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Facture d’eau : Emmanuel Macron répond à Eaux glacées

12 août 2016

par Marc Laimé - eauxglacees.com

Nous avions sévèrement étrillé il y a quelques mois l’actuel ministre de l’Economie, en lui reprochant d’avoir consenti à bidouiller la présentation des factures d’eau. Etrangement interrogé sur notre billet de blog le 10 juillet dernier par le sénateur-maire de Meudon, vice-président du SEDIF, président du Syctom et vice-président (UDI) du Sénat, Hervé Marseille, Emmanuel Macron lui a répondu illico le 18 juillet, avant que Don Marseille, à qui, on l’aura compris, nous n’avions rien demandé, ne nous adresse pour finir copie de la réponse d’Emmanuel Macron, que nous nous devions dès lors de porter à la connaissance des lecteurs d’Eaux glacées…



Le 8 mai dernier, dans un billet titré “Facture d’eau : l’entourloupe d’Emmauel Macron”, nous reprochions vertement à l’actuel ministre de l’Economie d’avoir cédé aux sirènes de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E), en modifiant par voie d’arrêté la présentation des factures d’eau.

Nous soutenions que l’affichage du prix au litre, et non plus au m3, comme la soustraction de l’abonnement ou partie fixe du prix au litre, allait avoir pour effet, dans le contexte du chambardement provoqué par la loi NOTRe, - avec d’ici à 2020, non plus 34 000 services comme aujourd’hui, mais sans doute entre 3000 et 4000 -, de rendre impossible toute comparaison du prix de l’eau aujourd’hui en 2016, en m3, de celui au litre à partir du 1er janvier 2017…

Ce à quoi l’onoravole Tristan Mathieu, de la FP2E, nous opposait quelques jours plus tard que pas du tout, il ne s’agissait que “d’aider le consommateur à avoir une référence mieux perceptible vis-à-vis de l’eau en bouteille”…

Veolia et Suez en héritiers de Ralph Nader ! Ben voyons.

Bref, nous en étions restés là jusqu’à ce qu’à la fin juillet nous ne découvrions dans notre boite aux lettre un carton sybillin d’Hervé Marseille, sénateur-maire (UDI) de Meudon, vice-président du SEDIF, président du SYCTOM, et vice-président du Sénat, qui prenait la peine, alors que nous ne lui avions évidemment rien demandé, de nous faire tenir copie de la lettre que venait de lui adresser le ministre de l’Economie, après que notre diligent Hervé Marseille ait lui même alerté par un courrier en date du 10 juillet Emmanuel Macron de notre billet de blog du 8 mai, il est vrai tout à fait extravagant.

Quelle mouche a donc piqué Don Marseille, dont on imagine qu’au vu de ses nombreux titres il a probablement des tâches plus urgentes que d’alerter le ministre de l’Economie sur les odieuses insinuations d’Eaux glacées ?

(Concernant la réponse de M. Macron rien de nouveau sous le soleil (de Biarritz), le sous-fifre qui lui a glissé la réponse de la FP2E dans le parapheur n’y comprenant rien non plus, nous n’allons pas nous lancer dans une exégèse des propos prêtés au ministre, eu égard à l’ancien compagnonnage avec Paul Ricoeur que lui prêtent les gazettes…)

Revenons à nos moutons. Enfin, moutons… Il appert que M. Marseille appartient à l’honorable coupole des présidents des grands syndicats franciliens dont nous avons écrit tout le mal que nous en pensions, ce qui nous avait valu nombre de remerciements et félicitations, émanant, pour partie et à notre grande surprise, d’élus de toutes obédiences.

Il apparait surtout, à la lecture de la lettre d’Emmanuel Macron à Hervé Marseille, que ce dernier avait écrit au ministre le 10 juillet, le lendemain même du fameux colloque que nous avons longuement chroniqué cet été, et que nous avons, certes malignement, titré “A la guinguette avec André Santini”…

Serait-ce que notre adoubement en qualité “d’expert courtois” par Don Santini nous ouvre désormais les portes de la Coupole ? Nous n’osons y croire !

Serait-ce une démoniaque partie de billard à trois bandes, manière de nous encourager à dézinguer à nouveau le fondateur “d’En Marche" ? Nous n’y croyons pas davantage.

Bien plutôt qu’avec la présidentielle nous entrons décidément dans des temps déraisonnables.

Nonobstant, et pour désamorcer par avance tout prurit complotiste, nous affirmons solennellement, et pour ce qui nous concerne, que le fait que le pieux Emmanuel Macron (et Madame) se retrouvent cette semaine, à l’insu de leur plein gré, à la Une de Paris-Match, sur la plage de Biarritz, et qu’ils y croisent… un nudiste, n’a évidemment rien à voir avec le fait que Mme Alliot-Marie, épouse de M. Patrick Ollier (l’un des héros de notre saga de l’été…), fut conseillère municipale de Biarritz, dont son père fut longtemps maire, avant que de devenir, (Mme Alliot-Marie), maire de Saint-Jean-de Luz…

Accessoirement, et comme ne vont pas manquer de le souligner Alain Duhamel, Jean Tirole et Cyril Hanouna, aussi longtemps que M. et Mme Macron ne sont pas photographiés sur la plage de Biarritz par les sbires de Paris-Match y croisant une houri radicalisée en vingt minutes et en burkini, tous les espoirs (présidentiels) demeurent permis, isnt’ it ?

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La lettre d’Emmanuel Macron à Hervé Marseille, 18 juillet 2016.
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Le courrier d’Hervé Marseille à Eaux glacées

Marc Laimé - eauxglacees.com