et objectifs de ces agences."

Elle ajoute que si les agences de l’eau "injectent 1,85 milliard d’euros par an dans des projets locaux, incluant des systèmes de solidarité différenciée pour les territoires en difficulté", "cette contribution génère plus de 5 milliards d’investissement dans les territoires, ce qui représente un atout majeur en faveur du développement économique et de l’emploi local".

Aussi, tout nouveau prélèvement "serait contreproductif, et s’accompagnerait d’une régression dans la mise en œuvre d’une vraie transition écologique des activités industrielles et agricoles dans les territoires et d’une atteinte effective de nos engagements européens".

Source : AEF.

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2017-09-20
REMOUS
par Marc Laimé, mercredi 20 septembre 2017 @ 15:58

L’étude publique indépendante révélée lors des Assises nationales de l’ANC du 13 et 14 septembre 2017, continue à faire des remous, comme en témoigne le communiqué diffusé par la CLCV, daté du 15 septembre 2017.

"Une étude publique dit enfin clairement les choses. Lors des Assises nationales de l’ANC du 13 et 14 septembre 2017, l’étude du Groupe national public ANC a été rendue publique.

Sa conclusion : sur 21 dispositifs étudiés, seulement 5 sont aptes à délivrer une qualité d’eaux usées traitées acceptable.

Des résultats inacceptables pour les micro-stations agréées à culture libre

Il ressort de cette étude que la qualité des eaux usées traitées et la fréquence des opérations de dépannage sont globalement acceptables pour les filières traditionnelles de traitement par le sol et des filières agréées compactes (filtres à base de copeaux de coco et à végétaux).

Ils sont médiocres pour certaines micro-stations et autres filtres compacts, et sont inacceptables pour les micro-stations agréées à culture libre.

La CLCV qui intervient depuis plus de 20 ans au plan local et national dans le domaine de l’assainissement des eaux usées domestiques salue la qualité de cette étude.

Les questions, découlant des problèmes rencontrés par les propriétaires d’installations ANC, soulevées dans les concertations nationales ont souvent été minimisées ou ignorées par certains industriels.

Mais les interrogations qui étaient soulevées avaient conduit la CLCV à conseiller aux usagers une grande prudence concernant certaines micro-stations.

Elle indiquait sa préférence, chaque fois que cela était possible, pour les filières traditionnelles dont le pouvoir épurateur par le sol est connu.

Dans son "Plaidoyer pour un renouveau de l’ANC et des SPANC" publié en 2015, l’association dressait un état de la situation et faisait des propositions concrètes pour une remise à plat des services, des filières et de la réglementation.

Pour plus d’information rendez-vous sur www.clcv.org

La réglementation doit être précisée et simplifiée

Les concertations au sein du Plan d’Action National de l’ANC sont positives et permettent aux différents acteurs de rapprocher progressivement leurs points de vue. Mais les questions de fond comme les travaux inutiles imposés aux usagers, le dimensionnement et le coût excessif des installations ou la fiabilité des installations agréées, exigent que la réglementation soit à la fois précisée et simplifiée.

L’objectif est clair :

• se concentrer sur les véritables enjeux sanitaires et environnementaux qui concernent les constructions neuves, l’absence d’installation, et celles qui présentent un danger pour la santé ou un risque environnemental démontré ;

• des installations simples, fiables et au moindre coût ;

• des services publics locaux au bon format, performants et qui consultent les usagers."

Contact : Alain Chosson – a.chosson@clcv.org

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REMOUS
par Marc Laimé, mercredi 20 septembre 2017 @ 13:15

La section Hauts-de-France de l’ASTEE, dans le cadre de l’ENTE de Valenciennes, organise le 12 octobre 2017 à Valenciennes une journée d’études dédiée aux dégâts collatéraux des lois Warsmann et Brottes, qui préoccupent fortement les gestionnaires des services, publics comme privés.

L’annonce de l’ASTEE : "Depuis l’entrée en vigueur de la loi Brottes, le 16 avril 2013, toutes les coupures d’eau dans une résidence principale pour motif d’impayé sont illégales... Par ailleurs, le décret du 27 février 2014 n’autorise pas les réductions de débit pour l’eau.

Cette double interdiction dans un contexte de paupérisation des consommateurs a entraîné une hausse très sensible des impayés, qui à l’origine s’avoisinaient les 0,6 à 0,7% et sont désormais voisins de 2%, voire plus. Cette évolution est inquiétante d’autant qu’une grande majorité des impayés est sans rapport avec une situation de précarité.

Que faire et comment faire pour remédier à cette situation et enrayer de façon efficace et pérenne cette hausse des impayés qui pénalise les services d’eau et les usagers qui honorent régulièrement leurs factures ? Quelles sont les mesures déjà prises en faveur des personnes défavorisées pour les aider à assumer leurs charges ? Ou à prendre à l’avenir pour contrer les mauvais payeurs ? Quelle est la situation chez nos voisins belges ?

C’est à ces différentes questions qu’après un point précis sur la situation législative et réglementaire, répondront les différents intervenants au cours de cette conférence technique organisée par la section Hauts-de-France de l’ASTEE dans le cadre de l’ENTE de Valenciennes.

PDF - 1.1 Mo
Programme et fiche d’inscription

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2017-09-19
REMOUS
par Marc Laimé, mardi 19 septembre 2017 @ 10:29

Une étude officielle, rendue publique aux dernières Assises annuelles de l’ANC à Limoges le 13 septembre, vient de révéler que 8 dispositifs de traitement sur 10, commercialisés par les entreprises privées qui ont édifié un monopole écrasant sur ce secteur (dont le chiffre d’affaires atteint 1 milliard d’euros par an), ne remplissent pas leur office, et ne rejettent pas dans le milieu naturel une eau correctement épurée !

"Le diagnostic est sans appel ! "L’analyse statistique des données (recueillies au cours de l’étude), tenant compte de la diversité des installations, montre que seulement 5 des 21 dispositifs qualifiés sont satisfaisants quant aux seuils de référence « qualité de l’eau ». Si l’on intègre aussi le critère « fréquence d’entretien », seuls 3 dispositifs (sur 18 qualifiés sur les 2 critères) sont satisfaisants", assène l’IRSTEA !

Toutes celles et ceux qui étaient présents, à Limoges, ce mercredi 13 septembre, en ce premier jour des Assises Nationales de l’ANC, dans une salle de plénière pleine à craquer, ont dû éprouver le même sentiment de vivre en direct l’implosion d’un système.

A la fin de l’exposé de l’étude scientifique publique, de suivi du fonctionnement en conditions réelles de dispositifs d’ANC chez des particuliers volontaires, le résultat final est tombé comme un couperet…

Dans huit cas sur dix, les dispositifs individuels de traitement des eaux usées, ne font pas leur travail… C’est donc la quasi totalité des dispositifs agréés par les ministères (de type microstations) actuellement sur le marché qui ne délivrent pas, après traitement, une qualité acceptable des eaux usées.

Les filières les mieux classées, autant en termes de qualité des eaux traitées que d’entretien, sont les filières à filtre à sable (dites filières traditionnelles) et celle à lits filtrants plantés de végétaux… l’un des deux dispositifs de la filière « copeaux de coco » et deux dispositifs de la filière de la famille des « microstations agréées à culture fixée » tirent leur épingle du jeu, en termes de qualité des eaux traitées (ces derniers ayant toutefois été classés « inacceptables » en termes de contrainte et de coût des opérations de dépannage, par les propriétaires).

Une étude publique indépendante attendue depuis 7 ans

C’est un Groupe National Public (*) – mis en place en 2011, grâce à la pugnacité d’acteurs publics locaux –, qui a piloté cette étude, sous la conduite scientifique de l’IRSTEA (Institut de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture).

De 2011 à 2016, 1448 visites ont été réalisées dans 22 départements, sur 246 installations (dont 80% âgées de moins de 4 ans lors des visites).

Ce groupe ayant rempli son office (grâces lui soient rendues !), la balle est maintenant dans le camp des tutelles, et singulièrement du ministre de l’environnement.

Il ne serait ni admissible, ni tolérable que la situation aujourd’hui mise au jour, reste figée au milieu du gué et que, cette étude, oubliée, s’empoussière dans un bureau ministériel, sans qu’aucune mesure ne soit prise pour infléchir de façon décisive la mise en œuvre de la politique nationale de l’ANC, qui reste largement et fondamentalement à assainir…

Des « usagers-clients » victimes

Comment pourrait-on admettre plus longtemps, alors que quelque douze millions de Français qui ne sont pas reliés au tout à l’égout et qui sont assujettis à des SPANCs (services publics d’assainissement non collectif), qu’ils financent intégralement, sont soumis :

- à des obligations de contrôles payants de leurs installations d’assainissement autonome, selon une périodicité qui va de 4 ans à 10 ans, et parfois même, tous les ans ;

- à des obligations de travaux de « remise aux normes », trop fréquemment injustifiés, qui s’élèvent en moyenne à 10 000 euros, mais qui peuvent dépasser 20 000 euros, pour lesquels ils doivent souvent s’endetter ;

- à la brutalité de sanctions imposées par des collectivités locales responsables des services, (pénalités financières, avec saisies sur leurs salaires ou sur leurs retraites), lorsqu’ils ne peuvent ou ne veulent pas réaliser les travaux qui leur sont imposés par leur SPANC ;

Il est en effet invraisemblable que des dispositifs, pourtant agréés par les ministères de l’environnement et de la santé, puissent continuer à être commercialisés, alors qu’ils ne remplissent pas leur fonction de traitement des eaux usées, de façon correcte.

