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Adieu saumon, par Jean-François Bonvallot

12 avril 2016

par Marc Laimé - eauxglacees.com

En un demi-siècle, une rivière de l’Est jadis recherchée par les pêcheurs du monde entier pour la pratique de la "mouche" est devenue un désert halieutique privant les communes de ressources touristiques importantes.



La cause de la disparition des salmonicoles n’est pas recherchée, bien que d’aucuns, scientifiques qui n’utilisent pas leur statut de sachant pour tromper la population générale, sachent bien de quoi il en retourne.

La loi en effet ne contraint à aucun dosage des paramètres chimiques qui pourraient expliquer ce triste phénomène.

Pourtant la nourriture des poissons est réduite aux espèces les plus résistantes à certaines formes de pollution : micropolluants organiques et médicaments dont les effets cocktail aléatoires tuent les espèces les plus polluo-sensibles et contaminent celles qui résistent par accumulation.

Les poissons n’ont plus à manger que de la nourriture contaminée, et, de ce fait, ils s’affaiblissent, deviennent victimes des maladies les plus banales, et, pire, ne se reproduisent plus (oestrogènes très présents en milieu d’élevage karstique).

Certaines molécules d’usage assez récent, comme celles des produits de synthèse iodés pour examens cliniques (scanners, iRMN, etc...) traversent les stations d’épuration sans être le moins du monde "traitées" et donc se retrouvent dans les rivières.

De plus les stations sont le plus souvent des stations « alibi », comme les lits de sable plantés de roseaux qui ne fonctionnent jamais très longtemps mais qui restent un alibi électoral pas cher pour se faire élire maire !

Ces stations s’avèrent des catastrophes écologiques après quatre ou cinq ans de fonctionnement : rejets de sulfures en hiver !

Bref, si on ajoute une population de plus en plus nombreuse aux besoins en eau de plus en plus importants, il est logique que ce qui profite à la société actuelle soit compensé par un déclin quelque part. La demande exponentielle n’est pas possible dans un espace fini.

Je suis hydrobiologiste professionnel issu des universités spécialisées dans ce domaine qui s’avéraient rares à l’époque de mon cursus. De plus je suis né et ai grandi au bord de la Loue, pour ainsi dire une canne à pêche dans les mains... Je connais donc la rivière aussi bien que quiconque actuellement avec l’avantage de l’avoir étudiée et connue alors qu’elle était en meilleure santé qu’aujourd’hui.

Il s’avère que les simili-études engagées par l’université sur commande de l’administration (soit dit en passant, personne ne mord la main qui le nourrit !) révèlent pourtant des doses de micropolluants très alarmantes dans la rivière !

Plus de 50 molécules médicamenteuses et autres (pesticides, fongicides, herbicides) ont par contre été relevées par nos voisins suisses dans les rejets de leurs stations d’épuration.

Le stations d’épuration et les rejets des déversoirs d’orage sont donc bien à l’origine des contaminations des eaux de surface.

Les stations d’épuration par filtres plantés de roseaux fonctionnent comme nos filtres à café anciens (filtres "Melitta") une fois que le filtre est colmaté cela ne filtre plus. Le temps de colmatage est facile à calculer.

De plus, en hiver, il n’y a pas d’activité nitrifiante donc moins de consommation de carbone... Cependant, les bactéries du soufre continuent de bosser malgré le froid et la station produit des sulfures car le milieu est totalement anaérobie.

Comme personne ne dose les sulfures, tout va très bien Madame la Marquise !, même si les doses de sulfures sont 10 000 fois supérieures, dans les rejets, aux recommandations.

Pour en revenir à mes anciennes et chères études, le laboratoire de recherche où j’évoluais préconisait, à travers les écrits de son docteur de patron, dès 1970, d’ajouter aux stations d’épuration un traitement tertiaire permettant d’éradiquer, voire réduire les quantités de micropolluants rejetés dans la Loue et le Doubs, dont la Loue est résurgence.

On s’aperçoit, mais à dose homéopathique, que le problème persiste en 2016, et on fait même semblant de le découvrir.

Comment s’en sortir ?

((Lire aussi :

L’agonie de la Loue

Jean-François Bonvallot, Les eaux glacées du calcul égoïste, 18 mars 2013

L’inquiétude printanière des pêcheurs des rivières comtoises

Le blog de la Loue et des rivières comtoises, 13 avril 2016.

Marc Laimé - eauxglacees.com