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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
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Privas : audience exemplaire au procès des militants anti-Round Up
par Marc Laimé, 5 octobre 2016

Les deux militant(e)s Faucheurs volontaires, à qui il était reproché leur participation à une action anti glyphosate effectuée dans deux supermarchés de la ville le 19 mars 2016, fortement soutenus par trois cent personnes rassemblées devant le Tribunal de grande instance, ont pu, lors de l’audience qui s’est tenue le vendredi 30 septembre, longuement dénoncer la dangerosité des produits qu’ils mettaient en cause devant un tribunal attentif aux plaidoyers de témoins de la défense dont les interventions condamnaient sans équivoque l’usage trop longtemps toléré des produits incriminés.

Huit comparants volontaires avaient déclaré vouloir être jugés à l’égal des deux seuls prévenu(e)s poursuivis, requête rejetée par le président du Tribunal.

Les prévenu(e)s encouraient 75 000 € d’amende et 5 ans de prison, et de l’ordre de 2 500 à 3 500 € de dommages et intérêts.

Quatre éminents témoins étaient cités à la barre par Me Guillaume Tumerelle, assistée de Mtre Aude Dessin, défenseurs des Faucheurs :

- Paul Bousquet, médecin ardéchois membre d’Alerte Médecins Pesticides ;

- Leïla Jenkins, militante argentine contre les OGM et les pesticides ;

- Frédéric Jacquemart, biologiste, président de la FRAPNA Ardèche et ancien membre du Haut Conseil aux Biotechnologies ;

- Joël Spiroux de Vendômois, médecin, chercheur et président du Comité de recherche et d’information Indépendante sur le génie génétique.

Qui ont apporté de nombreuses informations scientifiquement très étayées sur la nocivité de la molécule glyphosate, et la dangerosité des produits vendus, accrue de plusieurs centaines à plusieurs milliers de fois par les coformulants.

Illes ont aussi dénoncé les défauts sidérants des procédures d’évaluation au niveau européen et national, et les conflits d’intérêt flagrants dans les instances décisionnelles, ou encore alerté sur l’ampleur des catastrophes sanitaires en cours, ici, et surtout dans les zones géographiques plus touchées encore, comme l’Amérique du Sud.

Illes ont manifesté chacun-e à sa manière leur solidarité avec les prévenus, en soulignant leur rôle de lanceur d’alerte et la nécessité de toucher les citoyens par des gestes allant au-delà de la simple information : publications, conférences, diffusions de tracts ne suffisent pas ou plus, face à l’urgence et à une décision politique captive des lobbies économiques.

L’audience et la journée ont été assez exceptionnelles. Pas moins de trois heures dans la salle. Le président du Tribunal a posé beaucoup de questions, certaines d’ordre philosophique et politique, montrant un réel intérêt pour comprendre, tant le fond du dossier, que l’engagement militant des Faucheur-euse-s.

Après l’audition du dernier témoin, il a remercié Mme le Procureur d’avoir permis la tenue de ce procès…

Le plaignant, P-DG du Bricomarché d’Aubenas, n’a pas non plus perdu sa journée. Il n’a demandé que 500 € de dommages et intérêts (+1 € symbolique) et a déclaré qu’il cesserait progressivement de vendre ces produits, dont il n’avait pas connaissance de la dangerosité. Il en a reparlé ensuite avec Frédéric Jacquemart. Belle victoire...

Les réquisitions du Procureur sont très symboliques : 200 € d’amende avec sursis pour chacun des prévenus.

Si elles rappellent que pour le Parquet une infraction caractérisée ne doit pas rester impunie, elles reconnaissent la légitimité de l’action.

La plaidoirie très argumentée de Me Tumerelle s’est conclue par plusieurs demandes adressées au Juge :

- La remise en cause des procédures d’évaluation en droit français pour tenter d’atteindre la validité des autorisations de mise sur le marché ;

- La remise en cause des évaluations au niveau européen avec une demande de question préjudicielle à la Cour de Justice de l’Union Européenne ;

- Une relaxe en raison de la nullité des autorisations de mise sur le marché. Les produits incriminés n’auraient pas du être disponibles à la commercialisation ;

- Une relaxe pour défaut d’élément intentionnel : absence d’intention de commettre un délit ou même de dégrader un herbicide, mais objectif de signaler un produit dangereux pour la santé et l’environnement ;

- Une relaxe en raison de l’état de nécessité ;
- Une dispense de peine.

Jugement le 4 novembre.

CONTACT :

Collectif ardéchois des Faucheuses et Faucheurs Volontaires d’OGM :

faucheursvolontaires07@laposte.net

Blog : http://NOGM.effraie.org

Fb : Faucheurs-volontaires Ardèche

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commentaires

1 Privas : audience exemplaire au procès des militants anti-Round Up

C’est une audience exemplaire effectivement. Mais ne serait-ce pas parce qu’elle a eu lieu à Privas ?
Je pense qu’une audience similaire à Paris avec un cortège de journaleux, on aurait eu droit à une tout autre issue, et les lobbystes Monsanto ou Bayer aurait sans doute sorti l’artillerie lourde.
Je suis pessimiste, mais on peut tout de même espérer que ça finisse par aller dans le bon sens...

poste par Damien - 2016-10-7@08:31 - Répondre à ce message
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