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Tunisie : l’infrastructure hydraulique va s’enrichir de 7 nouveaux barrages

27 juillet 2019

par Marc Laimé - eauxglacees.com

En proie au stress hydrique et des cycles de semi-aridité voire de sécheresse, la Tunisie n’a d’autre choix que d’étoffer son infrastructure hydraulique. Selon des données officielles communiquées par le ministère de l’Agriculture et de la Pêche , le pays dispose, aujourd’hui, de 74 barrages, 230 barrages collinaires, 894 lacs collinaires, 5400 puits et 13800 puits de surface. De nouveaux barrages hydrauliques sont en cours de construction dont l’objectif est de garantir l’approvisionnement des régions en eau potable.



Indépendamment de l’intérêt ou non de construire des barrages, on peut constater que se vérifie chaque année le phénomène climatique suivant : lorsqu’il pleut davantage que la moyenne sur la rive sud de la Méditerranée, il pleut moins que la moyenne sur la rive nord, et inversement.

Témoignage d’un chercheur qui a travaillé plusieurs années en Tunisie pour un bailleur de fonds :

« Dramatique… Les barrages passés et actuels coûtent cher, de plus en plus cher pour les derniers barrages qui se trouvent sur les sites les moins favorables, s’envasent à un rythme rapide - ils ont déjà perdu 20% de leur capacité et perdent en moyenne entre 1 et 2% par an - , évaporent des quantités énormes d’eau et ont une rentabilité économique douteuse (probablement négative)… mais font gagner des fortunes aux marchands de béton, bureaux d’études et autres sociétés de travaux dit publics…pour ne citer que les principaux.

il suffit pour s’en convaincre le voir le grand barrage de Sidi el Barrak dont la rentabilité économique est négative depuis sa construction il y a une vingtaine d’années - son utilité principale étant d’avoir été classé site RAMSAR - on croit rêver ! - , tout comme El Houareb, qui est devenu un grand marécage ou il ne manque que les crocodiles, ou le Nebhana pres de Kairouan… qui est vide deux années sur trois…

Donc la Tunisie ne risque pas de s’enrichir avec 7 nouveaux barrages, mais tout le contraire… Mais tant que les planificateurs et les hydrauliciens partisans de la construction d’infrastructures n’auront pas voulu accepter que le principal réservoir de l’eau en Tunisie se situe dans les sols, peu de progrès sont à attendre. le gaspillage continue.

Or pour que les sols retiennent de l’eau il leur faut une bonne structure, de la matière organique et une faune développée et vivante, ce que ne sont pas capables de proposer les agrobusinessmen de tout poil qui consacrent leur efforts à exploiter au plus vite ce qu’il reste de ressources, avec une devise claire : après moi le déluge. »

Il faudrait actualiser et opérationnaliser la thèse de Sébastien Treyer (actuellement à l’IDDRI), sur la gestion de la demande en eau en Tunisie.

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Massuel - Riaux Hydrogeology Journal 2017 -

Marc Laimé - eauxglacees.com