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La tragédie de Bourg-Fidèle, par Denise Schneider

26 octobre 2015

par Marc Laimé - eauxglacees.com

Bien avant que le vocable de « lanceur d’alerte » ne défraie la chronique, les habitants d’une région rurale des Ardennes ont été littéralement décimés par les rejets toxiques d’un complexe industriel, l’usine de Métal-Blanc, qui restera dans les mémoires comme le vecteur de l’une des plus épouvantables catastrophes environnementales survenues en France. Témoignage de Denise Schneider, présidente de l’association qui mena le combat, qui se poursuit encore aujourd’hui. En mémoire des victimes. Contre l’oubli. Pour que cela ne se renouvelle pas.



« Des héros du futur », Denise Schneider, 2012.

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Ecole communale, Bourg-Fidèle, 1949

« Je rencontre d’abord Eliane et Guy, riverains de l’usine du Bourg. Ils sont parmi les premiers à vendre leur belle villa, pour certainement se consumer de chagrin, dans un appartement à Charleville Mézières.

Je découvre ensuite Raymond et Marie-Paule, ainsi que leurs enfants et petits enfants. Ce sont eux aussi des "bourquins", ou habitants du Bourg.

Nous avons si souvent bu le café ensemble, et partagé nos peines d’outre temps. Nos chocs successifs nous laissent pantelants. Il a fallu assumer la découverte des plombémies préoccupantes des petites Lucie et Marie, les petites filles de Marie-Paule et Raymond.. Cette nouvelle est divulguée par l’INSERM en 1998. Je suis invitée un jour à déjeuner chez les grands parents de Marie, avec cette jolie petite blonde de six ans, au teint blafard. Elle picore deux bouchées, et n’en peut plus. Les résultats de l’INSERM viennent de tomber.

Puis arrivent les résultats des plombémies inquiétantes pour Marie-Paule, la grand-mère. J’ai vécu avec ces villageois l’angoisse du lendemain, l’angoisse d’une santé anéantie, j’ai redouté comme eux la précarité d’une pauvre survie, sans les ressources de la terre empoisonnée, sans les petits élevages, sans les truites. Les lapins de Raymond crèvent, en mangeant l’herbe du bourg.

Raymond est salarié à l’usine Métal-Blanc durant les années 80, et comme d’autres collègues, il est licencié pour cause de saturnisme. J’ai toujours les papiers du licenciement de Raymond voué au chômage.

A l’été de l’an 2011, cette victime décédera. C’est un témoin non consentant, dès lors que la réalité lui saute aux yeux.

Il est un des premiers lanceurs d’alerte officiels du Bourg. Après l’extension de l’usine, en 1996, il continue de sillonner les routes de sa campagne en vélo. L’ancien de l’usine clame sa détresse à tous les vents pollués du plateau de Rocroi. Parfois un hasardeux passant partage cette prise de conscience de fin d’époque.

Raymond répète à qui veut l’entendre : « Les grenouilles ont disparu… Les oiseaux aussi… et les truites ! Mes lapins crèvent, quand je les nourris avec l’herbe de mon jardin : fini l’élevage ! Fini de cueillir les mûres, les champignons, mon médecin l’a déconseillé… ».

Raymond et sa famille ont aidé l’association de défense de l’environnement de Bourg-Fidèle à faire connaître la vérité sur le plan national.

La famille de Raymond - qui compte trois enfants -, survit avec le maigre chômage du chef de famille. Ce drame injuste dû au pollueur local dure pendant une quinzaine d’années. La maladie professionnelle du chef de famille est un tabou soigneusement occulté. En effet, un taux d’invalidité est attribué au malade par la Sécurité sociale… oui, mais ce fut le taux ZERO.

Raymond continue à souffrir - durant des années -, de taux de plomb dans le sang gravitant autour des 200 µg/l, après son licenciement. Chaque expert sait que ce taux est « préoccupant ». Surtout de manière aussi chronique. Et chacun peut comprendre qu’il s’agit à présent du plomb dans l’environnement. Marie-Paule, l’épouse, présente elle-même des taux inquiétants et chroniques, autour des 170 µg/l…

La famille de Raymond - parents, fils, fille, petites filles -, déménage pour fuir le fléau, et pour faire baisser enfin la plombémie des grands parents et celles de leurs deux petites filles.

