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L’Institut de la gestion déléguée, cheval de Troie du libéralisme

19 juillet 2019

par Marc Laimé - eauxglacees.com

Actif depuis 1996, l’IGD est au coeur de la promotion active de la gestion privée, en clair de la privatisation de tout ce qui peut l’être. Financé par plus d’une trentaine d’entreprises françaises, privées mais aussi publiques (!), l’IGD se distingue par un impressionnant travail continu d’élaboration doctrinale, de conseil auprès de l’Etat, des acteurs économiques comme des collectivités locales, qui lui assurent une influence sans pareille.



La biographie de son actuel président Hubert du Mesnil, Ingénieur de l’Ecole polytechnique et de l’Ecole nationale des ponts et chaussées (ENPC), illustre jusqu’à la caricature les itinéraires des élites managériales qui ont aboli toute frontière entre secteurs public et privé, usant du premier pour assurer la domination du second sur les affaires publiques.

https://www.oftt.eu/think-tanks/mon...

Dans le même registre la composition de son Conseil d’administration confirme ce grand mélange des genres puisque l’on y retrouve par exemple Jean-Luc Moudenc ou Hervé Morin, aux côtés du délégué syndical central CFDT de Veolia Eau, Hervé Deroubaix…

http://www.fondation-igd.org/wp-con...

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Au-delà, le cercle de ses membres fondateurs témoigne de l’importance stratégique de l’IGD pour les plus grandes entreprises françaises :

https://www.banquedesterritoires.fr/igd

L’impressionnant travail d’élaboration d’un corpus doctrinal qui s’appuie sur une expertise pointue des composantes techniques, mais surtout juridiques et financières de la gestion privée vaut à l’IGD d’être devenu l’interlocuteur obligé des pouvoirs publics, notamment dès qu’un projet de loi ou la transcription d’une directive communautaire conduisent le gouvernement à diligenter une étude d’impact préalable à l’adoption de la loi.

C’est ainsi, par exemple, que l’IGD a été au premier poste de la transcription en droit français de la directive « Concessions », entrée en vigueur depuis le 1er avril 2016, qui a profondément transformé les modalités d’intervention de la gestion déléguée des multi-utilities dans l’hexagone.

Cette action d’influence est par ailleurs grandement facilitée par l’existence au sein même du ministère de l’Economie à Bercy de la Mission d’appui aux partenariats public-privé (MAPPP), véritable cheval de Troie de la gestion privée niché au cœur de l’Etat…

Autre exemple de son influence aussi occulte que déterminante, l’IGD a signé il y a des années un partenariat avec l’Institut national des études territoriales, (INET), l’ENA de la Fonction publique territoriale, qui forme à Strasbourg les futures élites dirigeantes des collectivités locales françaises, directeurs généraux des services (DGS), directeurs généraux adjoints (DGA) etc., qui font la pluie et le beau temps dans les services des régions, des départements, des intercommunalités…

Par ce biais c’est à un véritable formatage intellectuel que sont soumis les futures élites dirigeantes des collectivités locales, dès lors convaincues, dès leur formation dans un établissement public, que la gestion privée est incomparablement supérieure aux services publics.

On constatera le résultat de cette véritable croisade des évangélistes de marché en prenant connaissance sur le site de l’IGD de la cartographie des services publics délégués au secteur privé en France

https://atlas.fondation-igd.org/

http://www.fondation-igd.org/wp-con...

Lire aussi :

- Présentation de l’IGD :

https://www.oftt.eu/think-tanks/mon...

Observatoire européen des Think tanks.

Marc Laimé - eauxglacees.com