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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
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Lyon : naissance d’une régie
par Marc Laimé, 13 janvier 2022

L’Association des consommateurs d’eau du Rhône (ACER) qui milite depuis des dizaines d’années pour un retour en gestion publique de l’eau dans la métropole rhodanienne porte un regard aussi attentif que dubitatif sur la création d’une régie de l’eau, décidée par la nouvelle majorité EELV issue des dernières municipales après un long règne de Veolia.

« La Métropole de Lyon a voté le 13 décembre dernier toutes les délibérations qui lui permettront de construire progressivement et méthodiquement sa régie de la distribution d’eau potable.

La délibération prévoit :

- Le cadre stratégique pour le service de l’eau 2021-2035 ;

- Les statuts de la régie ; la désignation de son directeur en place actuellement ;

- Entre la métropole et sa régie, l’organisation de la phase de préfiguration et la convention de gestion pour l’année 2022 ;

- Le protocole de fin de contrat.

Même si tout cela est à mettre dans la colonne des avancées très positives de la gestion de la distribution d’eau potable, les usagers et parmi eux, ceux de l’ACER (Association des consommateurs d’eau du Rhône) membre de la CACE (Coordination nationale des Associations de Consommateurs d’Eau), ne sont associés qu’à la marge aux procédures en cours.

Pourtant des réunions ont lieu, aussi bien celles règlementaires de la CCSPL, que les toutes nouvelles du GT Acteurs (acculturation ?) mais elles ne les impliquent en rien dans les décisions qui sont prises actuellement ou en discussion.

On peut notamment regretter que les usagers soient tenus à l’écart des négociations de fin de contrat et que le débat leur soit refusé lorsqu’ils se permettent de poser certaines questions relatives notamment à la prise en compte des abus très coûteux (plus de 400 M€), dont Veolia a profité pendant ses 37 ans de DSP de la distribution d’eau au Grand Lyon.

Va-t-on laisser tout cela de côté et peut-être même utiliser les services des filiales de Veolia par la nouvelle régie ?

Il pourrait être demandé réparation à Veolia pour son niveau d’entretien et la qualité de la pose des branchements d’eau potable, responsables de 75 % des fuites du réseau.

La question de facture d’eau du lavage des rues dans le passé pourrait être revue, sachant qu’une partie de cette eau facturée relevait, non du lavage des rues, mais des fuites du réseau. Quid aussi, en corollaire, de la sincérité des rapports des fermiers de l’époque, et des conséquences notamment financières qui en ont découlé ?

Associer les usagers et leurs associations aux négociations de fin de contrat ne serait-il pas une occasion de leur montrer comment fonctionne le service et en particulier le rôle des personnels au moment où se discute leur reprise par la régie ? Idem pour l’état des installations ?

L’ACER ayant suggéré de prendre ce passif en compte s’est entendu répondre sèchement qu’il y avait plus important à prendre en compte en songeant à l’avenir. Circulez il n’y a rien à voir. Dans la continuité de la déclaration de Gérard Collomb, trop peu médiatisée : « Faisons table rase du passé ». Un passé-passif de 400 M€ !

Des questions peuvent aussi se poser lorsque le nouveau-futur directeur de la régie répond qu’il est opposé à une mutualisation des moyens des services avec ceux de la régie, et que cela a même été un point crucial pour son acceptation du poste de directeur. Est-ce l’une des raisons qui font rejeter le principe d’une seule régie pour l’eau et l’assainissement en régie directe de la métropole, alors que cette régie directe n’est plus règlementaire depuis 1926 ?

Rien non plus sur le nouveau ( ?) tarif au premier janvier 2023.

Rappelons que la métropole utilise actuellement 11 tarifs disposant chacun de son propre abonnement et qu’il n’a pas été possible d’obtenir pour chacun de ces tarifs le nombre d’abonnés et les volumes facturés.

La présence d’abonnements introduit d’énormes disparités favorisant les grosses consommations et pénalisant les petites qui de ce fait, à somme constante, subventionnent les grosses.

L’ACER milite pour la suppression des abonnements responsables par exemple d’un coût réel de 2.06 € HT pour le 40 m3 facturés, et seulement de 1.24 € HT par m3 pour 200 m3 facturés (60 % moins cher).

Comment dans ces conditions faire des simulations pour un nouveau tarif que la Métropole veut "social", et avec gratuité des premiers volumes consommés ?

Quid de la sincérité des données présentées dans les rapports du délégataire et de la collectivité alors qu’en 2015, une dizaine de pages concernant des données financières ont disparu ? Par exemple celles de l’usine de secours en grande difficulté de fonctionnement réel et qui, heureusement, n’a jamais servi depuis qu’elle existe. »

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