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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
Pyrénées Orientales : le scandale des compteurs communicants prend de l’ampleur, par Dominique Bonnard (*)
par Marc Laimé, 10 décembre 2020

Une défaillance des télérelèves des compteurs d’eau de Veolia et Saur, qui date parfois de plus de deux ans, se révèle aujourd’hui. Elle provoque une onde de choc chez les usagers sujets à des factures pour le moins contestables.

Nous traversons une période de vie particulièrement éprouvante. A la peur et aux restrictions des libertés publiques s’ajoute une précarité économique qui touche un nombre croissant d’hommes et de femmes. Ces moments sont vécus dans l’isolement avec l’atrophie des liens sociaux.

VEOLIA et la SAUR s’emploient activement à étouffer l’affaire de ce dysfonctionnement des compteurs d’eau communicants. Le silence des politiques est inqualifiable, responsables au premier chef de cet état des choses. Des factures anormalement élevées et l’absence d’interlocuteurs locaux identifiables ont engendré du stress, de l’inquiétude et des soucis d’ordre financier importants.

Le compteur d’eau « communicant ». 
Ses usages annoncés et ses usages cachés.

L’intérêt majeur mis en avant du compteur « communicant » serait de suivre notre consommation en temps réel via internet. Quel intérêt pour des citoyens qui depuis quinze ans, à l’échelle nationale, ne cessent de réduire chaque année de 1% leur consommation, conscients de la valeur de cette ressource comme du coût des services d’accès à l’eau ?

L’autre argument repose sur le fait que les services de distribution de l’eau potable sont ainsi en capacité de nous avertir en temps réel d’une surconsommation inhabituelle afin que l’usager puisse intervenir au plus vite lorsqu’il s’agit d’une fuite sur le circuit habitation ou provenant des appareils ménagers.

L’usager étant immédiatement informé par courriel ou par SMS.
Les promoteurs de ce compteur « intelligent » nous vantent le bénéfice de recevoir deux factures semestrielles « au réel » et non une sur deux en valeur de consommation « estimée » comme le mode gestion antérieur le pratiquait.

Tout ceci reste de la théorie au regard des dysfonctionnements avérés qui sont apparus depuis 2018 et que ni VEOLIA ni la SAUR ne parviennent à maitriser jusqu’à ce jour.
Lorsque votre compteur « communicant » fonctionne, il transmet et reçoit les données par réseau radio via des antennes relais. La transmission peut être perturbée par des obstacles naturels, des interférences d’ondes, des aléas climatiques, des pannes d’équipement, etc. Durant ces périodes « blanches », la consommation est de nouveau estimée ou déclarée indisponible... En cas de persistance des problèmes, on en revient au bon vieux relevé manuel des chiffres du compteur.

Ces technologies coûtent cher d’autant qu’il faut changer l’antenne radio tous les trois ans sans parler des compteurs qui tombent en panne. Il faut aussi évoquer le risque de vulnérabilité à la dégradation des antennes relais.

Evidemment, ces entreprises ont une petite idée des usages à venir de ce compteur « communicant » Les données de la vie privée du citoyen recueillies deviennent publiques du fait de la politique mise en place par le gouvernement. Elles seront revendues aux nouvelles entreprises novatrices dans le domaine des nouvelles technologies. C’est le même concept que celui employé par les compteurs d’électricité LINKY.

Imaginons dans un avenir proche, la création de tarifs variables : de jour, de nuit, de jour rouge qui correspondraient à des périodes de sécheresse ou de conflits d’usages. Une facture qui deviendrait aussi difficile à comprendre que celle d’EDF. Ce scénario est plus que probable au vu du délitement des services publics de l’eau.

Des témoignages argumentés, nombreux, nous sont parvenus.

Ceux-ci confirment un dysfonctionnement des télé-relèves qui a débuté en 2018.
VEOLIA reconnaît à demi-mot, dans un courrier adressé à notre association, sa responsabilité sur un phénomène que l’on observe sur l’ensemble de la Communauté de Communes de Perpignan Méditerranée Métropole (PMM). VEOLIA évoque l’existence de « bugs » qui seraient provoqués par des interférences d’ondes. Le manquement professionnel est plus compliqué et plus vaste que cela.

