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NE PAS CLIQUER
LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
(18) Présidentielles 2017 : écologie ou barbarie
par Marc Laimé, 3 avril 2017

Après avoir mesuré l’inanité de la kyrielle d’ordonnances publicitaires mensongères dont s’adorne une « campagne » qui augure bien des désastres à venir, conclusion provisoire avec une dystopie qui décoiffe…

« (… ) A ce moment de l’histoire, il n’y a aucune bonne porte de sortie à court terme pour la société humaine mondiale.

Certaines sont meilleures et d’autres pires, et à long terme certaines sont vraiment bonnes mais pour le court terme, nous sommes dans une impasse. Je ne vais pas vous mentir, il est trop tard pour désigner des coupables.

La seule manière de trouver les bonnes est de se confronter à notre situation désastreuse, et ne pas se laisser distraire par de faux espoirs.

La société humaine - à cause de la civilisation particulièrement - se retrouve dans une impasse. Comme espèce, nous nous sommes rendus dépendants de nos ressources limitées, pétrole, sol et eau. L’agriculture industrielle (et l’agriculture de graines annuelles avant ça) nous a poussé dans un cercle vicieux générant une croissance démographique incontrôlable. Nous avons depuis longtemps dépassé la capacité d’accueil d’humains de notre planète, et l’extension de nos civilisations réduisent cette capacité chaque nouvelle seconde.

Ceci est majoritairement la faute de ceux qui sont au pouvoir, les plus riches, les états et les multinationales. Mais les conséquences - et la responsabilité à porter - reviennent au reste d’entre nous, non-humains inclus.

Techniquement parlant, il n’est pas trop tard pour un programme crash pour limiter les naissances et réduire la population, pour réduire la consommation de combustibles fossiles à zéro, pour remplacer la monoculture avec des polycultures pérennes, pour stopper la pêche intensive, et pour arrêter définitivement l’avancée des industries (ou de la destruction qu’elles opèrent) sur les aires sauvages.

Il n’y a aucune raison technique valable qui nous empêcherait de commencer tout ce processus demain, de stopper le réchauffement climatique où il est, de contrebalancer les excès engendrés, l’érosion, le déclin des aquifères, et de redonner de l’espace à toutes les espèces aujourd’hui presque disparues.

Il n’y a aucune raison technique qui nous empêche de nous réunir afin d’agir en adulte pour résoudre ces problèmes, en d’autres mots, ce n’est à l’encontre d’aucune loi physique.

Mais socialement et politiquement parlant, nous savons que cela ne reste qu’un rêve. Il existe des systèmes de pouvoir matériels qui rendent cela impossible, tant qu’ils sont intacts. Ceux qui détiennent le pouvoir tirent bien trop d’argent et de privilèges à détruire la planète. Nous n’allons pas sauver la planète - ou notre propre futur comme espèce - sans se battre.

(…)

La raréfaction de l’énergie fossile causera une agitation politique sans précédent, et un cycle perpétuel de contractions économiques va se mettre en place. Les entreprises ne seront plus capables de payer leur travailleurs, les travailleurs ne seront plus capables d’acheter ce dont ils ont besoin, et de nombreuses d’entre elles fermeront leur portes. Rendus incapables de payer leur dettes et prêts, propriétaires, entreprises et également états feront faillite (ce processus a déjà peut-être commencé).

Le commerce international va plonger au plus bas à cause d’une dépression globale et de l’augmentation du prix des transports et de fabrication. Bien qu’il soit possible que le prix du pétrole augmente avec le temps, il viendra un moment quand l’économie, sous pression, ne pourra plus assurer une demande stable en pétrole, faisant chuter le prix de celui-ci. Le bas coût du pétrole pourrait, ironiquement mais bénéfiquement limiter les investissements dans de nouvelles infrastructures pétrolières.

