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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
Hommage au Préfet de Vendée
par Marc Laimé, 28 mai 2010

L’été dernier M. Jean-Jacques Brot, actuel préfet de Vendée, alors en poste en Eure-et-Loir, a fait classer monument historique le bureau de Jean Moulin, qui jouxtait le sien, à l’ombre de la cathédrale de Chartres. Gaulliste de haute lignée, cet homme vient de subir un affront qui nous révolte. D’où ces laudes, hors saison, nous assénera-t-on. Nous aimerions croiser plus souvent pareils valeureux.

L’ombre tutélaire de Jean-Jacques Brot accompagnait les seuls représentants de la puissance publique qui ne se soient pas déshonorés dans le reportage désormais fameux de FR3, « Du poison dans l’eau du robinet », qui n’en finit pas de défrayer la chronique.

Mme la Sous-préfète et M. le représentant de la DDASS d’Eure-et-Loir, souvenez-vous, qui assénaient aux membres d’un conseil municipal ébahis que leur projet de lotissement ne verrait pas le jour, aussi longtemps qu’ils ne prendraient pas à bras-le-corps le problème de la préservation de la qualité de l’eau.

Nous avons retrouvé à cet instant la tranquille détermination de M. le Préfet, qui nous a été droit au cœur.

Jean-Jacques Brot

Jean-Jacques Brot a été en poste en Bretagne (100 millions de volailles, 3 millions de bovins, 18 millions de porcs), dans les Deux-Sèvres (Niort aura-t-elle de l’eau l’été prochain ?), aux Antilles (combien vont mourir du Chlordécone ?), en Eure-et-Loir (« Assiégés par les pesticides »), et depuis quelques mois en Vendée…

Dans un long entretien accordé au Figaro Magazine, que nous citons à l’occasion pour la première fois, il évoquait la tempête Xynthia. Défendant ce faisant l’Etat, la République, le bien commun.

Détonant témoignage.

Au printemps dernier, Jean-Jacques Brot, nouveau Préfet de Vendée, appliquait les lois de la République.

Il prenait, en application de la Loi sur l’eau du 30 décembre 2006, confortée depuis lors par le Grenelle de l’environnement, un arrêté-cadre diminuant de 12% les prélèvements d’eau des irrigants.

A dater de la mi-mars il sera la cible d’attaques violentes de la FDSEA 85.

Silence abyssal des Verts, de la Confédération paysanne, des associations de défense de la nature et de l’environnement…

Seul le Vicomte Philippe de Villiers le soutient sur la reconquête de la ressource en eau et le retour de territoires entiers à l’état naturel...

Silence absolu du Conseil régional, qui l’’attaque au contraire, après Xynthia, sur la destruction dans les zones mortifères d’immobilier débridé ou d’occupation illégale du Domaine public marin....

Etat, où es-tu ?

Une dépêche de l’AFP, datée de la Roche-sur-Yon le 26 mai 2010, nous a fait souvenir de Jean Jacques Brot.

« Les agriculteurs de Vendée qui bloquaient depuis mardi matin l’accès à la préfecture de la Roche-sur-Yon pour protester contre des normes environnementales ont annoncé mercredi soir mettre mis fin à leur action après un accord avec le préfet de Vendée.

"Au terme de plus de trois heures de négociations, nous avons réussi à débloquer la situation", a déclaré Joël Limouzin, le président de la FDSEA de Vendée, qui avait appelé à cette action avec les Jeunes agriculteurs (JA).

« Jusqu’à 400 agriculteurs, selon le syndicat, s’étaient rassemblés mercredi devant la préfecture avec des tracteurs et des bennes, empêchant comme la veille l’accès du public.

« Les manifestants protestaient contre un projet de durcissement des normes environnementales de qualité des eaux dans le cadre du schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux Loire-Bretagne pour 2010-2015.

« Selon M. Limouzin, les autorités préfectorales ont renoncé à faire passer de 100 kilos par hectare actuellement à 70 kg/ha les apports de phosphore liés à l’épandage des déjections animales, ce qui aurait obligé les agriculteurs à augmenter les surfaces d’épandage.

"Nous avons réussi à convaincre qu’une approche départementale globale était plus appropriée que des restrictions exploitation par exploitation", a déclaré le représentant agricole à l’AFP.

« Par ailleurs, les agriculteurs ont, selon lui, obtenu le maintien des prélèvements d’eau autorisés "à un niveau proche de celui de 2009", alors qu’une réduction de 30% était envisagée.

La profession a toutefois indiqué qu’elle restait "très vigilante", le compromis conclu mercredi devant encore être avalisé dans le cadre d’une réunion régionale le 9 juin.

« La préfecture de Vendée n’a pu être jointe dans la soirée par l’AFP pour s’exprimer sur ce dossier. »

Il nous plaît de saluer un homme qui nous a rappelé qu’en des temps révolus les grands serviteurs de l’Etat (qui les abandonne aujourd’hui à la vindicte), avaient, chevillé au corps, le sens du bien commun.

A la Roche-sur-Yon, tout n’est peut-être pas encore perdu. La FDSEA a bien monté son théâtre de marionnettes devant la préfecture, avec à terre
un paysan (en paille) tenu à la gorge par un "écolo", un préfet et un
représentant de la DDA, en paille lui aussi.

A 20h00 l’autre soir Joël Limouzin, le chef de la Chambre en Vendée, et leader de la FDSEA, annonce qu’ils ont gagné.

La norme phosphore ne s’appliquera que globalement, et non pas exploitation
par exploitation.
Les côtes d’arrêt de prélèvement d’eau 2009 pour le niveau des nappes du sud
Vendée (Marais poitevin) sont maintenues, alors qu’elle devaient être
réhaussées.

En gros ils n’obtiennent pas grand chose, ils ont feint de recevoir une
enveloppe pour Xynthia le jour même parcequ’ils ont manifesté.

Limouzin a été applaudi par les agriculteurs présents.
Le petit théâtre vendéen a fonctionné. A quand la prochaine séance ?

En réalité la FDSEA n’a rien
gagné vraiment. Ils continuent de s’enfoncer durablement.

Courage, Monsieur le Préfet.

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