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GEMAPI : la nouvelle compétence transférée aux Régions ?

11 juillet 2014

par Marc Laimé - eauxglacees.com

Le président du Conseil régional de Bretagne a écrit à Manuel Valls pour lui demander de conférer l’exercice de la compétence GEMAPI aux régions, nouvel épisode d’un feuilleton qui tourne à la foire d’empoigne générale.



Rappel des épisodes précédents. Au sein du « Comité de suivi », EPTB-Canal historique, drivé par Filochard-Marcovitch, va tenter de faire la peau aux EPAGEs, qui avaient laminés le gang des EPTB en seconde lecture au Sénat, quand l’honorable sénateur Collombat avait poussé la malice jusqu’à contraindre la dizaine de grands EPTB de Canal historique à dissoudre leur forme « d’entente interdépartementale », avant que de renaître sous forme de syndicat mixte, ce qui revenait à les envoyer au tapis pour un bon moment...

Par l’odeur du sang alléché, Martin « The Voice » Guespereau sort du bois et tente une OPA Agences sur les mirifiques marchés du « génie écologique » qui se profilent.

Contre-attaque de Filochard-Marcovitch et Ribouldingue-Launay, qui viennent tout juste hier de faire endosser à Ségolène Royal , à l’insu de son plein gré, une « Stratégie nationale » façon Gosplan, tout en artifices technocratiques ronflants, qui ne protégera évidemment personne des inondations…

Enfin, le 30 juin dernier, à Rostrenen, L’Etat, le conseil régional et les départements des Côtes-d’Armor, du Finistère et de l’Ille-et-Vilaine ont présenté à 200 acteurs la méthodologie et les ambitions du futur plan breton pour l’eau.

« On annonce une Bretagne avec quatre millions d’habitants, a expliqué le vice-président du conseil régional Thierry Burlot. Comment fait-on en termes de capacité épuratoire ? Les périmètres des bassins versants et des EPCI ne sont pas les mêmes. Cela annonce de nouvelles façons d’être solidaires, entre l’amont et l’aval, et cela renforce la nécessité de travailler par grandes structures de bassins versants. Opposer développement économique et politique de l’eau est une erreur ; si on reste sur une politique sectorielle, on passe à côté du sujet. On a aussi dénombré le nombre de personnes qui travaillent sur les politiques de l’eau : plus de cinq cents en Bretagne ! Il va falloir arrêter les doublons, optimiser l’action sur le terrain, avoir un chef de file et donc mutualiser, clarifier, simplifier. C’est notre exercice. »

En ce qui concerne le « chef-de-filat », le président du conseil régional de Bretagne a écrit au premier ministre pour demander que la prochaine loi de réforme territoriale réserve la possibilité de confier aux régions « l’animation et la concertation dans le domaine de la gestion et de la protection de l’eau et des milieux aquatiques ». La semaine dernière, Manuel Valls a répondu qu’il allait « considérer attentivement » la demande bretonne de se saisir de cette compétence facultative du bloc communal en matière de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations.

Faites vos jeux…

Noter pour finir, très provisoirement, que le malicieux Arnaud Montebourg annonce pour sa part, façon Roosevelt années 30, qu’il va relancer « la construction des barrages sur les fleuves ». On attend les poussées d’urticaire chez les croisés de la « continuité écologique », fort occupés, comme on devrait le savoir, à tenter de camoufler le désastre de la pollution chimique des masses d’eau en multipliant les travaux de "renaturation" aussi dispendieux qu’inutiles...

Ceci sans oublier qu’il va falloir aussi songer à augmenter le potentiel hydroélectrique français de 3TWh par an d’ici à 2020, comme le ministère annonce par ailleurs s’y employer.

A suivre.

Marc Laimé - eauxglacees.com