C’est à bon droit que nous questionnons…

Quelles actions les ministères respônsables vont-ils exercer pour, d’une part, manifester leur souci des usagers et venir en aide à ceux qui, contraints par leur SPANC à remplacer leur dispositif, sont lésés pour s’être vus équipés d’un matériel « non acceptable », et, d’autre part, pour retrouver la confiance des particuliers, des techniciens et des élus, par la révision des procédures d’agréments délivrés aux dispositifs mis sur le marché, voire par le retrait de certains agréments ?

Par ailleurs et plus globalement, l’État va-t-il pouvoir continuer à faire admettre aux élus locaux, responsables des SPANC (qui sont le bras armé, véritables et souvent involontaires porte-flingues de la politique décentralisée anarchique de l’ANC) que leur mission du « grand remplacement » de tout le parc des 5 millions d’ANC, est une mission de service public essentielle pour la restauration de la qualité de l’eau ?

Les résultats de cette étude étant attendus et censément anticipés par les décideurs, nous ne doutons pas que toutes les mesures nécessaires seront rapidement décidées et mises en œuvre pour restaurer la confiance dans le service public et dans la parole et l’autorité de l’État, déjà largement mises à mal.

Dans cette attente, nous suggérons dès maintenant, aux particuliers qui auraient des doutes sur la fiabilité du dispositif dont ils ont été nouvellement équipés (particulièrement ceux qui envisagent une transaction immobilière de vente ou d’achat d’un bien), de se tourner vers l’élu local, responsable de leur SPANC, pour s’assurer qu’ils n’auront pas à pâtir, dans le cas où ils seraient, malheureusement pour eux, dotés d’un dispositif défaillant… Si l’élu se trouve dans l’incapacité de répondre, qu’ils se tournent alors vers les services ad hoc des Conseils départementaux ou les services déconcentrés de l’État (DDPP ou Préfet), voire…vers le ministre lui-même.

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Présentation de la démarche
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L’étude de l’IRSTEA

(*) Les partenaires du Groupe National Public : IRSTEA ; Agence française pour la biodiversité (ex ONEMA) ; représentants de Conseils et de Syndicats départementaux ; Agences de l’eau ; Ministère de l’environnement ; CEREMA (Centre d’études et d’expertises sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) ; Association des maires ruraux de France ; Propriétaires volontaires.

(*) Claude Réveillault, animatrice du réseau ConfiANCe, qui regroupe plusieurs dizaines d’associations d’usagers de l’ANC dans toute la France.

contact@reseauconfiance.org

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2017-09-17
REMOUS
par Marc Laimé, dimanche 17 septembre 2017 @ 14:08

Eaux glacées vous propose de tester vos connaissances sur le big-bang qui va redessiner l’architecture territoriale de l’Ile-de-France, peser sur la vie quotidienne et l’avenir de 10 millions de Franciliens, et bien sur illustrer un combat politique d’une violence sans pareille, déterminant pour l’évolution du quinquennat, et l’issue de la prochaine présidentielle.

Conformément aux engagements du Président de la République, une conférence territoriale dédiée au Grand Paris était prévue le 23 octobre prochain.

En marge de la "Conférence des villes" organisée par France Urbaine à l’Hotel de ville de Paris le 20 septembre 2017, on apprenait que cette date était repoussée sine die.

Précédée d’un séminaire gouvernemental, elle aurait pu se tenir à Saclay (Essonne), qui déposera formellement le 28 septembre prochain sa candidature à l’Exposition universelle de 2025.

ET devait coïncider avec le lancement de l’exposition des projets ayant concouru au concours « Inventons la métropole du Grand Paris », dont les lauréats seront dévoilés le 18 octobre.

Ce report illustre, tant l’importance que la difficulté de l’exercice pour un gouvernement dont les relations avec les élus locaux ne sont pas au beau fixe...

« Sur ces territoires où des métropoles fortes sont constituées, il est évident qu’il faut progressivement en faire de vrais pôles de prospérité et de croissance, qui pensent au niveau du département, et qui pourront prendre en charge les attributions des conseils départementaux, déclarait Emmanuel Macron, le 8 mars dernier, devant l’Assemblée des départements de France (ADF). La loi NOTRe indique cette voie, la métropole de Lyon l’a défrichée d’une manière un peu particulière depuis le 1er janvier 2015. Je souhaite qu’on puisse aller plus loin, il ne faut pas s’y obliger, mais ça pourra concerner un bon nombre d’entre elles, à commencer bien sûr par celle de Paris », poursuivait celui qui n’était encore que candidat à la présidence de la République.

Difficile en effet de ne rien faire, tant le statut de la MGP relève de l’accident industriel, résultant de la malfaçon législative à l’oeuvre tout au long de l’élaboration, puis de l’adoption de la loi MAPTAM en 2014 et 2015.

La Métropole du Grand Paris (MGP) est composée de 131 communes, dont Paris, regroupés au sein de 12 territoires et compte 7,15 millions d’habitants. Elle est la première destination touristique au monde avec 46,8 millions de visiteurs par an, et constitue le premier bassin d’emplois en Europe (4,1 millions).

Voir la carte des territoires :

http://www.metropolegrandparis.fr/f...

Gérée par un conseil composé de 209 élus métropolitains et dotée d’un budget de 3,5 milliards d’euros - dont l’essentiel est en réalité reversé aux communes -, son budget d’investissement n’excédait pas en 2016, 70 millions d’euros.

Elle agit dans quatre domaines : le développement économique social et culturel, la mise en valeur de l’environnement, la politique de l’habitat, et l’aménagement urbain.

Plan de Paris indiquant "la zone unique des servitudes dans laquelle on ne pourra plus bâtir", 1868 -.

Plan de Paris indiquant "la zone unique des servitudes dans laquelle on ne pourra plus bâtir", 1868 -.

Trends

- Après l’obtention des JO, Anne Hidalgo a annoncé au Conseil de Paris qu’elle se représenterait aux municipales en 2020.

- A l’issue des dernières législatives, En Marche a remporté une majorité d’arrondissements à Paris.

- A l’issue des prochaines sénatoriales, Anne Hidalgo va devoir ouvrir sa majorité au centre et vers En Marche, au risque de tensions avec son actuelle majorité PS, EELV et PC. Ladite majorité étant déjà affaiblie par le ralliement de plusieurs maires-adjoints, et non des moindres, à En Marche…

- L’actuelle Métropole du Grand Paris (MGP) est largement dominée par la droite, consécutivement à la “vague bleue” des municipales de 2014.

- En Marche ne compte aucun élu dans les départements de la petite couronne, les communes franciliennes et les 6 grands syndicats franciliens, puisque le mouvement n’existait pas lors des dernières élections municipales et départementales de 2014.

Les habitants de la zone, Ivry, 1913 -.

Habitants de la zone, Ivry, 1913 -.

Connaissez-vous la métropole francilienne ?

- 1. La région Ile-de-France représente quel pourcentage du PIB français ?

- 2. En Ile-de-France, quelles sont les compétences des communes, intercommunalités, départements, de la Région, de la Métropole du Grand Paris, de ses Etablissements publics territoriaux (EPT) ?

- 3. Paris est un département ou une commune ?

- 4. Comment s’appellent les 6 grands syndicats techniques franciliens. Que font-ils ?

- 5. Quel est le montant du budget de la ville de Paris ?

- 6. Quel est le montant du budget de la Région Ile-de-France ?

- 7. Quel est le montant du budget des trois départements de la petite couronne parisienne, les Hauts-de-Seine, le Val de Marne et la Seine Saint Denis ?

- 8. Quel est le montant du budget des 6 grands syndicats techniques franciliens ?

- 9. Quel est le montant du budget de la Métropole du Grand Paris ?

Paris, le village olympique des JO de 1924 -.

Paris. Le village olympique des JO de 1924.

Quelle Métropole du Grand Paris êtes-vous ?

- 1. La métropole “intégrée”

- 2. La Métropole, département unique

- 3. La Métropole fédération d’intercommunalités

- 4. La Métropole régionale V1

- 5. La Métropole régionale XXL

Nous vous épargnons les innombrables sous-scénarios qui ont surtout pour finalité de préserver les rentes de leurs auteurs…

Réponse à notre Quizz dans le pdf inséré en bas de ce billet.

