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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
Menaces sur le Marais Poitevin, par Jacques Palmaire
par Marc Laimé, 2 février 2022

La 2ème zone humide de France, le Marais Poitevin (+ 100 000 ha), est gravement menacée, ainsi que sa façade maritime aux ressources si importantes*. Depuis 4 ans, des manifestations réunissent des milliers de personnes protestant contre la dégradation de l’environnement et les prélèvements abusifs d’eau douce. Or, on vient d’apprendre l’imminence de publication de l’arrêté modificatif valant règlement d’eau des ouvrages structurants des marais mouillés de la Sèvre niortaise, du Mignon et des Autises.

Ancien golfe comblé de limons, le Marais Poitevin a fait l’objet depuis mille ans d’aménagements hydrauliques (polders et drainage) successifs mais, depuis 1980-90, son petit bassin-versant de 6000 km², composé de 3 cours d’eau mineurs (Lay, Vendée, Sèvre niortaise) sur 3 départements (85, 79, 17), de plus en plus soumis aux sécheresses ou inondations récurrentes (changement climatique), est surexploité par les prélèvements d’eau dans les nappes phréatiques pour l’irrigation du maïs en agriculture intensive pour l’exportation et, maintenant, pour la méthanisation.

Or ce sont ces nappes karstiques des plaines périphériques qui alimentent les sources de bordure du marais et maintiennent les niveaux d’eau douce grâce à une gestion coordonnée des ouvrages aujourd’hui attaquée.

Sous la pression de la menace environnementale (dégradation des zones humides, de la qualité de l’eau, de ses niveaux, des habitats pour la biodiversité...) et interpellé depuis 30 ans par la population en raison du non respect des directives environnementales européennes, l’Etat a été obligé de créer une petite administration spéciale, l’EPMP**, après la suspension du label de Parc Naturel Régional, label regagné depuis grâce à des subterfuges administratifs.

Mais dans son soutien actuel au productivisme agricole, l’Etat ne donne aucun moyen sérieux pour mieux gérer l’eau et, a contrario, accorde dérogations de pompage et finance l’installation de "bassines" ou réserves de substitution, grands réservoirs de surface plastifiés allant jusqu’à 20 ha, pour substituer le pompage estival en nappe par un pompage d’hiver avec stockage.

Ces investissements très coûteux, financés à 70% par l’Agence de l’eau et l’usager du service public, sont réservés à quelques gros agriculteurs industriels. C’est une injustice et un gaspillage d’argent public.

La gestion des "bassines" en Vendée et en Charente-Maritime (où elles sont illégales depuis 12 ans) et leur installation en cours en Deux-Sèvres montrent de nombreuses défaillances (pollutions, non respect des niveaux et des rythmes de recharge des nappes, assecs des rivières, impact sur les zones humides Natura 2000 dont les tourbières alcalines si rares, coûts disproportionnés...) qui contrastent avec l’affichage optimiste de l’administration.

Il y a manifestement tromperie et perpétuation des atteintes à l’environnement sans inverser le mode de gestion de l’eau du Marais Poitevin vers une plus grande durabilité comme en témoignent l’état des rivières à sec (Mignon, Autizes).

Plus grave, la concentration foncière des grandes exploitations agricoles s’accompagnent d’une main mise institutionnelle par des montages sociétaires (Sociétés coopératives anonymes de l’eau) qui se disséminent dans tout l’Ouest de la France, où les parts sociales souscrites sont fonction d’un gel des autorisations administratives de prélèvements d’eau ce qui sanctuarise de potentiels "droits d’eau" illégitimes, illégaux et inégalitaires au travers d’une gestion collective en trompe l’oeil.

En même temps, la gestion inter-départementale coordonnée des Marais Mouillés est mise à mal par des tentatives d’individualisation départementale de cette gestion ce qui risque de créer une anarchie hydraulique et de plus graves atteintes à l’environnement dans cet espace si fragile.

Les nombreuses mobilisations écologiques en cours empêcheront-elles le scénario du pire face à un Etat irresponsable, aligné sur le syndicalisme agricole productiviste majoritaire, et une Europe absente qui préfère perpétuer une PAC (Politique agricole Commune) ayant montré ses graves défaillances pour les milieux naturels et les territoires en renonçant à ses politiques de l’eau et de l’environnement voire climatiques malgré des engagements médiatiques ?

