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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
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(13) Présidentielles 2017 : Emmanuel Macron et l’environnement
par Marc Laimé, 28 mars 2017

Tout à sa quête de modernisme, le candidat d’En Marche, outre ses ronds de jambe à la FNSEA, n’en courait pas moins un risque réel de ringardisation face au duel « plus vert que moi tu meurs » qui oppose Jean-Luc Mélenchon à Benoit Hamon depuis le début de l’année. Du coup nombre d’âmes charitables se sont précipitées pour évangéliser Saint Emmanuel…

Après le député Arnaud Leroy, la présidente de CAP 21, Corinne Lepage, ou le patron de Voyageurs du monde, Jean-François Rial, autoproclamés gourous verts de notre icône christique, la bataille a fait rage entre Nicolas Hulot et l’ancien ministre EELV Pascal Canfin, désormais patron de WWF France, qui l’a emporté au finish, et convaincu Manu 4.0 de défendre avec la foi des nouveaux convertis ses « engagements » dans le cadre des #PandaLive, une intervention vidéo diffusée en direct sur Facebook, organisée… par le WWF France.

Une trentaine d’experts ayant volé au secours de notre héros (et surtout de la victoire attendue…) ont élaboré fissa un affriolant catalogue de la Redoute, enfin plutôt de « Manu-France, puisque « La philosophie d’Emmanuel, c’est la liberté. Mais il y a un domaine dans lequel cette liberté doit être bornée, c’est l’écologie », résumait en effet à la presse au début février Arnaud Leroy.

Déjà bien connu pour sa promotion des autocars (pouraves), sa volonté « d’assouplir » les normes (extase à la FNSEA et au Medef) et son décret sur l’extraction de sable marin de Lannion, le voilà désormais défenseur d’une « écologie réaliste ». Un truc qui n’existe pas.

Ainsi serait-il opposé à l’exploitation des gaz de schiste, comme à la recherche en la matière. Bon, ce n’est pas ce qu’on dit dans le corps des Mines. Favorable à la fermeture de la centrale de Fessenheim, à une baisse de la part du nucléaire dans la production d’électricité (- 50 % d’ici à 2025), dans le cadre prévu par la loi sur la transition énergétique qu’il veut mettre en oeuvre. On a vu ce que valaient les engagements divers en la matière depuis 2012…

Il compte également sanctuariser le budget de l’Agence française pour la biodiversité, en finir avec l’avantage fiscal au diesel et réfléchit à une aide à l’achat d’un véhicule plus propre, même d’occasion. C’est sur que les bagnoles d’occase c’est top cool pour sauver la planète…

Dans le détail, l’ancien banquier d’affaires s’est donc déclaré favorable à une sortie des énergies fossiles d’ici 2022, soit « fermer les centrales à charbon qui fonctionnent encore en France, sans oublier d’accompagner leurs personnels ».

Quant aux hydrocarbures, il promet de ne délivrer « aucun nouveau permis d’exploration ou d’exploitation pendant 5 ans », sans remettre en cause les demandes existantes. Il ne ferme pas non plus la porte à l’exploitation minière, « qui peut être réalisée de façon responsable ». Quant à savoir comment sans doute avancera-t-on en marchant ?

Quant à la fin de l’essence, du gazole ou du kérosène, on verra.

Côté transition énergétique, on appliquera la loi actuelle, qui cible une réduction du nucléaire à 50% de la production d’électricité à l’horizon 2025. « Avec le nucléaire, nous avons une chance d’avoir un mix électrique moins carboné que nos voisins européens », a-t-il affirmé sur Facebook.

Sans bien sur s’avancer sur un calendrier de fermeture des centrales, préférant attendre l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) -prévu en 2018 pour le palier 900 mégawatts-, ainsi que la mise en route de l’EPR de Flamanville, avant de se prononcer.

Côté énergies renouvelables électriques, confirmation de l’objectif actuel de 32% du mix en 2030. Un programme qui serait financé par 30 milliards d’euros d’investissements privés, dans le cadre d’appels d’offres lancés tout au long du quinquennat pour une capacité totale de 26.000 MW, soit objectif inférieur à celui de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE)…

Le fonds Chaleur serait doublé (un grand classique) pour accompagner, notamment, la transition du monde agricole.

Enfin, l’auteur du projet de loi pour la croissance et l’activité veut « simplifier les procédures » et « raccourcir les délais » de réalisation des projets d’ENR. Chantier déjà bien ouvert par l’actuelle ministre en charge de l’énergie.

Côté logement, le crédit d’impôt pour la transition énergétique sera transformé en une subvention « pour que les ménages la touchent tout de suite ». Objectif, rénover un million de « passoires » en 5 ans, soit 200.000 par an, auxquels s’ajouteront 200.000 rénovations annuelles de logements.

Un programme qui serait piloté par un ministère de l’écologie « qui a vocation à devenir un ministère d’Etat », en écho à la période Juppé-Borloo.

Mais contrairement à Benoît Hamon, Emmanuel Macron s’oppose à une interdiction du diesel en 2025, « qui ne serait pas réaliste ». Il lui préfère une convergence des fiscalités sur le gazole et l’essence. Un objectif déjà programmé sous le quinquennat Hollande. Outre les aides actuelles, une prime à la conversion de 1.000 euros sera proposée pour tout détenteur de véhicule diesel qui investira dans un véhicule électrique ou hybride neuf ou d’occasion. Une prime dont le montant est deux à quatre fois inférieur à la prime à la conversion existante…

La seule annonce chiffrée de soutien public concernait… l’agriculture, qui sera dotée d’une enveloppe de 5 milliards d’euros sur 5 ans pour accentuer la transition et améliorer le bien-être animal.

