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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
FLUX
Municipales (28) : A Cholet et dans le Maine-et-Loire, les usagers se mobilisent
par Marc Laimé, 15 février 2008

Nous relations il y a peu le cri d’alarme des usagers du Maine-et Loire qui, s’appuyant sur une récente étude de la DDAF, dénonçaient le surcoût de la gestion privée de l’eau et de l’assainissement dans le département. Créée en février 2007, l’association Choletais eau Secours intensifie sa mobilisation et interpelle les élus, comme le relatait l’édition locale d’Ouest-France, dans son édition du 15 février 2008.

Nos confrères du grand quotidien aux origines démocrate-chrétiennes relaient prudemment les interrogations qui émergent dans la période. Il est vrai que le départ du directeur de la rédaction, Didier Pillet, débauché par La Provence, que Lagardère vient de revendre au nouveau groupe du fils du défunt propriétaire du Figaro, n’incline sans doute pas à s’enflammer, en cette période confuse, pour les thèses des boute-feux du service public… (It’s a private joke, eu égard au courage dont a fait montre l’an dernier Didier Pillet, en dénonçant les dérives du modèle agricole breton).

Bref, Ouest-France s’interroge donc prudemment, en titrant dans son édition choletaise du jour : « Le prix de l’eau au robinet est-il trop élevé ? »

A l’heure où le pouvoir d’achat, « je vous le dis comme je le pense M. Pernaut » agite les villes et les champs, voilà qui est astucieusement amené.

Ensuite çà se gâte, hélas :

« A l’approche des élections, la question de la gestion de l’eau émerge. La collectivité doit-elle continuer à déléguer ce service ou le prendre en régie ? » On dirait Le Monde ! Enfin avant, à l’époque héroïque des balancement jésuistiques, je vous parle d’un temps… Bon, je m’égare, revenons à nos robinets.

Notre ami, non pas jésuite, mais de lointaine ascendance démocrate-chrétienne de Ouest-France, insiste (lourdement) :

« Paie-t-on l’eau trop cher ? Vaut-il mieux que l’eau du robinet soit gérée directement par la communauté d’agglomération plutôt que par une société privée comme la Lyonnaise des eaux ou Véolia (ex-Générale des eaux) ? La question mérite d’être posée car le contrat qui lie la communauté d’agglomération du Choletais à la Lyonnaise des eaux va arriver à échéance. »

Euh, elle ne mérite pas seulement d’être posée parce que le contrat va arriver à échéance, elle existe en soi…

Enchaînons.

« Les régies sont-elles moins chères ? Une enquête de Que Choisir ?, magazine de défense des consommateurs, note que « la régie municipale semble plus intéressante pour les usagers. Corsetés dans des contrats signés pour vingt ans, voire trente, certains élus semblent préférer défendre des tarifs exorbitants plutôt que de reconnaître la surfacturation historique dont les usagers sont victimes », explique le mensuel de l’association.

Là notre ami d’Ouest-France redevient jésuite, la régie ne « semble » pas plus intéressante, elle l’est sans conteste comme l’établissent sans fioritures les kilotonnes de rapports officiels pondus depuis vingt ans !

Retour à la « proximité », mamelle de la PQR :

« Au niveau du Maine-et-Loire, un document de la Direction départementale de l’agriculture et de la forêt (Ddaf), montre que pour une facture de 120 m3, le prix de l’eau varie du simple au triple selon les collectivités, la moyenne étant de 170 € en régie et de 230 € en affermage. »

Qu’est-ce qu’on vous disait ?

« Où en est le prix de l’eau à Cholet ? poursuit Ouest-France.

« L’association Choletais eau secours constituée en février 2007, a tiré la sonnette d’alarme en montrant que le prix de l’eau à Cholet, en 2004 (3,22 € pour 120 m3) est plus élevé que la moyenne nationale (3,01 €). En décembre 2006, pour la même quantité, le prix était de 3,54 €, dont 1,90 € pour la distribution de l’eau potable et 1, 64 € pour la collecte et le traitement des eaux usées. Les tarifs sont plus élevés dans les communes voisines de Cholet.

« On peut légitimement s’interroger sur l’intérêt pour les usagers de se voir distribuer l’eau par les grandes compagnies privées, note Aurélie Sevet, présidente de l’association, dans une lettre adressée à Gilles Bourdouleix, président de la Cac. Surtout lorsque le groupe Suez, dont la branche environnement détient la Lyonnaise des eaux, indique dans son rapport annuel de 2006 qu’il a voté la distribution de 1,53 milliard d’euros de dividendes à ses actionnaires. »

Voilà qui est bien envoyé et semble laisser notre homme coi, quoique non puisqu’il négocie immédiatement une chute en forme de disparition de la question dans des sables mouvants :

« Un constat unanime contre les affermages ?

« Non, la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies réfute l’étude de Que choisir ? en expliquant qu’elle néglige « de prendre en compte les coûts liés à la sécurité et à la protection des ressources » et qu’elle ne tient pas compte des « coûts supplémentaires liés à une épuration performante ».

C’est pas bien de défendre le grand Kapital avec des arguments aussi éculés !

« Le débat est lancé. Paul Huvelin, vice président de la communauté d’agglomération, chargé de l’eau, s’explique. Gildas Guguen et Franck Loiseau de la liste « Ensemble, vivre Cholet » ont un autre point de vue. »

Espérons que notre ami Michel Caillard, d’Ouest-France, après avoir "lancé le débat", va poursuivre sa passionnante enquête.

Et tous nos encouragements à Choletais eau secours.

Le dossier des municipales :

Les mobilisations pour l’eau dans plusieurs dizaines de villes françaises

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