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Sécheresse : mobilisation générale

18 juillet 2020

par Marc Laimé - eauxglacees.com

Succédant à des années déjà critiques en de nombreux points du territoire, 2020 s’annonce à nouveau comme pouvant dévoiler des situations de crise, désormais expliquées par l’impact du chnagement climatique sur le cycle de l’eau. A cet égard annonces, rapports, innovations, se succèdent à un train d’enfer, au point de rendre parfois malaisée la compréhension de la crise comme les solutions que prétendent lui apporter les différentes parties prenantes impliquées. Une remise en parspective historique permet toutefois d’embrasser les différentes problématiques concernées.



- Etonnament, le 1er juillet dernier l’état des lieux mensuel des nappes souterraines du BRGM, dans toute sa sobriété, ne permet pas de prime abord, d’augurer d’une nouvelle crise sévère.

https://www.brgm.fr/publication-pre...

- Nonobstant, en région, de nombreux signaux d’alerte sont déjà passés au rouge.

- Sécheresse : le Doubs ne coule presque plus dans le défilé d’Entre-Roches C’est devenu un triste grand classique des périodes de sécheresse. Ce lundi 13 juillet, la rivière le Doubs entre Morteau et Pontarlier a un débit quasi nul au niveau du canyon du défilé d’Entre-Roches.

https://france3-regions.francetvinf...

- Sécheresse en Centre-Val de Loire : la ressource en eau déjà "dégradée", les premières restrictions annoncées

La sécheresse de 2019 et les faibles pluies depuis le début de l’année crée une situation de tension dans plusieurs départements, alors que l’été vient de commencer.

http://france3-regions.francetvinfo...

Il faut revenir un peu en arrière pour prendre la mesure de la complexité du dispositif qui se met désormais en place chaque année.

- Arrêté cadre inter-préfectoral du 4 juillet 2017 portant définition d’un plan d’actions sécheresse pour le sous-bassin de la Garonne

http://www.ariege.gouv.fr/Politique...

Au sein de l’appareil d’état, si les divergences apparaissent de plus en plus nettement entre les ministères de l’Agriculture er celui de l’Ecologie, ce qui a conduit récemment le nouveau président de FNE d’interpeller les responsables du second sur la mainmise de plus en plus flagrante du premier sur le dossier de l’irrigation, notamment vis le COREMA qui recycle à tour de bras les dossiers qui avaient paru avoir re çu le sort s’ils méritaient, la poubelle, à l’occasion de la missiuon Bisch, on voit poindre une autre approche du problème.

- Retour d’expérience sur la gestion de la sécheresse dans le domaine de l’eau

https://www.gesteau.fr/actualite/re...

Louis Hubert et Virginie Dumoulin, CGEDD 2019.

Une tendance qui semble se confirmer avec la réunion sécheresse du 14 mai 2020, puis la lettre aux Préfets d’Emmanuelle Wargon, en date du 23 juin 2020.

https://www.ecologique-solidaire.go...

- Une dynamique que l’on retrouve à nouveau à la lecture du rapport de la Mission d’information sur la gestion des conflits d’usage en situation de pénurie d’eau. M. LOÏC PRUD’HOMME, Président, ET Mme FREDERIQUE TUFFNELL, Rapporteure, Députés.

http://www.assemblee-nationale.fr/d...

- Des tensions que l’on retrouve dans un webinaire organisé par Amorce

https://amorce.asso.fr/evenement/e-...

Session du matin :

Ressources en eau et changement climatique : enjeux et stratégie

https://vimeo.com/428420853

Session de l’après-midi :

Adaptation aux tensions sur la ressource en eau : des territoires engagés !

https://vimeo.com/428426012

- Mais surtout dans celui organisé par le Cercle français de l’eau, le 6 juin 2020

https://www.youtube.com/watch?time_...

Par ailleurs de nouveaux outils se font jour.

Ainsi, dès septembre prochain, les décideurs publics devraient bénéficier du nouvel outil de prévision de l’évolution du niveau des nappes souterraines, proposé par le BRGM, pour anticiper notamment les problématiques de restriction d’eau.

Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), opérateur historique du réseau piézométrique - en charge des quelque 1.600 capteurs qui mesurent l’état du niveau des nappes d’eau - présentait à la presse ce 11 juin un nouvel outil de prévision baptisé "MétéoEAU Nappes". Le site éponyme aura pour but d’informer en temps réel "sur l’évolution des nappes souterraines et de prédire leurs niveaux pour les mois à venir", résume Jérôme Nicolas, responsable du réseau national de surveillance de l’état quantitatif des eaux souterraines et co-responsable du projet. Une façon de répondre aux attentes croissantes des gestionnaires et des utilisateurs d’eaux souterraines face aux dérèglements climatiques. Le projet fait ainsi écho aux nombreuses interrogations après l’exceptionnelle sécheresse de 2019 (85 départements ont pris des mesures de restriction), mais pourrait "également servir à gérer les risques inondations", remarque-t-il. Il s’agit en effet d’un "service d’aide à la décision pour la gestion de l’eau sur les territoires" permettant aux décideurs, services de l’Etat et collectivités territoriales, et aux usagers, et au premier chef le monde agricole, d’anticiper des problématiques de restriction voire de prévenir les conflits d’usages, ce qui s’avère important en période de sécheresse notamment.

