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NE PAS CLIQUER
LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
La Lyonnaise ne lâche rien sur la propagande
par Marc Laimé, 27 novembre 2011

Poursuivant son opération de séduction engagée à marches forcées depuis plus d’un an, la Lyonnaise distille savamment son nouvel argumentaire auprès des collectivités et des élus, témoignant que le « storytelling » a décidément des beaux jours devant lui. A y regarder de près le caractère fallacieux de l’affaire éclate immédiatement au grand jour, sauf que personne n’y regarde de près…

Illustration avec une brève aguichante dans la rubrique « Indiscrets » de la Gazette des communes… la semaine du salon des Maires de France, rien n’étant laissé au hasard.

Ca s’intitule « Eau : la Lyonnaise rafraîchit ses contrats », c’est-y pas mignon « rafraîchit » ?

- « Suivre en temps réel les données sur l’exploitation du service » : ça veut dire offrir un accès à une plate-forme internet qu’un technicien de la collectivité (s’il existe) regardera de temps en temps s’il a le temps, et c’est pas souvent ;

- « Confier le contrôle de gestion à un agent territorial » : là c’est trop fort, « confier le contrôle de gestion », mazette ! Le hic c’est qu’aucun agent territorial n’est en capacité d’analyser l’ingenierie financière des opérateurs, et se contentera donc d’avaliser le CARE, un tableau de chiffres faux de A à Z, spécialement conçu pour dissimuler la marge réelle de l’opérateur ;

- « Ouvrir le conseil d’administration à la société civile » : au sein de la « société dédiée » au contrat, nouveau véhicule qui n’en internalisera pas moins les astuces habituelles en terme de frais de siège, de structure, de fonctions supports, connexes, transverses, et tutti-frutti, d’un commun accord avec la collectivité, on va bombarder au CA le cousin du beau-frère de la belle sœur du neveu du maire, âgé de 72 ans, qui préside depuis des lustres l’association départementale des crématistes et l’Amicale interdépartementale des amis des fox-terriers, et présente donc tous les gages requis pour assumer ce lourd fardeau, et faire progresser la transparence à pas de géants ;

- « Indexer jusqu’à 15% de la rémunération sur les performances environnementales » : là c’est le pompon. Les consommations baissent, donc la rémunération de l’opérateur, historiquement calculée sur le nombre de m3 distribués et donc facturés, s’effondre à raison de – 1% à – 2% chaque année. On va donc proposer à la collectivité, en enveloppant l’entourloupe dans un infernal charabia post-grenellien de l’aider à sauver la planète en s’occupant de préserver la ressource. Et pour ce faire on bâtit des « indicateurs », genre l’amélioration de la disparition des pesticides sur la zone de captages, la satisfaction du client et la diminution des fuites, et autres calembredaines dont personne ne vérifiera jamais la réalité puisque ça se terminera par une présentation de Powerpoint bidons dont tout le monde se bat l’œil. L’essentiel étant que par ce biais l’opérateur s’assure (sans rien foutre) une rémunération forfaitaire de 15% du montant global du contrat, en faisant rémunérer des « actions » dont l’usager sera bien en peine de pouvoir établir si elles correspondent ou non à un service rendu légitimant la facture…

Bref, après avoir signé depuis 18 mois près d’une vingtaine de contrats assortis de ces fadaises, ce qui va accessoirement, à mesure de leur développement, rendre littéralement impossible toute comparaison du « prix de l’eau » d’un contrat à l’autre, puisque selon les cas le contrat sera enjolivé en puisant telle ou telle aménité dans le « catalogue de la ressource », ce qui participe aussi de la manœuvre, la Lyonnaise des eaux annonce « qu’elle soumettra prochainement ces propositions aux collectivités, dans le cadre de la mise à jour des 1200 contrats d’eau et d’assainissement en cours ».

Les associations d’usagers vont devoir se mettre à jour fissa, sauf à se voir totalement désarmées face à l’argumentaire new-look de la Lyonnaise, qui taille ce faisant des croupières à Veolia qui, après s’être longtemps gaussé (entendre de ces conneries qui ne sont que de l’esbroufe, et là on ne peut donner tort à Veolia), réalise que l’arnaque marche à fond et permet aux enfoirés de la concurrence de lui rafler des marchés…

Suite Propagandastaffel dans le Figaro :

"Le groupe de services aux collectivités propose des contrats plus transparents aux élus, alors que plusieurs villes envisagent de retirer la gestion de l’eau aux opérateurs privés pour passer en régie publique.

Sans compter la privatisation de la recherche, mano dans la mano avec des collectivités locales accueillantes...

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