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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
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Algues vertes : du Marais poitevin à l’Ile de Ré
par Marc Laimé, 18 mars 2010

Dans son édition du 28 novembre 2009, le quotidien régional Sud-Ouest publiait une remarquable enquête sur l’invasion d’algues vertes qui affecte massivement depuis plusieurs années le village de La Flotte-en-Ré, situé sur la côte nord de l’Ile de Ré. Un phénomène qui trouve sa source sur le continent, juste en face, dans le développement massif des cultures céréalières dans toute la Sèvre niortaise, à grand renfort de nitrates et de pesticides, qui a déjà très gravement affecté le Marais poitevin.

Hommage à la Liste Infos du Marais Poitevin qui nous a rappelé à nos devoirs ! L’affaire est exemplaire puisqu’elle concerne une région qui vient d’être très gravement frappée par la récente tempête, qui y a provoqué une cinquantaine de morts. De surcroît, après avoir manqué succomber, le Marais poitevin vient, dans le cadre du projet de loi « Grenelle 2 », qui sera examiné à l’Assemblée en avril prochain, d’être doté, sur proposition du gouvernement, d’un Etablissement public territorial de bassin (EPTB), censé favoriser « une gestion équilibrée et durable de la ressource »…

Du coup, depuis cette annonce, et c’est une constante de l’action gouvernementale, tout se passe comme si aucun problème n’existait plus. On verra sans coup férir, surtout après la mise en place de la nouvelle commission, dont la création a été consécutive au désormais célèbre « l’environnement, ça commence à bien faire », commission qui va évaluer l’impact des mesures environnementales sur le secteur agricole, on verra donc, et les cultures céréalières continuer à se développer dans la Sèvre niortaise, et les élevages de volailles du nord Bretagne continuer à déménager en Vendée, et les maires du littoral continuer à autoriser des constructions en zone inondable, et, donc, pour faire bonne mesure, les algues vertes continuer à envahir l’Ile de Ré, elle aussi dévastée par la récente tempête, au grand dam de ses habitants, de ses élus, de l’Office de tourisme, etc., etc.

Après la « déception » quasi unanime des associations de défense de l’environnement bretonnes qui ont découvert un plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes qui, d’évidence, ne résoudra rien, nous publions donc ci-après la remarquable enquête de Thomas Brosset, publiée dans le quotidien régional Sud-Ouest du 28 novembre 2009.

Accessoirement il va être très intéressant d’observer les initiatives que ne devraient pas manquer de prendre, et les nouveaux exécutifs régionaux concernés, puisque désormais les « dream-team » socialo-vertes sont aux commandes, et les innombrables défenseurs de la planète qui pullulent comme on peut le constater à chaque coin de bocage, et sur tous les plateaux de télévision…

On parie ? Rien ne va changer, rien ne va se faire, ça va continuer à se dégrader gravement, puisque l’efficacité suppose que l’on n’impose pas de contraintes à nos pauvres agriculteurs déjà si durement éprouvés, par la crise, la tempête, l’effondrement des cours, la mondialisation, et blablabla, et blablabla.

Bon, nous arrêtons de faire notre Nicolino, et vous recommandons derechef l’impitoyable tableau ci-après, dont on se demande bien pourquoi le président de la République n’impose pas la lecture dans les collèges le jour anniversaire de la mort d’Alexis Gourvennec…

Le maire et conseiller général de La Flotte-en-Ré s’inquiète de l’invasion de son littoral par les algues vertes

« Il a déjà constitué un dossier épais comme une encyclopédie, avec 
photos, courriers, factures, coupures de presse. Léon Gendre n’est pas homme à laisser les algues vertes lui pourrir la vie. Conseiller général 
et maire de La Flotte depuis 32 ans, il n’est pas né de la dernière marée verte.

