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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
Cévennes : pourquoi les stations d’épuration sont-elles surdimensionnées ?
par Marc Laimé, 9 août 2018

Jacques Rutten, qui milite ardemment depuis des années avec son association l’ADHCA-ACCAC dans l’Aigoual en faveur d’une gestion soutenable de l’eau, a découvert en analysant les « bilans 24 heures » que doivent établir tous les exploitants de stations d’épuration que les Steps construites depuis une décennie semblent bien surdimensionnées puisqu’elles ne fonctionnent qu’à 10%, 12%, 15%, 21%, 41%, voire 58%, (pour une seule d’entre elles), de leur capacité maximale.

« Sommes-nous devant un système dévoyé ? Pourquoi l’ensemble des Steps ci-dessous ne fonctionnent-elles qu’à 10 ou 25% de leurs capacités nominales ? Ont-elles systématiquement été surdimensionnées ? Pourquoi ?

Examinons la conception et réalisation des stations d’assainissement collectif en communauté de communes de l’Aigoual durant la dernière décennie.

Comment faire pour définir le bon dimensionnement du projet ?

La consommation d’eau peut être mesurée avec l’installation d’un compteur à la sortie du réservoir qui alimente le réseau de distribution d’eau potable.

Il est donc impératif de mettre en place un projet d’assainissement collectif en présence d’un réseau de distribution d’eau potable muni de compteurs afin de mieux évaluer la consommation d’eau potable qui inévitablement aboutira dans le réseau d’assainissement collectif lorsque le foyer est relié à ce même réseau.

La dimension de la station est critique : ni trop grande, ni trop petite. Avant d’anticiper un futur agrandissement de la population, pourquoi ne pas simplement prévoir un terrain pour recevoir un hypothétique agrandissement, tout en s’appuyant sur une étude solide de l’évolution future de la population ?

La démarche de base repose sur une évaluation de l’évolution des perspectives du développement économique, de l’emploi, et donc du plan d’occupation des sols

Si par hypothèse, cette étude préparatoire est surdimensionnée, cela impactera le coût de l’ouvrage, les frais de fonctionnement, les frais financiers, les amortissements, les frais de fonctionnement, l’entretien, et aura donc une incidence directe sur le prix de l’eau.

Et il semble bien que cela soit très, trop, souvent le cas.

Le bureau d’étude choisi pour les études préalables par la collectivité, assurera ensuite en général la maîtrise d’ouvrage des travaux. Si tel est le cas, c’est encore une anomalie

Nos ingénieurs et bureaux d’étude sont censés être les meilleurs et pourtant, dans notre belle communauté de communes, nous voila endettés pour 20 ans, puisque les budgets communaux sont plombés par des réductions budgétaires massives.

Le taux d’occupation des habitations n’est pas toujours pris en compte. La consommation moyenne de 120 litres par foyer et par jour comme d’autres paramètres sont-ils correctement appréciés ? Les résidences secondaires représentent parfois plus de 75% des habitations. Leur consommation d’eau potable correspond à une période de quelques semaines par mois.

Toutes les conditions sont dès lors réunies pour battre tous les records du prix de l’eau. Au plus grand profit du BTP, des opérateurs et des bureaux d’étude qui gravitent dans leur orbe.

L’examen des « bilans 24 heures » des communes ci-après confirme hélas notre hypothèse…

DOURBIES

Les résultats obtenus au cours du bilan nous permettent d’avoir quelques données, non seulement sur le fonctionnement actuel des ouvrages, mais aussi sur les capacités qu’offre la station pour les années à venir. Le bilan a été réalisé par temps sec et nappes basses.

TRAITEMENT ET RENDEMENTS EPURATOIRES

Pour rappel, les rendements ont été calculés à partir de :

- un préleveur marchant sur 24 h pour les analyses en entrée de station,

- une analyse ponctuelle effectuée dans le regard de sortie, dans le filtre du deuxième étage, en amont du canal.

(L’infiltration de l’effluent dans le fond du filtre du deuxième étage ne permet pas la mise en place d’un préleveur).

Les résultats obtenus sont très satisfaisants. Les niveaux de rejet sont respectés.