Raymond est tout de même dédommagé pour licenciement abusif. Et Lucie et Marie obtiendront en 2011 la reconnaissance définitive d’une "mise en danger d’autrui".

A l’époque, à la toute fin des années 1990, et au début des années 2000, le temps s’écoule au bourg dans une angoisse sourde, engluée, pour les victimes non consentantes.

L’éternité semble être vouée aux métaux lourds ; la fissure dans le système social enrayé n’est pas encore perceptible.

Je revois encore en mémoire ce charmant Francis, un éleveur du site. En l’an fatidique 2001, il perd des dizaines de bovins, morts par empoisonnement : les symptômes sont évidents, les analyses aussi. Le drame frappe trois éleveurs.

Nous avons passé bien des soirées, Francis et moi, dans ma grande cuisine ardennaise, aux murs épais, au plafond bas. Le grand poêle à charbon sert de cuisinière et de chauffage. Il fait bon, dans la cuisine, et nous sommes attablés devant une liqueur maison.

Mais rien ne réchauffera plus vraiment nos cœurs. Francis souffre du mal de ses bovins. Il porte en lui le drame de ses bêtes paralysées, décharnées, avec leur pelage mité, leurs yeux opaques, devenus aveugles… Je vais voir certaines des bêtes à l’agonie : autant regarder le fléau en face. Puisque le maire de l’époque refuse de considérer la misère de son bourg et de ses environs.

Les paisibles ruminants agonisent durant des jours, le regard éperdu d’épouvante et de douleur. Nous sommes étreints de compassion. Et Francis qui tire le diable par la queue, voit ses revenus disparaître… Sa voiture, sur le bas-côté devant ma maison, pétarade durant nos soirées de désespérance. C’est que, si le contact était coupé, mon compagnon d’infortune ne pourrait plus redémarrer.

Un malheur arrive rarement seul. La maison de Francis brûle complètement, quelques années plus tard. Puis Francis nous quitte pour l’au-delà, sans jamais avoir été dédommagé par la justice, qui doit encore statuer quant aux pertes des éleveurs ; la plainte remonte à 1999... Une plaidoirie est annoncée pour le premier semestre 2012…Mais Francis repose au cimetière de Rocroi, depuis 2008.

Robert et Catherine, à présent retraités, vivent toujours dans leur ferme, presque en face de mon ex-maison près du bourg. Robert est le premier à perdre des bovins, ayant pâturé près de l’usine, et ayant bu l’eau de la Murée. Un jeune taurillon de Robert (cité dans un rapport de la DRIRE), a connu la même agonie que d’autres animaux dans d’autres fermes : des bovins, des moutons, des chevaux…

Le P-DG de l’usine locale admet sa responsabilité par écrit en 1997, et dédommage Robert pour trois bovins décédés. Mais le fléau enfle, il faut saisir la justice.

Au début des années 2000, Robert voit en songe devant son lit le personnage étrangement blafard du P-DG. L’ancien éleveur annonce le lendemain matin le décès de Monsieur Bourson, le P-DG, qui, suite à un cancer du cerveau disparaît effectivement deux jours après ce songe.

Robert a perdu a jamais une prairie de trois hectares, interdite pour le pâturage, et l’accès des bovins à la Murée s’explique quand on apprend que ce ruisseau contenait au printemps 1998 des taux surréalistes de plomb, de cadmium, d’arsenic, sans compter les sédiments .

L’enfant soleil, Michel, Marjorie, et moi.

Plusieurs personnes entrent encore en scène, en ces temps de fléau historique. Puis les années se déroulent comme dans un film au ralenti, la vie est sacrifiée, ruinée par le plomb. La pensée des édiles bien-pensants semble scellée pour l’éternité, et le pollueur local a réussi durant des décennies à faire mourir des salariés, et des animaux, sans bruit. Pour les victimes du bourg, la coupe est devenue amère, il faut la boire tous les jours, jusqu’à la lie. Nous sommes hors du temps et de la société ordinaire.

Le témoignage qui suit est un cri au monde : les humains veulent-ils finir dans une totale déchéance ?