On verra si un projet de loi est bien soumis, comme prévu, à l’Assemblée, dès janvier.

Aucun choix ne contentera quiconque.

Le scénario idéal n’existe pas.

Il n’y a que de mauvaises solutions.

La majorité de M. Emmanuel Macron joue une partie de son avenir dans cette affaire.

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Réponse au Quizz d’Eaux glacées -.

Lire aussi : “Les Âmes mortes du Grand Paris” :

http://blog.mondediplo.net/2015-05-...

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2017-09-15
REMOUS
par Marc Laimé, vendredi 15 septembre 2017 @ 14:23

House of Cards en Ile-de-France.

Vous je sais pas, nous on pressentait la cata. Avant, tu avais le militant qui te proposait la « vignette » (le muguet en septembre, quoi), moins chère parce que c’était la vignette.

Cette année, place Edmond Krasucki, près de chez nous, bon d’accord, je vous parle d’un temps, c’est comme la rue du Groupe Manouchian, un peu plus loin de chez nous, personne ne connaîtra non plus, bref la vignette, on l’avait, cette année à 21 euros, mais gaffe, seulement avant le 6 septembre.

Et comme place Edmond Krasucki, là où on les voyait d’habitude, cette fois nitchevo, on la sentait mal. On ne s’est pas trompé…

Après, si tu l’achètes en ligne à la FNAC et toutes ces conneries, c’est déjà 35. Si t’es vraiment naze et que tu te pointes sans rien, dans la petite cabane à l’entrée, l’an dernier c’était déjà 40 !

Et cette année, umbelievable ! Même si tu as trouvé, je ne sais pazou, le militant qui te l’as vendu à 21, avant le 6 septembre, tu n’es pas sorti de l’auberge (rouge) ! Ta vignette militante à 21 fallait te connecter aux zinternets avant jeudi soir, 23h59, pour te la faire valider, sinon t’étais mort !

C’est quoi çà ? Bercy a décidé que l’Huma, c’était plus un rassemblement politique, c’était une entreprise de spectacles, dont les recettes allaient être fiscalisées… (Bercy beaucoup). Du coup si JLM fait l’impasse c’est pour une histoire de droits d’auteurs ? Faudrait demander à la chroniqueuse de Bolloré.

C’est pas fini, cette année y a plus non plus les navettes de bus RATP à La Courneuve ! O tempora, ô mores !

Même la RATP a lâché, Rome n’est plus dans Rome.

Alors Gare du Nord, RER, Le Bourget, et là le T11 qui te larguera à un quart d’heure de marche de l’entrée, et après tu vois comment moyenner avec ton ticket, à 21, à 25, à 35 ou à 40…

Bon, on sentait bien que c’était mal barré.

C’est pas fini, hier une dépêche AFP : Veolia a emporté un marché de 397 millions d’euros au Siaap.

Frérot

Un monument la dépêche. L’AFP te raconte qu’au mois de juillet une commission d’appel d’offres a donné le marché à Veolia, point final, circulez, y a rien à voir.

Tous les medias francaouis te reprennent la dépêche, sans un mot de plus. Bon, quelle mouche a piqué Jacques Olivier, DG du Siaap, la veille de l’ouverture de l’Huma ?

Déjà, le SIAAP... Mais il y a pire, dans quelques mois, un an ou deux, les régimes spéciaux, le CCAS. Le CCAS.

House of Cards en Ile-de-France.

Nous avons longuement et très précisément documenté depuis dix-huit mois l’un des plus grands scandales de corruption français de la période.

http://www.eauxglacees.com/spip.php...

http://www.eauxglacees.com/SIAAP-Ed...

http://www.eauxglacees.com/SIAAP-Su...

Le PNF multiplie les GAV à tour de bras.

Tout le monde s’en fout.

Pas un media, pas un défenseur autoproclamé de "L’eau bien commun" n’en a dit un mot. Cherchez l’erreur.

"En même temps", en vérité ici nous vient un doute, car il est vrai que n’écoutant que leur courage, une légion de valeureux zélus viennent tout à trac de déclencher la lutte finaaaaale :

https://94.citoyens.com/2017/senato...

Ca nous fait de la peine, tant le pauvre André Santini doit littéralement être terrorisé...

La France, les medias français en fait, depuis Trump, se passionnent pour les Fake news.

L’exception française en la matière ce sont les « No news », surtout si ça dérange, à la soi-disant gauche de la gôche

Et pourtant…

Paris vient "d’emporter les JO."

Tout le monde est donc fin prêt à plonger dans le grand bain.

http://www.eauxglacees.com/Baignade...

A propos de "baignades en Seine", déjà deux morts cet été.

Black out total.

Qu’on se rassure, y en aura d’autres, et pas que des baigneurs.

Sponsor officiel du team JO parigot, Suez, qui avait monté la privatisation du Siaap, s’est fait exploser par Veolia.

JO

Veolia qui vient de mobiliser une véritable task force, ce qui a permis à Jupiter de déclarer que le pont aérien en route vers Saint-Martin et Saint-Barth était la plus importante opération de secours depuis la Seconde guerre mondiale. (Encore et toujours JFK, cette fois pour le blocus de Berlin…).

Le 23 octobre prochain, M. Emmanuel Macron annoncera comment il entend refonder la Métropole du Grand Paris, qui sera en faillite dès février-mars.

Depuis la fin du mois d’août, panique à bord.

Cinq, et désormais sept scénarios en lice, ourdis par les zélus de toute obédience qui risquent fort d’y laisser leur peau, et leurs indemnités ☺

Sans compter leurs parrains...

http://blog.mondediplo.net/2015-05-...

Le préfet Cadot reçoit à tour de bras. Jacques Mézard a prudemment botté en touche, renvoyant à Gérard Collomb…

2020, 2022, 2024, faites vos jeux.

Sébastien « Underwood » Griveaux attend son heure, se distrayant d’ici là en jouant les Whips de l’ombre, vraiment mais alors vraiment, façon Frank Underwood…

Tic, tac, tic, tac, y a le feu au lac, avec, déjà, le chantier du Grand Paris Express en plein dérapage. Dix milliards d’euros, une paille...

http://www.lemonde.fr/economie/arti...

(Et ce n’est pas faute d’avoir évangélisé, pas plus tard que la semaine dernière, nos deux runners du Monde...).

Nous ne manquerons pas de vous informer de la suite de nos négociations avec Netflix autour de notre projet : « Paris Affairs », qui enfoncera haut la main Depardiou et « Marseille… »

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REMOUS
par Marc Laimé, vendredi 15 septembre 2017 @ 07:45

Typhons, ouragans, cyclones, inondations, incendies et désastres en tout genre, marchandisation générale de tout ce qui vit et contre révolution conservatrice en marche ne sont rien. Ou plutôt, “en même temps”, l’apocalypse en cours accouche d’un effrayant ramassis de dingueries dans lequel nous sommes immergés jour après jour, sans même nous en rendre compte. Florilège d’abyssales conneries que nous ont gentiment adressé une armée de “communicant(e)s" en moins de quarante huit heures…

Question pour un champion (de connerie) : est-ce que ces dealers de balivernes sont, ou non, des "fainéants" ?

Pour France Nature Environnement, les “JO” doivent être l’occasion “d’engagements structurants et globaux de la France pour la transition écologique », d’autres huluberlus invitent à une mobilisation mondiale contre les longs transports d’animaux vivants… (S’ils sont courts, les transports, et qu’ils sont morts, les animaux, c’est pas grave ?). EELV nous envoie un CP en défense du loup, invraisemblable avis de décès post-mortem d’une écologie politique totalement hors sol...L’AFD et une association d’autres fainéants accros aux subventions publiques lancent un appel à projet pour « intégrer le genre dans les projets de gestion intégrée de lutte contre les inondations ». Evidemment, pour finir, on nous invite à la Niche du BHV Marais à l’inauguration du premier marché bio pour animaux de compagnie !

Et pendant ce temps là, à Montargis, Suez et LR innovent dans la démocratie participative à la sauce SemOp…

FNE entretient la flamme des JO

« France Nature Environnement demande que les JO de Paris, au-delà des bonnes résolutions techniques et des déclarations de bonnes intentions, pour des Jeux Olympiques "propres et verts", s’inscrivent dans les Objectifs Mondiaux du Développement et s’attaquent ainsi à la réduction des inégalités environnementales et sociales, aux diverses formes de précarité, à l’amélioration concrète et durable des conditions de vie de l’ensemble des Franciliens (transports en public, pollution de l’air, logement, ...). A défaut d’être mobilisateurs pour bon nombre de nos concitoyens, au regard des expériences passées, les JO de 2024 doivent être plus que jamais l’occasion d’engagements structurants et globaux de la France pour la transition écologique, en prenant à bras le corps un grand nombre de défis : aménagement du territoire, éducation, formation, création d’emplois nouveaux, respectueux des conditions de travail.

http://civicrm.fne.asso.fr/civicrm/...

