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Pollutions agricoles en Bretagne : le facteur démographique
par Marc Laimé, 7 septembre 2011

Dans un reportage intitulé « La Bretagne, pays de cocagne », publié le 6 septembre 2011, Pierre-Henri Allain, correspondant de Libération dans l’Ouest, soulignait un fait majeur, qui pourrait représenter le plus ferme espoir de voir enfin s’interrompre le cauchemar des pollutions d’origine agricole qui défigurent la Bretagne depuis des décennies : le regain démographique considérable des campagnes qui bénéficie à tous les territoires ruraux, et pourrait conduire la Bretagne à passer de 3,1 millions d’habitants à 3,9 millions à l’horizon 2040...

Si cette hypothèse de véritable explosion démographique se confirme, les termes du débat vont s’en trouver considérablement modifiés, puisque les représentants de la profession agricole devront nécessairement négocier avec ces « nouveaux arrivants », qui vont aussi peser d’un poids décisif sur les arbitrages politiques à venir, de plus en plus contraints par les aspirations de ces « nouveaux ruraux »…

La question du modèle agricole breton va donc s’en trouver radicalement modifiée. Comment concilier la présence de 3 millions de bovins, 17 à 18 millions de porcs et plus de deux cent millions de volaille, dont on sait par exemple qu’ils sont clairement à l’origine de la prolifération des algues vertes, avec ce souci de vivre dans un environnement préservé, qui est l’un des facteurs clés de cette explosion démographique ?

Même si le poids écrasant de l’agro-alimentaire, avec un chiffre d’affaires annuel de 18 milliards, d’euros pèsera encore longtemps sur les orientations économiques de la région ?

Encore sous estimé ce facteur démographique va nécessairement peser de plus en plus sur les réflexions et évolutions en cours, comme on le pressent clairement à la lecture de l’excellent reportage de Libération :

« (…) Toutes les campagnes de la région, jusqu’aux plus reculées, se repeuplent depuis dix ans. « Fin 2007, 2 185 000 Bretons [sur 3 150 000, ndlr] vivaient à la campagne, indique l’Insee dans une étude publiée en janvier incluant la périphérie des villes.

Pour la première fois depuis quarante ans, le regain démographique récent des campagnes a profité à presque tous les territoires ruraux, y compris les plus éloignés des villes. »

Et l’Insee d’insister : « Même les terres les plus rurales du cœur de la région sont concernées. » Résultat, « après vingt-cinq ans de stagnation », le solde naturel (la différence entre nombre de décès et de naissances) dans le monde rural breton est redevenu positif.

Entre 2002 et 2007, 260 000 personnes venues de toute la France se sont installées dans les campagnes de la péninsule. Principalement des jeunes adultes (de 25 à 39 ans) avec des enfants, mais aussi des jeunes retraités. L’exode rural n’a pas pour autant cessé, notamment celui des 18-25 ans qui s’en vont toujours dans les villes poursuivre leurs études supérieures.

« Il y a eu un retournement de tendance complet au tournant des années 2000, souligne Carole Rieu, chercheuse à l’Insee. Les Bretons aiment beaucoup la maison individuelle. Ils recherchent une meilleure qualité de vie. Les contraintes financières dans l’accès à la propriété près des villes expliquent ces migrations. On a un peu l’impression d’une diffusion du périurbain vers le rural le plus profond. »

La Bretagne offre, il est vrai, quelques attraits propres à attirer des gens de tout le pays : un maillage routier dense permettant de se rendre rapidement d’un point à un autre, un réseau important de villes moyennes susceptibles de proposer des emplois. Plus une industrie agroalimentaire dispersée en milieu rural. (…) Le phénomène n’est pas près de s’interrompre. Selon les projections de l’Insee, la Bretagne devrait connaître d’ici à 2040 l’une des plus fortes progressions démographiques parmi les régions françaises, passant de 3,1 millions à 3,9 millions d’habitants. »

La question du tourisme

Comme en écho, le Comité départemental du tourisme des Côtes d’Armor annoncera le 14 septembre que la mort très médiatisée de sangliers intoxiqués par des algues vertes putréfiées sur le littoral des Côtes d’Armor a causé un fort manque à gagner pour le tourisme local cet été.

« Globalement, on peut estimer une perte directe de dépense touristique (hébergement, loisirs) à plus de 800.000 euros », indiquait Côtes d’Armor Tourisme dans un communiqué.

Huit pour cent des hébergeurs du département ont noté des annulations de séjours, en particulier sur le littoral, où certains campings ont signalé jusqu’à 50 annulations représentant un préjudice de 7000 €.

Les hôtels n’ont pas été épargnés, avec de 5 à 10 annulations par établissement le cas échéant, selon cette source.

Sur l’ensemble du département, « un hébergeur sur deux a été interrogé par des clients sur les algues vertes », relève cette étude à laquelle 430 professionnels du tourisme ont répondu, soit 20% du panel interrogé.

De même, 87% des offices du tourisme des Côtes d’Armor ont indiqué avoir été interrogés sur le phénomène.

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