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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
COVID-19 : l’assainissement en première ligne
par Marc Laimé, 21 mars 2020

L’aggravation de la pandémie du Covid-19 place en première ligne les opérateurs de l’assainissement, régies publqiues et entreprises privées, comme les très nombreuses entreprises sous-traitantes qui concourent à l’exercice d’un service public plus que jamais essentiel en cette période critique.

La France compte 21 000 stations d’épuration (STEP), mais rien de commun entre les gigantesques installations des grandes métropoles, dimensionnées pour traiter les eaux usées (et pluviales), de plusieurs centaines de milliers d’équivalent-habitants (EH), avant de les rejeter, après abattement partiel des divers polluants et virus pathogènes qu’elles contiennent, dans le milieu naturel (rivières et fleuves), et l’immense majorité de petites stations implantées en milieu rural et semi-urbain.

Ces dernières ne disposent pas d’un traitement de désinfection extrêmement poussé avant rejet dans le milieu naturel (UV, filtration membranaire…), mais de procédés plus rustiques, à l’efficacité parfois aléatoire, surtout si les infrastructures sont très anciennes, et que leur entretien est parfois sommaire.

Situation qui s’est par ailleurs dégradée depuis la liquidation d’une majorité des Services d’assistance technique aux stations d’épuration (SATESE), engagée au début des années 2000, au prétexte de la concurrence « libre et non faussée », que nous n’avons cessé de combattre et de dénoncer.

Ajouter aussi que l’auto-contrôle réglementaire, comme la validation des indicateurs de performance des systèmes épuratoires par les services déconcentrés de l’Etat ont tout autant souffert de la RGPP puis de la MAP, ces posologies ultra-libérales, initiées sous le gouvernement Sarkozy (« en même temps » que le Grenelle de l’environnement…), puis poursuivies sous celui de François Hollande…

Il faut aussi rappeler une donnée technique élémentaire. Aucune STEP, aussi sophistiquée soit-elle, n’élimine jamais l’intégralité des polluants et virus pathogènes contenues dans les eaux usées, mais en « abat » un pourcentage très variable.

Soulignons ensuite que le « risque coronavirus » ne sera pas de même ampleur si ce sont 3, ou 30 millions de Français, même « porteurs asymptomatiues », parfois qualifiés de porteurs sains, qui sont contaminés…

Avec le passage au stade 3, les services d’eau et d’assainissement qui disposaient de plans de continuité d’activité (PCA), les ont activés.

Aujourd’hui, avec le coronavirus, comme avec tous les autres polluants présents dans les eaux usées, on va parier que le facteur de dilution de ce rejet, après épuration, dans le milieu naturel – les rivières et les fleuves -, va diminuer le risque.

Mais, comme la découverte du Covid-19 est toute récente, on manque évidemment de données fiables et consolidées sur ce virus.

Des études de toute nature sont bien diligentées dans le monde entier, et publiées au fur et à mesure, mais de nombreuses questions demeurent encore aujourd’hui sans réponse.

En l’état, avec le coronavirus, la grande inconnue c’est sa durée de vie selon les milieux.

Dans l’air, elle serait de trois heures. Sur certains métaux, elle serait de 4 à 5 heures, tandis que sur du carton, du plastique ou de l’acier, on parle de durées de vie de 2 à 3 jours, voire de 9 jours sur métal, verre, ou du plastique.

Pour estimer cette durée de vie, les chercheurs s’appuient sur des comparaisons avec les coronavirus déjà connus, comme le SRAS et le MERS, dont la persistance a été évaluée sur différentes surfaces, dans différents milieux, et à différentes températures.

Il en découle que le nouveau coronavirus survivrait, comme ses prédécesseurs, en moyenne entre 4 et 5 jours.

À des températures dépassant 30 °C, la résistance diminue considérablement, n’exédant pas quelques heures.

En revanche, des températures plus basses, en dessous de 20°C, favorisent la persistance des coronavirus humains qui survivent jusqu’à neuf jours.

En matière d’assainissement nous avons donc ici un premier facteur d’incertitude, puisque l’on sait que sous terre, tout au long de leur transfert pour traitement vers les STEP, les eaux usées dégagent de la chaleur, que l’on tente d’ailleurs de récupérer, par les biais de différents procédés, depuis plusieurs années.

