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Emmanuel Macron marche sur l’eau, au risque de se noyer…

11 mars 2019

par Marc Laimé - eauxglacees.com

On sent que les élections se rapprochent. Le PR a remis une pièce dans le bastringue dans son intervention à Gréoux-les-Bains le jeudi 7 mars 2019. Sitôt fait nombre de faux naïfs de spéculer sur un nouvel assouplissement de la loi NOTRe. Les braves gens ! Comme si l’administration allait lâcher l’affaire…



Extraits de l’intervention présidentielle :

« Monsieur le Président vous m’avez ensuite interrogé sur la loi Notre et plusieurs d’entre vous y sont revenus au fond de cette politique la thématique « eaux et assainissement », alors je sais tous les débats qu’il y a eu et la sensibilité sur ce sujet qui a été dans une logique en effet où on a ramené beaucoup de pouvoirs au niveau de l’intercommunalité.

On a commencé par cet esprit d’ouverture et de concertation, vous l’avez rappelé dans la loi d’août 2018, à corriger cela et c’est vrai que le compromis qui a été trouvé parce que vous avez de l’autre côté vous avez beaucoup de gens qui défendent l’intercommunalité, le compromis a été de dire : « on s’arrête et on ne touche pas les communautés d’agglomération » bon … et avec le couperet en effet fin 2020-2026, moi je suis prêt à ce que l’on regarde de manière le côté pragmatique, là aussi les choses.

Ça me renvoie à 2 considérations : la première sur l’intercommunalité et la deuxième sur l’eau, sur l’intercommunalité, je l’ai dit, j’ai donné mandat au ministre, je suis favorable à ce qu’on puisse, à l’issue de ce débat, prendre un texte qui vienne corriger les éléments de contraintes qui ont été sans doute excessifs récemment et j’entends on peut mesurer des choses pourquoi ?

Parce que je fais un constat : l’intercommunalité choisie permet de faire des économies, l’intercommunalité subit n’en fait pas.

Pourquoi ? parce que la nature est ainsi faite, le maire qui n’a pas choisi son intercommunalité, il résiste et il ne transfert pas les choses, non, mais c’est normal tout le monde fait ça.

Il est élu démocratiquement et il dit : « on me demande de transférer de manière non choisie à un niveau de collectivité qui, lui, n’a pas été élu des choses donc il fait moins spontanément la mutualisation des services, des transferts, il résiste ce qui rapporte le plus d’économie si on prenait ce billet, c’est la commune nouvelle parce qu’elle est choisie, parce qu’elle est voulue parce qu’elle est portée par les maires et les populations.

Moi je souhaite plutôt que l’on encourage un mouvement porté démocratiquement avec une vraie une dynamique locale et que l’on redonne un peu d’oxygène aux gens.

J’ajoute à ça que ça a créé dans certains endroits le sentiment qu’il avait une crise démocratique parce que des gens dont vous faites partie, élu en 2014, ils ont dit d’abord on va baisser les dotations de manière unilatérales sans prévenir et ensuite, ils ont dit on va transférer le pouvoir.

Moi je me suis engagé devant mes électeurs pour faire un truc, on m’a expliqué 2 ans plus tard que c’était plus moi qui était en charge, je me mets à la place des maires qui ont vécu ça, c’est un problème démocratique, il ne faut pas le négliger donc sur le point de l’intercommunalité mon esprit c’est de dire l’intercommunalité est utile, c’est un mécanisme d’organisation mais on là inventé pour progressivement rassembler nos communes, mais faut que ça réponde à l’intelligence du territoire, donc on va rouvrir ce point.

Ensuite, et donc, ça ça fait partie des sorties du débat il y a un travail qui est en cours auprès des ministres.

Ensuite sur l’eau, dans ce cadre-là, moi je suis ne évidemment pas contre que l’on donne de la souplesse mais vous l’avez dit, à plusieurs reprises, pleins d’entre vous, vous aussi Monsieur le Maire, en faisant référence d’ailleurs aux solidarités au sein d’un même bassin. Aussi vrai que les nappes phréatiques ne suivent pas la cartographie des intercommunalités, elles ne suivent pas la cartographie des communes et le bon débat sur la gestion de l’eau n’est pas en fait « commune » « l’intercommunalité », le débat qu’il y a derrière GEMAPI, c’est un débat sur l’intercommunalité subie, Il ne faut pas se tromper, le débat que nous avons sur l’eau est bien plus profond.