Des témoignages provenant d’usagers de la communauté de communes de la Côte Vermeille font état de situations analogues.
Les échanges entre les services clientèles des délégataires et les usagers montrent des délégataires qui évacuent toute question relative à leur responsabilité. VEOLIA et la SAUR retournent la situation en portant d’emblée, et de manière systématique, le soupçon sur des fuites après compteur et n’accordent, en cela, aucune attention à la parole de l’usager dans son récit argumentaire. Plusieurs témoignages font état du ton particulièrement désagréable ou coupant court à toute discussion de la part des services clientèles des sociétés en question.

Le discours des délégataires n’a de cesse de faire la morale en matière de protection de la ressource eau.
Ils passent sous silence les huit millions de m3 d’eau potabilisée qui se perdent chaque année dans les réseaux de distribution de P.M.M. dont le coût est intégré dans la facture de l’usager. Le volume des fuites d’eau chez l’habitant reste dérisoire comparé aux pertes abyssales produites par les gestionnaires du privé et les régies de P.M.M. Detoute manière, dans les deux cas, c’est l’usager qui paie.

Présidence de l’ agglo : la réponse du cabinet de Robert VILA n’est pas recevable.

Le Vice-président, Jean Claude TORRENS, ne répond pas aux inquiétudes et aux questions que nous avons adressées à Robert VILA. « VEOLIA vous a répondu. Nous n’avons rien à ajouter » telle est la teneur de la réponse produite par J.C. TORRENS.

Nous rappelons que c’est P.M.M. qui a fait le choix du mode de relevé électronique des compteurs. Une lettre de P.M.M. adressée aux usagers en fait foi. Il est important de rappeler que face à la loi, Perpignan Méditerranée Métropole a l’entière responsabilité de la politique menée en matière de gestion de l’eau et de l’assainissement. P.M.M. est censé diriger et exercer son contrôle sur les services publics délégués aux entreprises privées qui ne sont , théoriquement, que des exécutants.

Invitation déclinée car il n’y a rien négocier.

Monsieur LLUCH, directeur de VEOLIA pour les Pyrénées Orientales nous a invités, dans un récent courrier, à le rencontrer afin de lui faire part des dossiers de litige que les usagers nous ont adressés. Ces usagers, avant de faire appel à l’association, ont précédemment adressé leur requête à VEOLIA sans qu’aucune réponse positive ne leur soit donnée. C’est bien la raison pour laquelle les usagers se sont tournés vers notre association. En conséquence de quoi, nous déclinons cette invitation.

VEOLIA et la SAUR ne doivent pas prendre en compte seulement les usagers qui se sont fait entendre. Les délégataires doivent aller à la rencontre de TOUS les usagers de P.M.M. victimes de ces facturations incohérentes. C’est la raison pour laquelle nous invitons tous les usagers rencontrant ce type de déboires à se faire connaître auprès des délégataires et de l’association qui suivra avec attention l’évolution des contentieux.

Les dysfonctionnements sont de deux ordres

Soit les factures indiquent 0 m3 consommé durant plusieurs semestres consécutifs, puis apparaît une facture rétroactive conséquente qui prête évidemment à la controverse. Les index au moment des changements de compteur n’ont pas toujours été relevés ou effectués en présence de l’usager.

La seconde forme est, semble-t-il, la plus commune : c’est une facturation de surconsommation infondée, ceci après étude des usages, du nombre d’occupants des lieux, du contrôle de l’existence d’éventuelles fuites après compteur et au regard de la moyenne des consommations des semestres antérieurs.

Face aux contentieux générés

Nous demandons à ce que soit effectuée une régularisation des factures contestées en s’appuyant sur la moyenne des consommations des semestres antérieurs et sur la bonne foi des usagers qui auront effectué le test de fuite après compteur. Cette régularisation prendra la forme d’un remboursement du trop perçu mais ne pourra être considérée comme un avoir étant donné que les factures atteignent parfois des sommes exorbitantes ou ont engendré des difficultés financières pour l’usager concerné (découvert bancaire...).

Retrouver des interlocuteurs locaux est impératif

Le grief le plus marquant que les usagers rapportent est l’absence récurrente d’interlocuteurs locaux bien identifiés disposant des pouvoirs d’agir. Les services clientèles de VEOLIA et la SAUR proposent des correspondants situés à Nice, Toulouse, Montpellier.

