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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
Petit ours (brun) au pays de l’internet : Bruno Mégret « auditeur » du site internet du Conseil général de l’environnement et du développement durable…
par Marc Laimé, 26 août 2009

M. Bruno Mégret, homme politique français, responsable du Front National, puis fondateur du Mouvement national républicain (MNR), a mis un terme à sa carrière politique en mai 2008. Après avoir annoncé dans un communiqué qu’il se « mettait en réserve de la vie politique », il travaille désormais pour un grand groupe français du BTP à l’étranger. Polytechnicien, diplômé de l’Université de Berkeley, diplômé de l’Ecole des Hautes études de la défense nationale, M. Mégret appartient aussi (Ingénieur en chef), au prestigieux corps des Ponts et Chaussées. C’est en sa qualité de membre de l’Inspection générale des Ponts et Chaussées qu’il s’est vu confier par le président de ladite Inspection en 2007, puis 2008, la mission « d’auditer », en premier lieu le rapport annuel du Conseil général de l’environnement et du Développement Durable, puis le site internet du CGEDD, nouvel organisme « transversal », créé au sein de l’hyper-ministère de l’Environnement de M. Jean-Louis Borloo. Baume bienvenu sur les plaies ouvertes du peuple de gauche, la lecture de ces deux rapports convaincra sans peine les opposants au gouvernement de M. Sarkozy que l’hymne au « travailler plus » est décidément une billevesée…

La chronique française des « vrais-faux » rapports s’illustrait jusqu’à présent par le précédent calamiteux du rapport prêté à Mme Xavière Tiberi, épouse de l’ex-maire (RPR) de Paris, qui avait valu au couple de pâtir des foudres de la justice.

Rien à craindre de ce côté pour ce qui concerne les deux rapports commis par M. Bruno Mégret.

D’une part, ils lui ont été commandés par le président de la prestigieuse Inspection générale des Ponts et Chaussées, M. Claude Martinand, aujourd’hui président du Conseil général de l’environnement et du développement durable du ministère de l’Environnement. Une sorte de Gosplan, issu précisément de la fusion en 2008 du Conseil général des Ponts et chaussées et du service de l’Inspection générale de l’environnement.

Une navrante facilité journalistique conduit les gazettes à souligner malignement depuis des lustres que M. Martinand est issu du Parti communiste français.

Les mêmes gazettes omettent le plus souvent de préciser que M. Martinand préside aussi depuis une éternité l’Institut de la gestion déléguée, véitable clône de l’Heritage Foundation et autres « think tanks » états-unien ultra-libéraux, qui oeuvrent depuis trente ans à la privatisation de tout ce qui peut l’être, avec les résultats que l’on a pu apprécier dans la période.

A cette aune, l’Institut de la gestion déléguée n’a aucunement démérité, tant il réussit à pousser les feux, surtout depuis deux ans, de la privatisation de tout ce qui peut encore l’être en France.

La commande de ces deux rapports à M. Mégret répondait probablement à des soucis de statut et de carrière, ce que nous nous garderons de chipoter, attachés comme nous le sommes aux acquis de la Fonction publique, et des grands corps (malades) qui en assurent le rayonnement sur toute la planète.

Leur lecture attentive nous a toutefois rapidement convaincus que nous étions décidément entrés dans une ère où nous devons nous attendre à ce que les medias nous annoncent que M. Jean-Marie Bigard va soutenir une thèse sur Heidegger au Collège de France, ou que M. Morandini va présider un colloque solennel à Cerisy-la-Salle, qui verra Mme Christine Boutin débattre avec Mme Judith Butler de l’idéologie « butch » dans les pornos amateurs diffusés par Dailymotion.

Une ère dans laquelle les militants des Verts réunis en université d’été à Nîmes sont conviés par leurs dirigeants à applaudir en séance plénière Mme Geneviève Ferrone, responsable du développement durable de Veolia, qui évoque longuement Rimbaud, en illustration de "l’engagement" d’une entreprise "citoyenne"...

A la réflexion toutefois la lecture de ces rapports, qui convaincra par ailleurs sans coup férir les sympathiques zyvas de troisième technologique de la Seine-Saint-Denis qu’ils seront demain Chief executive officer de Google, a aussi l’incomparable mérite de rasséréner le « peuple de gauche », abîmé dans les affres effroyables dont se gausse Le Figaro.

Dans la perspective des élections présidentielles de 2012 le microcosme politico-journalistique se plaît à augurer que l’UMP va dupliquer, avec des moyens considérables, la « Net-campagne » triomphale de M. Barack Obama.

Aussi longtemps qu’à l’instar de M. Jean-Louis Borloo, l’actuelle majorité présidentielle aura recours à des « experts » d’internet du calibre de M. Mégret, tous les espoirs demeurent permis.

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L’audit de l’évolution du contenu du rapport annuel du CGPC
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L’audit du site internet du Conseil général de l’environnement et du développement durable

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