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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
Eau, agriculture, urbanisme, remembrement : retour sur un désastre breton
par Marc Laimé, 1er août 2022

L’une de nos fidèle lectrice bretonne, agricultrice, a vivement réagi à un article publié le 6 juillet dernier par le quotidien régional Le Télégramme, qui stigmatisait l’impact des politiques mises en œuvre depuis des décennies sur la qualité de l’eau…

L’article du Télégramme

« En Bretagne, comment la destruction du bocage ruine la qualité de l’eau

Photo : à droite, le bocage breton dans les années 50, à gauche, la même zone, proche d’une réserve d’eau potable, dans les années 2010. (Le Télégramme/Mathilde Regis).

Saccagé pendant des décennies, le bocage breton n’est pas encore prêt à renaître de ses cendres malgré son impact décisif sur l’eau et le climat.

En descendant vers l’étendue d’eau, des tas de bois jonchent le bord de la route. Jean-Yves Morel, l’un des fondateurs de l’association L’Arbre indispensable, fulmine. « On a mis 30 ans à flinguer la réserve de la Chèze. Les arbres du bassin-versant sont pour beaucoup en sénescence*, ce qui leur laisse une dizaine d’années de vie ».

De ses yeux, il a vu le bocage breton se réduire à peau de chagrin. Ici, le traumatisme est encore palpable. Son nom ? Le remembrement.

Pour faire de la Bretagne la championne de l’agriculture intensive et de l’élevage, 220 000 km de haies et de talus boisés sont rasés entre 1964 et 1994. Gravé dans la loi, le remembrement transforme la campagne bretonne.

Les ceintures d’arbres et les buttes bordant de petites parcelles deviennent les reliques d’un paysage façonné par les agriculteurs pendant près de sept siècles.

La fierté de nourrir le pays va révéler un goût amer. Le retour de bâton de la destruction du bocage, c’est l’eau. « Sur le bassin du Couesnon, il fallait quatre jours après une grosse pluie pour que la rivière soit au plus haut. Après le remembrement, la durée est tombée à quatre heures », explique Hugo, de l’association L’Arbre indispensable.

Moins il y a de bocage, plus l’eau dévale et emporte avec elle les résidus de pesticides et les nitrates. Les substances arrivent tout droit dans les eaux de surface, qui représentent plus de 80 % de la consommation d’eau potable en Ille-et-Vilaine. »

La réaction de notre lectrice

« Voici un article qui a le don de m’énerver, à croire que ce sont les paysans qui sont responsables de la politique d’aménagement du territoire !

La conception des PLU/PLUI relève des collectivités, il n’y a quasi pas d’agriculteurs à la conception des PLU ou alors ils sont en conflit d’intérêts.

Les collectivités mettent systématiquement les bornes de zonage des PLU derrière les talus, pour pouvoir continuer l’extension et les encerclement de zones convoitées pour l’urbanisation…

Les exploitants ne sont jamais consultés sur l’impact en perte de surface sur leurs entreprises. Résultat, à force de prendre des surfaces agricoles, les fermes familiales disparaissent sans que l’on ait un mot à dire parce qu’elles ne sont plus dans la norme environnementale. ICPE /plan d’épandage/dérogation aux tiers etc…

Les élus ne comprennent rien à la gestion d’une entreprise privée, à sa fiscalité, à sa transmission, et ne souhaitent pas que cela devienne leur problème.

Les élus ne savent pas ce que c’est un dossier ICPE, et donc ne connaissent pas son contenu…

Quand des terrains deviennent constructibles, l’agriculteur, qui n’est pas nécessairement le propriétaire, doit retrouver des surfaces équivalentes pour garder son dossier environnement à jour. Et à ce jeu là, c’est le plus fort qui gagne avec la complicité et l’entente tacite des instances de décision de l’agroalimentaire/l’administration/et des collectivités.

En gros c’est selon les objectifs des politiques publiques… Alimentation pas cher = grosses fermes = possibilité de lotissements importants = politique de loisirs développées.

La contractualisation imposée oblige un cahier des charges très précis pour un une denrée au prix mondial, sur lequel l’agriculteur ne peut rien, puisqu’il vend un produit brut, par exemple le lait.

Bizarrement les errances de l’état ne sont pas pointées actuellement par les écolos. Exemple la zone humide de la commune de Saint-Renan, où des chemins de randonnée artificiels sont créés avec du remblai béton/plastique bleu/déchet de bitume sur une épaisseur de 1 mètre, plus un dôme panoramique de 20 mètres de haut. Les Brestois sont ravis. Ils peuvent se promener sans mouiller leurs pieds.

Le village de Tréglonou ne possède pas de station d’épuration, pas de captage, mais une urbanisation en développement. Son maire est le responsable de l’eau et l’assainissement de l’EPCI des Abers, un comble !

Station d’épuration obsolète à Le Drennec, urbanisation galopante.

Plabennec, station d’épuration sous-dimensionnée et urbanisation déraisonnée, le tout sous l’influence de la métropole brestoise.

La politique actuelle peut donc être assimilée à un racket du monde rural. Où est la responsabilité du paysan dans tout cela ?

Expliquer ce qui se passe sur le terrain est une des clefs pour résoudre les problèmes. Voici ce qui se passe au niveau des ETA et autres CUMA de délégations des travaux agricoles.

Actuellement, arrêt prématuré de nombreuses ETA (entreprise de travaux agricoles) face aux impayés conséquents des agriculteurs. Les banques freinent des deux pieds pour délivrer les découverts de trésorerie tant les situations agricoles sont catastrophiques.

Les factures ne sont non seulement plus payées, mais les conditions d’exécution du travail quel qu’il soit, se font de plus en plus à des heures intenables pour les salariés des dites ETA.

Exemple appel pour enfouir les lisiers et autres fumures des parcelles épandus en journée, à partir de 17 heures le vendredi et à faire avant le weekend, à cause des riverains, des touristes….

Les salariés des ETA sont non seulement mal accueillis par des agriculteurs sous pression constante, mais doivent travailler la nuit pour respecter une règlementation intenable dans son aspect pratique, En plus des conditions de météo (pluie/vent/soleil/ruissellement à éviter, ZNT, bande enherbée, IFT, etc…)

Les salariés ne voient dans ce travail qu’une prestation de conduite d’engin agricole et non d’environnement. Exemple, des ETA qui se voient planifier une prestation de traitement de culture par exemple le mardi, si elle arrive, et qu’elle commence son travail, et que la pluie arrive, voit l’agriculteur demander l’arrêt de la prestation et celui-ci ne eut bien évidemment pas payer pour un travail non fait, puisque non possible du point de vue des conditions météo.

La complexité du travail a exécuter est telle qu’actuellement de nombreuses ETA arrêtent prématurément en jetant l’éponge et ceci sur l’ensemble du département.

La DDTM commence à stresser, qui va faire à manger dites donc, qui va alimenter les usines agroalimentaires, et le commerce extérieur, et patati et patata…

Certaines ETA ont décidé de ne plus faire de prestation sans garantie de paiement, et donc se font payer en mettant une partie des récoltes à leur nom. Du paiement en nature en quelque sorte.

Voilà où nous en sommes.

La Métropole dirige tout.

Mais comment gérer le tourisme à gogo, l’agroalimentaire, les PLU/PLUI rendant ile territoire ingérable, le trou générationnel, le trou de compétences…

Le numérique ne donnera pas à manger aux gens, et ne sauvera surement pas l’humanité !

Voilà le terrain. »

Lire aussi :

Brest Métropole "autorité organisatrice de l’habitat" :

https://www.brest.fr/actus-agenda/a...

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