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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
Quelle expertise pour la qualité écologique des cours d’eau ?
par Marc Laimé, 8 octobre 2014

Les laboratoires, publics et privés, qui analysent la qualité écologique des cours d’eau en France, enjeu majeur de la DCE, exercent leur activité sous l’emprise d’une normalisation croissante des protocoles techniques, et de l’accréditation privée des laboratoires par le COFRAC, qui ont donné naissance à un véritable marché de l’expertise, au risque d’une marchandisation de la donnée. Au terme d’une enquête approfondie, dans le cadre d’un travail universitaire, un jeune ingénieur vient de dresser le tableau inquiétant de ces évolutions, qui reposent à nouveau la question lancinante de la qualité des données publiques sur l’eau en France.

Nous l’avions dénoncé avec force lors de la révélation du scandale de l’Onema. Ce travail universitaire enfonce à nouveau le clou.

Combien de temps encore le scandale des données publiques sur l’eau sera-t-il étouffé avec force déclarations lénifiantes de la DEB et de l’Onema, qui ne trompent que celles et ceux qui veulent bien se laisser abuser ?

Il faut lire absolument le mémoire de Pierre-Luc Marchal, reproduit ci-après, pour prendre la mesure de la catastrophe.

Intitulé “Surveiller à distance ? La qualité écologique des cours d’eau à la recherche de ses experts légitimes. Les négociations de l’aptitude à mesurer la qualité biologique des cours d’eau.”, ce mémoire établi dans le cadre de la dominante d’approfondissement pour l’obtention du diplôme d’ingénieur d’AgroParisTech, et du diplôme d’Agronomie approfondie, par Pierre-Luc Marchal, à l’issue d’un stage effectué six mois durant en 2014 à l’antenne de l’Irstea de Bordeaux, sous la tutelle de Gabrielle Bouleau et Cécile Blatrix, dresse un constat inquiétant des dérives qui affectent le fonctionnement des laboratoires, publics comme privés, spécialisés dans l’analyse de l’hydrobiologie des cours d’eau.

Un enjeu majeur, comme en attesta la première mesure prise par Laurent Roy (ex-DREAL PACA), tout nouveau Directeur de l’eau, décidant en décembre 2012, dans l’urgence, juste après le scandale de l’Onema, de conforter le statut des laboratoires d’hydrobiologie des DREAL…

Pour l’auteur du mémoire, qui pointe un risque patent de “marchandisation” des données, “l’appareil public de surveillance de l’état écologique des cours d’eau a pris en France l’aspect d’un marché d’expertise dans lequel interviennent de nombreux bureaux d’étude privés.

Ce marché spécifique des données biologiques sur les cours d’eau est gouverné par la normalisation des protocoles techniques et l’accréditation privée des laboratoires.

La légitimité de l’expertise résultante est contestée par les agents des services de l’état qui soulignent que ce dispositif ne permet pas d’assurer la qualité des données produites.

Les résultats de l’enquête conduite auprès des principaux acteurs de la surveillance biologique permettent d’analyser les difficultés de l’accréditation en hydrobiologie et d’éclairer les transformations de l’action publique sur les cours d’eau.”

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Quelle expertise pour la qualité écologique des cours d’eau ? Pierre-Luc Marchal IRSTEA, septembre 2014

Eaux glacées remercie et félicite Pierre-Luc Marchal et l’antenne IRSTEA de Bordeaux pour ce mémoire en tous points remarquable.

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