Dans un courrier daté du 14 octobre 2020 adressé à Robert Vila, Président de Perpignan-Méditerranée-Métropole, nous lui disions :
« .../Il est inconcevable que l’usager ne puisse entrer en communication avec un interlocuteur local du délégataire gestionnaire d’un Service Public local. Les services vocaux tout comme le service clientèle de VEOLIA sont délocalisés. Ces interlocuteurs sont dans l’incapacité d’appréhender les situations locales afin de pouvoir apporter les réponses appropriées. Cette politique de mise à distance l’usager exercée par VEOLIA est intentionnelle. Ce principe de mise à distance est devenu chose courante dans la gestion des communications entre les pouvoirs politiques et économiques à l’égard du citoyen. A terme, cela ne peut qu’être gravement préjudiciable pour la vie publique et la démocratie.

Les tracasseries, les frustrations, les colères que suscitent ces procédés engendrent du ressentiment social qui est la porte ouverte aux démagogies et aux extrêmes de tous ordres.

C’est donc avec gravité que nous prenons date avec vous, Monsieur le président, en vous demandant d’exercer votre autorité politique auprès de vos sous-traitants VEOLIA et la SAUR afin que soient respectés les principes fondateurs qui régissent le Service Public. »

Mais l’interlocuteur premier du citoyen demeure l’élu qui lui aussi, trop souvent, se défausse sur l’entité politique supérieure. Les maires de la communauté de communes présidée par Robert VILA sont les acteurs de la politique de l’eau qui est menée. Les délégataires ne sont que les exécutants de cette politique. Il est donc fondamental et légitime que l’usager puisse interpeller son maire face aux problèmes qu’il rencontre et aux questions qu’il se pose.

Les usagers se sont retrouvés devant un fait accompli avec l’installation des compteurs « communicants » .
Ils n’ont pas été associés à ce choix.
Chaque citoyen doit savoir qu’il est en droit de refuser ce type de compteur.

Pour conclure provisoirement

Depuis la mise sur la place publique du scandale de factures exorbitantes,VEOLIA s’agite afin d’étouffer l’affaire. A notre connaissance, l’entreprise a engagé un porte à porte au domicile des usagers qui contestent leurs factures. Les procédés employés par VEOLIA prêtent suffisamment à interrogation pour que prochainement nous en rendions compte. Nous déplorons que des usagers qui nous avaient contactés aient cédé au choix d’une solution individuelle de court terme s’accommodant ainsi d’arrangements pour le moins équivoques.

Le choc de l’épidémie de Covid et les traumatismes qui s’en sont suivis nous ont rappelés aux valeurs cardinales de la vie : les liens sociaux, l’entraide, la coopération, la solidarité et la fraternité.

VEOLIA et consorts s’adressent à l’usager en le qualifiant de « consommateurs », de « clients ». celui-ci demeure « client-roi » aussi longtemps qu’il paie sans rechigner.Le ton change instantanément lorsque apparaît une contestation.
Pour notre part, nous nous sommes toujours adressés à « l’usager- citoyen » en appelant chacun à s’extraire d’une condition passive de victime pour devenir acteur de ses choix de vie. Nous croyons au pouvoir du citoyen et à la puissance de l’action commune afin de transformer un temps présent dont il appartient à chacun de se saisir.

Chaque citoyen doit savoir qu’il est en droit de refuser ce type de compteur.

Contrairement au compteur LINKY, le compteur d’eau communicant n’est pas soumis à obligation.
Tout usager peut s’opposer à son installation.
L’usager doit dresser son refus par écrit au délégataire par lettre recommandée avec accusé de réception et en informer son maire en joignant une copie du courrier en question.

De même, vous pouvez vous opposer à un compteur « communicant » déjà en place alors que vous n’en aviez pas émis la demande. Vous pouvez exiger la réinstallation d’un compteur non communicant. Vos relevés seront effectués par un agent de l’entreprise gestionnaire comme cela se faisait auparavant. Les modèles de lettres de refus et de réinstallation d’un compteur initial sont disponibles sur le site de l’association. »

(*) Pour l’association des Usagers de l’Eau des Pyrénées Orientales,

Le président, Dominique BONNARD

Amélie les Bains/Palalda le 5 décembre 2020

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Formulaire contact de l’association d’usagers -.

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commentaires

1 Pyrénées Orientales : le scandale des compteurs communicants prend de l’ampleur, par Dominique Bonnard (*)

Pas certain que le compteur soit refusable... tout va dépendre du règlement de distribution local, mais le compteur faisant en général partie de la partie publique du branchement, il ne relève pas de l’usager/client et n’est donc pas choisi par ce dernier.

Sinon, morale de l’histoire : surveillez vos factures !

poste par Feup - 2020-12-10@17:48 - Répondre à ce message
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