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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
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Les élus et la société civile belge pour une autre gestion de l’eau
par Marc Laimé, 17 mars 2007

A la veille de l’ouverture des assises constitutives de l’Association mondiale des élus et des citoyens pour l’eau (AMECE), qui se tiennent à Bruxelles du 18 au 20 mars 2007, élus et société civile belge témoignent d’un engagement sans équivoque aux côtés des centaines de militants venus du monde entier qui vont travailler à élaborer des propositions concrètes pour une autre gestion de l’eau, humaine, démocratique, éloignée de toute forme de marchandisation. On rêve de voir la même chose en France…

« L’importance du rôle de l’eau pour le progrès humain »

Carte blanche publiée par le quotidien belge Le Soir le 16 mars 2007.

« La prise de conscience grandit heureusement chaque jour pour reconnaître que des liens étroits existent entre le respect de notre environnement et le progrès humain tel que défini dans les Objectifs (très minimalistes) du Millénaire pour le Développement (OMD).

C’est que les ressources naturelles, que nous continuons à exploiter sans aucune modération sont en train peu à peu de nous rappeler à la raison. Et parmi ces ressources qui, ne l’oublions jamais, constituent un tout entre elles avec des corrélations et des répercussions les unes sur les autres, il en est une qui doit retenir particulièrement notre attention car elle est vitale, il s’agit bien sûr de l’eau.

Le PNUD, dans son rapport mondial sur le développement humain publié en 2006, souligne bien cette urgence : « Depuis des temps immémoriaux, le progrès humain dépend de l’accès à l’eau salubre et de la capacité des sociétés à exploiter le potentiel de l’eau en tant que ressource productive. L’eau qui permet de vivre au sein du ménage et l’eau garantissant les moyens de subsistance par le biais de la production sont deux conditions nécessaires au développement humain. Or, pour une part importante de l’humanité, ces conditions ne sont pas réunies. Pour certains, la crise internationale de l’eau se limite à la pénurie absolue de la disponibilité physique. Le rapport s’oppose à ce point de vue. Il invoque le fait que la crise de l’eau trouve son origine dans la pauvreté, l’inégalité ainsi que dans des politiques de gestion de l’eau inadaptées qui en aggravent la rareté ».

La balle est donc clairement dans notre camp. Le camp des utilisateurs à qui il incombe de mettre en place des politiques de « gestion adaptée ». Mais est-il vrai que la question soit aussi grave ?

Dans nos pays développés où chaque habitant consomme en moyenne 110 litres d’eau chaque jour, ne pourrions-nous pas fermer un peu plus rapidement nos robinets ou veiller à utiliser des chasses d’eau mieux adaptées ?

Est-on sur que notre mode de vie n’a aucune répercussion sur l’ensemble de la planète quand on sait que dans le même temps 1,1 milliard d’adultes n’ont pas accès à de l’eau salubre, que 2.6 milliards de personnes ne disposent pas d’un assainissement convenable, et par conséquence que près de 2 millions d’enfants meurent chaque année.

Temporiser n’est donc plus acceptable humainement.

De plus, économiquement, une telle question peut trouver une solution efficace et réaliste.

En effet le même rapport du PNUD montre qu’un dollar investi dans la gestion de l’eau peut en générer huit, grâce à l’amélioration de la santé, avec comme conséquence immédiate une diminution des frais de santé, une meilleure scolarité, une meilleure productivité, une meilleure prise en compte de notre environnement.

L’accès à l’eau comme levier pour le développement et le progrès humain est donc un objectif économiquement efficace et parfaitement réalisable.

Mais comment financer un tel effort ?

On estime que pour atteindre d’ici 2015, l’Objectif spécifique, minimaliste, du Millénaire pour le Développement n° 10 (la réduction de la moitié de la part de la population mondiale qui n’a pas d’accès durable à l’eau potable), il faudrait dégager 10 milliards de dollars par an.

Soit l’équivalent de 5 jours des dépenses militaires annuelles dans le monde….

Alors ? S’il y a urgence pour l’ensemble de l’humanité, s’il y a des moyens pour y arriver, si les solutions envisagées seront bénéfiques et efficaces, où se situe aujourd’hui encore le problème ?

Evidemment dans la volonté politique, à construire…

A la veille de la Journée Mondiale de l’Eau, du 18 au 20 mars 2007, nous aurons la possibilité de faire un pas décisif dans ce sens. En effet, durant ces trois jours une grande Assemblée Mondiale des Elus et des Citoyens pour l’Eau (l’AMECE) se déroulera au Parlement Européen (à Bruxelles) à l’initiative du Comité International pour un contrat Mondial de l’Eau.

De nombreuses associations internationales et belges soutiennent l’initiative qui va s’efforcer d’obtenir des engagements concrets sur 4 points :

- la proclamation de l’accès à l’eau comme droit commun,

- la valorisation de l’eau comme bien commun et patrimoine de l’humanité,

- le financement public des activités et services relatifs à l’eau,

- la mise en place de structures démocratiques participatives pour concrétiser ces objectifs.

