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Choses vues (9) : le suivi du plan Eau à un train de sénateurs

9 juillet 2023

par Marc Laimé - eauxglacees.com

Auditionné par la mission sénatoriale sur la gestion durable de l’eau, qui doit remettre son rapport le 11 juillet prochain, Christophe Béchu s’est prêté le 28 juin au jeu des questions-réponses avec les parlementaires, qu’il a notamment invités à assurer le suivi de la mise en œuvre du plan Eau annoncé le 30 mars dernier.



(…)

"Il n’y a pas d’agriculture sans eau et il faut arrêter de penser que l’eau utilisée par l’agriculture est un accaparement", a d’emblée défendu le ministre, en observant que l’eau utilisée pour l’irrigation "ne profite pas qu’à ce qui est produit, mais aussi à la biodiversité, à la vie abritée par les cultures" (il relève d’ailleurs que "l’idée qu’une partie des ressources de l’Office française de la biodiversité s’appuie sur l’eau dit quelque chose de vrai. On a besoin d’une relation étroite entre les agences de l’eau et l’office").

Le ministre ajoute qu’"une partie de nos politiques écologiques repose sur une hypocrisie, qui consiste à durcir les règles ici mais à continuer à faire venir ici des produits avec des conséquences […] que l’on n’accepterait pas chez nous. Le sujet ce sont les clauses miroirs

Et d’ajouter que "l’eau incite quand même à se poser la question de savoir si tous nos espaces agricoles doivent être cultivés, et à quel point l’élevage n’est pas aussi un moyen de rendre service à ce cycle de l’eau", "tout lien avec un récent rapport de la Cour des comptes étant évidemment fortuit" (visant sans doute le récent rapport sur les soutiens publics aux éleveurs de bovins, Christophe Béchu a plus largement insisté sur la nécessaire évolution des pratiques, dont il constate qu’elle est d’ailleurs déjà à l’œuvre dans "des milliers d’exploitations" (pour mémoire, la France en comptait 457.000 en 2020, 306.000 hors micro-exploitations). Parmi ces évolutions, la sobriété.

Dans la mesure où "il y aura moins d’eau prélevable pour les acteurs", il souligne qu’il n’y a aucun modèle possible "sans sobriété à l’hectare". Autre pratique à revoir, l’usage des pesticides, et cette autre équation : avec une quantité inchangée de résidus, moins il y aura d’eau dans les cours d’eau, plus l’on constatera "des remontées de taux qui emporteront des fermetures de captage".

Pour éviter l’écueil, Christophe Béchu compte notamment sur les bonnes pratiques et sur le plan Écophyto (il a indiqué qu’un comité écophyto devait se tenir le 11 juillet prochain), évoquant encore le projet de règlement européen sur la restauration de la nature soutenu par la France mais qui attise les peurs à tel point qu’il vient d’être rejeté tour à tour par les commissions AGRI et ENVI du Parlement européen. Il sera examiné par ce dernier en séance plénière le 10 juillet prochain. »

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Marc Laimé - eauxglacees.com