Je le dis souvent, l’eau c’est un de nos prochains défis à venir.

Plusieurs interventions sur ce sujet l’ont montré et je le dis ici dans une région, qui sait toutes les conséquences lorsque le réseau hydrique n’est pas bien organisé.

Je le disais en arrivant monsieur le Maire et le disais en aparté au Maire de Manosque, moi je suis un admirateur en grand lecteur de GIONO, je n’oublie pas le village de Regain ni celui de Colline, est-ce-que la disparition de l’eau peut créer ,et ce territoire a vécu les conséquences de cela et c’est pour ça qu’il a construit une réponse d’ailleurs remarquable de solidarité entre les différentes vallées et d’organisation justement de l’eau comme vous l’avez très bien rappelé ou comme l’évoqué le ministre de l’intérieur, ça on doit absolument le préserver et ce n’est pas le sujet « commune « « intercommunalité », c’est le sujet des bassins.

Nous aurons alors à l’organiser parce que l’ on va aller vers de plus en plus de stress hydrique, parce que ça a été très bien dit, vous aussi vous l’avez rappelé Président, on va devoir organiser des financements de longs termes sur ce sujet et au fond notre grande difficulté sur tout ce débat sur l’eau c’est qu’ il y a eu une génération qui a construit les grands réseaux, qui a fait payer au début l’amortissement de ces réseaux et ensuite on s’est habitué aussi à ne plus payer l’eau ,en tout cas la plus payer au juste coût et donc on a pas payé l’entretien et l’amortissement, on a pas renouvelé et ni le consommateur ni l’usager ni le contribuable ne payent aujourd’hui l’eau.

Bilan des courses on estime selon… Il y a beaucoup plus d’experts dans la salle, mais on estime sur ces sujets qui il y entre ¼ et 1/3 de l’eau qui est perdu et donc ça c’est un gâchis terrible c’est un gâchis qui a un coût environnemental, qui a un coût d’usage, qui a un coût économique et on a encore énormément de réseaux qui sont pollués à l’amiante et que l’on n’a pas renouvelé.

Et donc à la fois sur le sujet de la réorganisation de nos réseaux, de nos solidarités, entre justement amont-aval, comme vous avez très bien su le faire on va devoir faire face à de nouveaux défis sur les transformations de l’agriculture, on va devoir faire face à de nouveaux défis, vous avez raison, on a de plus en plus de cultures qui supposent aujourd’hui de nouvelles formes d’irrigations et donc va falloir le financer et, pour le renouvellement du réseau il va falloir le financer.

Donc je rejoins totalement ce que vous avez dit mais pour moi la réponse n’est pas simplement GEMAPI, ça c’est de la liberté intercommunale, elle est dans une vraie stratégie. Je laisserai le Ministre me compléter mais sur la deuxième étape des assises de l’eau que nous avons lancée, c’est exactement ça que l’on doit bâtir.

C’est-à-dire un état des lieux très précis dans le pays des besoins, on doit faire un échéancier des travaux, on doit réorganiser ce qui est des endroits comme vous qui sont très bien organiser et il y a d’autres bassins d’ailleurs, c’est plutôt ceux qui ont su utiliser la réserve hydro qui l’ont fait je pense à tous Nord du Lot, Dordogne ,Corrèze qui ont su le faire aussi, il y a d’autres territoires où c’est beaucoup moins bien organisé, il n’y a pas de solidarité de bassin donc on va devoir partout là construire ou là reconstruire et on va devoir mettre en place sur ces sujets un financement pérenne et là-dessus, je vous rassure, les agences de l’eau c’est pour ça seront aussi libéré de ces contraintes de courts termes, j’y reviendrai.

Mais on va devoir dégager de la capacité d’investissement sur ces sujets, sans doute mobiliser la Caisse des Dépôt et Consignation parce que c’est son métier, son cœur de métier de financer les grands réseaux.

Elle l’a fait historiquement mais on va devoir bâtir une stratégie d’investissement sur ces sujets. »

Voilà, de manière transversale, sur ce sujet de l’eau ce sur quoi je voulais revenir vous avez compris sur la liberté de gestion, c’est plus que favorable. »

Voir aussi en video de 1:44:23 à 1:51.22, puis les 5 dernières secondes de conclusion

https://france3-regions.francetvinf...

Sources : Contexte et le blog d’Eric Landot.

Marc Laimé - eauxglacees.com