‘‘Mobilisation mondiale contre les longs transports d’animaux vivants

Paris, le 13 septembre 2017 - Aujourd’hui mercredi 13 septembre, en France, Australie, Kenya, Argentine, Pologne, Italie, Chine, Israël... des milliers de citoyens et ONG se sont rassemblés autour d’un seul message « Stop aux longs transports d’animaux vivants ». Manifestations, happenings, actions de sensibilisation et autres évènements ont ponctué la 2ème journée de mobilisation internationale contre les longs transports d’animaux vivants dans plus de 33 pays. Ce sujet interpelle aussi les parlementaires européens : 191 d’entre eux demandent une commission d’enquête sur le sujet.

http://www.datapressepremium.com/rm...

Vive le loup ! L’avis de décès post-mortem d’EELV :

Ne pas tirer sur les ambulances on veut bien, mais là un argumentaire aussi aveugle et hors sol, on croit rêver :

http://eelv.fr/newsletter_archive/l...

[F3E] AO Genre Fisong 2018 Gestion intégré des risques d’inondation

Le F3E et l’AFD recherchent un-e consultant-e pour accompagner les ONG retenues dans le cadre de la Fisong 2018 "Gestion intégrée des risques d’inondation" à intégrer le genre dans leurs projets. En cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez télécharger les termes de référence présentant la consultation souhaitée et les modalités de réponse à cet appel d’offre.

https://f3e.asso.fr/media/attached/...

Et pendant ce temps là, le Tribunal de Bobigny prend l’eau :

http://www.leparisien.fr/bobigny-93...

Heureusement, voici une invitation au premier marché bio pour animaux de compagnie à Paris les 16 & 17 Septembre à l’occasion de l’arrivée de la marque Yarrah à La Niche du BHV Marais.

Venez découvrir la gamme de produits Yarrah, référence et précurseur en termes d’alimentation biologique pour chiens et chats, et les animations mises en place pour ce lancement.

Au programme : bar à jus de fruits bio, dégustation, cadeaux, photo avec votre animal de compagnie, caricature et bien d’autres...

Pensez-vous être parmi nous ?

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Invitation press and influenceurs BHV

Et pendant ce temps là, à l’Assemblée nationale, dans le cadre des états généraux de l’alimentation, l’audition du "parrain de la viande", taclé par François Ruffin :

https://www.youtube.com/watch?v=a9o...

Et pendant ce temps là, à Montargis, Suez et LR innovent dans la démocratie participative à la sauce SemOp…

La démopart SemOp, vue par Suez et LR

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2017-09-14
REMOUS
par Marc Laimé, jeudi 14 septembre 2017 @ 18:07

Au lendemain du cyclone qui a dévasté Saint-Martin et Saint-Barth aux Antilles, une habitante de la Guadeloupe témoigne de la situation invraisemblable qui y prévaut depuis des dizaines d’années, et perdure en dépit d’innombrables promesses et annonces de plans pharaoniques pour en finir avec un désastre qui trouve son fondement dans la gouvernance coloniale d’un département français ravagé par le népotisme et la corruption.

« Depuis quatre mois dans mon quartier de Petit Bourg en Guadeloupe les coupures d’eau nous empêchent de vivre.

A tel point que fin juin l’école de Carrère, où sont scolarisés nos enfants, a du être fermée durant trois jours.

Pendant les mois d’été, nous nous réjouissions d’avoir un filet d’eau pour pouvoir remplir nos bouteilles, mais des périodes de quatre jours sans une goutte d’eau se sont enchaînêes. Nous nous disions que ces coupures étaient liées aux travaux engagés sur la voirie.

Nous sommes heureusement partis en vacances.

A notre retour, le 22 août, les travaux sont terminés et pas une goutte d’eau l’après midi à partir de midi.

Le 30 août je contacte un agent du SIAEAG (°) qui me promet de transmettre le message puisque lui n’intervient pas dans la distribution

Trois jours plus tard, toujours rien.

Les 3 et 4 septembre annonce du cyclone IRMA, et toujours pas d’eau pour faire des réserves, et pas davantage les jours suivants.

Le 8 septembre nous accueillons une famille de quatre personnes de Saint Martin sous notre toit, mais nous n’avons toujours pas d’eau la journée pour les accueillir dans de bonnes conditions.

Elle n’apparaît que la nuit à partir de 21 heures ou 22 heures, puis cesse à nouveau de couler à 6 heures du matin.

Le dimanche 10 septembre je rappelle le même agent déjà contacté le 30 août qui me promet, à nouveau, de transmettre le message aux techniciens.

J’appelle aussi un technicien qui me répond : "Madame j’ai une vie", puisque je le perturbe pendant son week-end.

Il ne semble pas réaliser que depuis quatre semaines moi je n’ai plus de vie, avec mes deux enfants de 4 et 8 ans, et une famille de 4 personnes en plus, dont un bébé de 1 an, et un garçon de 4 ans.

Le lundi 11 septembre, j’appelle ma mairie et la dame me répond : "Appelez les personnes concernées".

La mairie de Petit bourg ne semble pas concernée par le problème qui touche ses habitants.

J’appelle donc les personnes "concernées", à savoir le SIAEAG, qui semble étonné d’entendre que Petit Bourg manque d’eau...

Le terme "manque" est pourtant inadapté puisque NOUS N’AVONS PAS D’EAU, nous, comme mes voisins qui avaient fait aussi la démarche de téléphoner.

Tout le monde semble étonné et ferme les yeux sur cette situation insupportable que nous vivons, moi, ma famille, mes voisins, et sûrement de nombreux quartiers en Guadeloupe.

Je suis une citoyenne honnête qui paye ses factures, et qui pourtant n’a pas d’eau !

A ce point de ras-le-bol, nous ne savons plus à qui nous adresser, qui pourrait nous venir en aide. »

(°) SIAEAG : Le Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau et d’Assainissement de la Guadeloupe qui a récupéré dans des conditions tumultueuses 143 agents de la Générale des eaux, après que Veolia ait décidé d’abandonner en 2015 un département où l’entreprise était présente depuis des décennies.

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2017-09-13
REMOUS
par Marc Laimé, mercredi 13 septembre 2017 @ 07:38

Indéracinable marronnier, la question continue de faire recette dès qu’un organisme quelconque publie une enquête sur le sujet. Il demeure toujours intéressant de voir comment les autorités y répondent.

- La question écrite n° 00821 de M. Jean-Noël Guérini (Bouches-du-Rhône - RDSE-R), publiée dans le JO Sénat du 03/08/2017 - page 2515 :

« M. Jean-Noël Guérini appelle l’attention de M. le ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire sur la qualité de l’eau potable en France.

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a réalisé une synthèse à partir des analyses de l’eau effectuées entre février 2014 et août 2016, sur les 36 568 communes de France métropolitaine, publiées sur le site du ministère de la Santé, pour 50 contaminants et paramètres physico-chimiques.

Les résultats, publiés le 26 janvier 2017, s’avèrent globalement très positifs puisque 95,6 % des Français peuvent boire sans crainte l’eau de leur robinet.

En revanche, pour près de 2,8 millions de consommateurs, cette eau est polluée et déconseillée à la consommation.

Il peut s’agir de pesticides, de nitrates, de contaminations bactériennes, mais aussi de composants toxiques des canalisations (plomb, cuivre, nickel ou chlorure de vinyle). Il faut alors recourir à de l’eau en bouteille, plus chère et plus polluante, en raison des déchets qu’elle occasionne.

En conséquence, il lui demande ce qu’il compte mettre en œuvre, afin que tous les Français puissent boire l’eau du robinet en toute confiance et en toute sécurité. »


- La réponse du Ministère des solidarités et de la santé, publiée dans le JO Sénat du 07/09/2017 - page 2822 :

« En France, l’édiction des règles techniques et administratives dans le domaine des eaux de consommation afin de préserver la santé de la population relève du ministère de la santé.

Il participe notamment aux travaux réglementaires européens, élabore les réglementations nationales et veille à l’application des mesures de contrôle sanitaire des eaux distribuées à la population.

Pour évaluer les risques sanitaires, le ministère de la santé s’appuie sur l’expertise scientifique d’agences nationales de sécurité sanitaire ou d’autorité administrative indépendante.

La sécurité sanitaire des eaux d’alimentation fait appel à une succession de dispositifs de vigilance qui permettent, par des procédures strictes et rigoureuses, de s’assurer du respect des exigences de qualité de l’eau et du bon fonctionnement des installations de production et de distribution de l’eau.

La maîtrise des risques repose en particulier sur la surveillance permanente que la personne responsable de la production ou de la distribution de l’eau (PRPDE) est tenue d’exercer et sur le contrôle sanitaire régulier assuré par les agences régionales de santé (ARS) : vérification du respect des procédures d’autorisation, inspections des installations et contrôle de la qualité de l’eau depuis la ressource jusqu’au robinet du consommateur.

Les pouvoirs publics sont mobilisés en permanence afin de s’assurer de la préservation de la qualité de l’eau.

