C’est un article du quotidien français Le Monde, paru dans son édition du 29 décembre 2009, qui révèle l’affaire. Car c’en est une.
Intitulé « Au sein du PS, un collectif "A contre-courant" sur la gestion municipale de l’eau », l’article de Jean-Michel Normand exprime sans ambages le véritable chantage auquel se livrent les membres du « collectif militant » organisé par Veolia et Suez au sein du PS :
(...) " Vilipendés lors des réunions de section un jour et sollicités le lendemain pour des emplois et des formations", les animateurs du collectif "A contre-courant" se disent parfois victimes d’un "procès en sorcellerie" (...)
Nonobstant pareil débordement atteste de la panique qui gagne nos amis :-)
Il sera donc intéressant de suivre les inévitables rebondissements de cette ténébreuse affaire dans les tous prochains mois…
Lire ci-après l’article du Monde qui en dit plus long sur l’exception française en matière de gestion de l’eau que des milliers de thèses de doctorat…
"Au sein du PS, un collectif "A contre-courant" sur la gestion municipale de l’eau"
« Membres du Parti socialiste, ils sont une quinzaine à avoir constitué un "collectif militant" intitulé "A contre-courant". Ce nom de baptême témoigne de leur volonté de réagir aux "critiques systématiques" adressées par "certains camarades" contre le principe de la délégation de service public au secteur privé.
"Le PS est le parti des services publics mais cela ne signifie pas qu’il doit se penser uniquement comme le parti de la défense de la fonction publique", écrivent-ils dans un petit opuscule adressé à tous les parlementaires ainsi qu’aux maires socialistes de villes de plus de 10 000 habitants.
Cadres exerçant le plus souvent des responsabilités élevées au sein de sociétés privées (Saur, Veolia ou Suez) "concourant au service public local", les animateurs de ce collectif veulent "promouvoir un débat que les postures internes et les discours convenus ont trop souvent occulté". Inquiets de voir ressurgir, notamment dans la presse interne du PS, un discours qui entretient "le doute systématique autour de ce qui ressemble au privé", ils dénoncent "la confusion, parfois loin d’être involontaire, entre service public, fonction publique et entreprise publique".
Sans les nommer, le collectif s’en prend à ceux qui privilégient l’affichage de "marqueurs de gauche" au détriment de "la vision et du projet politique". Ses responsables rappellent que le projet socialiste pour la présidentielle de 2007 prévoyait de "donner aux élus locaux la possibilité de choisir entre la gestion publique et la gestion privée". Et glissent au passage que le retour à la régie municipale pour le service des eaux à Paris "se fera sans aucune diminution du prix au consommateur".
Lobbying ?
"A contre-courant", qui souligne que 1 700 communes de gauche (dont Lyon, Lille, Rennes, Montpellier, Dijon, Evry ou Lens) ont choisi de déléguer au privé leur service public de l’eau, appelle de ses voeux la création "d’autorités indépendantes capables de comparer les niveaux de prix et de service". Et souhaite en finir avec "le principe sacro-saint du moindre coût" qui s’inscrit "toujours au détriment des salaires et des droits" du personnel des entreprises prestataires. Le collectif souhaite aussi contribuer à une réflexion sur "le rôle de l’entreprise dans la vie démocratique" en "posant la question du partage des gains de productivité entre les clients, les salariés et les actionnaires".
"Vilipendés lors des réunions de section un jour et sollicités le lendemain pour des emplois et des formations", les animateurs du collectif "A contre-courant" se disent parfois victimes d’un "procès en sorcellerie".
Leur initiative, cependant, ne risque-t-elle pas d’être assimilée à un plaidoyer pro domo, voire à une forme de lobbying ?
"Nos prises de position sont tout à fait autonomes", se défend Pierre Victoria, délégué aux relations institutionnelles internationales chez Veolia-Eau.
"Nous travaillons au sein d’entreprises françaises qui sont des leaders mondiaux dans la gestion des villes. Les socialistes devraient-ils en avoir honte ?", s’interroge-t-il. »
Jean-Michel Normand.
Commentaires
Dommage que le titre de l’article ne soit pas en rapport avec son contenu ! Je vois à travers cette "prise d’otage" là, l’expression d’un dogmatisme dont ma grand-mère m’a appris à me méfier.
La création de "à contre-courant" relève d’un louable débat d’idées au sein d’un parti moderne dans une démocratie dont j’avoue être fier. Je trouve cela rassurant dans un parti dont l’un des ténors (Emanuelli) mêne son département (les landes) à une gabegie obscure et clienteliste en matière de gestion de service public sous un alibi qui ne berne que ... les dogmatiques !!
PS : pour les maniaque de la précision, ce n’est pas dans "le Monde" daté du 29, mais dans celui du 30 qu’il faut chercher l’article cité
Je n’ai pas de syndicat, j’ai juste des amis landais qui me racontent chaque été les aberrations dont ils sont témoins dans ce département : règles non respectées, embauches sur des budgets parallèles, re-largages d’eaux usées par temps de pluie, épandages sauvages, lacunes d’analyses. Mais l’Omerta idéaliste et la complicité dogmatique (doublée d’une certaine crainte pour leur cocon douillet) des fonctionnaires des services de l’Etat couvrent tout ça.