Principe de précaution pour les travailleurs de l’assainissement

La Déclaration des droits de l’homme de 1789 est citée explicitement dans le préambule de notre Constitution, notamment dans son article premier : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »

Le risque de contamination de la population lié à la présence de coronavirus dans les eaux usées rejetées dans le milieu naturel après traitement, semble pour l’heure, en l’état des connaissances disponibles, pouvoir être écarté.

Un second point de vigilance tout de même, s’agissant des rejets d’eaux usées en aval des grands établissement hospitaliers. Les résidus médicamenteux rejetés par les établissements de soin sont en effet un sujet bien identifié depuis une vingtaine d’années. Pour information, la France compte 3000 hôpitaux.

En l’état ce sont bien davantage les risques qu’encourent les travailleurs de l’assainissement, plusieurs dizaines de milliers d’agents, tous statuts confondus (salariés des régies et des opérateurs privés, fonctionnaires et contractuels des collectivités locales, personnels des entreprises sous-traitantes), qui mobilisent l’attention des opérateurs et des pouvoirs publics.

Car ce risque se concentre dans les aérosols, c’est-à-dire les mises en suspension dans l’air de particules liquides ou sèches,

Selon un récent rapport de l’Institut national de la recherche et de la sécurité (INRS), spécialisé dans la prévention des accidents du travail, ces aérosols « peuvent être mis en suspension dans l’air par les systèmes d’aération (dans les bassins biologiques, par utilisation d’air comprimé, soufflettes, …) ou par déplacement de matières (convoyage, pelletage des boues) ou encore lors de chutes d’eau et d’utilisation d’eau (filtres à bande, filtre-presse, rétrolavage des grilles et toiles des procédés de traitement des boues, tables d’égouttage…).

PDF - 7.7 Mo
STEPs et prévention des risques biologiques, INRS 2013 -.

Ceci même si l’avis de l’ANSES, mobilisée en 2009 lors de l’épidémie H1N1 pour évaluer les risques pour les travailleurs liés à la présence du virus Influenza pandémique dans les eaux usées, avait estimé comme peu probable, voire négligeable, le risque de transmission du [H1N1] aux travailleurs de l’assainissement, par le biais d’eaux usées, en comparaison au risque de contamination interhumaine classique (toux, éternuements, etc…). confirmant ainsi une précédente expertise de 2006 qui concernait le H5N1.

Quoiqu’il en soit, compte tenu des incertitudes liées au nouveau coronavirus, il apparaît indispensable de protéger les agents potentiellement exposés avec des équipements de protection (masque FP2, lunettes et gants…). Et c’est là, comme on le sait que le bât blesse, en raison de l’actuelle pénurie de masques.

La FP2E et France Eau Publique ont engagé des discussions, notamment avec Bercy, pour obtenir ces équipements, considérant les besoins à 500 000 masques par semaine.

Quand on sait que les opérateurs de l’eau et de l’assainissement sont officiellement considérés comme des « Opérateurs d’importance vitale » (OIV), s’agissant de leurs personnels et entreprises sous-traitantes qui exercent des métiers méconnus, déconsidérés, pour des salaires notoirement insuffisants, la revendication apparaît pleinement légitime.

Ceci d’autant plus que si les discours officiels se veulent rassurants, la réalité de terrain est tout autre, comme l’atteste ce témoignage que nous avons recueilli aujourd’hui en région parisienne :

"Comme le SRAS en 2003 et le H1N1 en 2009, le Covid-19 se propage par les réseaux d’assainissement.

D’une part, les personnes confinées et plus encore les malades toussent et, du fait de la maladie pour ces derniers, crachent dans les WC, se lavent les dents et crachent dans leur lavabos, ce qui aboutit inévitablement dans les réseaux d’assainissement.

D’autre part, comme parmi les symptômes de la maladie il y a aussi la diarrhée, des analyses ont démontré là aussi que le virus se retrouvait logiquement dans les selles.