Les programmes de contrôle, mis en œuvre par les ARS et pris en application des dispositions de la directive européenne 98/83/CE relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine et du code de la santé publique, donnent lieu chaque année à la réalisation de plus de 300 000 prélèvements d’eau et 16 millions d’analyses portant sur des paramètres microbiologiques, physico-chimiques ou radiologiques afin de s’assurer que les eaux mises en distribution sont conformes aux exigences de qualité réglementaires et ne présentent pas de risque pour la santé des consommateurs.

(Ici le ministère de la santé oublie de préciser que l’essentiel de ces analyses est aujourd’hui sous-traitée à des laboratoires privés… Note Eaux glacées).

Les données sur la qualité de l’eau du robinet sont publiques (www.eaupotable.sante.gouv.fr, www.social-sante.gouv.fr/san...), et pour l’année 2015, le ministère de la santé a publié les données suivantes :

• 97,6 % de la population a été alimentée par de l’eau respectant en permanence les limites de qualité fixées par la réglementation pour les paramètres microbiologiques ;

• 96 % de la population a été alimentée en permanence par de l’eau respectant les limites de qualité réglementaires pour les pesticides ;

• 99,3 % de la population a été alimentée par une eau dont la qualité respectait en permanence la limite de qualité de 50 mg/L fixée par la réglementation pour les nitrates.

Comme en témoignent ces résultats, l’eau du robinet distribuée en France est globalement de bonne qualité microbiologique et physico-chimique.

Les non-conformités observées restent pour la plupart ponctuelles et font l’objet de la mise en place d’un dispositif de gestion spécifique.

Les restrictions d’usage concernent des situations très limitées.

Pour certaines zones, la qualité de l’eau doit être améliorée sur le long terme et des plans d’actions sont alors mis en œuvre par les PRPDE concernées, à la demande des préfets et des ARS, afin de rétablir la qualité de l’eau.

En outre, la directive européenne 98/83/CE précitée promeut la mise en œuvre par les PRPDE de plans de gestion de la sécurité sanitaire des eaux, permettant ainsi une approche préventive et globale de la sécurité sanitaire des eaux.

Cette incitation est intégrée au Plan national Santé-Environnement 3 (PNSE 3, 2015-2019) (action n° 55) et d’ores et déjà déclinée dans certaines régions.

De plus, des démarches d’investigation sur la présence éventuelle de substances émergentes dans l’eau du robinet sont également menées, dans le cadre notamment du PNSE 3 (action n° 32) et visent à accroître la sécurité sanitaire des eaux distribuées. »

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2017-09-10
REMOUS
par Marc Laimé, dimanche 10 septembre 2017 @ 12:41

Dans un entretien accordé à Eaux glacées, Bernard Rousseau, ancien président de France Nature Environnement, créateur et animateur du réseau “Eau” de l’association durant 20 ans, livre une analyse magistrale de l’impasse de l’actuelle agro-industrie et de ses effets délétères sur l’environnement. Il estime que le gouvernement recycle de vieilles recettes en relançant une politique de l’irrigation qui ne répond pas aux nouveaux enjeux de la période, et appelle à une mobilisation redoublée de la société civile pour défendre et promouvoir une gestion soutenable de la ressource en eau.

- Eaux glacées : Bernard Rousseau, pendant plus de cinq ans, dans les années 2000, vous avez été Président de FNE, et aussi pendant plus de vingt ans responsable de la politique de l’eau de FNE, comment comprendre que Nicolas Hulot avalise une relance massive de l’irrigation, et que les associations de défense de l’environnement demeurent muettes, quand elles n’approuvent pas un “plan de gestion de l’eau”, qui ne vise qu’à relancer l’irrigation ?

- Bernard Rousseau : Première remarque : je ne suis plus en charge de la politique de l’eau à FNE. Elle a été confiée au trésorier de la fédération, dans des conditions pour le moins déloyales et manipulatoires à mon égard, et qui n’honorent pas le précédent Président de FNE, ni le Président actuel en charge des affaires aujourd’hui. Quant aux membres du CA, on ne peut que constater leur grande discrétion unanime. Reste le trésorier qui se débat dans cette mélasse, tout en étant très occupé par ses diverses fonctions. Par contre les militants du réseau eau de FNE m’apportent leur soutien, et sont toujours mobilisés pour faire sortir FNE de cette situation qualifiée d’ubuesque par bon nombre de Présidents des associations fédérées.

En conséquence, je ne rapporte pas la position officielle de FNE mais la mienne. Elle n’est d’ailleurs pas déconnectée de la politique de l’eau en général et de l’activité des militants des associations avec lesquels je suis en contact régulier puisque je suis membre du Comité national de l’eau et administrateur de l’agence de l’eau Loire Bretagne, et aussi, il faut le rappeler car ce n’est pas anodin, créateur et animateur du réseau eau de FNE depuis plus de 20 ans.

Pour en revenir à la question de la relance de l’irrigation, avalisée par Nicolas Hulot, je ferai remarquer que ce thème revient chaque année avec plus ou moins d’intensité en fonction des conditions climatiques. On se souvient de l’impôt sécheresse instauré par Raymond Barre, Premier Ministre en 1976. Cette année-là, le fort déficit de pluie avait été marqué par l’explosion des dispositifs d’irrigation.

Enrouleurs et pivots s’étaient répandus dans les champs au service d’une agriculture industrielle dont l’impact, entre autres effets indésirables dont les pollutions par les pesticides, avait conduit à l’abaissement des nappes d’eau souterraines et à la réduction du débit des rivières en période de basses eaux. Faire des barrages et des retenues d’eau, financés par la puissance publique, était devenu le mot d’ordre des organisations agricoles hégémoniques, revendication qui, bien que n’étant pas nouvelle, revient maintenant chaque année avec toujours plus de force ; et cela paie puisque les volumes stockés augmentent régulièrement, ce qui n’empêche pas la mise à sec des rivières dans certaines parties du territoire !

On se souvient du programme d’aménagement de la Loire avec les barrages de Serre de la Fare, ou de Chambonchard, en grande partie dédiés à l’irrigation, ou encore du transfert de l’eau de l’Allier pour irriguer la Champagne berrichonne par l’intermédiaire du canal du Berry, un projet décapité en son temps à la suite du rapport de Jean Chapon sur sa faisabilité…Mais aussi de la multitude d’études et de rapports sur la sécheresse, comme par exemple l’Expertise scientifique collective (ESCo) de l’INRA de 2006.

En 2010, l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), en réponse à la nouvelle circulaire du 3 août 2010 précisant les conditions de mise en oeuvre de la réforme des prélèvements d’eau d’irrigation dans les bassins déficitaires, revendique la création de nouveaux stockages d’eau. Dans sa délibération N°4-2010 relative à la gestion durable des ressources en eau, l’APCA fait les remarques suivantes :

Constate : que l’interprétation locale par l’administration aboutit à des exigences disproportionnées.

Déplore que cette réforme vise à diminuer drastiquement les volumes prélevables et donc l’irrigation.

Déplore que les conséquences socio-économiques de cette réforme n’aient jamais été évaluées par les pouvoirs publics ;

Déplore qu’aucun plan financier sérieux de création de ressources en eau n’ait été prévu….. Adoptée à l’unanimité.

Il conviendrait que l’APCA réclame une évaluation économique des impacts environnementaux négatifs de la politique qu’elle conduit. Mais il ne faudrait pas en demander trop, car sa revendication qui sera suivie d’une intense opération de lobbying, conduira au Plan d’adaptation de la gestion de l’eau, et au soutien à la création de retenues d’eau et à l’adaptation des cultures de Nicolas Sarkozy, en prévision de l’élection présidentielle de 2012.

Ce plan de 5 ans était présenté par le Président de la République le 9 juin 2011 lors de son déplacement en Charente. Il portait sur la gestion de l’irrigation afin d’assurer l’équilibre entre besoins en eau et ressources disponibles. Il s’inscrivait déjà dans la perspective du changement climatique, qui se traduira par un accroissement des besoins en eau des plantes et une tension plus forte sur les ressources.

Il importait de mettre en place un plan d’action permettant de sécuriser l’irrigation, tout en réduisant la pression sur la ressource dans les secteurs en déficit.