(…)

Il y aura trois réponses principales à cet manque globalisé de nourriture. Dans certains endroits, les gens retourneront cultiver leur propre nourriture et construiront des initiatives locales pour leur assurer un approvisionnement durable.

Cela sera un signe positif, mais l’implication du public sera tardive et inadaptée, comme la plupart des gens ne réaliseront pas le caractère permanent de cette crise et n’auront tout simplement pas envie de cultiver leur propre nourriture.

Cela va également être difficile considérant l’urbanisation intensive de ce dernier siècle, la destruction progressive des terres arables et les conséquences du changement climatique.

De plus, les cultures les plus subsistantes auront été d’ici là détruites ou déracinées - les inégalités vont empêcher les gens de faire pousser leur propre nourriture faute de terres appropriées (c’est déjà le cas dans de nombreuses parties de cette planète). Sans résistance organisée, les réformes appropriées ne verront jamais le jour et les personnes déplacées n’auront aucun accès à la terre.

La faim (et la famine au cours de certaines années à mauvaise récolte) proliférera de manière endémique dans plusieurs parties du monde. Le manque d’énergie pour l’agriculture industrielle causera une résurgence des institutions d’esclavagisme.

L’esclavage ne s’installe pas dans un désert politique. Menacés par l’effondrement de l’économie et du secteur de l’énergie, certains gouvernements s’écrouleront complètement sur eux-mêmes, entraînant dans leur chute leur état.

Avec personne pour les arrêter, des chefs de guerre vont s’approprier les décombres. D’autres, désespérés à maintenir le pouvoir hors de portée des séparatistes et à calmer l’agitation civile, verront des gouvernements autoritaires prendre le pouvoir. Dans un monde où les ressources critiques se raréfient, les gouvernements deviendront d’autant plus radins et avares.

Nous verrons une résurgence d’autoritarisme dans ses formes modernes : technofascisme et féodalisme de multinationales.

Les riches se réfugieront dans des enclaves privées et bien gardées. Leur pays/propriétés n’auront pas un air apocalyptique - elles seront comme des éco-jardins d’Eden, avec des cultures organiques bien tenues, des lacs privés et propres, et des refuges sauvages. Dans certains cas, ces enclaves seront de taille réduite, dans d’autres, elles seront à l’échelle du pays.

En même temps, les pauvres verront leur condition se dégrader. Des millions de réfugiés créés par l’effondrement économique et énergétique mondial devront se déplacer, mais personne ne voudra d’eux.

Dans certains zones fragiles, l’afflux de réfugiés saturera les services sociaux de base et causera un effondrement local de ceux-ci, ceci résultant en vagues de réfugiés radiants d’épicentres de désastres.

Dans certains endroits, les réfugiés seront renvoyés par la force. Dans d’autres, racisme et discrimination deviendront une excuse pour les régimes autoritaires pour placer ces dissidents marginalisés dans des "camps spéciaux", permettant aux privilégiés de disposer de plus de ressources.[2]

Les désespérés seront les premiers candidats pour la main d’oeuvre dangereuse et sale nécessaire à la production industrielle persistante une fois que l’énergie facile deviendra rare. Ceux au pouvoir considéreront les communautés autonomes et indépendantes comme une menace pour la disponibilité de la main d’oeuvre dont ils ont besoin et feront tout ce qu’ils peuvent pour les détruire. »

NOTE : La Guerre Écologique Décisive (GED) est la stratégie d’un mouvement qui a trop longtemps été sur la défensive. C’est le cri de guerre de personnes qui refusent de perdre une bataille de plus, le dernier ressort d’un mouvement isolé, coopté, et las de ne jamais voir la fin des batailles légales et blocus.

Ergo, les activistes de "Deep Green Resistance" nous changent agréablement des roucoulades des Colibris qui nous bassinent avec la fable d’une transition écologique dans la joie et la bonne humeur à grand coup d’actions aussi festives et symboliques que totalement inefficaces…

https://deepgreenresistance.org/fr

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