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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
“L’eau paye l’eau” prend l’eau…
par Marc Laimé, 10 octobre 2016

Les prélèvements décidés par l’état dans la trésorerie des Agences de l’eau, au motif de redressement des comptes publics, auquel ont été constraints de participer toutes les agences de l’état, continue de susciter la polémique, comme en atteste une récente réponse ministérielle à un parlementaire (Invraisemblable festival de langue de bois XXL du rédacteur de la réponse sous Prozac...).

- La question écrite n° 18906 de M. Ladislas Poniatowski (Eure - Les Républicains-R), publiée dans le JO Sénat du 19/11/2015 - page 2677 :

« M. Ladislas Poniatowski attire l’attention de Mme la ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie sur la situation financière, qui se dégrade, des agences de l’eau.

En effet, dans le cadre du projet de loi n° 3096 (Assemblée nationale, XIVe législature) de finances pour 2016, comme en 2015 et conformément au budget triennal, les agences de l’eau contribueront en 2016 à l’effort de redressement des comptes publics via un prélèvement de 175 millions d’euros sur leur fonds de roulement.

La répartition entre les six agences de l’eau en France porte à plus de 58 millions d’euros annuels la contribution de l’agence de l’eau Seine-Normandie, la plus importante, qui recouvre vingt-deux départements.

Il convient de rappeler que les redevances sont versées, en partie, par les secteurs économiques industriels et agricoles mais qu’elles le sont, avant tout et à plus de 80 %, par les usagers domestiques.

Cela signifie que ce prélèvement devient un impôt qui pèse sur les ménages, contraire au principe affiché selon lequel « l’eau paye l’eau ».

Il est fondamental que les ressources financières soient stables, dans un souci de pérenniser les investissements réalisés par les collectivités locales et les industriels pour préserver les ressources naturelles. Ces derniers génèrent une activité économique importante.

Cette nouvelle baisse d’activité affecte les entreprises de travaux publics, déjà en grande difficulté, qui assurent l’entretien et la rénovation des réseaux d’adduction d’eau potable et d’assainissement.

Le contrecoup de ponctionner dans le budget des agences de l’eau depuis deux ans se voit maintenant ; il remet en cause les efforts engagés pour garantir la qualité de nos ressources en eau, porteuses de développement durable des territoires et d’emplois pérennes non délocalisables. Cela a des conséquences catastrophiques sur l’économie locale. C’est pourquoi il lui demande qu’une alternative à ce prélèvement soit impérativement trouvée. »

- La réponse du Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargé des relations internationales sur le climat, publiée dans le JO Sénat du 22/09/2016 - page 4078 :

« L’article 32 de la loi de finances pour 2015 prévoit un prélèvement de 175 millions d’euros par an sur le fonds de roulement des agences de l’eau de 2015 à 2017. Cette contribution s’inscrit dans le cadre de l’effort collectif demandé à tous les opérateurs de l’État pour atteindre les objectifs de redressement des finances publiques.

Pour garantir la santé financière de ces établissements, les rythmes habituels d’encaissement et de décaissement de chaque agence de l’eau ont été pris en compte pour fixer les dates de la contribution.

Par ailleurs, une clé de répartition équitable a été retenue pour répartir le prélèvement entre les établissements. Il est calculé sur la part des recettes prévisionnelles de chaque agence de l’eau dans les recettes prévisionnelles des six établissements.

Le calibrage de cette mesure a été effectué pour éviter une remise en cause des fondements des 10èmes programmes d’intervention des agences de l’eau, dont plus de 90 % constituent des investissements.

De plus, les conseils d’administration des établissements pourront répartir cette réduction tout au long des programmes d’intervention.

Compte tenu de cette possibilité, cette contribution ne devrait pas conduire à un accroissement de la pression fiscale pour les usagers de l’eau.

De même, la planification des projets d’investissement ne devrait être que peu affectée, ne remettant pas en question la réalisation des travaux et l’emploi induit, ni l’activité économique que génèrent ces investissements.

En matière d’incidences environnementales, les orientations prises veillent à préserver en priorité l’atteinte des engagements communautaires vis-à-vis de la directive cadre sur l’eau, de la directive « eaux résiduaires urbaines » et des directives sectorielles.

Sur le plan prospectif, une évaluation de la politique de l’eau a été lancée dans le cadre de la modernisation de l’action publique. Cette évaluation avait pour objet de réaliser un diagnostic de cette politique partenariale et de proposer, le cas échéant, des réformes et des évolutions de la politique de l’eau pour répondre aux attentes des acteurs et aux enjeux identifiés lors de la phase de diagnostic.