CHARGES HYDRAULIQUE ET ORGANIQUE

Sur le plan hydraulique, la charge moyenne mesurée entre le 9 et le 10 août est de l’ordre de 12,56 m³/ j, ce qui correspond en prenant 200 l/j/EH à une capacité moyenne de 63 EH (soit 21 % de la capacité nominale de la station).

Sur le plan organique les bilans ont permis de calculer une charge moyenne équivalente à 56 EH (soit 18 % de la capacité nominale de la station).

Ces chiffres sont inférieurs à la population raccordée qui est estimée à 140.

PARAMETRES DE FONCTIONNEMENT ET EXPLOITATION

L’entretien de la station est correct.

Les différentes observations ou tests réalisés sur place corroborent les bons résultats des analyses.

SOUS PRODUITS DE L’EPURATION

Les boues sont stockées sur les filtres plantés de roseaux du premier étage.

CONCLUSIONS GENERALES

Le fonctionnement général de la station est satisfaisant. L’exploitation est assurée de manière consciencieuse par la commune.

L’infiltration de l’effluent en sortie, correspond bien aux prescriptions de l’arrêté de rejet.

SAINT-ANDRE-DE-MAJENCOULES

Les résultats obtenus au cours du bilan nous permettent d’avoir quelques données, non seulement sur le fonctionnement actuel des ouvrages, mais aussi sur les capacités qu’offre la station pour les années à venir. Les différentes mesures et les prélèvements ont été réalisés par temps ensoleillé.

TRAITEMENT ET RENDEMENTS EPURATOIRES

Les concentrations polluantes mesurées en entrée correspondent bien aux valeurs d’une eau usée domestique classique.

Les résultats des analyses et les différents tests réalisés sur place laissent apparaître un traitement correct de la pollution carbonée et azotée.

On note une nette diminution de l’ammonium (NH4) en sortie de station d’épuration. Les rendements épuratoires obtenus sont satisfaisants. Ils sont compris entre 86,7 et 95,8 %.

La station d’épuration n’a pas les propriétés pour traiter la pollution phosphorée.

L’effluent à la sortie du regard était clair et sans odeur particulière.

CHARGES HYDRAULIQUE ET ORGANIQUE

Sur le plan hydraulique, la charge moyenne mesurée entre le 10 et le 11 juillet est de l’ordre de 9,1 m³/j, ce qui correspond en prenant 200 l/j/EH à une capacité moyenne de 46 EH (soit 24 % de la capacité nominale de la station).

Sur le plan organique les bilans ont permis de calculer une charge moyenne équivalente à 18 EH (soit 10 % de la capacité nominale de la station).

Lors du bilan précédent (juillet 2016) la charge hydraulique était de 33 équivalent-habitants et la charge organique était de 10 équivalent-habitants.

PARAMETRES DE FONCTIONNEMENT ET EXPLOITATION

Les différents équipements installés sur la station d’épuration fonctionnaient correctement à l’exception du compteur de bâchée. Il serait souhaitable de le remettre en service.

La station est entretenue correctement par les agents communaux.

Il conviendrait de continuer régulièrement de désherber manuellement les différents filtres et mécaniquement les alentours.

SOUS PRODUITS DE L’EPURATION

Les boues sont stockées sur les filtres plantés de roseaux.

CONCLUSIONS GENERALES

Le fonctionnement global de l’ouvrage d’épuration est bon.

L’arrêté ministériel du 21 juillet 2015, annexe 3 est respecté.

SAINT-SAUVEUR-CAMPRIEU

Les résultats obtenus au cours du bilan nous permettent d’avoir quelques données, non seulement sur le fonctionnement actuel des ouvrages, mais aussi sur les capacités qu’offre la station pour les années à venir. Le bilan a été réalisé par temps sec et nappes basses.

TRAITEMENT ET RENDEMENTS EPURATOIRES

Les pollutions carbonée et azotée sont traitées convenablement par la station d’épuration. Le niveau de rejet est respecté.

CHARGES HYDRAULIQUE ET ORGANIQUE

Sur le plan hydraulique, la charge moyenne mesurée entre le 21 et le 22 août est de l’ordre de 36,53 m³/ j, ce qui correspond en prenant 200 l/j/EH à une capacité moyenne de 183 EH (soit 41 % de la capacité nominale de la station).