(*) Baie de l’Aiguillon et pertuis charentais, 20% de la mytiliculture française + ostréiculture.

(**) Etablissement Public du Marais Poitevin.

Nouveau règlement d’eau

On vient d’apprendre l’imminence de publication de l’arrêté modificatif valant règlement d’eau des ouvrages structurants des marais mouillés de la Sèvre niortaise, du Mignon et des Autises.

Rappel de l’enjeu : coordination hydraulique inter-départementale ou individualisation hydraulique par département pour gérer les volumes, les niveaux et les débits dans l’ensemble du Marais Poitevin.

Au détour d’une annexe d’un rapport CODERST (Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques, sous l’autorité du préfet), on apprend que :

• 666 voix contre le projet d’arrêté, 1 seule voix pour... à la consultation publique.

• Le CODERST 79 est défavorable au projet d’arrêté,

• mais le CODERST 17 y est favorable d’une courte tête.

Logiquement, l’arrêté ne devrait pas être promulgué. Mais les CODERST, structures consultatives, n’émettent que des avis.

Le pouvoir de décision revient au préfet coordinateur de bassin, en lien avec les préfets départementaux.

• Mais le SGAR (Secrétariat Général aux Affaires Régionales, Préfet de Région Nouvelle Aquitaine) aurait annoncé que cela ne changeait rien : l’arrêté va être quand même pris.

• Le SGAR Pays de Loire devrait donc suivre pour la Vendée.

Les enjeux pour les zones humides, les cours d’eau (Mignon, Curé... d’abord), les inondations et les sécheresses, la biodiversité, le littoral (paysans de la mer), le tourisme, etc... sont colossaux.

• C’est la porte ouverte au "bassinage" généralisé !

• Ce n’est même plus un enterrement du Protocole, mais c’est une crémation ! C’est extrêmement grave. Que faire ?

NB : "Pouvoirs alloués aux préfets sur la gestion locale de l’eau, délégué interministériel dédié, assurance récolte…" Les conclusions du « Varenne de l’eau » confirment la reprise en main de la gestion de l’eau au profit de l’agriculture intensive.

https://reporterre.net/Eau-le-gouve...

SGAR .

https://www.prefectures-regions.gou...

https://www.prefectures-regions.gou...

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commentaires

1 Menaces sur le Marais Poitevin, par Jacques Palmaire

c’est évident !!!à force de tirer sur les exploitations familiales par des normes disant tout et son contraire ....pour les obliger à couler....on fait les choux gras des financiers et de l’agriculture intensive, donc de l’agro alimentaire .....pas besoin d’être énarque ou de sortir d’un think tank pour le savoir !!!!
à force de se tromper de cible !!!!
il faut couler, que dire racketter ..... les petits pour le tourisme bien sur, ou satisfaire des financiers tel que Niel, des fonds de pensions ....

les méthodes malveillantes, à la limite du harcèlement,...( et bien rodées de certains élus toute couleur politique confondue....., avec parfois la complicité des associations environnementales ...eh oui.....pour s’approprier le monde rural,...... en disent long sur l’ampleur du désastre qui arrive sur les exploitations familiales .. ...l’état à le temps parait t’il... les collectivités, les "décideurs-racketteurs" en tous genres aussi....l’épuisement fera le reste
il y a les fossoyeurs des ehpad...et bien il y a aussi les fossoyeurs des exploitations familiales....

poste par grgrg - 2022-02-4@10:57 - Répondre à ce message
2 Menaces sur le Marais Poitevin, par Jacques Palmaire

methodes malveillantes des décideurs veut aussi dire bien sur .....faire porter aux exploitants et petits propriétaires ... la responsabilité des "fraudes officieuses..." évidemment du pas vu pas pris ....des méandres du mille feuille administratif !!!!
il faudrait un metoo agricole ....

poste par grgrg - 2022-02-4@11:16 - Répondre à ce message
3 Menaces sur le Marais Poitevin, par Jacques Palmaire

il faut un numéro comme pour les ehpad pour libérer la parole du monde rural.... car sinon il est à genoux s’il parle ... sachez le... !!!! et sanctionné par les décideurs en tous genres, contrariés...

poste par grgrg - 2022-02-6@10:37 - Répondre à ce message
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