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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
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Chlordécone : 17 années d’archives "disparues" au ministère de l’Agriculture !
par Marc Laimé, 15 juillet 2019

Vers un scandale d’Etat ? Au détour des investigations conduites par la commission d’enquête parlementaire sur l’utilisation du chlordécone et du paraquat comme insecticides aux Antilles créée en juin dernier, une audition conduite le 2 juillet dernier à Paris a révélé que 17 années d’archives datées de 1972 à 1989 auraient « disparu » du ministère de l’Agriculture ! L’un des plus graves désastres sanitaires contemporains est donc désormais en passe de tourner au scandale d’Etat, comme vient de le révéler un reportage choc de notre consoeur Cécile Marre de Martinique 1ère.

C’est au deuxième jour d’audition, le 2 juillet 2019, que la bombe a éclaté au grand jour. Dix-sept années d’archives du ministère de l’agriculture, disparues, envolées !

Des documents cruciaux datant de 1972 à 1989. Une découverte incroyable qui révèle un vrai problème car ces archives contiennent les avis de la commission de toxicité de l’époque. Comment et pourquoi ont-elles disparues ? Quelle est donc la teneur de ces autorisations de prolongation ?

Ce sont les procès verbaux qui contenaient les autorisations de mise sur le marché du chlordécone qui se seraient mystérieusement volatilisés…

Pour mieux entraver des actions en justice qui pourraient coûter des milliards d’euros à l’Etat ?

Voir le reportage video de Cécile Marre, de Martinique 1ère :

https://www.youtube.com/watch?v=aku...

Les premières auditions ont également révélé un questionnement concernant l’importation du chlordécone en Martinique et Guadeloupe, bien après sa date d’autorisation de vente.

Entre 1972 et 1981 le contexte était en effet des plus singulier avec un usage des plus flou du chlordécone.

Car c’est dans cette période que la société de Laguarigue rachète la formule à Bézier et fait produire le « curlon », pesticide à base de chlordécone, au Brésil. Lequel pesticide est revendu aux Antilles françaises et au Cameroun.

Le député de la Martinique (Parti progressiste martiniquais), Serge Letchimy, président de la commission d’enquête, a donc demandé officiellement que soient retrouvés les documents, ou à défaut d’avoir une « explication satisfaisante » à leur disparition.

La gouvernance et son efficacité dans la prise en charge du drame ont également été interrogées.

Pour le président de la commission : « il n’y a pas de pilote dans l’avion ».

Une attaque au vitriol adressée par le député à Alfred Marie-Jeanne, actuel président de l’exécutif de la Collectivité territoriale de la Martinique (CTM), qui n’aurait pas « fléché » les fonds européens sur le plan chlordécone, apprenait-on de surcroît le vendredi 5 juillet 2019 lors de l’audition de la DGOM (Direction Générale des Outre-Mer).

Et ce n’est pas tout.

Ces premières auditions ont aussi mis en lumière le flou entretenu par l’INSERM sur les liens entre les maladies et la pollution, qui souligne encore une fois que la recherche semble avoir été volontairement négligée.

C’est ainsi qu’à l’issue des auditions conduites le 8 juillet avec l’INCA (Institut National du Cancer), la cacophonie montait encore d’un cran.

Dès le jeudi 11 juillet 2019, le professeur Jérôme Salomon, directeur général de la Direction Générale de la Santé (DGS), était revenu sur les propos tenus trois jours plus tôt par le responsable de l’INCA (Institut National du Cancer). Celui-ci avait expliqué pourquoi selon lui, le rapport entre cancer de la prostate et pollution au chlordécone n’était pas établi.

Des propos formellement contredits trois jours plus tard par le le docteur Jérôme Salomon qui prenait le contre-pied de certains de ses collègues et du Président de la République. Affirmant que sur le lien entre pollution au chlordécone et cancer de la prostate : « on ne peut pas dire circulez y’a rien à voir. »

Quinze jours plus tard, de passage en Guadeloupe, le docteur Luc Multigner, qui mène entre autres l’enquête Karuprostate, contre attaquait dans un entretien accordé à Guadeloupe 1ère.

Il rappellait en effet avec force que 10 jours plus tôt l’INSERM publiait des résultats de l’enquête Karuprostate. Résultats qui confirmaient la corrélation entre prévalence du cancer et pollution au pesticide.

Les auditions, filmées et ouvertes à la presse, devraient reprendre en Martinique puis en Guadeloupe autour du 12 septembre prochain.

- La commission d’enquête parlementaire :

http://www.assemblee-nationale.fr/d...

Lire aussi :

- Une commission d’enquête sur le chlordécone va voir le jour à l’Assemblée

https://la1ere.francetvinfo.fr/guad...

Guadeloupe la 1ère, 4 juin 2019.

- Le témoignage de Gérard Borvon, ce même jour 15 juillet 2019 :

"Scandaleux en effet mais rien d’étonnant. Je me souviens des circonstances dans lesquelles j’ai eu connaissance du rapport remis le 5 Juillet 2001 à Dominique Voynet et à Dominique Gillot par Henri Bonan (IGAS) et Jean-Louis Prime (IGE), sous la titre "Rapport sur la présence de pesticides dans les eaux de consommation humaine en Guadeloupe". C’est après avoir entendu des représentants du Sdage Guadeloupe venus l’exposer au CNE en 2003 que j’ai voulu en savoir plus sur le chlordécone et qu’une ingénieure du ministère m’a aimablement transmis le rapport oublié dans un tiroir après le départ de Dominique Voynet le 10 juillet 2001. Après en avoir fait des photocopies adressées à mes amis de Guadeloupe j’ai pu ensuite constater, venu sur place à leur invitation, que l’étendue du problème y était totalement ignorée aussi bien des habitants que des médias."

- Outre Mer, les oubliés des lois sur l’eau

http://seaus.free.fr/spip.php?article11

Gérard Borvon, S-Eau-S, 2 décembre 2011.

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commentaires

1 Chlordécone : 17 années d’archives "disparues" au ministère de l’Agriculture !

Pour avoir eu l’occasion de travailler pendant 1 an dans un service général d’un gros ministère, je me permets de donner mon avis sur l’absence d’archives...

Cela n’a rien de surprenant. Et n’a rien à voir avec même le sujet du chlordécone...

Cela a tout simplement à voir avec la totale absence de politique sérieuse de gestion des archives pour tous les ministères...

Et cela est la même chose dans nombres d’autres institutions françaises.

Les papiers sont entassés pendant des années, voir des décennies, dans les bureaux des divers intervenants, puis bringuebalés dans les armoires présentes dans les couloirs de pas mal de ministères pour des durées plus ou moins variables, pour enfin être transférées des années plus tard dans les caves des batiments...

Suffit pour un peu que l’un des services a changé entre temps de tutelle (du style le service de la qualité de l’eau du ministère de l’agriculture passe sous la tutelle du ministère de l’environnement), et alors les papiers sont plus ou moins transférés d’un batiment à l’autre sans trop de vérification si on transfère bien tout... Le ministère de l’agriculture étant aussi au fil des remaniements capable de créer un nouveau service de la qualité de l’eau (parce qu’entre temps celui de l’environnement aura un peu changer ses missions), et les papiers sont mis un peu n’importe ou sans que personne ne se soucie de leur gestion effective...

poste par X - 2019-07-21@21:20 - Répondre à ce message
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