Le plan précisait : « Pour les projets remplissant les trois conditions mentionnées ci-dessus, les aides financières apportées par les agences peuvent être revalorisées à 70% du coût des travaux au maximum. Financement FEADER : 15 M€ disponibles sur l’actuelle programmation. Un montant complémentaire peut être envisagé au titre de la future programmation. Financement agences de l’eau : 75 M€. Ce financement permet de couvrir 75 % des travaux dont le montant s’élèverait à 120 M€. Les collectivités peuvent également participer financièrement sur certains projets dans la limite d’un total d’aides publiques de 75%. Sur cette base, le plan pour la création de retenues d’eau collectives doit permettre l’engagement dans les 5 ans de la création d’une capacité de stockage supplémentaire de l’ordre de 40 millions de m3 supplémentaires. »

Après l’élection de 2012, ce plan sera gelé mais, malgré ce moratoire, des projets continueront à être réalisés. Après divers changements de Ministre de l’environnement, le moratoire sera levé, et l’instruction du gouvernement du 4 juin 2015 précisera ce qu’est le « Projet de territoire », ainsi que les règles de financement des agences de l’eau. « …seuls les projets de retenues de substitution qui s’inscriront dans le cadre d’un projet de territoire pourront être éligibles à une aide de l’Agence de l’eau. L’objet de l’aide de l’agence de l’eau se limite à rétablir les équilibres quantitatifs en zone déficitaire et à prévenir l’apparition des déséquilibres dans les zones les plus vulnérables au changement climatique à usage constant. ».

Tout y est, même la possibilité d’être laxiste dans le cas de contrôles de l’Etat aussi efficients que pour le fipronil1. Aujourd’hui ce projet de territoire, que nous devons à Madame Ségolène Royal, est toujours en vigueur ; se trouvera-t-il un Monsieur Hulot pour au minimum le défendre, et surtout pour l’améliorer ? Va t’il se contenter de laisser creuser des trous d’eau pour acheter la paix dans les campagnes ? Ou va-t-il agir pour faire pivoter l’agriculture vers une activité acceptable par tous, et qui ne se réduise pas à demander toujours plus d’eau en feignant d’ignorer ses pollutions ?

(Les textes qui ont servi de support à cette instruction ont été analysés dans la Lettre Eau n°66 (avril 2014 : « Les ressources en eau : vers une gestion quantitative territoriale ? ») puis dans la lettre eau n°75 (octobre 2016 : « Les projets de territoire : une gestion quantitative à la tête du client…qui se joue des problèmes de qualité d’eau ») où les leviers intéressants sont identifiés mais aussi les dérives potentielles. )

Aujourd’hui le ministre de l’Agriculture déplore que, sur les 87 projets qui ont été lancés ces dernières années, seulement 14 aient été réalisés. Il reconnaît donc que les volumes stockés ont augmenté. Visiblement il en voudrait plus, mais lancer un projet ne vaut pas obligation de réalisation, encore faut-il qu’il soit viable techniquement et économiquement, et aussi qu’il fasse régresser la pollution et pas l’inverse. Toutes ces raisons pourraient, (devraient) être une cause de non réalisation ! Considérer comme le fait le Ministre de l’agriculture que le contrôle administratif tatillon est seul responsable de la non réalisation des projets, est fortement réducteur, mais on comprend bien qu’en promettant la simplification des démarches administratives, il ne marche pas, il court…. dans un sillon déjà bien piétiné par ses prédécesseurs, et sous les encouragements du CGAAER.

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"Eau, agriculture et changement climatique, statu quo ou anticipation", CGAAER, juin 2017.

- EG : Les associations de défense de l’environnement demeurent muettes, quand elles n’approuvent pas un “plan de gestion de l’eau”, qui ne vise qu’à relancer l’irrigation ?”

- BR : La première assertion n’est pas très exacte car des associations nationales se sont exprimées, mais sans grande vigueur il est vrai. Pour FNE, cela a pris la forme d’un communiqué de presse au titre plutôt laborieux, pour le fond…. rien de percutant, comme d’habitude ! Par contre au niveau local, les associations sont mobilisées, elles n’ont pas attendu ce nouveau plan du gouvernement pour participer aux réunions de travail, car il faut étudier pour critiquer, et connaître pour participer aux enquêtes publiques ou pour contester juridiquement. Il faudrait leur donner plus souvent la parole et là je pense à Nature Environnement 17 et à son Président Patrick Picaud qui m’avait invité à la Rochelle à la célébration du cinquantième anniversaire de l’association, ou encore aux militants du Marais Poitevin très actifs sur le sujet des arrêtés sécheresses, et là bien sûr je pense à mon ami François- Marie Pellerin : une pointure en matière de gestion quantitative.

- EG : Pourquoi le lobby agricole parvient-il aussi aisément à faire adopter des décisions aussi contraires à l’intérêt général par tous les gouvernements ?

- BR : Le lobby agricole défend ses intérêts, et plus particulièrement ceux des 20% d’agriculteurs les plus productifs, et dont les intérêts sont principalement portés par les chambres d’agriculture. Ces établissements publics représentent une force technique considérable, avec une connaissance des sols et des exploitations capable de contrer les services de l’Etat, les services des agences de l’eau…Il résulte de ceci que les représentants syndicaux du syndicat majoritaire notamment, les présidents des chambres d’agriculture, sont très écoutés, car d’une part leurs revendications s’appuient sur des considérations techniques qui fleurent le bon sens paysan et d’autre part ils sont porteurs de menaces, car ils ont la capacité de mettre dans la rue des troupeaux de gros tracteurs : on se souvient des attaques contre les services de police de l’eau de l’ONEMA. Et les gouvernements redoutent le trouble à l’ordre public comme on a pu le mesurer dans un autre contexte à propos des manifestations des bonnets rouges contre les portiques sur les autoroutes pour prélever l’écotaxe par exemple. On peut aussi éclairer la question par les difficultés d’une agriculture libérale aidée, qui favorise l’agriculture industrielle, les grandes cultures céréalières par exemple, au détriment des petits agriculteurs les plus nombreux, évidemment le mélange est socialement explosif, et les gouvernements marchent sur des oeufs…manquait plus que du fipronil !

- EG : En France la politique de l’eau se décide donc au ministère de l’Agriculture, et non au ministère de l’Ecologie ?

- BR : Je ne pense pas que l’on puisse conclure de cette manière, même si certains aspects de la politique de l’eau pourraient le laisser penser. Une remarque à propos de la politique de l’eau : très schématiquement on peut la couper en deux. D’un côté des politiques d’appropriation de l’eau et des ressources du milieu aquatique avec une finalité économique. Le Ministère de l’agriculture, le Ministère de l’énergie, mais ce ne sont pas les seuls, se rangent principalement du côté de cette problématique avec toujours plus d’eau pour l’agriculture, plus de retenues, plus de prélèvements. De l’autre côté des politiques de protection avec des règles qui viennent encadrer et limiter les prélèvements, voire interdire certaines actions, protéger les ressources, les captages, les bords de rivières, lutter pour la reconquête de la continuité des cours d’eau, et pour la circulation des migrateurs et la conservation de la biodiversité…. etc. La politique de l’eau, c’est la confrontation entre ces deux logiques : l’appropriation et la conservation, d’où la confrontation feutrée entre ministères de l’énergie, de l’agriculture...etc, et le ministère de l’environnement, ce ministère de l’impossible selon une formule ancienne. Souvent le résultat de cette confrontation va dépendre de la sensibilité et de la volonté du Ministre, et surtout de la puissance de son cabinet dans le domaine considéré. Dans le domaine de l’eau, le cabinet de Nicolas Hulot n’apparaît pas marquant, même si Martin Guespereau, ancien directeur de l’agence Rhône Méditerranée, vient d’être recruté.

Toutefois la compétence du service de l’eau de son ministère demeure. Mais le message politique, celui que l’on remarque, doit être porté par le Ministre lui-même, et là on a surtout vu le Ministre de l’agriculture. La sensibilité de Nicolas Hulot par rapport à la politique de l’eau, est pour moi un sujet d’interrogations. Quand j’étais Président de FNE, il avait souhaité me rencontrer, un déjeuner avait été organisé, le philosophe Dominique Bourg y participait, à cette époque je n’ai pas eu le sentiment que la complexité de la politique de l’eau soit un sujet d’intérêt pour lui ! Mais j’aimerais m’être trompé !

- EG : le monde de la recherche a depuis longtemps analysé l’impasse du modèle agricole dominant. Les politiques n’écoutent pas suffisamment les chercheurs ?

- BR : Pour certains, citoyens ou scientifiques, le modèle agricole industriel est dans une impasse. Système sous perfusion avec injection d’argent public qui bénéficie surtout aux grandes cultures céréalières fragilisées par la volatilité des cours mondiaux. Crises à répétition dans l’élevage et disparition des petites exploitations avec un coût social et culturel élevé. Surproduction accompagnée par le gaspillage des denrées. De plus son impact sur les territoires est considérable : destruction des structures bocagères et du réseau des petits cours d’eau, perte de fertilité des sols contaminés de plus par les intrants chimiques. Et pour finir, pollutions de l’air, de l’eau et des milieux naturels par nitrates et produits phytosanitaires. Contamination des milieux marins, marées vertes à répétition malgré les efforts réalisés, ce qui se solde par une perte de biodiversité et une atteinte à la santé des citoyens et des agriculteurs. Un lourd passif pour cette activité, mais pour les gagnants de ce système, qui défendent leurs intérêts économiques, l’avis est bien différent. Ils y voient une évolution vers un système agro-industriel de plus en plus adapté à la compétition mondiale. Son chiffre d’affaires en France, de l’ordre de 170Md€ annuels (60Md€ agriculture seule), fait de notre pays la huitième puissance agricole en terme de part de la valeur de la production agricole mondiale (BSI Economics).

