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Comment gagner un contrat de DSP ?

8 novembre 2015

par Marc Laimé - eauxglacees.com

M. Alain Franchi a été nommé il y a deux ans directeur des activités “Eau” de Veolia en France par M. Antoine Frérot, P-DG de Veolia Environnement. La franchise de l’ex-gérant d’un restaurant de luxe des Champs Elysées nous change agréablement des hypocrites palinodies dont s’adorne le débat sempiternel sur les mérites comparés de la gestion publique et privée. Avec Alain Franchi, le marché de l’eau c’est un nouvel épisode des Affranchis…



« (…) Nous avons réalisé un travail de fond qui a commencé trois ans en amont de l’appel d’offres. Avec l’aide d’une analyse territoriale très poussée, nous avons ainsi réalisé soixante-cinq rendez-vous avec des élus, organisé des visites de PIVO en région, du Centre service Clients, du SERVO à Nanterre, de notre centre de recherche VERI, et enfin du Campus pour les aspects formation. Nous avons montré une forte volonté des équipes pour travailler avec la collectivité : de l’agent de travaux, lors de travaux gagnés il y a deux ans, jusqu’à la Direction de la Zone et la Direction Générale. C’est aussi la constance des mêmes interlocuteurs pendant ces trois ans jusqu’à l’audition qui nous a permis de créer la confiance. »

Ces propos détonnants ont été tenus par M. Jean-Charles Guy, directeur du Centre Pays de Loire de Veolia Eau France, et sont reproduits dans “Eau France News. La Newsletter des collaborateurs de l’Eau France, 11-2°15, n° 3”, la publication électronique adressée à tous les “collaborateurs” de Veolia Eau France, dans laquelle le même M. Franchi plaide ardemment la cause de Payboost, Schuss et Majikan, les start-ups de Nova Veolia que notre apprenti-sorcier porte à bout de bras, ce qui a déclenché une fronde syndicale sans précédent dans les équipes de la vénérable Générale des eaux, projetées sans avertissement dans des steppes numériques dont il est loin d’être avéré en l’état que l’herbe y pousse plus verte, ce qu’accessoirement ont vite compris Google et Devoteam, ce qui rend toute cette affaire abracadabrandesque, surtout vu de Tourcoing, nous y reviendrons.

Pour l’heure la newsletter de M. Franchi nous enseigne donc comment gagner un contrat de DSP.

A méditer, surtout quand on sait que, comme chaque année, Veolia a invité plus de mille élus à déjeuner le mercredi 18 novembre prochain à 12h30 au Salon des maires à la Porte de Versailles…

Le communiqué de la newsletter de Veolia

"Cap sur le succès pour le Centre Pays de la Loire

La Communauté d’Agglomération de la Presqu’Ile de Guérande-Atlantique CAP ATLANTIQUE a confié à Veolia, par un contrat de délégation de service public, la gestion de son service d’assainissement. Ce contrat, qui prend effet le 1er janvier 2016 pour une durée de huit ans était géré auparavant par la SAUR. Une structure dédiée « Assainissement de la Presqu’Île Guérandaise » assumera directement l’ensemble des opérations réalisées dans le cadre de cette délégation.

4 questions à Jean-Charles Guy, Directeur du centre Pays de la Loire :

- Ce contrat a été gagné à la concurrence. Qu’est-ce qui a fait la différence ?

Nous avons réalisé un travail de fond qui a commencé trois ans en amont de l’appel d’offres. Avec l’aide d’une analyse territoriale très poussée, nous avons ainsi réalisé soixante-cinq rendez-vous avec des élus, organisé des visites de PIVO en région, du Centre service Clients, du SERVO à Nanterre, de notre centre de recherche VERI, et enfin du Campus pour les aspects formation. Nous avons montré une forte volonté des équipes pour travailler avec la collectivité : de l’agent de travaux, lors de travaux gagnés il y a deux ans, jusqu’à la Direction de la Zone et la Direction Générale. C’est aussi la constance des mêmes interlocuteurs pendant ces trois ans jusqu’à l’audition qui nous a permis de créer la confiance.

-  Comment avez-vous organisé la mobilisation des équipes pour la réponse à l’appel d’offres ?

Nous avons mobilisé une équipe projet pluridisciplinaire de vingt personnes pendant trois mois avec une forte volonté de faire la différence au niveau technique.

- Quels sont les points forts de l’offre ?

Nous avons proposé un centre de pilotage intégré, une société dédiée, une gestion patrimoniale, ainsi que des engagements chiffrés concernant les rejets vers le milieu naturel, la gestion des boues, la diminution des eaux claires parasites et la mise en place d’outils de transparence innovants.

- Vous attendez les résultats d’autres appels d’offre importants. Comment ces gains de contrats confortent-ils vos positions dans les Pays de la Loire ?

Sur la Loire-Atlantique la société SAUR est majoritaire. Ce nouveau contrat vient conforter nos positions sur l’Ouest de la France et va accélérer le retour à l’équilibre financier du centre régional.

Cap Atlantique : les chiffres clés

- 15 communes de la Communauté d’Agglomération de la Presqu’Ile de Guérande Atlantique dont La Baule, Le Croisic ou Guérande, implantées sur

- 2 départements (Loire-Atlantique et Morbihan)

- 72 800 habitants et 360 000 habitants en saison estivale

- 24 stations d’épuration

- 330 postes de relèvement. »

Marc Laimé - eauxglacees.com