La CGT SAIVP-SIAAP a demandé lors du CHSCT exceptionnel du 12 mars dernier sur le Coronavirus que des analyses soient réalisées dans les réseaux d’égouts et dans les Step, ce qui permettrait non seulement de vérifier sa présence et sa durée de vie dans ce milieu, mais également de voir si les réseaux et les eaux usées ne sont pas pour lui un "terrain de jeux" qui lui permette de proliférer, voire de muter (nous ne savions pas encore lors de ce CHSCT que le virus pouvait se trouver dans les selles).

Mais à ce jour aucune nouvelle des responsables du SIAAP..."

Reports de travaux et assouplissements réglementaires

Par ailleurs, dans ce contexte d’urgence sanitaire et de recentrage sur les missions prioritaires, un certain nombre de travaux vont être reportés.

"Les interventions extérieures qui peuvent être différées le sont déjà : ce n’est pas le moment par exemple de faire de la relève de compteurs", rapportait le 17 mars dernier Localtis, citant Veolia Eau.

"Les grosses fuites seront réparées, pas les petites qui ne risquent pas de priver d’eau un quartier", résumait Régis Taisne. responsable du pôle Eau de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR).

Priorité au pilotage des stations, moins au contrôle des conduites d’évacuation. Les agents effectuant habituellement des missions d’entretien ou de diagnostic devraient donc rester chez eux ou contribuer à l’effort de roulement et de polyvalence pour faire face dans la durée à l’absentéisme.

Dans une note complète mise en ligne sur ce sujet, la FNCCR n’oubliait pas de mentionner le maintien de la capacité des laboratoires d’analyses à contrôler les eaux. Qu’il s’agisse des eaux potables comme des eaux usées, et notamment le respect des normes de rejets.

Et vient de mettre en place un fil d’information spécifique :

http://www.fnccr.asso.fr/article/si...

Reste à savoir si les restrictions de circulation vont impacter le transport sous contrainte des échantillons prélevés pour les contrôles en laboratoire ?

Les analyses habituelles vont-elles être moins « regardantes » et, là aussi, se concentrer sur l’essentiel, en l’espèce le coronavirus ?

"Sur d’autres sujets comme le risque de refus d’intervention de la part des agents ou l’approvisionnement des stations en réactif (chlore, etc.), qui fait partie des besoins prioritaires en matière de transport de marchandises qui doivent être planifiés par les services de l’État, nos adhérents ne rencontrent pour l’heure aucun problème", rassurait toutefois Régis Taisne.

Note : Ironiquement, les 5 millions de foyers, soit 12 millions de Français, qui ne sont pas reliés à l’assainissement collectif, mais possèdent une installation d’ANC, fosse toutes eaux, lit planté, micro-step, éternels réprouvés, ne sont pas concernés...

impression

commentaires

1 COVID-19 : l’assainissement en première ligne

Mr Laimé, tout d’abord un grand merci pour cet article,car ces services assainissement sont de plus en plus les parents pauvres du petit/grand cycle alors qu’il devrait être légitimement sur un pied d’égalité.
Il serait souhaitable de profiter de cette crise pour rappeler leur importance.
Il serait intéressant de continuer à travailler sur les risques rencontrés sur les petites steps.
Petite inquiétude personnel, la nécessité d’avoir des masques ffp2 aussi pour les petites regies...
Message personnel : merci pour les sateses ! 😊

poste par Yoann Lavaud - 2020-03-21@21:39 - Répondre à ce message
2 COVID-19 : l’assainissement en première ligne

Concernant les MERS-COV, des études basées sur des analyses de selles depuis plus de 20 ans ont démontrées que ces virus étaient présents dans les selles de personnes contaminées. Des études réalisées sur les virus de la grippe l’ont également démontrées, notamment pour le H1N1 en 2009.

Les selles de tout le monde partant dans les réseaux d’assainissement, il est logique que les virus s’y retrouvent.