En règle générale, les partisans de l’agriculture industrielle sont peu regardants sur l’impact des produits chimiques utilisés, qui forcent par exemple à traiter l’eau afin d’éliminer nitrates et pesticides pour fabriquer de l’eau potable. Ils sont d’autant moins regardants que le chiffre d’affaires des engrais varie de 2 à 4 Md€/an, et celui des pesticides se situe autour de 2,3 Md€/an malgré les grandes ambitions d’écophyto, cette vaste rigolade qui nous occupe et n’arrive même pas à sauver les apparences. Il reste que le système agro-industriel donne de l’activité à des millions de travailleurs. Certains cultivent, d’autres font de la chimie ou construisent des machines agricoles, d’autres encore transforment les produits du sol et les transportent…etc. En fait ce n’est plus l’industrie qui est au service de l’agriculture, mais l’agriculteur qui est au service de l’agro-business.

Et il faudrait que les responsables politiques transforment ce système au motif que des chercheurs et des lanceurs d’alertes, à juste titre, ont dénoncé ses aberrations ? En supposant qu’il existe des responsables politiques ayant cette intention, que pourraient-ils faire ? Commencer par s’imprégner des déclarations du Président de la République à Bucarest le 24 août, il affirme : "La France n’est pas un pays réformable. Beaucoup ont essayé et n’y ont pas réussi, car les Français détestent les réformes. Dès qu’on peut éviter les réformes, on le fait". Après ces fortes paroles, que faire ?

Ne pas provoquer l’agro-business pour éviter le syndrome bonnets rouges, c’est ce que l’on fait depuis toujours, reste à renforcer l’agriculture biologique, on le fait déjà avec les reconversions, mais pas suffisamment, car le système agro industriel résiste en veillant sur les orientations du premier pilier de la PAC !

- EG : Quels sont les aspects les plus préoccupants pour les milieux aquatiques de cette relance massive de l’irrigation ?

- BR : Relance massive, cela reste à voir car, pour qu’elle le soit, il faudrait trouver les moyens financiers correspondants. Par contre on peut envisager la réalisation de projets solides techniquement et juridiquement ici ou là. Différentes situations se présentent : irrigation à partir des nappes souterraines, ou irrigation à partir des cours d’eau, ou mixtes, les conséquences peuvent être différentes, mais on sait aussi que des liaisons existent entre eaux de surfaces et eaux souterraines. Dans les nappes superficielles et, d’autant plus dans les systèmes karstiques, les pompages en nappes influent sur le débit des cours d’eau voisins, ou encore les pompages en nappes alluviales peuvent mettre à sec des rivières : les exemples sont nombreux.

Quand les prélèvements, autorisés ou non, sont supérieurs à la réalimentation naturelle du milieu, les ressources s’amenuisent, tous les usages sont affectés, la biodiversité est menacée. Plus limitant encore dans certaines régions : même si la réalimentation hivernale est suffisante, lorsque les prélèvements sont trop intensifs, ils abaissent chaque été le niveau des nappes et ceci au détriment de l’alimentation en eau des rivières et des milieux humides. Il convient donc de limiter les prélèvements en définissant un volume maximum prélevable : la zone est alors définie comme une “Zone de Répartition des Eaux” (ZRE).

Si un ou des pompages sont situés en (ZRE), l’ensemble des prélèvements devra être inférieur au volume maximum prélevable avec des règles de répartition entre usagers, qui pourront être différentes selon les lieux. Le calcul du volume maximum prélevable est hautement stratégique. Plus ce volume sera élevé, plus on pourra utiliser d’eau pour les usages, et donc pour l’irrigation.

Mais le mot calcul est impropre, il vaudrait mieux dire estimation qui correspond à la situation réelle qui ressort de la négociation entre marchands de tapis : entre les irrigants ou leurs représentants et les représentants de l’Etat, à la recherche des données historiques, sous le regard des associatifs…les bénévoles du système, témoins des conflits au sein de l’Etat !

Mais les besoins en eau d’irrigation sont cantonnés aux périodes estivales au moment où les rivières sont au plus bas et sont les plus fragiles. C’est alors qu’une autre notion surgit : la substitution ! Très schématiquement, elle est présentée comme une opération de bon sens primaire qui consiste à stocker de l’eau l’hiver pour ne pas en prélever l’été. Génial, il suffisait d’y penser ! Mais, à l’usage, la substitution va se révéler comme une idée machiavélique, source de confusions.

Deux cas de figures sont à considérer. La réserve d’eau de substitution est située sur un cours d’eau avec pour impacts négatifs : l’interruption de la continuité écologique, l’accumulation des pollutions, la dégradation de la qualité de l’eau dans la retenue, l’eutrophisation, la mauvaise qualité des rejets à l’aval.

De plus on ne peut méconnaître la difficulté à évaluer si la substitution est respectée ou non, car l’ouvrage peut stocker de l’eau au titre de la substitution, stocker de l’eau pour irriguer hors substitution, faire du soutien d’étiage pour diluer les pollutions, et aussi du soutien d’étiage pour améliorer la biodiversité, dans ce cas il est facile de mélanger les m3 car le diable se cache dans les détails.

Donc beaucoup de tares environnementales pour un prix de stockage modéré certes, mais qui paie ? La facture d’eau des consommateurs ! Le bassin Adour Garonne est un grand pourvoyeur de ce genre d’ouvrages, voir Sivens.

L’autre cas revient à créer des retenues d’eau hors rivières, en plein champ. Un trou est creusé et est rendu imperméable avec une géomembrane : ces dispositifs sont dénommés des “bassines” en Vendée-Poitou-Charentes. Elles ne sont jamais seules, chacune pouvant contenir jusqu’à un million de m3, leur remplissage se fera à partir d’un captage en rivière, ou souterrain, ou les deux. Le volume prélevable s’applique. Selon la théorie, ces bassines seront remplies hors des périodes estivales, en période hivernale donc, et le calendrier des périodes de remplissage, ainsi que les limites de prélèvements seront précisées. Seul problème, contrairement à ce que l’on pouvait supposer, les prélèvements d’été ne seront pas supprimés.

L’exemple du projet de 19 retenues de substitution du secteur Sèvre Niortaise-Mignon dans les Deux-Sèvres est hautement illustratif. Avant le projet, les prélèvements à l’étiage représentaient environ 8 Mm3 ces dernières années. Si les bassines sont réalisées il est prévu un stockage d’hiver d’environ 8 Mm3, suivi par un prélèvement d’été d’environ 8 Mm3, soit au total 16Mm3. Au titre de la substitution, on s’attendrait à voir disparaître les prélèvements d’été, absolument pas, ce qui fera dire à la coordination du Marais Poitevin que ce projet « est avant tout un projet de développement agricole ».

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Déposition Coordination du Marais Poitevin, 28 mars 2017.
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Histoire volumes irrigation agricole Sèvre Mignon

Par rapport au milieu ces bassines sont moins nuisibles que des barrages sur des cours d’eau, petits ou grands, mais des questions continuent de se poser sur leurs impacts collectifs directs et indirects. Le prix du m3 stocké est élevé, jusqu’à 8€/m3. Ce sont ces dispositifs qui pour l’instant, sont financés dans le bassin Loire Bretagne. Quant à la substitution, elle apparaît comme un piège de plus au service de l’acceptation des politiques de gestion quantitative.

Il y a les ZRE, et aussi toutes les zones qui ne le sont pas, et toutes les zones intermédiaires, pour lesquelles des dispositions de gestion sont prévues. On pourra se faire une opinion sur la complexité de la démarche de gestion quantitative en consultant le chapitre 7 du SDAGE Loire Bretagne de 2016-2021. Lors de l’établissement de ce document, les règles de gestion ont été négociées durement avec la profession agricole, mais ces règles qui résultent d’un compromis, peuvent toujours être tournées au niveau local par des services de l’Etat sous l’influence d’un Préfet sensible à la pression syndicale agricole.

On pourra être étonné par la complexité de ces règles, en fait dans le combat entre les forces de la prédation et les forces de la préservation, une manière d’en sortir aboutit toujours au renforcement de la complexité existante, chacun pourra s’en contenter, quitte à remettre les règles en cause à la première pluie.

L’aspect le plus préoccupant d’une relance massive de l’irrigation est facile à prévoir, c’est l’extrapolation de ce que l’on observe actuellement : réduction des débits d’étiage, mise à sec des rivières, abaissement des nappes, extension des milieux concernés, et surtout poursuite, voire aggravation des pratiques polluantes de l’agriculture industrielle au nom de l’efficacité économique.

Se polariser sur la gestion quantitative et sur l’irrigation : c’est se condamner à batailler sur un seul terrain, c’est s’enfermer dans un discours qui ignore les autres excès de l’activité agro-industrielle, notamment la pollution des eaux.