« Il y en a toujours eu. Je me souviens qu’enfant, j’en ramassais. Mais là, ça prend une ampleur considérable. Je n’ai pas attendu les événements bretons de cet été pour m’en préoccuper. Dès 2007, j’ai 
commencé à secouer le cocotier. Mais il semble que mes collègues n’aient pas encore mesuré l’ampleur du phénomène. »

Lui a déjà évoqué la question plusieurs fois en conseil municipal. Cette laitue de mer a défrayé la chronique bretonne cet été, en raison du décès suspect d’un chauffeur de camion qui aurait été incommodé par les vapeurs de l’hydrogène sulfuré que dégage la décomposition de ces algues.

Depuis cinq ou six ans, la côte nord de l’île de Ré reçoit également d’importants arrivages de cette algue verte aux émanations toxiques. Pendant l’été, mais pas seulement. Le 1er octobre dernier, les plages de l’Arnérault, de la Clavette et le port de La Flotte en étaient 
entièrement recouverts.

« Nous les avons nettoyés, mais ce nettoyage a un coût. Avant, il suffisait d’un curage par an. Maintenant, c’est trois ou quatre. » À 
raison de 3000 euros l’opération, la commune commence à trouver la facture salée.

« J’attends un peu. Mais si je n’ai pas de réponse, j’envisage d’attaquer l’État », poursuit le maire de La Flotte.
Car il a écrit au préfet pour lui signaler le problème et lui poser des 
questions sur l’origine du phénomène : « La Sèvre Niortaise toute proche véhicule-t-elle des nitrates qui, en enrichissant la mer, accélèrent la croissance des algues vertes ? » La lettre date du 1er octobre mais n’a pas encore obtenu de réponses.

Apprentis sorciers

« La réponse, on la connaît depuis longtemps. J’ai fait des études agricoles. Je suis très au fait de ces choses. Ce sont les nitrates qui 
provoquent ça. Mais personne ne réagit. On joue les apprentis sorciers avec la nature. Il suffit d’aller dans le Marais poitevin pour comprendre. C’est le maïs qui est devenu roi dans toute la partie vendéenne. Et le maïs est gourmand en azote et en eau. Et comme les 
agriculteurs sont en difficulté, surendettés, on n’ose pas y toucher. Décidément, on marche sur la tête. On a enlevé l’eau du Marais poitevin 
et, maintenant, on irrigue. »

Le maire UMP de La Flotte tient là un vrai discours écolo. Il est vrai 
qu’il fut, en son temps, un pourfendeur du projet de pont. Désormais, il 
planche sur la courantologie. La laitue de mer n’arrive en masse que sur 
la côte nord. « Or, les grands naufrages du passé, comme les marées 
noires, nous montrent que les courants du large venant de Bretagne ou de l’estuaire de la Loire viennent irriguer la pointe de l’île de Ré ou la côte sud, pas le nord. »

Tout indique donc que cette algue indésirable ne viendrait pas de Bretagne mais serait produite dans l’estuaire de la Sèvre Niortaise et la Baie de l’Aiguillon, là, juste en face.

Un gigantesque réceptacle des polluants

Le 1er janvier 2008, la France a été condamnée par la cour de justice de l’Union européenne pour manquement à ses obligations sur la qualité des eaux destinées à la consommation dans trois départements : la Vendée, les Deux-Sèvres et la Charente-Maritime. En cause, les teneurs en pesticides et en nitrates. Et quel est le cours d’eau commun aux trois 
départements ? La Sèvre Niortaise, colonne vertébrale du Marais poitevin.
Le rapport entre les algues vertes de la côte nord de l’île de Ré et les 
nitrates du fleuve semble couler de source.