Cela a été le cas pour le SRAS en 2003 et pour le H1N1 en 2009 et il a été prouvé que les réseaux d’assainissement ont véhiculé ces virus (cela a aussi été démontré en Chine tant en 2003 qu’en 2009 par le fait que toutes les personnes vivant dans des immeubles ont été contaminées. En effet les systèmes d’évacuation des eaux usées des éviers, lavabos et WC sont équipés de valves anti-retour qui certes empêchent le retour en arrière de l’eau usées que l’on évacue, mais qui n’est en aucun cas hermétique à l’air des conduites collectives de l’immeuble qui dans ce milieu se charges de micro-goutelles. Ce ne pourrait pas se produire en France car ces systèmes sanitaires sont équipés de syphons qui permet à chaque appartement d’être isolé hermétiquement de l’air et de l’eau)

Pour ce qui concerne le COVID-19, j’ai alerté la Fédération CGT des Services Publics et mes collègues travaillant dans les réseaux d’assainissement avec qui je suis en contact, sur les risques pour les agents des réseaux d’assainissement dès que les premières quarantaines se sont mises en place.

En effet, début février des personnes revenant d’une croisière sont mis en quarantaines dans un village vacance du sud de la France et si les autorités se préoccupent de les confiner, moi qui siège dans les CHSCT du Siaap depuis plus de trente ans et qui a connu donc les pandémies de 2003 et de 2009, étant donné que les premiers éléments révélés sur ce virus démontraient qu’il était de la même souche que le SRAS, j’ai soupçonné qu’il suivrait le même chemin de propagation, tout au moins parle le fait que toute gêne respiratoire pousse les personnes atteintes à tousser et cracher et que ces crachats partent dans les eaux d’égouts, comme c’est le cas lorsque l’on se lave les dents.

Aujourd’hui on peut également affirmé le COVID-19 suit exactement le même chemin que son ainé le SRAS puisque des études démontrent qu’ils se retrouve également dans les selles. https://www.lemonde.fr/planete/arti...

Je répondrais à la question de M. REUMAUX sur les aérosols, en affirmant que c’est cela qui est le plus porteur du risque de contamination, car l’air ambiant de tous les réseaux d’assainissement est chargé en humidité donc en micros gouttelettes dont certaines vont contenir le virus, mais aussi parce que toute intervention dans ces réseaux brasse les eaux usées et donc surcharge en aérosol une atmosphère déjà saturée et cela même à l’air libre pour les réseaux non coffiné ou pour ce qui concerne les réseaux non collectifs.

Si toute intervention en réseaux est un risque de contamination au COVID-19, celles qui consiste à brasser les eaux usées (intervention des égoutiers directement en contact dans l’eau, pompage ou débouchage des réseaux ou fosses septiques avec les camions pompes et cela même sans descente dans les réseaux....) augmentent les risques.

Une opération qui devrait être proscrite aujourd’hui est le nettoyage à haute pression. Il n’y a rien de pire pour remettre dans l’air ambiant toute pollution, bactérie, virus.. que l’utilisation de ce matos. Et cela ma révolté justement de voir dans tous les journaux télévisés que l’on faisait nettoyer les rues des villes et villages que ce soit en France ou à l’étranger, avec des nettoyeurs hautes pressions soit disant pour lutter contre le coronavirus (https://www.facebook.com/didier.dum...)

En espérant avoir répondu à certaines de vos interrogations et regrettant comme l’a fait Marc de ne pas avoir d’autres éléments de réponse à vous apporter comme la durée de vie du virus dans les eaux usées.

Si il y a plus de 20 ans d’études sur les virus qui peuvent se détecter dans les selles, il n’existe malheureusement aucunes études sur la durée de vie de ceux-ci dans les eaux qui reçoivent ces selles et ce n’est pas faute de les avoir demandé à mon employeur, le SIAAP tant en 2003 qu’en 2009, ne serait-ce que pour savoir si les eaux d’égouts ne sont pas pour ces virus un "terrain de jeux" qui leur permettent de proliférer, voire de muter, comme je l’ai dit à Marc.

Cordialement

Didier DUMONT
Responsable du collectif
Eau et Assainissement
de la Fédération CGT
des Services Publics,
militant CGT au SIAAP,
STEP d’Achères (78)

poste par Marc Laimé - 2020-03-22@20:32 - Répondre à ce message
3 COVID-19 : l’assainissement en première ligne

Salut,

je ne suis ni chimiste, ni plombier. Mais... je soulève 2 points.

1. Le coronavirus ne survit hors organisme vivant que grâce à une fine couche de graisse et jusqu’à plusieurs (7-8) jours sur du plastic (comme les PVC des conduites).