En effet faire des infrastructures coûteuses, aussi bien en investissement qu’en fonctionnement, incitera ces irrigants à rechercher les rendements les plus élevés, donc à augmenter les intrants, et indirectement la pollution qui les accompagne. Ceci vaut pour le maïs, culture très largement dominante dans les projets de bassines, mais aussi pour les productions à forte valeur ajoutée comme le melon….etc. Financer de tels projets avec les aides des agences de l’eau revient à financer l’augmentation de la pollution : une pratique contre nature !

Ce plan gouvernemental est conjoncturel, il recycle les vieilles revendications d’une partie du monde agricole, il est sans ambition, et sa ligne directrice n’est que le prolongement des pratiques passées. Où sont les dispositions volontaristes qui anticiperaient les impacts des changements climatiques, le véritable défi étant de ne pas prendre plus d’eau au milieu naturel, mais bien d’apprendre à en prendre moins ? Le message lancé par les Ministres ne s’inscrit pas dans cette posture novatrice : les changements climatiques sont seulement utilisés comme une pression supplémentaire au service des vieilles recettes. Au final la question qui subsiste peut être résumée ainsi. Une politique d’irrigation : pour quelle politique agricole ? Et pour quels agriculteurs ?

- EG : Existe-il des alternatives au “tout maïs irrigué” ?

- BR : Poser cette question, c’est rester figé sur une vision de l’agriculture qui se réduirait à l’irrigation. Une grande majorité des surfaces de maïs n’est pas irriguée, certes pour un rendement inférieur d’une vingtaine de quintaux à l’hectare, chiffre qui peut être plus important lors des années sèches. Quoi qu’il en soit, des plantes existent comme le soja dont les besoins en eau sont inférieurs, mais en quoi cela pourrait-il changer les orientations du système agro-industriel, car si plus d’eau était disponible, plus d’eau serait consommée sur des surfaces plus grandes. Toutefois pour d’autres raisons, il est intéressant agronomiquement et économiquement de diversifier les plantes cultivées, mais encore faut-il que les bonnes conditions environnementales soient respectées. Lors de mon dernier passage dans les Pyrénées Atlantiques j’ai constaté dans la vallée du gave d’Oloron un développement significatif des cultures de soja : par contre la densité de plantation n’avait rien à envier à celle des champs de maïs. Emprunter les petites routes qui parcourent le lit majeur de cette rivière, c’est circuler entre deux murs verts de 3m de haut qui, comme pour le soja, avalent les prairies. A Peyrehorade, haut lieu du kiwi, Monsanto veille sur ses murs de maïs !

- EG : Pourquoi ces alternatives peinent-elles autant à se mettre en place ?

- BR : Il n’est pas si facile de mettre en place des filières nouvelles. Il faut des acteurs volontaires pour porter cette ambition, il faut trouver des moyens, convaincre des exploitants, créer des capacités de stockage, faire naître et organiser les marchés. Ces démarches de constitution d’une filière prennent du temps, par ailleurs le développement de nouvelles filières peut venir concurrencer celles qui sont déjà organisées et installées, ce qui peut freiner les nouvelles initiatives.

- EG : Que-va-il se passer face à ces décisions dans les instances de gestion de l’eau, Agences et Comités de bassin ?

- BR : Pour l’instant, les Conseils d’Administration des agences de l’eau sont encore en congés, ils se réuniront vers la fin septembre, et l’on peut parier qu’ils se consacreront aux ponctions de l’Etat sur les budgets des agences de l’eau et à cette nouveauté : le financement de l’ONCFS.

Le sujet irrigation devrait venir plus tard au travers de dossiers particuliers comme celui des Deux-Sèvres qui devrait être traité par la Commission Intervention du CA de l’agence Loire Bretagne, puis revenir devant ce CA, comme tout dossier, pour décision financière finale.

L’irrigation relève de diverses réglementations et textes dont le “projet de territoire” présenté au CNE le 18 décembre 2013 et l’instruction du gouvernement du 4 juin 2015 relative au financement par les agences de l’eau des retenues de substitution. Cette dernière précise : “ Lorsque les projets comportent à la fois de la substitution et des volumes pour le développement agricole, les agences ne pourront intervenir que sur la part relative à la substitution…”

Le projet des Deux-Sèvres qui fait du stockage d’hiver sans supprimer les prélèvements d’été ne devrait pas bénéficier de l’aide financière de l’agence. Voilà un beau sujet de débat en perspective si ce dossier arrive en l’état devant le CA. Mais par expérience on sait que les promoteurs des bassines ne manquent pas de ressources, et l’on peut envisager qu’ils sauront trouver le biais qui leur permettra de tourner cette instruction !

L’autre possibilité est beaucoup plus radicale, l’instruction du 4 juin serait abrogée par le gouvernement. Il faudrait alors que Nicolas Hulot cautionne, mais le message de régression envoyé par le défenseur du climat serait désastreux. Que l’on se souvienne, il y a 20 ans peu de textes étaient contraignants, c’était la fuite en avant, et la multiplication des problèmes…pour aujourd’hui, c’est pourquoi cette option semble peu envisageable. Par contre il sera toujours possible dans la discrétion d’atténuer un article trop contraignant.

Dans leur combat contre le tout bassine, les associations de la coordination du Marais poitevin ont produit divers documents techniques dans lesquels j’ai largement puisé, elles proposent la mise en place d’un projet de territoire, car comme aurait pu le dire le Président de la République : pour convaincre, il faut expliquer, et quoi de mieux pour s’expliquer qu’un projet de territoire !

Dans sa contribution à l’enquête publique sur la création de 19 réserves collectives de substitution sur le bassin de la Sèvre Niortaise et du Marais poitevin, la députée des Deux-Sèvres et ancienne Ministre, Delphine Batho analyse le dossier au travers de l’instruction du 4 juin. Elle montre que, sur de nombreux points, il n’est pas recevable. Elle propose aussi la mise en place d’un projet de territoire.

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Contribution à l’enquête publique sur le projet de retenues collectives, Delphine Batho, mars 2017.

Mais la parade des porteurs du projet de réserves est déjà prête : malgré la seule opposition des associations, il a été validé en CLE un « ersatz » de projet de territoire qui n’est que l’agglomération des « contrats territoriaux » sous couvert du SAGE, bien loin des préconisations de l’ancienne ministre. Il est donc tout à fait envisageable que, lors de l’examen de ce dossier par le CA de Loire Bretagne, le projet de territoire soit au centre du débat, car il mobilise fortement les agences, et pas seulement au niveau financier. On peut toujours être insatisfait par la lenteur d’évolution des sujets et considérer que tous ces documents ne servent à rien, mais cette analyse est trop partielle, car la force des documents, même imparfaits, c’est leur existence, combinée à l’action volontariste des citoyens porteurs d’une exigence supérieure.

- EG : Pourquoi la société civile est-elle aussi impuissante face à des décisions aussi contraires à l’intérêt général ?

- BR : Dans son ensemble, la société civile ne se passionne guère pour la politique de l’eau et les excès de l’irrigation, elle s’engage plutôt dans l’humanitaire. Son action visible concerne surtout la fourniture d’eau potable et l’assainissement dans les pays pauvres, ou les pays dans lesquels des conflits armés désorganisent les Etats. Par exemple la loi Oudin-Santini permet ces actions à une échelle modeste, certes ! Devant la détresse humaine, les sujets terribles ne manquent pas, l’empathie est un vecteur puissant pour susciter l’engagement, et ceci d’autant plus que les médias y sont eux aussi très sensibles. Par contre analyser la politique d’irrigation en plein été ne fait pas vendre beaucoup d’exemplaires de journaux !

- EG : Que peuvent faire les citoyens et leurs associations ?

- BR : Continuer à faire ce qu’elles font, mais surtout s’organiser aux différentes échelles territoriales où la politique de l’eau se construit et se met en oeuvre. Pour mieux s’organiser, il faut donc plus de moyens, plus de militants chevronnés et volontaires qui ne confondent pas leurs marottes avec une structuration efficiente, plus de salariés pour fluidifier les échanges d’information entre militants aux différentes échelles, et qui ne se laissent pas détourner par l’accessoire.

Les associations doivent arriver à contrebalancer avec plus d’efficacité l’action des organisations économiques qui orientent fortement la politique de l’eau, c’est pourquoi elles doivent augmenter leur puissance technique, politique, et juridique : en un mot renforcer leur influence au travers d’une communication sans ambiguïté. Voici un programme plus facile à décrire qu’à mettre en oeuvre, il passe par l’engagement de citoyens militants expérimentés, sachant s’exprimer et ne refusant pas la confrontation publique. La force d’un mouvement associatif c’est aussi sa capacité à générer des leaders dont les actions se nourrissent d’une vision d’avenir.

(°) Bernard Rousseau, ancien président et ancien responsable de la politique de l’eau à France nature Environnement.

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