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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
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Vétusté des réseaux : réalité ou désinformation ? par Jean-Louis Linossier
par Marc Laimé, 6 juillet 2013

La presse, endormie, se fait l’écho d’une nouvelle campagne de la Fondation France Libertés, associée à 50 Millions de consommateurs, qui, après avoir incité les usagers à dénoncer, via un site internet dédié, le montant abusif de la facture d’eau, puis les pollutions de l’eau du robinet, s’attaquent cette fois aux "fuites d’eau dans les tuyaux", incitant toujours les usagers à dénoncer le "scandale". Or le scandale ne se situe pas où l’on croit, et la campagne de nos Croisés fait surtout le jeu de Veolia et Suez, dont le syndicat patronal, la FPEE, ainsi que les Canalisateurs de France, sont associés à l’opération de France Libertés... Mise au point.

"En régie, les choses sont claires : la collectivité est propriétaire des réseaux qui ont été financés avec l’argent de la facture des usagers, et est directement en responsabilité de leur entretien et de leur renouvellement, et donc de la connaissance de l’état des canalisations.

En DSP, la collectivité est toujours propriétaire des réseaux qu’elle a payé avec l’argent des usagers.

Mais, dans le cadre règlementaire de l’énorme majorité des contrats, la collectivité a gardé la charge des renouvellements (canalisations > 12 ml en général) et des investissements pour les extensions.

Par contre elle a confié la charge de l’entretien des réseaux à son délégataire avec l’exploitation technico-financière du service.

De ce fait, et parce que dans la presque totalité des cas, la collectivité s’est "débarrassée", au sens le plus péjoratif du mot, de la gestion du service, elle n’a même pas la volonté de contrôler l’exécution du contrat par son délégataire.

Pourtant la loi impose le contrôle du délégataire prédateur par la collectivité (prédateur considéré de ce fait comme espèce protégée par la collectivité qui en est la victime ; un comble).

Mais la collectivité objecte qu’ayant délégué la gestion du service, elle n’a plus les compétences pour en contrôler l’exécution (quel aveu d’incompétence pour des élus en charge d’argent public).

Cette collectivité ajoute même qu’elle ne recourt pas à un cabinet d’experts (souvent par ailleurs non indépendant des prédateurs), pour ne pas aggraver la facture des usagers en payant un expert dont elle doutera de l’impartialité.

Surréaliste.

Allons plus loin dans ce raisonnement.

Comme le délégataire est déjà très cher payé via la facture envoyée aux usagers (l’inflation est automatique parce que contractuelle), la collectivité se pénalise très souvent en n’augmentant pas sa part de la facture et se trouve ainsi, et de sa faute, dans l’impossibilité de prendre en charge les renouvellements qu’elle a gardés à sa charge.

Le délégataire ricane et s’en lave les mains en arguant le mauvais état du réseau qui résulte, selon lui, de son âge, alors que ce mauvais état résulte, en fait, du mauvais entretien dont il est responsable en ne réparant pas les fuites dues le plus souvent, non pas à l’âge de la canalisation mais à des malfaçons au niveau des piquages de branchements ou de vannes diverses sur le réseau - éléments eux-mêmes mal entretenus par le délégataire qui en a la charge et que les usagers paient via le prix de l’eau fixé par le contrat.

Sans parler des mauvais rebouchages à l’origine d’affaissements de terrain, et donc de ruptures de canalisations.

Les délégataires sont tellement sûrs d’eux qu’ils rendent les usagers responsables du gaspillage de l’eau, alors qu’à travers le mauvais entretien des réseaux, les délégataires gaspillent eux-mêmes 30 % de la ressource prélevée qui, heureusement, ne représente pas plus de 8 à 10 % de la ressource totale prélevée par les activités humaines (domestique : 8 % ; agricole : 70 % ; le reste à l’industrie).

Plus généralement, personne ne connaît la durée de vie d’un réseau bien entretenu et qui pourrait largement dépasser les 100 ans.

Et la plupart des réseaux ont actuellement plus de 100 ans sans présenter de vrais signes d’obsolescence, sauf aux points névralgiques déjà cités, et pas à cause de l’âge mais d’une absence d’entretien pourtant payé par contrat.

Il est par contre évident qu’un mauvais entretien, mesuré sur le seul paramètre du volume des fuites, sans rechercher l’origine des fuites en dehors de âge du réseau alors qu’on ne connaît l’influence de l’âge, ne peut qu’entretenir une confusion qui, au bout du bout, va profiter à celui qui remplace les tuyaux alors que ce n’était pas nécessaire.

La suppression des branchements en plomb pourrait relever, dans près d’un cas sur deux, d’abus analogues, très coûteux pour les usagers, mais très juteux pour les prédateurs du privé."

impression

commentaires

1 Vétusté des réseaux : réalité ou désinformation ? par Jean-Louis Linossier

Sujet très intéressant.
Si je prend notre cas local (Cognac), il n’y pas de renouvellement depuis maintenant 5 années (moins de 1% en ml cumulé sur cette période)...
Le rendement semble plutôt bon (85%) et le taux de fuite assez faible a ce jour.

Toutefois dois-t’on s’inquiéter pour l’avenir ?

poste par Pierre-Alain Dorange - 2013-07-6@17:25 - Répondre à ce message
2 Vétusté des réseaux : réalité ou désinformation ? par Jean-Louis Linossier

Bonjour,

Il faudrait déjà avoir la certitude que ces chiffres sont pertinents...

Avant toute réflexion sur la politique patrimoniale encore faut-il disposer d’éléments sincères et c’est là que le bât blesse le plus souvent.

Donc commencer à s’interroger : d’où viennent ces chiffres, ils ont été établis par qui, sur quelle base historique, etc.

Bien cordialement.

poste par Marc Laimé - 2013-07-7@09:03 - Répondre à ce message
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