Pas n’importe quelle graisse sans doute mais graisse néanmoins soluble par les savons.

Or les réseaux d’eaux usées sont envahis par des bouchons de graisse, jusqu’à constituer des "fatberg" (iceberg de graisses) dans les égouts.

Est-ce un milieu de conservation du coronavirus ? (alerte pour les égoutiers !?)

Y a-t-il un chimiste sur la liste FAME pour nous éclairer ? (CACE-Jean-Louis L. ?)

Un biochimiste ? pour nous confirmer/infirmer la solidité de cette hypothèse.

2. A propos de siphons (évoqués par Didier), je raisonne ici par analogie : "cata. italienne/douche italienne".

Je ne sais pas ce que ça vaut comme hypothèse mais tout de même...

Comment sont les siphons des (bacs de) douches "italiennes" ? (bacs plats... comme chez moi)

Différents des bacs de douches traditionnels/françaises ?

Serait-ce un facteur explicatif de l’hécatombe italienne ? (contamination par les salles de bains et réseaux d’immeubles, l’habitat italien des villes du Nord est dense)

Tout le monde s’extasie du design italien

https://www.homelisty.com/douche-it... OK !

Mais le siphon, bordel, le siphon ?

il est en plastic, extra-plat et à écoulement horizontal !! ci-dessous qqs images de tutoriels fabricants. https://www.youtube.com/watch?v=fKZ...

voir ici l’écoulement horizontal.

Est-il si efficace contre les remontées de vapeurs et gouttelettes ?

Son fort débit d’évacuation (vortex) ne crée-t-il pas des gouttelettes/vaporisation (remontantes) ?

Les corps de siphons extra-plats sont-ils performants ? ici de x modèles, (en plus de l’écoulement horizontal)

et... il y a des siphons magnétiques aujourd’hui (voir image à fond rouge) : quelle efficacité des étapes 2 et 3 ? (autre que la pub du fabricant) _ ??
Qu’en disent les experts ?
Merci de tout éclairage. Même confiné.

poste par Marc Laimé - 2020-03-23@14:07 - Répondre à ce message
4 COVID-19 : l’assainissement en première ligne

Je ne suis pas non plus ni chimiste, ni plombier, mais il est clair que les 2 points que vous soulevez sont pour moi fondés.

Sur le premier point en ce qui concerne la graisse effectivement, il y en a des tonnes qui finissent dans les stations d’épuration (STEP) soit par le cheminement dans les réseaux, soit lorsque les bouchons que vous indiquez sont pompés par les camions-vidangeurs qui ensuite viennent se vider dans les STEP et c’est des milliers de tonnes de graisse que nous récupérons et traitons annuellement dans nos installations de prétraitement de l’usine d’Achères. Donc danger pour les égoutiers, pour ceux qui parfois sans descendre dans les égouts effectuent le débouchage des réseaux et qui au-dessus de la bouche d’égouts respirent l’air des égouts sans protection, mais également pour les agents des STEP.

De plus si vous évoquez les « icebergs de graisses », il y a également dans les égouts des kilomètres de ce que l’on appelle des torches formées par des millions de sacs plastique enroulés les uns avec les autres qui sont déjà en temps normal hyper dangereuses puisque ce sont de véritables fouets et lassos qui peuvent porter atteintes aux égoutiers dans leur intégrité physique, mais vu l’information que vous donnez sur la survie du virus sur les plastiques…. Il est clair que cela augmente le risque de contamination pour les égoutiers et les « vidangeurs ».

Les torches finissent également par arriver dans les STEP où elles sont cassées par les dégrilleurs des prétraitement. Il y a donc moins de risque pour ce qui concerne « le fouet et le lasso », cependant lorsque ces torches arrivent, c’est des milliers de sacs plastique cassés par les dégrilleurs qui finissent sur les tapis roulants les conduisant dans des bennes de récupération de tous les déchets plus ou moins important (plusieurs types de dégrillage) et bien souvent cela bloque les tapis roulants et très vite les déchets s’accumules car il y a toujours un laps de temps entre le blocage des tapis et l’arrêt du process pour permettre les interventions des agents qui ne peuvent se faire qu’à la fourche et les mains. Donc là également risque de contamination des agents effectuant ces tâches au coronavirus.

