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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
Une mer de plastique dans la Seine
par Marc Laimé, 15 mars 2010

L’association Robin des bois annonce dans un communiqué daté du 12 mars 2010 qu’elle vient de porter plainte contre X devant le Tribunal de grande instance d’Evry, après le rejet, accidentel, de millions de rondelles en polypropylène dans le fleuve. L’accident éclaire d’un jour cru le fonctionnement des stations d’épuration, déjà mises en cause puisque le France est poursuivie pour non respect de la Directive ERU datant de… 1991. Au-delà il appelle à réfléchir sur le modèle d’assainissement dont nous nous sommes dotés, qui aurait bien besoin de voir émerger un nouveau paradigme…

« Des millions de rondelles en polypropylène servant de supports aux bactéries dans les stations d’épuration sont actuellement charriées par la Seine après avoir été abandonnées dans le milieu naturel par le Syndicat Intercommunal d’Assainissement et de Restauration des Cours d’Eau de l’Essonne (SIARCE) ou ses sous-traitants.

Robin des Bois a porté plainte contre X devant le Tribunal de Grande Instance d’Evry pour pollution des ressources aquatiques en s’appuyant notamment sur l’article L216.6 du Code Pénal qui rend passible d’une amende de 75 000 € et de 2 ans d’emprisonnement le fait de jeter ou abandonner des déchets en quantité importante dans les cours d’eau.

Cette invasion de la Seine par des déchets du même diamètre qu’une capsule d’une bouteille de plastique a été détectée grâce à la vigilance de témoins résidant sur une péniche à hauteur de Villeneuve-la-Garenne dans les Hauts-de-Seine.

L’inventeur norvégien de cette technologie les décrit « comme un appartement 3 pièces cuisine où les bactéries peuvent vivre confortablement et se rassasier des polluants dans les eaux usées ».

Ce procédé qualifié en France de Réacteur à Flore Fixée Fluidisée (R3F) est considéré comme facile et économe a exploiter. La longévité des « biomédias [1] est de 20 à 25 ans. Le procédé est utilisé entre autres, à Bordeaux, à Mulhouse et en amont de Paris.

Ces niches à bactéries sont utilisées à raison de 19 millions d’unités pour 100 m3 d’eau selon les hypothèses basses. Les exploitants en laissent un grand nombre, de toute évidence, rejoindre le milieu naturel.

Les « biomédias » font partie de la cohorte des microdéchets sur le littoral du monde entier mais aussi dans les nids ou les appareils digestifs des oiseaux ou des poissons comme les cotons-tiges, les mégots, les capsules, les capuchons de stylos et fragments de polystyrène.

L’exemple particulier de la Seine éclaire la responsabilité de l’amont et de l’intérieur des terres dans la pollution des estuaires, du littoral et de l’Océan mondial. En plus du fonctionnement chronique ou dégradé des stations d’épuration d’eaux usées des collectivités, mais aussi des sites industriels, des piscicultures et des séparateurs d’hydrocarbures des navires - toutes ces activités sont citées dans les références des fabricants - une autre source de diffusion dans l’océan peut être la perte accidentelle de conteneurs transportant chacun 20 à 40 millions de ces accessoires. L’un des principaux fabricants est installé en Chine.

Une préoccupation supplémentaire concerne la pollution bactériologique éventuelle de ces rejets dans les cours d’eau, sachant que les « biomédias » sont aussi utilisés dans les stations d’épuration des hôpitaux.

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http://www.anoxkaldnes.com/Eng/c1pr...

Selon l’inventeur de ce procédé, les utilisateurs peuvent perdre le contrôle des « biomédias » pendant les séquences de forts épisodes pluvieux ou les inondations. Les autres causes de rejets dans les cours d’eau sont l’inadaptation ou la mauvaise maintenance des grilles et tamis à la sortie des stations d’épuration avant le rejet dans le milieu naturel des eaux considérées comme dépolluées. »

[1] Egalement appelés média filtrant, support de bactéries, camembert.

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Lire aussi :

Le rapport de Robin des bois sur les macro-déchets en milieux aquatiques

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