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Paris : démission forcée du nouvel adjoint à la Seine (et aux seins…)

15 septembre 2020

par Marc Laimé - eauxglacees.com

La malédiction des « Baignades en Seine » a encore frappé. Le quotidien Le Monde a révélé dans son édition en ligne du 14 septembre 2020 qu’après Christophe Girard, la maire de Paris perd un deuxième adjoint, Pierre Aidenbaum, 78 ans, mis en cause pour harcèlement sexuel. Le parquet de Paris a ouvert une enquête. En juillet, Anne Hidalgo avait décidé d’inclure l’ancien président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) dans son équipe exécutive très large, en créant pour lui un poste « d’adjoint chargé de la Seine. » Circonstance aggravante, l’homme avait hérité du bureau somptueux du « Baron noir » Missika, en cavale entre l’Espagne et le Maroc. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas…



« Après un été bousculé par l’« affaire Girard », Anne Hidalgo et son équipe espéraient une rentrée apaisée. C’est raté. Un mois et demi après la « mise en retrait » sous pression de son « Monsieur culture » Christophe Girard, la maire de Paris a annoncé, lundi 14 septembre, la démission d’un autre de ses 37 adjoints, Pierre Aidenbaum, « à la suite de la révélation de possibles faits de harcèlement sexuel ».

Le parquet de Paris a annoncé dans la foulée l’ouverture d’une enquête pour « agression sexuelle » le visant.

Maire du 3e arrondissement jusqu’en juin, Pierre Aidenbaum, 78 ans, avait choisi de se représenter aux élections municipales de 2020, malgré la fusion de son arrondissement avec trois autres (1er, 2e et 4e) dans un nouveau secteur appelé « centre » et confié au maire socialiste Ariel Weil.

Le 3 septembre dernier, le nouvel adjoint avait présenté dans Le Parisien ses ambitions pour les années à venir : « J’espère que les Parisiens se baigneront dans le fleuve en 2024 », annonçait-il.

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Le nouvel adjoint à la Seine "espère que les Parisiens se baigneront dans le fleuve en 2024" Le Parisien 03-09-20 -.

Il n’aura pas le temps de mener à bien son programme.

Vendredi matin 11 septembre, Anne Hidalgo et sa garde rapprochée ont été mis au courant de « possibles faits de harcèlement sexuel » par Pierre Aidenbaum « à l’encontre d’une collaboratrice ». Dès l’après-midi, ces révélations ont fait l’objet d’un signalement au procureur de la République.

Et lundi, Pierre Aidenbaum a remis sa démission de son poste d’adjoint. « La municipalité demeurera intraitable avec tous types de faits de harcèlement moral ou sexuel, quelle que soit la qualité de leur auteur », explique la Mairie dans un communiqué publié lundi.

Elle y souligne aussi que depuis 2016, la Ville s’est dotée d’un service d’accueil et d’accompagnement des victimes, qui « a démontré sa pleine efficacité en permettant une réaction immédiate dès le signalement des faits incriminés ». Un message important, certaines féministes ayant accusé en juillet la Mairie de Paris de couvrir certains agissements répréhensibles. « Pas d’adjoint à la culture du viol », tel était le mot d’ordre de la manifestation organisée par certaines élues écologistes le 23 juillet en marge du Conseil de Paris.

Le message visait alors Christophe Girard, mis en cause à l’époque pour avoir soutenu l’écrivain accusé de pédocriminalité Gabriel Matzneff. Depuis, Christophe Girard a en outre été accusé d’agression sexuelle et la justice a ouvert une enquête préliminaire.

Comme Christophe Girard en juillet, Pierre Aidenbaum a démissionné de sa fonction d’adjoint, mais pas du Conseil de Paris. Il continuera donc à toucher une rémunération, et pourra participer s’il le souhaite aux séances du conseil. La prochaine doit débuter le 5 octobre. »

Source : Denis Cosnard, Le Monde, 14 septembre 2020.

Marc Laimé - eauxglacees.com