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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
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Lille : un projet de ferme-usine menace l’alimentation en eau potable de la communauté urbaine, par Alfred Leclercq (*)
par Marc Laimé, 15 juin 2015

L’arbre, énorme, des « 1000 vaches » ne doit pas cacher la forêt des projets d’unités plus petites, mais parfois plus dangereuses encore. Au sud de Lille, une telle installation est prête à fonctionner.

« La nappe phréatique de Lille Sud alimente 40% de la communauté urbaine (CUM), qui vient de confier à Veolia pour sept ans une délégation de service publique pour son alimentation en eau potable.

La maîtrise de la ressource est le talon d’Achille de la CUM, qui a racheté à prix d’or (50 millions d’euros…) au terme d’un interminable imbroglio juridique à son ex-concessionnaire la Société des eaux du Nord (SEN), ex-filiale commune de Veolia et Suez tombée dans le giron de cette dernière, des usines de production d’eau potable… qui lui appartenaient déjà !

La CUM doit s’appuyer sur plusieurs ressources pour assurer ses besoins, d’où un autre imbroglio avec les territoires qui l’entourent, dont son puissant voisin syndicat interdépartemental en régie publique, le SIDEN-SIAN, voire la Belgique voisine…

Et voilà que la nappe phréatique de Lille Sud, qui assure 40% de ses besoins entre dans la zone des tempêtes.

Elle est théoriquement protégée par une DUP (déclaration d’utilité publique) et un PIG (programme d’intérêt public) dont le but est d’assurer la protection de la ressource en prévoyant, entre autre, des zones où toute construction est interdite.

Mais se retrouve menacée par un projet d’extension d’une ferme industrielle de 250 bovins et 7000 volailles, bâtie en partie en zone inconstructible sur la zone de protection rapprochée de champs captants !

L’entreprise agricole qui porte le projet, le GAEC de la Pouillerie, était constituée de deux entités éloignées, l’une à Houplin, l’autre près du parc Mosaïc. Un regroupement pouvait se concevoir.

Malgré les avis négatifs de l’ARS et de la DDTM, justifiés par le projet de constructions empiétant sur une zone inconstructible dite « NE1 », l’ancien maire accordait le permis et le Préfet regardait ailleurs, tandis que la CUM ne voyait qu’un projet écologique procurant du « bien être » aux animaux…

En réalité une cuve à lisier destinée à recueillir les effluents de plus de 200 bovins et 7000 volailles, d’un volume de plus de 2200m3, doit être construite en zone interdite, à quelques mètres à peine au-dessus de la nappe phréatique, et à 150 mètres de 4 points de captage, ce qui va donc faire peser une menace inconsidérée sur la nappe phréatique.

En effet, telle qu’elle doit être construite, des fuites sous la cuve ne seront pas détectables.

On peut toujours argumenter que la probabilité d’un accident sur la cuve reste faible, même si une fuite a plus de risque de se produire, mais il reste incompréhensible que certains politiques ne se soient pas offusqués du non respect des lois.

Autre aspect qui concerne plus généralement le principe des élevages industriels : le risque sanitaire important lié aux organismes pathogènes. Un récent colloque de l’ANSES a apporté les preuves que des épidémies humaines ont déjà été repérées, liées à des bactéries devenues résistantes aux antibiotiques dont les animaux sont gavés préventivement.

Ces organismes passent dans l’air, se répandent assez loin des élevages et peuvent contaminer les habitants. On peut aussi les retrouver dans le lait et dans la viande.

Certains scientifiques redoutent dès lors un scandale sanitaire pire, en terme de victimes, que celui de l’amiante.

Malheureusement, la presse locale est plus sensible aux arguments de la FNSEA, les politiques de tout bord n’y trouvent rien à redire, voire même fustigent les mesures de préservation de la nappe phréatiques, mesures qui seraient une contrainte trop forte pour le développement des activités…

Une action auprès du TA pour annuler le permis est en cours. »

(*) Alfred Leclercq

Agrégé de l’Université en Physique

Président de Nord Ecologie Conseil

Cofondateur du Réseau Environnement Santé

ATTAC Villeneuve d’Ascq

Contact : alfred.leclercq@free.fr

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