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Eaux usées et pollution historique de l’environnement

26 février 2022

par Marc Laimé - eauxglacees.com

Quel est le coût de la pollution générée par plus d’un siècle de rejets de l’assainissement des eaux usées de l’agglomération parisienne dans une ancienne zone maraichère à proximité de Cergy-Pontoise ?



85 millions d euros pour 1300 hectares, çà fait quand même 6,5€ / m2, 85€ par arbre pour replanter un million d’arbres...

Et ça ne représente qu’une toute petite partie des rejets sur le territoire de l’actuel SIAAP (créé en 1970) à l’ouest de l’agglomération parisienne...

https://www.youtube.com/watch?v=SIX...

L’avis de Didier Dumont ancien secrétaire général du syndicat SAIVP-SIAAP de 2005 à 2017

"Le problème est surtout que ces plantations ne serviront qu’à maintenir les pollutions, principalement les métaux lourds, à mi-sol, comme cela était le cas pour le maïs cultivé auparavant dédié à l’alimentation animalière.

Si il n’y avait pas de culture qui se faisait sur ces sols, les polluants pénètreraient plus profondément dans les sols au risque d’atteindre la nappe phréatique.

Pour information la CGT du SIAAP avait proposé en 1997 de cultiver une plante non comestible contrairement au maïs (risque pour les populations démunies qui venaient de plus en plus glaner les épis), qui avait la particularité d’absorber les métaux lourds, ce qui aurait permis de dépolluer ces sols en 15/20 ans. Les racines de cette plante avaient l’avantage de pouvoir être utilisée pour la fabrication de bio-carburant ou de bioplastique.

Nous avions en présence des agriculteurs et du Maire de Pierrelaye (les autres élus locaux ne sont pas venus, Beauchamps, Taverny, Herblay, Bessancourt, Méry-sur-Oise…) fait une réunion dans l’usine du SIAAP de Pierrelaye où Daniel Duminy, ancien directeur général du SIAAP était présent également (il n’était alors que directeur du cabinet de Maurice Ouzoulias.

Les agriculteurs étaient intéressés d’autant plus que la culture de cette plante demandait moins d’entretien que celle du maïs (pas d’engrais, les feuilles hachées sur place servant de fertilisant pour d’autres récoltes), ni de pesticides), que le prix de revente pour la fabrication de bio-carburant ou bioplastique était beaucoup mieux rémunéré. De plus la croissance rapide et saisonnière de cette plante rendait possible la culture d’une autre plante.

Un essai devait se faire, mais il n’y a pas eu de suite.

En 2007, à l’occasion du débat public sur la refonte du Site Seine Aval, l’INRA a fait une proposition similaire.

La recherche dans ce domaine a progressé, j’ai appris que la culture des plantes pour dépolluer les sols s’appelle la phytoremédiation, est beaucoup usitée maintenant et qu’il est même possible de récupérer les métaux qu’elles absorbent (Zoom sur la phytoremédiation des métaux lourds | Mediachimie).

Le SIAAP et les élus locaux riverains de cette plaine ont fait le choix de la forêt plutôt que la dépollution des sols…

Pour ma part, je pense qu’il aurait été préférable de dépolluer avant de planter ces arbres. Maintenant les élus locaux ont peut-être eu peur d’une forte volonté d’urbanisation de cette plaine si cette « forestation » était retardée.

Mon regret est que si cela s’était mis en place lorsque la CGT l’a proposé en 199, cette plaine aurait bénéficié de 25 ans de dépollution ou tout au moins 15 ans lorsque INRA a confirmé cette possibilité lors du débat public en 2007."

Marc Laimé - eauxglacees.com