A croire qu’il s’agirait d’un non-événement. Voyons un peu. Tous les quatre ans le ministère de l’Environnement publiait un fort ouvrage de plusieurs centaines de pages qui radiographie l‘état de l’environnement en France.
Le dernier en date, un remarquable volume de 500 pages, l’avait été en 2006 sous l’égide du défunt Institut français de l’environnement (IFEN), impitoyablement liquidé depuis lors parce que trop indépendant, et qui a été remplacé par une officine de propagande dont certaines productions ne sont même pas adressées aux journalistes, de peur que ça leur donne l’idée de faire leur métier…
Du coup on comprend mieux pourquoi l’armée de communicants du MEEDDM annonce 24 heures tout juste avant « l’événement » organiser une conférence de presse quasiment clandestine à la Cité de la Musique à la Villette, un samedi à 13h30 !
Le tout qui plus est noyé dans les guignolades d’Artus-Bertrand, Orsenna ne devait pas être disponible...
C’est sur qu’à cette heure là ça va être la foule et que les questions-réponses vont durer des heures…
L’inquiétant dans l’affaire est qu’elle exprime à la perfection l’abyssal mépris dans lequel sont tenus, et les medias, et les citoyens…
Car comme le souligne l’édition du quotidien Le Monde de ce jour, "l’édition 2010 du rapport élaboré tous les quatre ans par les statisticiens du ministère de l’écologie, mise en ligne le vendredi 4 juin, ne fait que 130 pages, contre 500 en 2006..."
Soit 74% de pages en moins ! A ce rythme, l’édition 2014 ne fera donc plus que 33 pages !
Ca va effectivement finir par plus faire grand-chose l’environnement...