Avoir des idées c’est bien ; être aveugle et machiavélique ce n’est pas bien...
@ papy 85 : je vais t’étonner mais je suis d’accord avec toi à 90%, c’est à dire pour 28 lignes sur 31.
Par contre, je ne comprends pas tes 3 dernières lignes : la DSP ne concerne que l’opération, les élus DU PEUPLE étant les seuls (tu le dis toi même à ta ligne 9) à définir les règles du jeu (Tarifs, obligations techniques, etc..). Le seul droit de l’opérateur, c’est de refuser le contrat.
Où est la mafia et l’atteinte à la constitution ?
@ Papy 85 : Vla t’y pas que papy a encore oublié de prendre sa pilule !!
1/ assimiler « gestion gratuite » et « financé par l’impôt » ? Et oh papy, faut pas pousser mamie dans les orties !!! Quelque soit le mode de financement retenu (impôt ou paiement direct selon l’obédience politique) il n’échappera à personne que la recherche de l’efficience est un pré-requis logique. Or l’existence de la délégation de service apporte une solution. Et ce, même si elle n’est que peu utilisée. Par le simple fait de l’existence d’une solution alternative, dans un pays donné, les services opérés par la collectivité se tiennent à carreau. La preuve de ceci se fait par l’absurde dans les Etats où la DSP n’existe pas et où les dérives sont constantes, allant souvent jusqu’à la gabegie. La DSP d’une seule partie du territoire, par effet d’exemple, permet en général de remettre l’ensemble des services sur les rails de la bonne gestion
2/ ben si justement !!!
3/ Tu te trompes et tu confonds DSP et affermage.
Peu importe. Le débat, passionnant, qui se cache derrière cet item est celui du financement des services publics. Ce débat là j’accepte d’y participer mais à condition que cela soit un débat d’idée et non pas un déroulé de poncifs dogmatique. En effet, payé par mes impôts ou bien par ma factures, ce qui m’importe en tant que citoyen c’est que 1/ le service soit rendu et 2/ le moins cher possible. Or avec l’Etat opérateur, le 1/ n’est souvent pas rempli (grève). Par ailleurs pour le 2/, peu m’importe que la société fasse 10% de bénef si grace à elle le service coute 50% moins cher. CQFD
A + dans l’bus
"Le service n’est pas souvent rempli (grève)".
Oh mon dieu, par pitié ! On se croirait au JT de JP Pernault !
On parle du service public de l’eau là ?
En même temps, les grèves dureraient moins longtemps dans les transports si le pourrissement n’était pas un objectif (encore que, il est vrai, certains motifs puissent paraître limite). Quand on voit la vitesse avec laquelle le gouvernement a réagi dés lors que les routiers n’ont que menacé de faire grève...
Fin du hors sujet.
Je crois qu’on est d’accord sur les objectifs 1/2 d’Olivier, service public le moins cher possible avec la meilleure qualité.
Chacun des deux modes (affermage, régie) place ses billes, et force de constater que sur des ratios moyens, on reste plus cher sur du privé que sur du public ou de la sem, ce qui est assez logique.
Finalement, ne va t’on pas vers une situation un peu logique où les infrastructures normales seraient gérées publiquement, et le risque assumé par le privé ?
@FEUP : je ne sais pas si te répondre aujourd’hui est une bonne chose. En effet, je suis cloué au sol en attendant mon avion qui ne part pas à cause d’une grève des controleurs aérien.
Passons et soyons forts...
Merci pour ta réponse constructive.
Je complète :
1/ il faut comparer des choses comparables : lorsqu’une collectivité fait appel au privé, c’est en général parcequ’elle est face à un gros pb : gabegie, perte du controle ou bien réalisation d’un gros investissement nécessaire. Les privés gèrent donc en général des services "compliqués". Ceci peut expliquer la différence de prix entre privé et public.
2/ Je rappelle mon argument précédent : Dans les pays ou les privés sont présents, les publics sont moins chers que les privés CAR les privés donnent le "la". Dans les contrées où la délégation n’existe pas, les prix s’envolent par absence de référence. En général, la gabegie commence par plétore d’embauche clienteliste, vire au marchés truqué et finit en cessation de paiement ou interruption du service. C’est là qu’on fait appel au privé. Les faits sont têtus.


A propos des lobbies
ça vous regarde une émission de LCPan la chaîne parlementaire de l’Assemblée Nationale de cet automne( super animateur, super émission, super chaîne ... ) annonçait une réforme sur les relations des lobbies avec nos parlementaires. En prévision : une réforme à l’américaine. Un bureau à l’Assemblée Nationale pour chaque lobby Véolia, SAUR & Cie.
Où en est cette réforme ?
PS qui n’a rien à voir ... quoique : Dans un roman à l’eau pas très rose ( à paraître ... ? ) cette cinquième colonne devient la terreur des Brescelleaunois.