Parce que l’accès à l’eau, la distribution d’eau potable et l’assainissement sont des obligations régionales et locales en Belgique, mais aussi dans la plupart des pays en voie de développement, les autorités locales doivent donc prendre leur responsabilité.

Les bourgmestres jouent un rôle clef en s’assurant que les habitants de leur ville ou commune ont accès à l’eau salubre et en garantissant un assainissement sain.

Ils ont le choix d’organiser les services au niveau de leur ville ou commune, ou de s’associer dans des intercommunales.

L’enjeu est de taille. Nous invitons toutes les forces démocratiques à soutenir l’initiative. »

(www.amece.net)

Les signataires :

Marc COOLS, président de l’Union de la Ville et des Communes Bruxelloises et de l’ Association des Villes et Communes Belges

Paul FURLAN, président de l’Union des Villes et Communes de Wallonie, Bourgmestre de Thuin

Willy TAMINIAUX, ancien président de l’Union des Villes et Communes de Wallonie

Mark SUYKENS Directeur Vereniging van de Vlaamse Steden en Gemeenten.

Jef GABRIELS, Voorzitter Vereniging van de Vlaamse Steden en Gemeenten, Burgemeester Stad Genk

Willy DEMEYER, Bourgmestre de la Ville de Liège

Daniel TERMONT Burgemeester Stad Gent

Freddy THIELEMANS, Bourgmestre de Bruxelles Ville

Claude EMONTS, président de la Fédération des CPAS, Président du CPAS de Liège

Anne DEMELENNE, Présidente de la FGTB Wallonne, Secrétaire générale de la FGTB-ABVV

Claude ROLIN, secrétaire général de la CSC-ACV

Jean-Claude VANDERMEEREN, secrétaire général de la FGTB Wallonne

Jean-François ENGEL, vice-président des Services Publics CSC

Gilbert LIEBEN, Centrale Générale Services Publics Admi (FGTB)

Riccardo PETRELLA, Professeur Emérite de l’U C L

Marc DESPIEGELAERE, PROTOS

Françis de WALQUE et Jos ORENBUCH, Groupe OMC/AGCS du FORUM SOCIAL de BELGIQUE

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commentaires

1 Les élus et la société civile belge pour une autre gestion de l’eau

Bonsoir,

j’ai une petite question. Je lis régulièrement dans les rapports (ou extraits) que dans tel pays la consommation d’eau par jour et par habitant est de tant, à savoir pour ce qui nous concerne ici, 110 litres. Blurk ! Comme j’imagine mal comment je pourrais consommer une telle quantité d’eau à moi seule quand bien même j’arrose mon potager l’été (quand ma réserve d’eau de pluie est épuisée), que représente ce chiffre ? N’inclut-il pas la consommation d’eau due à la production industrielle, l’élevage et l’agriculture du pays ?

D’une façon générale, sur les problèmes environnementaux, il me semble qu’"on" a une fâcheuse tendance à responsabiliser et culpabiliser les citoyens dans leurs pratiques quotidiennes, et que ceux, industriels et business agro-alimentaires, qui sont les pires parasites de notre planète, semble-t-il, demeurent au-dessus des lois...

Je rabâche sans cesse autour de moi cette donnée de Vandana Shiva : il faut 9 litres d’eau potable pour faire 1 litre de coca cola (sans parler de la bouteille, des pesticides, des cultures intensives que cela "suppose" et de l’épuisement des nappes phréatiques). Des centaines de millions de litres de coca sont produites chaque jour. Comme on dit par chez moi, ça me troue le cul ! Personnellement je n’achète pas cette m... et j’invite tout le monde à en faire de même. Mais ça, ce n’est qu’un exemple parmi d’autres... Ces entreprises qui polluent et/ou épuisent les ressources naturelles de la terre sont criminelles et les "pouvoirs" publics sont complices de ces crimes contre l’humanité (n’ayons pas peur des mots) !

Merci

poste par agnès - 2007-03-21@20:11 - Répondre à ce message
2 Les élus et la société civile belge pour une autre gestion de l’eau

Les évaluations de consommation rapportées "per capita" englobent toutes les utilisations d’eau potable : boisson, cuisine, tâches ménagères, toilette, w-c..., on peut d’évidence s’interroger sur la pertinence d’user de telles quantités d’eau potable pour des usages qui pourraient mobiliser d’autres ressources (eau de pluie, réutilisation d’eaux usées épurées...), sauf que l’équilibre financier du systême repose sur la tarification des volumes qui transitent dans les tuyaux (eau potable et eaux usées). Si par hypothèse le volume transité et facturé diminue, le prix de l’eau augmente automatiquement... Ce qui ne réjouit évidemment pas les grands opérateurs du secteur... D’où le blocage de la france sur l’eau pluviale, oui à l’extérieur du batiment, non à l’intérieur, ceci en invoquant des préoccupations d’ordre sanitaire. En RFA la question est réglée depuis belle date sans catastrophe saniotaire. Pour s’extraire de cette contradiction il faudrait remettre à plat tout l’équilibre financier du systême... C’est dire la difficulté de déplacer les montagnes en question. Ca viendra, mais sans doute pas demain...

poste par Marc Laimé - 2007-03-21@21:03 - Répondre à ce message
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