Sur le deuxième point il est clair pour ce qui concerne les syphons plats que moins il y a d’eau restant dans ceux-ci, plus vite ils s’assèchent et perdent leur herméticité à l’air (je ne connais pas le système magnétique). De plus pour les syphons plats ce qui créer le principe de retenue d’eau c’est l’ensemble socle du syphon et la grille équipée normalement d’une « cloche ». Bien souvent ce système se bouche par la perte de cheveux et pour bon nombre de personnes le réflexe est de supprimer cette « cloche » et là plus de syphon.

Cela peut-il avoir créé l’hécatombe italienne ??? Cela peut être une éventualité d’autant plus si le syphon ne fait plus son office.

Didier Dumont.

poste par Marc Laimé - 2020-03-23@14:13 - Répondre à ce message
5 COVID-19 : l’assainissement en première ligne

J’ai, en effet, œuvré comme chimiste au sein du service de recherches environnement de RP.

Et j’ai toujours été étonné par le peu, voire pas de précaution (hors lunettes et gants), prises par les chercheurs de haut niveau qui travaillaient sur les STEP.

Que le système soit aérobie ou anaérobie, il semblerait que les micro-organismes aient très peu de probabilité d’y survivre, alors même que certains d’entre eux sont là pour tout détruire ou presque, es pollutions, et sont eux-mêmes détruits, souvent par le feu, en phase finale, pour produire de l’énergie.

Il semblerait aussi que les égoutiers craignent avant tout les émanations gazeuses de substances chimiques toxiques ou inflammables rejetées clandestinement par des industriels dans les réseaux de collecte des eaux usées.

Quant aux dangers éventuels des micro-organismes contenus dans les rejets domestiques véhiculés par les égouts, rappelons-nous qu’ils y a moins de 60 ans, et pas un siècle, il existait encore et il existe encore, des installations, dites « fosses-septiques » ouvertes, dans lesquelles venaient et viennent encore « se soulager » de bons français … en très bonne santé. Ces installations sont régulièrement vidées et effectivement transvasées dans les STEP. Il y a 60 ans, tout était répandu dans les champs avec le fumier animal et les contenus des fosses à purin des mêmes animaux.

Avant d’arriver dans les égouts, le CORANOVIRUS passe par l’humain, si on le stoppe avant, sa progression ne va pas plus loin et empêche le cercle de se refermer par cette voie éventuelle.

Une anecdote me revient à l’esprit.

M’étant très méchamment ouvert un doigt dans le laboratoire qui contrôlait notre fabrication de pesticides de toutes sortes (60 000 t/an),on me transporte aux urgences. Pendant l’intervention, l’assistante du chirurgien demande si elle doit préparer la piqure antitétanique. Et le médecin de lui répondre : « pas nécessaire, dans le milieu où il s’est blessé, seuls certains humains survivent, les micro-organismes eux ne survivent pas ». Ce médecin se trompait pourtant sur 2 points : combien de temps et quels humains survivraient aux substances chimiques qu’ils manipulaient ? Le virus tue immédiatement, ou presque, la chimie met souvent plusieurs dizaines d’années pour agir.

Jean Louis Linossier

poste par Marc Laimé - 2020-03-23@16:08 - Répondre à ce message
6 COVID-19 : l’assainissement en première ligne

Le blog du cabinet Landot rend compte ce jour d’un avis du HCSP, renvoie à un nouveau document du fil de la FNCCR, et à un courrier du MTES, autant de nouveaux éléments complétant les problématiques que nous évoquons :

https://blog.landot-avocats.net/202...

poste par Marc Laimé - 2020-03-24@10:54 - Répondre à ce message
7 COVID-19 : l’assainissement en première ligne

Merci de ces infos...A mon tour je t’envoie les infos que nous échangeons avec mes anciens collègues chercheurs...notamment la fille d’une mes amies ex collègue INSERM travaillant dans un labo de virologie de pointe...Je t’ai mis aussi le blog d’un anthropologue suisse qui relativise la crise...mais c’est son point de vue.