Nous voici à présent arrivés à la nuit du 10 au 11 novembre 2004. Marjorie, son fils Sulyvann, et moi, rendions visite à Michel, hier, l’après midi. Michel est un membre de notre association locale de défense de l’environnement. Il vient d’être amputé de sa jambe droite, en août dernier. Notre ami occupe depuis trois mois le centre de rééducation pour handicapés moteurs, à Charleville Mézières. Demain, nous serons le 11 novembre. Michel sera à nouveau seul.

- "Je cache mon jouet-revolver, maman, décide doucement Sulyvann-Sussu, avant d’entrer .

Le petit est inquiet à l’idée d’effrayer par mégarde une personne déjà en peine. L’enfant range prestement le gadget sous sa veste.

A huit ans et demi, Sulyvann est grave, profond comme le sont les enfants qui ont grandi en cotoyant la souffrance.

Sussu est un enfant soleil au coeur pur, un de ces enfants, comme celui du film "Le Seigneur des anneaux", devant rompre un cercle maléfique symbolisé par l’anneau.

Ce seront les enfants à la mythique pureté qui viendront - qui viennent déjà -, prêter allégeance à toute une société. Celle-ci est si assoupie d’indifférence, d’ignorance, de dureté ; vautrée dans ses cloaques !

Or, l’aura d’un destin exceptionnel émane déjà de Sulyvann.

Il arpente le couloir du centre de rééducation avec légèreté, discrétion. On devine la compassion du garçon devant ces portes ouvertes, devant ces lits de malades. Il croise les inévitables "chaises roulantes" et leurs occupants, dans le long couloir.

L’enfant nous précède, sa mère et moi. Il se fait petit devant la détresse humaine, lui-même trop léger, trop petit pour son âge. Deux spécialistes ont relevé ce trouble de croissance ; il lui manque dix centimètres et trois kilos, pour être au rang des enfants du même âge.

Cet enfant nous allège la vie, à tous, ici, avec son exquise douceur !

Michel est triste, sa plaie a été maltraitée lors de manipulations rudes, et tant que le moignon ne sera pas guéri, pas question de rentrer. Michel a été très courageux avant l’amputation, et il attend de rentrer, stoïque, et solitaire.

Son vieux chien est mort il y a deux mois. Lui aussi était seul, dans la maison au bout du chemin, dans le bourg pollué. La bête malade pressentait que le retour du maître serait trop tardif.

- "Rien de tel, que d’être chez soi", rêve Michel.

Je pense aux forêts, ondulant sur les crêtes des Ardennes, devant la maison de Michel à présent handicapé.

Il s’est trempé, comme de l’acier, et vient de dépasser la soixantaine. Il a vécu simplement, de presque rien. Une usine du pays ne l’avait pas déclaré, dans les registres officiels, il y a quelques décennies. Et l’autre usine, dépotoir de déchets industriels au coeur de son village - sous prétexte de recyclage -, a corrompu l’environnement, y compris la santé publique.

- "C’est une honte ! ", s’énerve le convalescent." Mon frère Alphonse, atteint de saturnisme, au bout de trois ans de boutique, est jeté dehors comme un malpropre ! Il a eu son licenciement sur son lit d’hôpital ! "

Michel désigne son moignon.

- "Tu vois ma jambe, coupée, jusqu’à la cuisse... c’est du côté droit, du côté de mon rein malade, atteint à 50 %. C’est irréversible pour cause de saturnisme. Ils m’ont viré aussi. J’ai tenu cinq ans, dans cette boîte...".

La "revalidation" n’est que très improbable. Michel nous montre sa jambe artificielle, au placard, objet loufoque, se disloquant, se déboîtant, entravant les chairs...

Michel fut un rouquin flamboyant, à présent poivre et sel, avec encore un tempérament de feu. Il a vécu seul ces dernières années, dans sa ferme natale, après le décès d’ Alphonse. Ce dernier, célibataire, vivait avec Michel également célibataire, comme d’autres hommes dans la région. Chacun des deux frères épaulait l’autre.

Il y a une vingtaine d’années, quand Michel fut illégalement licencié pour cause de saturnisme, cet exclu pût survivre avec les indemnités de maladie de son frère. Puis il fallut vivre en élevant quelques vaches, l’étable accolée à la maison. Vivre avec les revenus de moins de dix bovins, c’est la misère à notre époque.