Ses conclusions ont été présentées à la conférence environnementale des 20 et 21 septembre 2013 dont les décisions, retranscrites dans la feuille de route rendue publique le 27 septembre 2013, sont désormais mises en œuvre.

Cette feuille de route du Gouvernement mentionne clairement la pertinence du système français de financement de la politique de l’eau, reposant sur les agences de l’eau.

Il est nécessaire, tout en contribuant à l’effort national de réduction du déficit public, que puissent être mobilisés les moyens permettant de respecter nos engagements européens, en particulier les objectifs d’atteinte du bon état des eaux fixés par la directive cadre sur l’eau et de maintenir une capacité d’investissement local dont l’intérêt économique n’est plus à démontrer.

Le Gouvernement a ainsi fixé en juillet 2014 les orientations prioritaires de la politique de l’eau dans chaque bassin, de manière à guider les choix de répercussion du prélèvement par les instances de gouvernance des agences sur les aides versées par ces établissements.

La ministre chargée de l’environnement a également rencontré l’ensemble des présidents de comités de bassins leur indiquant sa volonté de concilier l’objectif gouvernemental prioritaire de redressement des comptes publics et l’enjeu de maintenir une politique de l’eau ambitieuse dotée de financements suffisants ainsi que de définir une vision partagée sur les moyens attribués à cette politique. »

L’AMF proteste

Dans sa présentation du projet de loi de finances (PLF) pour 2017, le gouvernement est aussi clair que laconique : « Le prélèvement sur le fond de roulement des agences de l’eau adopté en LFI pour 2015 se poursuit, pour un montant total de 175 M€ ».

Il s’agit bien en effet de la « poursuite » d’une politique qui dure depuis trois ans maintenant : c’est depuis le PLF pour 2014 que le gouvernement a instauré ce « prélèvement », qui était de 210 millions d’euros la première année, avant de se stabiliser à 175 millions d’euros.

Dès cette décision prise, les associations d’élus, AMF en tête, l’avaient dénoncée, tout comme le président d’alors du Comité national de l’eau, Jean Launay, et feu l’ancien Premier ministre Michel Rocard, qui parlait alors de « hold-up ».

Car c’est bien sur le fond que cette mesure pose problème : elle remet en cause le principe fondateur de la politique de l’eau en France, à savoir que « l’eau paye l’eau ».

Avec ce prélèvement, les redevances sur l’eau sont en partie récupérées par l’État pour participer au redressement des comptes publics – ce qui, dénonçait déjà Michel Rocard en 2013, revient à « transformer un prélèvement dédié à l’amélioration de la qualité de l’eau en un nouvel impôt national anonyme ».

L’AMF n’a pas manqué, cette fois encore, de dénoncer la répétition de cette ponction. Dans un communiqué publié le 18 octobre, elle souligne d’ailleurs que celle-ci est particulièrement mal venue où les comités de bassin voient leurs missions « élargies » par la loi sur la biodiversité. Dans ce contexte, la ponction est donc jugée plus que jamais « inacceptable ».

Préserver les ressources des agences de l’eau, martèle l’AMF, c’est « préserver la politique de l’eau ».

Par ailleurs, l’association rappelle que « les collectivités ont à réorganiser les compétences eau et assainissement dans leurs territoires et doivent mettre en œuvre la complexe et coûteuse compétence Gemapi ; elles ont donc plus que jamais besoin d’accompagnement. Un affaiblissement des moyens financiers et humains des agences de l’eau serait contradictoire avec ces objectifs et porterait nécessairement atteinte aux politiques menées par les collectivités. »

L’AMF s’oppose donc « fermement » à toute baisse du budget et des effectifs des agences de l’eau. Elle soutient « la motion des présidents des comités de bassin et demande que l’intégrité et les capacités d’action des agences qui constituent des enjeux majeurs pour la préservation et l’aménagement des espaces urbains et ruraux soient préservés ».

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commentaires

1 “L’eau paye l’eau” prend l’eau…

Ce prélèvement de prélèvement de 175 millions d’euros sur les agence me parait astronomique et je trouve cela alarmant notamment pour le futur.En espérant donc que le déficit ne cesse de s’accroitre et qu’une stabilité financière s’installe réellement pour que nos enfants n’aient pas à payer pour nos erreurs de gestion. Sophie de www.fontaine-a-eau.com

poste par Sophie - 2016-10-15@02:56 - Répondre à ce message
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