Cette crise démontre à l’envie le manque de jugeotte de nos gouvernements de droite comme de gauche...l’épidémie de SRAS en 2002-2003 avait déjà lancé le débat et quelques crédits avaient été ouvert pour des traitements et un vaccin...crédits diminués et coupé 5 ans plus tard...avec coup de chapeau...les crédits recherche redirigés vers l’industrie avec les fameux crédits impôts recherche qui ont asséché la recherche fondamentale...cela s’alliant avec l’imbécillité de faire de la recherche programmé sur ANR ...comme si les découvertes se programmaient...ainsi la recherche fondamentale de longue durée...la seule permettant les découvertes majeures a été sacrifiée.

La recherche en virologie intéresse peu les entreprises pharmaceutiques car elles pensent qu’à un moment ou à un autre il y aura un vaccin qui permettra d’éradiquer la maladie...donc pas de pognon à gagner dans les traitements...on est d’ailleurs aussi dans cette approche pour les autres microbes...les bactéries...quasiment au même point. la recherche d’antibiotique a été pratiquement arrêtée car avec tous ceux existant sur le marché il y avait de quoi tout traiter...mais malheureusement les bactéries comme les virus sont plus malins et mutent résistant ainsi aux médicaments...pour les microbes les plus dangereux, ceux que l’on choppe à l’hôpital car c’est là que malheureusement ils fleurissent...il n’y a pratiquement plus rien qui marche. Je te parle en connaissance de cause car j’ai fait ma thèse sur les effets des aliments sur la microflore intestinale...un monde microbien extrêmement complexe...que l’on ne dominait qu’en élevant des animaux stérilement (sans microbes). Ce sont nos techniques qui ont permis les fameux bébés bulles de Necker...

Enfin pour les virus...voici mon opinion personnelle...j’ai fait des études de biologie moléculaire de 1965 à 1970...avec Monod et Jacob comme enseignants en 37me cycle...Avec la dynamique de l’époque et toutes les avancées en biologie du gène avant 2000...on devrait actuellement avoir toutes les capacités pour traiter un virus qui a un génome hyper réduit...Seulement comme je l’ai dit plus haut...fabriquer un vaccin cela ne rapporte pas grand chose...et mettre de nouveaux médicaments sur le marché cela coute beaucoup...

Tant que la logique marchande prévaudra...le progrès ne sera pas un moteur de l’humanité.

Amicalement

Michel Riottot

poste par Marc Laimé - 2020-03-24@12:50 - Répondre à ce message
8 COVID-19 : l’assainissement en première ligne

La position de la FNSA sur l’assainisement :

Après les mots rassurants de la FNCCR au sujet de l’eau et de
l’assainissement, c’est au tour de la FNSA de communiquer sur les
entreprises qu’elle représente et qui sont souvent les sous-traitants
des collectivités. Ces entreprises prennent aussi leur part pour
garantir la continuité de l’activité économique et la santé publique.

La FNSA (Fédération Nationale des Syndicats de l’Assainissement)
regroupe des entreprises dont les activités principales sont le
pompage et le curage des réseaux d’assainissement collectif, la
maintenance industrielle et l’ANC.

L’activité se poursuit

"Aujourd’hui, nos entreprises continuent d’intervenir sur les réseaux
d’assainissement collectif et non collectif et sur les sites
industriels. Grâce à elles, les eaux usées ne débordent pas jusqu’à
maintenant. Certaines collectivités réduisent les interventions aux
urgences. C’est un vrai souci, surtout si le confinement venait à
durer. Cela pourrait provoquer la survenue d’autres épidémies", nous
explique Alban Raimbault, chargé de mission à la FNSA

La FNSA rassurante

"Nos entreprises ont un vrai rôle de salubrité publique. Malgré
l’interrogation sur la contamination des boues, les interventions sont
assurées", nous assure Alban Raimbault. Malgré la baisse d’activité
qui les touche de plein fouet, les entreprises regroupées au sein de
la FNSA assurent le service vital d’assainissement pour que l’activité
économique perdure. Touchée par une baisse de la disponibilité des
salariés, les entreprises s’adaptent en prenant en compte les
précautions dans son fonctionnement. (Peu voire pas de contact au sein
de l’entreprise, en clientèle, horaires adaptés).

poste par Marc Laimé - 2020-03-26@08:55 - Répondre à ce message
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