La même usine a happé la vie des deux frères, au bourg. Ce bourg accepte que soit livrée de la chair humaine, dans l’antre du faux recyclage, exhalant ses miasmes sur le village et ses alentours.

Cette histoire est une légende devenue réalité.

Ici, comme ailleurs en France, un processus draculéen, sournois, impérieux, perdure depuis des décennies.

Il faut perdre sa vie, pour la gagner.

La réalité dépasse la fiction. Certains acteurs - dont des salariés -, se trompent parfois de rôle, et d’histoire.

Le mythique emploi a rendu plus riches encore les voyous pollueurs, milliardaires de notre époque !

Les yeux vert topaze de Michel flamboient de colère inassouvie. Il évoque cette grande aventure que nous partageons depuis sept ans. Nous : les quatre dans la chambrée, sans compter les autres, au destin scellé par un fléau majeur.

Michel évoque - une fois de plus -, son épopée, nous prenant à témoins.

Nous nous sentons tous les quatre hors du monde. Ce monde qui ne décode plus ses clichés, une barbarie absolue. La réalité devient plus atroce encore. Les endormis devront souffrir, puisqu’ils ne voient plus l’esclavage qu’ils cautionnent, qu’ils adulent.

- "Tiens, je t’offre une pierre", dit une petite voix douce.

Les mots sont un peu avalés, et se bousculent. Sussu présente un cristal de roche, transparent. Le visage buriné de Michel se penche et capte les yeux d’ange de l’enfant, verts et purs, comme une pierre rare.

Le petit joue à présent avec les pierres semi précieuses que nous venions de lui acheter en ville.

Il nous écoute pendant une heure et demie sans s’impatienter, et ne s’exprime plus que lorsqu’il s’agit de son petit chien.

Sussu se blottit près de moi au moment où une pâleur soudaine envahit son visage. Les vagues d’énergie de l’enfant sont incertaines. Quand les forces se dérobent, l’enfant se tait. Il n’a commencé à parler qu’à l’âge de quatre ans.

Un orthophoniste, toujours nécessaire, devra tabler sur ces défaillances d’énergie.

Etrange rendez vous ! Tous les quatre, dans cette triste chambre, avons subi des contaminations aux métaux lourds.

Michel a été le premier. Depuis 1985, il est frappé d’un saturnisme professionnel, non indemnisé, depuis des années. Pourtant ce saturnisme a entraîné "une lésion néphrologique irréversible, avec une IPP à 50 %". Le professeur Chanard de Reims l’a dûment écrit.

Sussu a été contaminé dans le ventre de sa mère, selon notre toxicologue allemand. L’enfant ne parlait pas à deux ans et demi, quand le résultat d’une première analyse de la DDASS est tombé. Le petit avait près du double de la norme de cadmium dans ses urines. Il ne savait prononcer qu’ un seul mot, à trois ans :

- "Bobo".

C’était une plainte inquiétante, le visage de l’enfant rongé de cernes rougeâtres, d’une pâleur mortelle, d’une maigreur diaphane. Sussu désignait ses reins, et le bout de ses doigts. Je comprenais qu’il avait un symptôme similaire au mien : le bout des doigts, atteint de fourmillements, comme électrifié. Et les reins ! Le cadmium s’y incruste pour les détruire durant des décennies !

Les technocrates de la préfecture, frappés de surdité et cécité administrative, avaient fini par renier leurs propres résultats d’analyses, prétextant une erreur pour le cadmium de Sulyvann ! Un cas unique, on n’en fait aucun cas, dans l’administration.

Ce cas est loin d’être unique, sur le site du bourg, et autres sites similaires... La DDASS se contente, dans des cas de contaminations collectives comme le nôtre, de faire des prélèvements de sang, ou d’urine, sur une population donnée, toujours uniquement infantile. Le moment des prélèvements est choisi à l’aveugle, alors qu’un pic dans l’air serait plus révélateur.

Selon de vagues écrits sans lendemain, les femmes enceintes, autres sujets sensibles, devraient d’abord enquêter sur leurs teneurs de plomb, avant un "projet de grossesse". Ce projet n’est pas toujours programmé, et le plomb loin d’être le seul métal lourd en cause.

Les symptômes, les lésions... sont des éléments simplement éludés, voire niés par la DDASS, et finalement par l’Institut de Veille Sanitaire.

