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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
Paris Xème arrondissement : Y a qu’à faucons ! par Alain-Claude Galtié
par Marc Laimé, 3 octobre 2017

Samedi 30 septembre. Un super-prédateur pour les oiseaux de Paris. Ecologie et démocratie. Terreur dans l’écosystème affaibli. Déficit d’information et intérêts obscurs. Fermez le ban !

Place du Buisson Saint Louis, 14 heures. Une petite place plantée d’arbres avec, c’est vrai, de nombreux pigeons bisets. Quelqu’un vient de jeter un paquet de graines. Il est dans le tempo : juste avant l’arrivée des journalistes et des curieux. Sans doute un provocateur.

Un stand annonce la présentation de l’opération Peur sur la ville. Donc, malgré les mises en garde et la diffusion d’information, malgré les 18 000 signatures de la pétition à ce moment (presque 20 000 maintenant), la mairie s’obstine. Cela seul est très intéressant et suscite quelques questions.

Arrive un fauconnier avec un seul faucon, mais un faucon gerfaut ! C’est une grande espèce étrangère à la France puisqu’elle ne se rencontre que dans les parties septentrionales de l’Europe, de l’Asie et de l’Amérique.

Un élu du Xème commence un discours pile à l’heure. Il dit participer au conseil de Paris… Voilà qui est très curieux puisque le conseil de Paris a enfin décidé, il y a un an, de protéger activement les petits oiseaux, en particulier les moineaux. Ne voit-il pas la contradiction ? Ben non. Il n’y a donc pas encore, chez ces élus, de compréhension de toutes les données du problème.

Quand ils pensent pigeons, en tout cas à cet instant, ils oublient que le ciel de Paris est occupé par d’autres espèces que les bisets et que leurs décisions engagent la vie de ces populations dont ils ont la charge (1).

Mais, ces gens qui ne tiennent pas compte des avis différents comprennent-ils les autres vies, et le vivant, dans leur démocratie ? Apparemment pas. Pourtant, les autres êtres vivants - chacun et ensemble -, s’expriment aussi à leur façon : ils prospèrent ou s’effondrent. L’heure étant à l’effondrement planétaire, nous sommes fixés sur les déficiences des décideurs.

L’élu poursuit en répétant plusieurs fois qu’il s’agit d’une opération "atypique, innovante et originale". Atypique, c’est le moins que l’on puisse dire ! Mais innovante et originale, hélas non. Toutes les autres tentatives similaires de notre connaissance se sont soldées par des pertes irréparables chez les petits passereaux.

C’est au tour du fauconnier qui, comme l’élu, tente de composer avec l’opposition qui s’est levée et affiche à cette heure une très forte participation. Il tente de convaincre en présentant sa méthode et en assurant qu’il n’y aura pas de capture, juste un "effarouchement".

Avec un gerfaut, c’est un euphémisme ! Pas besoin d’être un expert, on voit au premier coup d’oeil que, par rapport à la taille des oiseaux parisiens, il s’agit d’un prédateur aussi exotique que disproportionné.

Le gerfaut fait plus de 50centimètres de la tête à la queue, a une envergure nettement supérieure au mètre et pèse plus d’un kilo (un pigeon biset pèse moins de 300 grammes). Et, s’il a presque la taille d’une buse, il est surtout aussi rapide que le faucon pèlerin et plus puissant. D‘après les fauconniers, il peut tuer des lièvres et précipiter au sol un héron. Sûr que les pigeons seront "effarouchés" et sans doute plus !

Quant aux autres espèces, celles qui sont déjà en très grande difficulté et qu’il faut absolument protéger – comme le dit le Conseil de Paris (!) -, même s’il n’y a pas de captures elles seront au minimum terrorisées. En effet, bien qu’il ne soit pas trop difficile de l’imaginer, c’est une donnée curieusement négligée : les oiseaux soumis à un stress intense dépérissent et ne se reproduisent plus.

Moineaux de Paris

Moineaux de Paris

Et le fauconnier d’ajouter à l’attention des critiques, que les pigeons de ce secteur sont tellement nombreux qu’ils ont chassé les autres oiseaux, que donc les moineaux reviendront après la réduction des pigeons. Lâcher des rapaces pour faire revenir les petits passereaux, ça on ne nous l’avait jamais fait !

Or, justement, des habitants nous disent qu’à deux pas de là (200 mètres tout au plus), des moineaux, des mésanges, et même des chardonnerets viennent les visiter. Organiser des meetings aériens avec des faucons est bien la plus mauvaise idée qui soit.

Il y a maintenant beaucoup de simples curieux venus pour voir le faucon, pour profiter du buffet aussi. Leur méconnaissance du sujet est complète. Quand ils apprennent la mise en danger des moineaux et autres petits oiseaux, ils commencent à froncer les sourcils et s’étonnent, car tous se sont aperçus de la raréfaction des moineaux, ou en ont entendu parler, et la déplorent.

Il semble qu’il n’y ait pas d’anti-pigeons butés sur "la solution faucons", ou alors, comme les gens de la municipalité qui se distinguent par leur formation groupée-serrée, comme pour se défendre, c’est qu’ils se tiennent soigneusement à l’écart des discussions informées.

Car, comme le laissait présager cette malheureuse initiative menée simultanément avec l’enlèvement du pigeonnier régulateur du Faubourg St Denis (2), la petite troupe de la mairie a une attitude fuyante et refuse tout échange constructif. Curieux spectacle que les organisateurs d’une rencontre conviviale affichant leur fermeture.

(1) Et, pourtant, il y a tout juste 1 an, après si longtemps de mauvaises actions, nous avions cru à une prise de conscience :

Opération moineaux : Paris va nous offrir des nichoirs

Ils sont petits, mignons comme tout et leur chant ferait passer Paris pour un petit village de campagne. Mais ils ne seront surtout bientôt plus là. Depuis quelques années, les moineaux fuient progressivement la capitale à la recherche d’un air plus propice.

Et ça, la mairie de la ville ne l’accepte pas. Sur une proposition du groupe écologiste, le Conseil de Paris a décidé, le 4 octobre dernier, d’offrir des nichoirs à moineaux et des arbres aux particuliers, syndicats de copropriétaires et bailleurs disposant d’un jardin. Une mesure qui fait écho au plan de végétalisation de la capitale et qui envisage de multiplier les lieux de nidification pour les moineaux dans les espaces verts. (...)

http://www.hellodemain.com/urbanism...

(2) justement la solution pérenne la plus douce et la plus efficace. Probablement la moins onéreuse aussi – à condition d’être mise en œuvre correctement :

- Sur la gabegie du "dépigeonnage"

http://www.ambassadedespigeons.com/...

- Du bon usage des pigeonniers

http://cousin.pascal1.free.fr/avant...

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