Vous voyez ce message parce que votre navigateur ne peut afficher correctement la mise en page de ce site. Effectuez une mise à jour vers un butineur qui supporte les standards du web. C'est gratuit et sans douleur.

NE PAS CLIQUER
LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
Les départements et l’eau : stop ou encore ?
par Marc Laimé, 22 mars 2015

Hier encore promis à la disparition, décidément insubmersibles, les départements, sous la forme de « Conseils territoriaux », pourront-ils encore demain financer les politiques publiques de l’eau et de l’assainissement comme ils le faisaient depuis des décennies, pour des volumes financiers aussi considérables qu’essentiels ? C’est compliqué, répond le projet de loi NOTRe. Effectivement…

Deuxième séance du jeudi 5 mars, Article 24 :

Mme Marylise Lebranchu, ministre. Cet amendement propose de revenir à la rédaction initiale du Gouvernement, adoptée au Sénat. Avec toutes les modifications que nous avons effectuées en accord avec le Sénat, avec le soutien ici de Germinal Peiro notamment, on donne la possibilité aux départements de ne pas être enfermés dans les mêmes compétences que celles prévues par le texte initial. En revanche, ce qui nous paraissait important était d’inciter à aller vers les intercommunalités, avec deux modalités d’intervention.

D’abord, le département peut contribuer au financement des opérations dont la maîtrise d’ouvrage est assurée par les communes ou leurs groupements. C’est-à-dire que pour les investissements, le département peut intervenir pour une intercommunalité ou pour des communes.

 Ensuite, pour les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre, il peut en outre intervenir dans la conduite des opérations, c’est-à-dire dans le fonctionnement.

Cela permet de répondre à notre souhait de mutualisation des moyens et des services, quelles que soient les fonctions. Mais nous laissons le département intervenir auprès d’une commune s’il s’agit d’un investissement.

C’est la raison pour laquelle nous souhaitons revenir à l’écriture proposée par le Gouvernement, à condition que le département n’intervienne que dans les domaines de compétence que la loi lui attribue – même si nous verrons qu’il y aura quelques possibilités d’intervenir au-delà du texte initial du Gouvernement.

Je vais résumer car j’entrevois des regards interrogateurs.

M. Jean-Yves Le Bouillonnec. Des sourires tendres !

Mme Marylise Lebranchu, ministre. Opérations d’investissement : le département peut intervenir auprès des communes et des intercommunalités. Opérations de fonctionnement : il n’intervient qu’auprès des intercommunalités.

Nous verrons ultérieurement un autre aspect dans un amendement du Gouvernement qui découle du fait qu’on a redonné les routes aux départements : s’agissant de la voirie, l’ingénierie bien sûr doit suivre. Mais c’est le premier point qui importait surtout au Gouvernement.

M. le président. Quel est l’avis de la commission ?

M. Olivier Dussopt, rapporteur. Voilà un point de désaccord entre la commission et le Gouvernement. En effet, le Gouvernement propose de revenir sur une disposition adoptée par la commission. Nous partageons le diagnostic de la ministre sur les aspects financiers, mais si cette disposition était modifiée ainsi que le demande le Gouvernement, cela priverait le département du droit d’accompagner techniquement et en termes d’ingénierie les communes dans les projets qu’elles portent. Cela nous paraît contradictoire avec un certain nombre d’engagements qui ont été pris.

La commission ne peut être favorable à la suppression d’une disposition qu’elle a adoptée.

M. le président. La parole est à Mme la ministre.

Mme Marylise Lebranchu, ministre. Je précise que sur les sujets de l’ingénierie, l’aménagement, le logement, l’eau et l’assainissement, le département peut intervenir. Concernant la voirie, un amendement est prévu.

On se rapproche du but : encourager les intercommunalités, mais laisser le département intervenir auprès des communes dans le cadre des compétences que j’ai citées et pour les opérations d’investissement. La demande de solidarité territoriale, la demande des communes rurales passent par ce « coup de main » à l’investissement. S’il s’agit d’intervenir dans le domaine de l’agriculture par exemple, cela ne revient plus aux communes ou leur groupement, mais c’est autre chose. Cela fera l’objet d’un autre amendement.

M. le président. La parole est à M. Germinal Peiro, rapporteur pour avis.

M. Germinal Peiro, rapporteur pour avis. Madame la ministre, je dois vous avouer que je ne saisis pas tout. Je souhaiterais que vous m’éclairiez. Ce qui est clair, le rapporteur l’a indiqué, c’est que vous revenez sur une disposition qui a été votée par la commission.
Il faut comprendre que le département pourra intervenir aux côtés des collectivités, des communes, des intercommunalités en matière d’investissement. Pour tous leurs investissements. Mais s’agissant du fonctionnement, vous restreignez l’aide du département aux intercommunalités, plus aux communes.

Mme Marylise Lebranchu, ministre. Pour le fonctionnement.

M. Germinal Peiro, rapporteur pour avis. Mais qu’entendez-vous exactement par fonctionnement ? L’ingénierie, dont l’État s’est totalement désengagé au cours des dernières années, relève-t-elle du fonctionnement ?

Mme Marylise Lebranchu, ministre. Non.

M. Germinal Peiro, rapporteur pour avis. Je voudrais que vous nous apportiez des éclaircissements.

M. le président. La parole est à Mme la ministre.

Mme Marylise Lebranchu, ministre. Je crois que la liste va s’allonger au gré des amendements…

Aider l’ingénierie, ce n’est pas du fonctionnement au sens de subventions au fonctionnement. Il n’y a pas de subventions de fonctionnement aux communes, mais il peut y avoir des subventions de fonctionnement aux intercommunalités.

En effet, beaucoup de départements passent des contrats – contrats d’initiative, contrats de développement… Et dans les contrats, comme les contrats de plan État-région, il y a de l’investissement et de l’accompagnement au fonctionnement. Par exemple, en matière d’économies d’énergie, concernant le logement et les bâtiments, le département va aider à embaucher quelqu’un pour une mission de quelques années. Cela relève du fonctionnement.

Mais compte tenu de la montée en puissance des intercommunalités, nous ne voulions pas qu’il y ait des subventions de fonctionnement aux communes. Les subventions de fonctionnement doivent revenir aux communautés d’agglomérations ou aux communautés de communes.

Nous avons en outre « rouvert » la voirie, le logement, l’aménagement et l’eau et l’assainissement, sur lesquels le département retrouve toute sa compétence.

(L’amendement no 1255 n’est pas adopté.)

impression

pas de commentaire. ajoutez le votre!