Vous voyez ce message parce que votre navigateur ne peut afficher correctement la mise en page de ce site. Effectuez une mise à jour vers un butineur qui supporte les standards du web. C'est gratuit et sans douleur.

NE PAS CLIQUER
LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
REMOUS
Guadeloupe et Matinique : qui va payer pour lutter contre les sargasses ?
par Marc Laimé, 8 juin 2019

En réponse à la question d’un parlementaire, le gouvernement, au cas d’espèce le ministère des Outre-Mer, témoigne d’un engagement très insuffisant de l’Etat.

- La question écrite n° 09044 de M. Dominique Théophile (Guadeloupe - LaREM) : publiée dans le JO Sénat du 21/02/2019 - page 911 :

« M. Dominique Théophile attire l’attention de M. le ministre de l’action et des comptes publics sur le traitement réservé par le Gouvernement au phénomène d’échouage des algues sargasses qui envahissent le littoral de l’archipel guadeloupéen et plus largement l’ensemble des Antilles françaises.

Aussi imprévisibles qu’envahissantes, les sargasses empestent la vie des Guadeloupéens et Martiniquais. Ces algues venues du Brésil, que les Caribéens ont découvertes en 2011, arrivent de façon encore plus massive depuis deux ans.

Leur profusion est due aux changements climatiques, mais serait également imputable aux engrais utilisés par les agriculteurs qui jouxtent l’Amazone.

En se déversant dans le célèbre fleuve d’Amérique du sud, ces engrais alimentent la prolifération de l’algue. Celle-ci emprunte ensuite les courants maritimes pour venir s’échouer sur les plages antillaises et caribéennes.

Entre l’été 2011 et la fin de l’année 2015, un premier épisode important d’échouage d’algues sargasses a touché l’ensemble des Antilles. Cet épisode s’est intensifié entre le mois d’avril 2014 et le mois d’octobre 2015. Puis plusieurs épisodes suivirent également de 2016 à 2018, période durant laquelle l’échouage est devenu massif et quasi-perpétuel causant ainsi des dommages environnementaux, économiques et sanitaires durables.

À ce jour, le ramassage de ces algues constitue le seul moyen d’action des autorités pour lutter contre ce fléau. Quant aux touristes, ils fuient les sargasses : à Marie-Galante par exemple plusieurs hôtels ont fermé.

Un rapport de la chambre de commerce et de l’industrie de Guadeloupe indique que le secteur du tourisme a subi une baisse de chiffre d’affaires de 40 % sur le premier semestre 2015 et que près de 400 entreprises ont été affectées par l’invasion des algues sargasses pour un préjudice global estimé à 5 millions d’euros.

Lors du grand débat national dédié à l’outre-mer, le 1er février 2019, le président du République a envisagé la mise en place de dispositifs d’accompagnements spécifiques pour les collectivités locales qui doivent faire face à des dépenses supplémentaires dans le cadre du ramassage, du traitement des algues sargasses.

Ainsi, il souhaiterait savoir si la dotation de l’État de 500 000 € prévue pour aider les communes à acquérir du matériel pour débarrasser leurs côtes de ces algues est réellement effective.

Il souhaiterait également connaître ses modalités et surtout, au regard des coûts déjà imputés aux collectivités pour ces opérations anti-sargasses, savoir si elle sera en définitive suffisante.

Enfin, depuis 2011, les collectivités territoriales ont dû faire face à cette catastrophe naturelle qui grève de façon importante et durable leur budget. Il lui demande en conséquence quelles sont les mesures qui seront prises pour soulager leurs finances. »

- La réponse du Ministère des outre-mer, publiée dans le JO Sénat du 06/06/2019 - page 2973 :

« Depuis 2011, les Antilles sont régulièrement impactées par les échouages des algues sargasses. En 2018, les échouages furent particulièrement massifs et les services de l’État se sont pleinement mobilisés dans la lutte contre ce phénomène, aux côtés des collectivités.

Visant une organisation efficace dans l’emploi des moyens et une gestion cohérente de la capacité collective d’intervention face à ce phénomène pour lequel les prévisions envisagent son intensification sur les prochaines années, le Gouvernement s’est doté en octobre 2018 d’un plan national de prévention et de lutte contre les sargasses dont la mise en œuvre, en association avec les différentes parties prenantes, a vocation à s’inscrire dans la durée.

En 2018, l’État a financé deux fonds de 3 millions d’euros (soit 6 millions d’euros) pour la collecte et l’achat de petits équipements et contribuera pour 2019 à hauteur de 3,5 millions d’euros conformément au grand plan d’équipement des collectivités annoncé lors de la visite des ministres de la transition écologique et solidaire et des outre-mer pour la période 2018-2019.

S’agissant du coût de fonctionnement de ces équipements, l’État y contribuera en 2019 à hauteur d’un million d’euros.

L’État participera également au financement des barges de collecte en Guadeloupe, ainsi qu’à leur fonctionnement à titre expérimental à hauteur de 500 000 euros par an sur 3 ans.

Enfin l’État s’est engagé auprès de la Région Guadeloupe à cofinancer la Rencontre Internationale de haut niveau sur les sargasses qui devrait réunir les États caribéens au mois d’octobre 2019. »

impression

pas de commentaire. ajoutez le votre!