Bulletin prévisionnel

Produire et diffuser des données brutes quotidiennement est déjà possible aujourd’hui via la base nationale Ades. Le BRGM cherche désormais à produire ces données "valorisées" à partir de ses outils de modélisation numérique. L’objectif est de publier en temps réel les courbes d’évolution des nappes, et même de prédire leur niveau pour les 3 à 6 mois à venir (en hautes et basses eaux) en fonction de scénarios préétablis (prévisions du comportement des aquifères). En clair, passer d’un bulletin de situation hydrologique (BSH) "actuel" à un "BSH prévisionnel". Sur le concept du "bulletin météo", les données prédictives seront rafraîchies automatiquement grâce à l’utilisation et au croisement en quasi-temps réel des données pour tenir compte des épisodes pluvieux qui pourraient avoir un impact. L’interface web "facile d’utilisation et compréhensible" (cartes et courbes en temps réel, fiches dynamiques etc.), promet Jérôme Nicolas, sera en principe disponible à la rentrée, après les derniers réglages.

Recharge hivernale satisfaisante

Selon le dernier bilan du BRGM, au 1er juin, les tendances restent "hétérogènes", mais la situation est globalement satisfaisante, "avec des niveaux supérieurs à la moyenne sur une grande partie du territoire. La recharge 2019-2020 des nappes phréatiques a été nettement supérieure à la moyenne, du fait de pluies efficaces précoces et conséquentes, et a généré des niveaux particulièrement hauts sur certaines nappes, en particulier du bassin aquitain et sur le pourtour méditerranéen, qui ont en outre bénéficié d’apports supplémentaires en mai. Une situation "moins favorable" sur une large partie Nord-Est, les nappes de la plaine d’Alsace, des couloirs de la Saône et du Rhône et de l’est du Massif Centre affichant toujours "des niveaux modérément bas à bas, conséquences de déficits pluviométriques successifs". Mais les épisodes de pluie attendus en juin "pourraient avoir un effet bénéfique localement sur les nappes les plus réactives". Les tendances des nappes inertielles devraient quant à elles "rester orientées vers la baisse et la situation ne devrait pas se modifier".

Source : la Banque des territoires/CDC

- A l’identique pour Info-secheresse.fr, une nouvelle plateforme de surveillance des sécheresses

La réunion des trois disciplines de la sécheresse : c’est ce que propose Imageau, la jeune pousse qui rejoint le groupe Saur en 2017. « info-secheresse.fr a été conçue parce que les sécheresses sont amenées à devenir plus fréquentes, plus longues et que le défi du changement climatique impose de généraliser le partage de l’information et des pratiques durables de gestion et d’exploitation des ressources en eau », explique Matthieu Baïsset, directeur technique d’Imageau et expert hydrogéologue.

« Grâce à l’open data, la plateforme info-secheresse.fr rassemble et interprète en continu les données pluviométriques, hydrologiques et hydrogéologiques et permet ainsi de surveiller en temps réel l’évolution de la ressource en eau des territoires », explique Saur dans son communiqué. D’accès gratuit et continu, le site propose des données qualifiées, mises à jour quotidiennement et spatialisée. Avec une interface fluide et intuitive, il fournit par département sous forme de cartes et de diagrammes, assortis d’un code couleur, un indicateur de la sécheresse des cours d’eau, un indicateur de sécheresse des nappes phréatiques, le cumul pluviométrique des six derniers mois, des trois derniers mois et des trente derniers jours.

Pour tous les acteurs de l’eau

« Conçu par des hydrogéologues pour tous les acteurs de l’eau », info-secheresse.fr valorise plus de 100 millions de données ouvertes gouvernementales recueillies dans 4 500 points affichés et actualisés quotidiennement (1 000 points concernent les stations de surveillance pluviométrique, 1 500 les stations de surveillance des débits d’eau et 2 000 les stations de surveillance du débit des nappes), soit une intégration de plus de 180 000 nouvelles données brutes par jour.

Info-secheresse.fr s’adresse aux organismes consultés lors des comités sécheresse (tourisme, sécurité incendie…), aux agences de l’eau, du ministère de la Transition écologique et solidaire et ses services déconcentrés (DDT, ARS, Dreal…), aux services décentralisés ayant une compétence de préservation de l’eau ou de Gemapi (régions, départements, EPTB, syndicats de nappe…), aux collectivités avec compétences en matière de production d’eau, aux exploitants (régies, délégataires), industriels et agriculteurs., mais aussi aux particuliers.

Source : Cayola groupe.

- Sécheresse et suivi des Assises de l’eau au menu du Comité national de l’eau

https://www.banquedesterritoires.fr...

Localtis, la Banque des territoires (CDC), 16 juillet 2020.

- Eau douce en France : des étés en pente raide

https://www.liberation.fr/apps/2020...

Libé labo.

- Sols arides, manque de pluies, ruisseaux à sec, année après année, une sécheresse récurrente

https://www.lemonde.fr/les-decodeur...

Lea Sanchez, Raphaëlle Aubert, Le Monde, 1er aout 2020.

Marc Laimé - eauxglacees.com