Interrogé sur son rapport à l’alimentation, le candidat déclarait « bien aimer la viande ». « Et l’impact carbone ? », lui a demandé Pascal Canfin. « Ce n’est pas une fatalité. Il y a une viande française d’excellente qualité », a-t-il répondu sans rire.

Refusant les OGM, l’ancien ministre a fait un nouveau grand écart. Il veut ainsi « maintenir le principe de précaution » tout en insistant sur le fait que lui-même est « favorable à une France qui aime le risque, qui accepte l’échec et qui valorise l’innovation ».

Vous avez dit bizarre : une grande conférence sera organisée autour… de l’alimentation. Pour mémoire, Benoît Hamon a proposé un grand rendez-vous sur l’écologie, la prévention et la santé. Et François Hollande a organisé 4 conférences environnementales, calquées sur le modèle sarkozyste du Grenelle.

Dans les cantines publiques, 50% des produits servis seront issus de circuits courts, de l’agriculture biologique, ou certifiés au plus tard en 2022. Les œufs issus de poules élevées en batterie seront « interdits d’ici 2025 », mais il restera possible de les « vendre à l’industrie agroalimentaire ».

Côté biodiversité, une phrase : organiser une convention internationale sur la biodiversité [qui existe déjà depuis le Sommet de la Terre de 1992, ndlr] dans un territoire ultra-marin français.

L’interdiction des pesticides néonicotinoïdes sera « maintenue en 2020 », mais Emmanuel Macron a fait volte-face sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Jusqu’ici favorable à sa réalisation, il a nuancé son propos, déclarant que « les bases sur lesquelles il reposait ne seraient plus d’actualité aujourd’hui ». Il a en même temps réaffirmé sa volonté de « respecter le résultat du référendum », avant de conclure qu’il allait « nommer un médiateur, un expert indépendant qui sera chargé pendant 6 mois de comparer le projet initial avec le projet alternatif de modernisation de l’aéroport actuel de Nantes Atlantique », avant de prendre sa décision finale…

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Le Facebook Live d’Emmanuel Macron avec le WWF-France, 9 février 2017.

Après Facebook, retour au « terrain »…"L’agroécologie est un modèle qui doit avoir sa place dans notre économie et aider à cette transition écologique que nous devons fonder", affirmait Emmanuel Macron le vendredi 10 février 2017, en déplacement dans la "ferme d’avenir" de Montlouis-sur-Loire, près de Tours (Indre-et-Loire).

Cette ferme favorise la permaculture, et possède un conservatoire de tomates, où quelque 700 variétés sont cultivées. La "stratégie écologique" que le candidat avait présentée la veille au WWF "a pour but à mes yeux, d’abord de prendre acte de la responsabilité qui est la nôtre, à l’égard de la planète, de la biodiversité, et de notre propre espèce. On ne peut pas continuer à consommer et produire comme on le fait aujourd’hui. Pour moi c’est un fil rouge", affirmait-il.

Cette transition écologique, il considère que "c’est à la fois un devoir, c’est pertinent sur le plan social - car il y a des inégalités profondes du fait de l’inégalité écologique […] et c’est efficace sur le plan économique. Car on a - si on accompagne ce nouveau modèle - la possibilité d’en vivre", poursuivait-i lors d’un déplacement dans la ferme d’avenir de la Bourdaisière, en Indre-et-Loire. Et dajouter : "40 % de ce que nous produisons est lié à nos ressources environnementales."

Lors de ce déplacement, Emmanuel Macron il rappelait ses principales propositions pour l’énergie et l’environnement : la sortie des énergies fossiles et la fermeture des centrales à charbon d’ici 5 ans, le rapprochement de la fiscalité du diesel de celle de l’essence, l’approvisionnement à 50 % de la restauration collective en produits bio, limiter la part du nucléaire dans le mix énergétique à 50 % à horizon 2025, orienter via des appels d’offres 30 milliards d’euros d’investissement privé dans les renouvelables, la création d’un PIA agricole, et la mobilisation de 200 millions d’euros pour rémunérer les services environnementaux rendus par les agriculteurs.

Il évoquait aussi la mise en place d’un accompagnement des industriels, "pour accélérer les programmes les moins polluants, les techniques de mobilité du XXIe siècle". Concernant les territoires, il souhaite que les contrats de plan État-région soient transformés en "contrats de transition, pour construire au niveau des territoires la stratégie économique et de création d’emplois, la stratégie environnementale et énergétique".

À ceux qui lui reprochaient de n’avoir pas présenté de programme, à 70 jours du premier tour de la présidentielle, Emmanuel Macron répondait : "J’ai une méthode et une volonté." Avec le mouvement En Marche, "nous avons voulu refonder la vie politique française depuis avril dernier, nous l’avons fait sur des valeurs communes : la transition numérique et écologique, le travail, l’éducation, la lutte contre les inégalités de destin, l’attachement à la laïcité et l’Europe. Je ne vois pas tant de clarté sur la vision chez tous les autres".

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