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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
Siaap : mystérieux incendie puis accident chimique à l’usine d’Achères
par Marc Laimé, 5 mars 2018

Déjà plongé en pleine tourmente judiciaire (*), le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne, qui assure le traitement des eaux usées de 9 millions de Franciliens vient, en moins de quinze jours, de voir sa gigantesque station d’épuration historique de Seine-Aval, à Achères, dans les Yvelines, frappée, successivement, d’un grave incendie aux causes inconnues ayant provoqué d’importants dégâts, puis, ce week-end, sur le même site, classé Seveso, par un accident chimique qui a suscité une nouvelle intervention massive des pompiers.

Un incendie d’origine indéterminée s’était d’abord déclenché dans la nuit des lundi 12 au mardi 13 février dernier.

C’est un bâtiment « filtre-presse » (qui assure une partie du traitement des boues d’épuration après le traitement préalable des eaux usées), qui avait pris feu, vers 3 heures du matin, nécessitant l’intervention rapide de 108 sapeurs-pompiers des Yvelines et de 35 véhicules de secours.

Pourquoi un tel déploiement de moyens ? Implantée sur les villes de Saint-Germain-en-Laye, Achères et Maisons-Laffitte, cette usine en charge de la dépollution des eaux usées franciliennes fait partie des établissements sensibles classés « Seveso seuil haut ».

Les établissements et les entreprises présentant des risques d’accidents majeurs sont classés Seveso, selon une directive européenne du même nom, transposée en droit français depuis le 10 mai 2000. En cas d’incidents sur ces sites, les interventions sont coordonnées sous l’autorité des préfets.

Dans les Yvelines, 15 établissements sont répertoriés Seveso. Huit d’entre eux, comme l’usine Air liquide, à Limay, ou l’entreprise Goodman, à Rosny-sur-Seine, sont en « seuil bas ».

Tandis qu’ils sont sept à être classés en « seuil haut », à l’instar du SIAAP d’Achères - Saint-Germain-en-Laye, de la raffinerie Total de Gargenville ou du site EDF de Porcheville. « Le changement de seuil est fonction de la quantité de produits toxiques présents sur un site », précisait-t-on à la préfecture des Yvelines.

La sécurisation du site durant l’intervention des secours a donc été coordonnée directement par la préfecture des Yvelines. « Le bâtiment incendié est entièrement détruit. Il était composé d’un rez-de-chaussée et d’un sous-sol sur 2500 m², ce qui devrait avoir un coût important pour l’usine », précisait au quotidien Le Parisien un responsable du bureau défense et sécurité civile de la préfecture des Yvelines, chargé de coordonner l’intervention.

Les 2500 m2 de l'intérieur du bâtiment ont été entièrement détruits par les flammes. Photo SIAAP.

Les 2500 m2 de l’intérieur du bâtiment ont été entièrement détruits par les flammes. Photo SIAAP.

Une quinzaine d’employés d’astreinte avaient été évacués avant l’arrivée des secours. Outre les pompiers, des hommes de la Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie (DRIEE) et les services de police étaient également présents sur place. « Je n’avais pas vu un incendie de cette importance depuis celui qui s’était produit à l’usine Dunlopillo, en 2012, à Mantes-la-Jolie », confiait un témoin.

Alors que les sapeurs-pompiers sont restés sur le site jusqu’en début d’après-midi, la direction du SIAAP annonçait qu’un « dispositif de surveillance spécifique » serait mis en place dans la nuit de mardi à mercredi.

Si l’origine du départ du feu n’a pas encore été identifiée, la zone touchée par l’incendie ne présenterait pas de « matériaux inflammables » assurait Yann Bourbon, le directeur de l’usine. Le lendemain, Philippe Rouleau, maire (LR) d’Herblay (Val-d’Oise), s’était quand même dit inquiet « des éventuelles conséquences » pour les habitants de cette commune située en face de l’usine, de l’autre côté de la Seine. Yann Bourdon l’assurait : aucun « dégagement de fumées toxiques pouvant avoir un impact sur les populations avoisinantes » n’a eu lieu.

Alerte chimique

A peine quinze jours après l’incendie, et toujours sur le même site d’Achères, les pompiers intervenaient à nouveau depuis la matinée du dimanche 4 mars sur le site de l’usine du SIAAP, affecté par un nouvel accident.

Cette fois, il s’agit d’un mélange de produits chimiques, pouvant générer une réaction néfaste, qui est à l’origine de l’intervention d’une cinquantaine de pompiers sur le site classé Seveso pour endiguer un risque non négligeable.

Un nuage orangé, toxique et corrosif s’est en effet développé ce dimanche 4 mars, route de Fromainville, à Saint-Germain-en-Laye. Vers 11h00, le Siaap a informé la préfecture d’une fuite d’une de leurs cuves. Les pompiers se sont rendus sur place et ont demandé le concours de la police pour fermer la route à la circulation. Le nuage en question était composé de dioxyde d’azote. Dans la soirée, la fermeture de l’axe a été maintenue pour le lundi matin. Il s’agissait de vider le contenu de la cuve défectueuse dans une autre.

Dépôtage

Déjà mobilisés sur la course cycliste du Paris-Nice, les sapeurs-pompiers des Yvelines, dont la majorité provient de Saint-Germain-en-Laye, Achères, Houilles, ont également reçu le renfort de leurs homologues du Val-d’Oise.