« La Sèvre Niortaise dispose d’un gigantesque bassin versant : 630 000 hectares sur quatre départements. C’est le réceptacle de tous les 
polluants qui se déversent ensuite dans la baie de l’Aiguillon. C’est le même phénomène dans la baie de Bourgneuf et on a vu ce que ça a donné cette année, sur l’île de Noirmoutier, où deux plages ont dû fermer. Avec toujours les mêmes coups de fièvre saisonniers. S’il ne pleut pas pendant deux ou trois mois, du fait de l’imperméabilité du sol, tous les nitrates partent d’un seul coup, à la première pluie. Et encore, le 
marais joue un rôle de filtration », explique Yann Hélary, le président 
du Parc interrégional du Marais poitevin.

Établissement public de l’eau

« Je ne pense pas que les élevages intensifs de volailles, qui se sont installés dans le sud Vendée, soient responsables de cette pollution. Depuis les excès bretons, les normes sont beaucoup plus strictes pour les élevages hors-sol. Si ces normes sont respectées, et je crois qu’elles le sont à peu près, l’impact sur le milieu est minime », affirme-t-il.

« En revanche, les zones céréalières, très gourmandes en pesticides et en eau et qui n’ont cessé de s’accroître, jouent un rôle essentiel dans la pollution de la Sèvre Niortaise. On le sait depuis des années. Un 
établissement public de l’eau vient d’être créé. Il est désormais du ressort de l’État de résoudre ce problème », poursuit Yann Hélary, également élu vert de la région Pays de la Loire.

Usine à nitrates


Deux chiffres : il y avait 60 000 hectares de prairies humides dans le 
Marais poitevin en 1974. Vingt-cinq ans plus tard, il n’en restait plus que 24 000. Tout ce qui a disparu a été reconverti en céréales, donc en 
usine à nitrates.
La boucle est bouclée : la France avait déjà été condamnée pour non-respect de la directive oiseaux dans le Marais poitevin, puis le Parc s’est fait retirer son label de parc naturel, enfin c’est la 
qualité des eaux qui est vilipendée par l’Europe.
Jusqu’alors, hormis les associations de protection de la nature, il n’y avait pas grand monde pour s’en émouvoir. L’arrivée des algues vertes, avec son impact sur le tourisme et - cas extrême - sur la santé, 
pourrait bien changer la donne.
 »

La consommation de coquillages interdite dans l’Ouest

Une dépêche de l’agence Reuters en date du samedi 20 mars 2010 indiquait que " la pêche, la consommation et la commercialisation des huîtres, moules et autres coquillages provenant du littoral de Charente-Maritime et de Vendée a été interdite samedi en raison de la découverte d’une toxine, a annoncé le ministère de l’Agriculture et de la Pêche.

Les ostréiculteurs et les mytiliculteurs ont retiré les produits récoltés dans la zone en question, qui est aussi celle frappée par la tempête Xynthia dans la nuit du 27 au 28 février, qui a fait 53 morts.

L’interdiction restera valable tant que deux analyses consécutives ne se seront pas révélées négatives, précise le ministère."

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commentaires

1 Algues vertes : du Marais poitevin à l’Ile de Ré

Un EPTB (Etablt Public Territorial de Bassin) résoudra-t-il le problème ? Il y a déjà l’IIBSN (Institut° interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise) mais comme toujours dans ces cas-là, on leur fait faire du boulot curatif, visible et rassurant mais inefficace/sous dimensionné bien qu’utile pour pêcheurs, bâteliers et touristes : enlever les embâcles, désherber les plantes invasives, nettoyer les écluses, enlever les bouteilles plastiques, etc... (comme dans bcp de SAGEs, Contrats de rivières,...)
Non, le problème est sacrément politique et institutionnel. 2 Régions, 3 départements, 3 SAGE, De Villiers/Ségolène, FNSEA/écolos, etc... Bon courage à l’ONEMA, ça fait 20 ans que ça dure. Même les plus hauts responsables de l’Etat se sont faits maltraités par le lobby du maïs. Et Sarko qui ne veut plus réformer (les aides de) la PAC !

poste par P’tit Louis - 2010-03-25@09:23 - Répondre à ce message
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