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Est Ensemble (27) : pressions syndicales

17 novembre 2010

par Marc Laimé - eauxglacees.com

Scénario immuable : à quelques jours de la décision du conseil communautaire d’Est Ensemble, fortement incité à revenir dans le giron du Sedif, par tous moyens avouables et non avouables, 150 salariés, syndiqués, de Veolia, bloquaient depuis le mardi 16 novembre l’usine de Choisy-le-Roi, vouée par ailleurs à la disparition à plus ou moins brève échéance, pour cause de surproduction du Sedif, qui peut produire deux fois plus d’eau potable que nécessaire. Où l’on vérifie que la décision d’Est Ensemble de revenir ou non au Sedif sera prise dans un contexte apaisé et serein, comme sur la base d’analyses tout-à-fait « objectives » comme nous l’avons vu par ailleurs…



« Veolia : un site bloqué à Choisy-le-Roi », annonçait Le Figaro, dans un « Flash-eco », daté du mardi 16 novembre 2010 :

« Le site de production d’eau potable de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), exploité par Veolia Eau, était bloqué mardi par des salariés qui redoutent les conséquences de la baisse annoncée du prix de l’eau en Ile-de-France, a-t-on appris de sources concordantes.

Rassemblées depuis 07H00 mardi, quelque 150 personnes bloquaient l’entrée des camions sur le site, l’une des trois usines appartenant au Syndicat des eaux d’Ile-de-France (Sedif) qui regroupe 140 communes franciliennes, a expliqué à l’AFP Sylvain Chiche (CGT).

En juin, le Sedif a confié jusqu’en 2022 à Veolia la distribution et la production d’eau sur l’ensemble de son réseau - la plus importante délégation de service public d’Europe - tout en promettant faire baisser de "dizaines de centimes" le prix de l’eau, jugé trop élevé par certaines associations.

"C’est un leurre. Veolia fait des bénéfices monstres mais le seul moyen de réduire les tarifs, ce sera de gagner de l’argent sur le dos des salariés", a clamé M. Chiche, évoquant le non-remplacement des départs à la retraite et la remise en cause d’avancements et de primes. De son côté, la direction de Veolia assure que le maintien de l’emploi et de la rémunération seront "garantis". »

On apprenait le mercredi 17 novembre qu’une seconde usine du Sedif, celle de Méry-sur-Oise, était pareillement bloquée. Notre récent billet consacré aux personnels "variable d’ajustement" se vérifie pleinement, puisque lesdits personnels savent que Veolia, avec ou sans Est Ensemble au sein du Sedif, va sabrer sauvagement pour rétablir ses marges, mises à mal par la surenchère meurtrière induite par l’appel d’offres que Suez-Lyonnaise a tenté d’emporter l’an dernier...

D’ici à ce que les syndicats s’invitent bruyamment au prochain Conseil communautaire d’Est Ensemble, on parie ?

Lire aussi :

Grève et blocages chez Veolia Eau Ile-de-France

Le Monde, 17 novembre 2010.

(0ù l’on découvrira avec stupéfactipn que les actuels effectifs de Veolia Eau banlieue de Paris officiellement imputés au contrat du Sedif ont fondu à 998 personnes, lors même que les éminents cabinets d’auditeurs du Groupement Cabannes-Finance Consult-Poÿri environnement les chiffraient à plus de 1130 il y a moins d’un an, dans les rapports offiiciels établis pour le Sedif, dans le cadre de l’appel à la concurrence remporté par Veolia... Nos amis sont décidément très fâchés avec les chiffres...)

Marc Laimé - eauxglacees.com