« On procède à un dépotage. Il s’agit d’une simple vidange de cuve mais c’est une intervention qui prend beaucoup de temps », précisaient les professionnels au quotidien Le Parisien.

On apprendra le lendemain qu’à 9h15 dimanche, deux agents chimiques non mélangeables, le nitrate de calcium et le chlorure ferrique, sont entrés en contact dans une cuve, provoquant un nuage gazeux orangé. La dizaine d’agents présents sur le site a donné l’alarme aux pompiers et à la préfecture qui sont intervenus sur le site.

Le vent très faible et la pluie ont joué en faveur des pompiers qui ont arrosé le nuage et évacué la fumée d’orange en fin d’après-midi. La préfecture indiquera qu’« il n’y a pas eu de blessé sur le site et pas d’impact sur les populations ».

Si la route qui traverse le site a été fermée, l’activité du site n’a pas été interrompue.

Des spécialistes ont mesuré la présence de chlore et d’oxyde d’azote, des gaz toxiques pouvant résulter du mélange, à plusieurs centaines de mètres de l’usine.

« Dès que l’on atteignait les limites du site, les résultats étaient négatifs », assurait la préfecture.

Mardi matin, une société de pompage devra évacuer les 5 centimètres de produit restant au fond de la cuve.

Un riverain, Paulo Calves, qui habite route centrale à Achères, et travaillait dehors dimanche, confiera au Parisien qu’il n’a été alerté de la situation qu’en voyant les camions de pompiers défiler devant chez lui. « Les autorités ne nous donnent pas assez d’informations. C’est pourtant une zone dangereuse », souligne le quadragénaire.

Le maire de Saint-Germain-en-Laye, Arnaud Péricard, s’est rendu au Siaap dimanche et ne cache pas son étonnement. « La situation est maîtrisée mais cela fait deux incidents en quelques semaines, insiste-t-il. Je pense qu’il va falloir qu’on nous explique un certain nombre de choses autour de ça. Je ne comprends pas comment on a eu deux problèmes, aussi bien maîtrisés soient-ils, sur un site si sensible ! »

Les causes de l’incident sont pour l’instant inconnues. On ignore aussi si les deux produits chimiques utilisés pour détruire les odeurs dans les réseaux supportent d’être mélangés ou non.

Selon Yann Bourbon, directeur du site Seine aval du Siaap, « normalement, il ne se passe rien quand ils entrent en contact ».

Ce n’est pas ce qu’indique la préfecture qui émet l’hypothèse qu’il n’y a jamais eu d’antécédent d’un tel mélange mais que le contact entre les deux réactions est bien dangereux.

Les services d’inspection des installations classées ont effectuée des prélèvements ce dimanche et tenteront déterminer l’origine de l’incident.

« On commence à comprendre ce qui s’est passé mais tant que ce n’est pas validé, on ne peut pas en déduire que c’est une erreur humaine ou mécanique », confie Yann Bourbon.

(*) Le SIAAP en pleine tourmente judiciaire :

- « Soupçons de favoritisme autour d’un marché des eaux usées attribué à Veolia », Emmanuel Lévy, Marianne, 5 décembre 2017.

- « Ile-de-France : les communistes en eau trouble », Emmanuel Lévy, Marianne, 27 janvier 2018.

- « Les égouts franciliens cachent une agence de voyage pour élus », Hervé Liffran, Le Canard enchaîné, 14 février 2018.

- « Plongée en eaux troubles », Thierry Gadault, Michalon éditeur, 22 février 2018.

- "Communiqué de presse de l’ACME et du FRICC : Dépôt de plainte contre X concernant l’attribution du marché de l’usine d’épuration Seine-Amont de Valenton (94) du SIAAP à Veolia, 1er mars 2018.

- « La justice enquête sur le juteux marché des eaux usées – Bataille pour l’eau de nos robinets », Mathieu Lehot, Ebdo, 2 mars 2018.

- "Un adjoint d’Anne Hidalgo interpelle le procureur sur le Siaap"

https://www.capital.fr/economie-pol...

Capital.fr, 9 mars 2018

- « Scandale dans nos tuyaux », Cash investigation, France 2 à 21 heures le 13 mars 2018.

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commentaires

1 Siaap : mystérieux incendie puis accident chimique à l’usine d’Achères

Finalement, elle appartient à qui cette usine ? Au SIAAP ou à l’exploitant ?
Les assurances vont indemniser qui dans l’affaire ?

poste par Jacques P. - 2018-03-5@12:45 - Répondre à ce message
2 Siaap : mystérieux incendie puis accident chimique à l’usine d’Achères

L’usine appartient et est exploitée par le SIAAP.

poste par Sébastien - 2018-03-5@16:25 - Répondre à ce message
3 Siaap : mystérieux incendie puis accident chimique à l’usine d’Achères

Bonjour,

La maison SIAAP est un établissement public.
Avec un organe délibérant et un organe exécutif.
- Organe délibérant= conseil d’administration avec des élus de la petite couronne( 75,92,93,94) du coco, du LR,etc ...
- L’exécutif = Le Président de couleur Coco, issu de la commune de Montreuil.
L’établissement SIAAP et une personne morale et juridique.
Ces ressources financières : une redevance sur la facture d’eau potable de ses administrés, des subventions de l’agence de l’eau Seine Normandie et une autre taxe régionale.
C’est le principe de libre administration, issue de la loi de décentralisation du 2 mars 1982. Art 72 de la constitution Française.

poste par JC - 2018-03-9@18:59 - Répondre à ce message
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