Sur le plan organique les bilans ont permis de calculer une charge moyenne équivalente à 97 EH (soit 22 % de la capacité nominale de la station).

Ces charges sont inférieures au nombre estimé de personnes raccordées au réseau d’assainissement qui est d’environ de 260.

PARAMETRES DE FONCTIONNEMENT ET EXPLOITATION

L’exploitation est assurée correctement par le syndicat.

SOUS PRODUITS DE L’EPURATION

Les boues sont stockées sur les filtres plantés de roseaux, filière boues.

CONCLUSIONS GENERALES

Le fonctionnement général des ouvrages est satisfaisant. L’exploitation est faites régulièrement et consciencieusement par le syndicat.

TREVES

Les résultats obtenus au cours du bilan nous permettent d’avoir quelques données, non seulement sur le fonctionnement actuel des ouvrages, mais aussi sur les capacités qu’offre la station pour les années à venir. Le bilan a été réalisé par temps sec.

TRAITEMENT ET RENDEMENTS EPURATOIRES

Les résultats des analyses et les différents tests réalisés sur place laissent apparaître un traitement satisfaisant de la pollution carbonée. Les rendements épuratoires sont bons.

La valeur en sortie de l’azote Kjeldahl (NTK) est faible. Le rendement épuratoire correspondant est excellent. Le rendement épuratoire sur le phosphore est nul ; la station n’a pas été conçue pour traiter ce paramètre.

CHARGES HYDRAULIQUE ET ORGANIQUE

Sur le plan hydraulique, la charge moyenne mesurée en sortie entre le 9 et 10 août est de l’ordre de 17,5 m³/ j, ce qui correspond en prenant 200 l/j/EH à une capacité moyenne de 87,5 EH (soit 58 % de la capacité nominale de la station).

Sur le plan organique les bilans ont permis de calculer une charge moyenne équivalente à 82 EH (soit 55 % de la capacité nominale de la station).

PARAMETRES DE FONCTIONNEMENT ET EXPLOITATION

L’entretien général de la station est bon.

La bonne gestion de l’ouvrage d’épuration doit être poursuivie, ainsi que le désherbage manuel et régulier des filtres.

La chasse à clapet doit être nettoyée régulièrement, pour limiter les dépôts et d’éventuels soucis d’étanchéité au niveau du clapet.

AUTOSURVEILLANCE

Les ouvrages en place satisfont aux dispositions des articles de l’arrêté du 21 juillet 2015, en ce qui concerne notamment les modalités de surveillance des systèmes d’assainissement. En effet, ils permettent la mesure de débit à l’aide d’un appareil portable positionné au niveau du canal de sortie, et le prélèvement d’échantillons représentatifs en entrée (chasse à clapet) et en sortie (regard en amont du canal de sortie).

SOUS PRODUITS DE L’EPURATION

Les boues sont stockées sur les filtres plantés de roseaux du 1er étage. Aucun curage des filtres n’a été réalisé à ce jour.

CONCLUSIONS GENERALES

Le fonctionnement actuel de la station d’épuration est correct.

LANUEJOLS

Les résultats obtenus au cours du bilan nous permettent d’avoir quelques données, non seulement sur le fonctionnement actuel des ouvrages, mais aussi sur les capacités qu’offre la station pour les années à venir. Le bilan a été réalisé par temps sec et nappes basses.

TRAITEMENT ET RENDEMENTS EPURATOIRES

Les pollutions carbonée et azotée sont traitées correctement par la station d’épuration.

L’arrêté de rejet est respecté.

CHARGES HYDRAULIQUE ET ORGANIQUE

Sur le plan hydraulique, la charge moyenne mesurée entre le 21 et le 22 août est de l’ordre de 24 m³/ j, ce qui correspond en prenant 200 l/j/EH à une capacité moyenne de 120 EH (soit 15 % de la capacité nominale de la station).

Sur le plan organique les bilans ont permis de calculer une charge moyenne équivalente à 92 EH (soit 12 % de la capacité nominale de la station).

PARAMETRES DE FONCTIONNEMENT ET EXPLOITATION

L’exploitation est assurée de manière convenable par les employés communaux.