Ainsi fonctionnent nos organismes de santé publique, en France. Les symptômes sont désuets, seuls comptent les chiffres.

Quand un médecin allemand redoute pour Sulyvann un "crétinisme hypothyroïdien"...

Marjorie plaisante avec Michel, ravi de cet interlude tonitruant. Je m’attends à un attroupement dans la chambrette ! Le tempérament de Marjorie se libère, se déploie en rugissements de vérités, parfois ponctués d’une grossièreté libératrice... ne masquant pas un grand coeur.

La jeunesse de Marjorie ne fut pas tendre : mon amie s’est forgée elle-même. Elle véhicule et sème son trop plein de grande dame fragile, nantie d’un destin de pionnière.

Marjorie, après des années de doutes, de souffrances si typiques aux métaux lourds, a fini par réaliser ses propres analyses, il y a deux mois. - "Si les vaches ont des métaux, nous en avons aussi ! " avait-elle "rugi" selon un journaliste.

Mais elle s’est tue quand le verdict est tombé : les résultats d’analyses de selles, réalisées à Bremen, en Allemagne, sont - et seront pour des décennies -, le signal renouvelé d’un immense combat contre des métaux lourds incrustés dans les os.

D’abord l’enfant, puis la mère ! Et la mère atteinte contamine son bébé, avant la naissance.

Un directeur de recherches de l’INSERM nous avait appris ce fait en 1999. C’était lors du tournage d’un documentaire réalisé par Mireille Dumas sur notre site.

- "Tu te rends compte, il ne s’est pas trompé, notre toxicologue allemand", a compris Marjorie, comparant ses métaux lourds et ceux de son fils.

- "Tous les deux, très au dessus du seuil. Nous avons du cadmium, du mercure, du zinc, du strontium... C’est quoi, ce truc ?".

Certains de ces poisons peuvent être mortels ou rendre infirme. Le célèbre éco-toxicologue, le professeur Ramade, nous l’a écrit. On peut aussi craindre les maladies de dégénérescence, telles l’Alzheimer, le Parkinson, avec de tels toxiques ! Sans parler de l’autisme ! Et le strontium ne dit rien qui vaille, déjà d’après le dictionnaire familial. Sur certains articles, ce serait un "radioélément". Horreur !

Tu peux répandre la vérité au monde, Marjorie ! Tu as compris dès l’aube de notre aventure qu’il fallait prendre les armes ; je t’avais dit que tu étais une guerrière ! Certains cachent leur saturnisme et leurs enfants, parfois très gravement atteints par les toxiques modernes. Quoique le plomb soit une vieille affaire.

Mais Marjorie, toi, tu as fait trembler les assises des gens indifférents, quand tu as clamé - rugi -, ta détresse de mère, sur une chaîne de télé nationale. C’était il y a quelques années, déjà.

Je suis la quatrième de la chambrée, ayant conduit Marjorie et Sussu auprès de Michel.

Je suis la présidente de notre association locale de défense de l’environnement.

J’ai acheté ma maison à la frontière de Bourg Fidèle, il y a 9 ans.

La prescience immédiate de l’alarmante gravité de la situation, à peine arrivée sur notre site, m’a saisie.

On est génétiquement prédisposé aux intoxications - ou empoisonnements , par les métaux lourds, et on en a parfois une compréhension viscérale, fulgurante .

Il m’arrive de m’exprimer en public, à la télé, ou pour la presse, afin de défendre notre affaire de métaux lourds.

Quand j’ai eu une crise aigüe, une attaque de métaux lourds début 1999, je savais déjà ce que les analyses ont confirmé par la suite. Je savais qu’il s’agissait d’un fléau de fin d’époque, d’une affaire aussi grave que celle de l’amiante.

J’ai lutté, pour ne pas me suicider de douleur nerveuse, lors de cette crise inhumaine qui dura plusieurs semaines.

Ma vie ne sera plus jamais comme avant cet épisode qui m’a rappelé les crimes par empoisonnement.

D’ailleurs, du temps de Louis XIV, on empoisonnait déjà au mercure et à l’arsenic, ces deux toxiques présents sur notre site. »

Denise Schneider, présidente de l’association Protection défense de l’environnement de Bourg-Fidèle.

Marc Laimé - eauxglacees.com