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En Angleterre, mer et rivières transformées en "égouts à ciel ouvert"

24 décembre 2021

par Marc Laimé - eauxglacees.com

Dans le sud de l’Angleterre, comme ailleurs au Royaume-Uni, des compagnies des eaux, privatisées sous Margaret Thatcher, procèdent à des déversements dangereux pour la nature et pour la santé.



" Déjections humaines, lingettes, tampons... Les eaux usées non traitées évacuées dans la mer et les rivières charrient leurs lots de rejets nauséabonds, suscitant l’ire des riverains qui se mobilisent contre ces pratiques, autorisées dans certaines circonstances.

"J’ai surfé dans des eaux d’égout sur cette côte, c’est répugnant", témoigne Stu Davies, membre de l’association Surfers Against Sewage (SAS), interrogé par l’AFP sur la digue de la station balnéaire de Brighton.

A deux pas, l’ouverture grillagée d’un déversoir d’orage pointe discrètement, donnant directement sur la plage et la populaire jetée, avant d’être lentement immergée par la marée montante. Des infrastructures similaires jalonnent les côtes britanniques.

En cas de rejet, "vous remarquez tout à coup l’odeur d’égout, vous sentez les excréments et vous pouvez en voir, ainsi que d’autres choses jetées par les gens dans les toilettes", détaille-t-il. Il y a la couleur aussi, "brunâtre".

Par très fortes pluies, les compagnies des eaux peuvent procéder à ces déversements afin d’éviter l’engorgement d’un réseau d’égout datant souvent de l’époque victorienne et donc des remontées vers les bâtiments.

Selon SAS, qui milite pour des eaux propres, les compagnies des eaux ont signalé plus de 5.500 rejets sur l’année achevée fin septembre, soit une hausse de 87,6% en un an.

L’association, qui a développé une application pour alerter nageurs et surfeurs, relève que de plus en plus de rejets interviennent lors d’"épisodes de pluie normaux", et non des précipitations exceptionnelles. Elle estime aussi le chiffre largement sous-estimé car il ne concerne que les eaux côtières.

Ces rejets sont utilisés comme "un moyen régulier de rejeter des eaux usées", soutient Hugo Tagholm, directeur de SAS, à l’AFP.

Otites à répétition

Les cours d’eau ne sont pas épargnés. Selon l’Agence de l’environnement, seulement 14% des rivières anglaises étaient considérées comme satisfaisantes d’un point de vue écologique en 2020.

Le Dr Christian Dunn, du département de sciences naturelles de l’université galloise de Bangor, parle d’une "potion mortelle" combinant eaux usées, pollution agricole et industrielle, susceptible d’exterminer toute vie aquatique.

(…)

Selon une analyse du Financial Times, les investissements dans les infrastructures pour les eaux usées ont chuté de près de 20% depuis les privatisations. »

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Marc Laimé - eauxglacees.com