Cependant, des efforts sont à faire au niveau du désherbage des filtres et de l’entretien du local (présence d’une fuite d’eau au niveau du ballon d’eau chaude).

Le désherbage des filtres sera à faire en même temps que le faucardage d’automne.

Le canal de sortie est à nettoyer plus souvent.

Le fossé de récupération des eaux de sortie, sera à curer au printemps. Les arbres ou arbustes qui y poussent sont à éliminer.

SOUS PRODUITS DE L’EPURATION

Les boues sont stockées sur les filtres plantés de roseaux du premier étage.

CONCLUSIONS GENERALES

Les résultats d’analyses en sortie de station sont très bons. La commune suit correctement l’exploitation de sa station. Quelques efforts sont toutefois à faire sur le nettoyage des ouvrages. »

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commentaires

1 Cévennes : pourquoi les stations d’épuration sont-elles surdimensionnées ?

200 L/j/EH, c’est un poil beaucoup (mais effectivement la charge organique montre un possible surdimensionnement).

Aprés, ne soyons pas trop prompts à voir le loup, surtout sur des dimensionnements trés faibles à 200 ou 300 EH et en rustique, les BE visent une population maximale (y compris saisonnière) sur 30 ans. Le surcoût est, normalement, assez réduit.

Mais effectivement il est clair que si le même BE fait l’étude de dimensionnement puis le reste, on peut se poser des questions... mais n’est il pas seul à répondre aux appels d’offre, ce qui arrive souvent en secteur rural ?

Enfin, ça pose un autre débat, celui de l’assistance technique auparavant fournie par les DDT... mais celui ci bien qu’intéressant est bien plus vaste.

poste par Feup - 2018-08-9@08:48 - Répondre à ce message
2 Cévennes : pourquoi les stations d’épuration sont-elles surdimensionnées ?

Et allez, un petit post-scriptum subsidiaire : n’aurait il pas fallu reporter la dette sur les ménages avec un bon vieil ANC ? ;)

poste par Feup - 2018-08-9@08:50 - Répondre à ce message
3 Cévennes : pourquoi les stations d’épuration sont-elles surdimensionnées ?

Par Jean-Louis Linossier :

Les stations d’épurations seraient-elles réellement surdimensionnées comme le suggère les messages ci-dessous ?

Rien n’est moins sûr, notamment si l’on ne prend en compte que les conditions moyennes de fonctionnement, sans tenir compte des conditions extrêmes liées à la pluviométrie ou aux déversements accidentels intempestifs en quantité et en pollution.

Ainsi, dans les exemple cités, les mesures ont été effectuées , semble-t-il essentiellement par beau temps et avec des charges polluantes respectant elles-aussi des conditions « normales » de fonctionnement.

Pourtant, les réseaux de collecte, n’étant en général pas séparatifs, ces mêmes réseaux collectent aussi les eaux pluviales qui lavent tout sur leur passage en dépassant largement les capacités de la station.

Les réseaux collectent aussi pas mal d’eaux dites « parasites ».

Il n’est donc pas rigoureux de travailler par exemple sur 5 ou 6 jours seulement sur 365 et de ne prendre pour repaire que des moyennes de consommations domestiques alors que certaines stations de l’étude n’ont pas même pas de mesure exacte des volumes qu’elles reçoivent.

Egalement pas rigoureux de ne pas prendre en compte les conditions extrêmes durant lesquelles les stations doivent également remplir leur mission.

Heureusement les stations contrôlées semblent fonctionner correctement lorsqu’elles sont alimentées à 30 ou 50 % de leur capacité.

Mais qu’en est-il lorsque le débit du réseau oblige à by passer la station en rejetant des eaux non traitées dans le milieu naturel : en général un malheureux cours d’eau ?

Ou, lorsque accidentellement une vidange intempestive d’eau polluée se déverse dans le réseau ?

Il est dommage que les études ou les critiques relatives à l’assainissement des eaux usées ne prennent pas ces situations en compte, se contentant de rester sur la station prise isolément hors réseau, en oubliant les conditions très variables de débit et de pollution des eaux collectées par le réseau que la station doit impérativement assainir.

poste par Marc Laimé - 2018-08-13@05:08 - Répondre à ce message
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