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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
FIGURES
Gouvernement : la « transition » écologique…
par Marc Laimé, 17 mai 2012

L’annonce de la composition du premier gouvernement dirigé par M. Jean-Marc Ayrault a suscité une nuée de commentaires illustrant le véritable mouvement de tectonique des plaques qui affecte les champs de l’environnement, de l’énergie et de l’agriculture. Florilège.

L’affaire était entendue depuis une blietzkrieg conduite sabre au clair.

Un premier article dans le quotidien Le Monde du 9 mai, précisant la "feuille de route" écolo du futur gouvernement.

Puis la publication une semaine plus tard le 15 mai, toujours dans le quotidien Le Monde, d’un second article, d’anthologie, qui réaffirmait, malignement, que l’écologie était décidément chose trop sérieuse… pour être confiée aux écologistes !

Hybride...

(Dessin de Man. En exclusivité pour Soyons sérieux. www.caricatures.fr/presse.php)

Pour qui aurait fait montre d’un minimum d’attention, la surprise n’en était pas vraiment une, comme l’annonçait par exemple cette défense et illustration de la "social-écologie", postée sur son blog par Guillaume Bachelay le 14 janvier dernier...

Très sobrement, Actu Environnement souligne que la sénatrice Nicole Bricq « hérite d’un ministère rétrogradé en neuvième position et aux attributions révisées ».

Avant que d’évoquer dans un second article, toujours aussi prudemment, l’accueil consensuel de la société civile au nouveau gouvernement.

Le Journal de l’environnement (JDLE) mélange allégrement les applaudissements à la parité, la promotion d’une + un ministres EELV, le survol d’autres "innovations", pour en conclure, très audacieusement, que « les protecteurs de l’environnement peuvent être satisfaits »…

Un rien plus prudent, Guillaume Malaurie argue, dans le Nouvel Observateur, que les pièces du kit sont bien là...

Ce que réfute sur le site du Nouvel Observateur, le député (UMP) de la Meuse, Bertrand Pancher, très impliqué dans le Grenelle et dans le "dialogue environnemental", par le biais de son association "Décider ensemble", qui avait élaboré des propositions décoiffantes lors de la campagne présidentielle :

" (...) Dans ces conditions je m’étonne que la secrétaire générale des Verts ait accepté de rentrer dans un gouvernement, pour, d’une part, ne pas prendre le ministère de l’Écologie et, d’autre part, sans rappeler les propositions de Nicolas Hulot, lesquelles mettaient vraiment l’environnement au cœur des décisions du gouvernement. À se demander si elle n’aurait pas encore une dent contre celui qui fut candidat à la primaire des Verts…

En nommant une sénatrice PS en charge du développement durable seulement au 7e rang des ministres, en séparant les problématiques de logement que l’on confie à une autre ministre, Cécile Duflot, l’on donne le sentiment que la crise écologie n’est qu’une problématique isolée sans comprendre qu’elle est la clef de voute des disfonctionnements de notre modèle de société. Au lieu de confier les arbitrages à un grand ministre d’État ayant en charge l’ensemble des questions liées au développement durable, François Hollande et le Premier ministre ont préféré morceler les sujets et répartir les maroquins ministériels sans hiérarchie.

Il est d’autant plus surprenant de voir la secrétaire générale du Parti des Verts nommée n°5 du gouvernement devant sa collègue de l’environnement. Pourquoi le logement, plutôt que l’écologie ? Ne répète-t-elle pas à longueur de meetings et d’interviews que l’écologie est partout et doit être en tête des priorités de l’Etat ? On s’interroge alors sur les raisons de son reniement en entrant au gouvernement socialiste pour ne défendre qu’un seul sujet : le logement."

Un pessimisme que n’endosse pas Arnaud Gossement, espérant, dans une note de blog dûment étayée en date du 18 mai, « des arbitrages plus verts » :

« (…) Nicole Bricq est une personnalité respectée au sein du Parti socialiste et au Sénat et proche du Président de la République. Or, les ONG avaient à raison demandé à ce que le ministère de l’écologie revienne à une personnalité d’envergure pour que celle-ci soit en mesure d’imposer des arbitrages ambitieux pour l’écologie au sein du Gouvernement et au Parlement.

Ancienne conseillère ministère de Ségolène Royal - sans doute prochaine présidente de l’assemblée nationale et parlementaire depuis plusieurs années, il est permis de penser que Nicole Bricq possède un réseau et les soutiens qui lui permettront de faire avancer les dossiers sur le développement durable. Enfin, sa connaissance du budget et des finances publiques devrait épargner à Nicole Bricq la critique récurrente selon laquelle le ministère de l’écologie est dépensier.

S’agissant des dossiers, Nicole Bricq s’était investie sur l’énergie - notamment sur la libéralisation du marché de l’énergie - sur le risque industriel à la suite de la catastrophe AZF et sur la prévention des risques de catastrophes naturelles.

N’oublions pas que le dossier du risque industriel avait été assez peu traité lors du Grenelle de 2007 et que la table ronde sur le risque naturel n’avait pas donné de résultats concluants. »

Pour sa part la Gazette des communes insiste sur la dimension interministérielle des politiques publiques concernées :

"(...) Dès son entrée en fonction jeudi 17 mai, la ministre a noté que plusieurs dossiers nécessiteront des discussions en interministériel. L’énergie et le logement (confié à la secrétaire nationale d’EELV Cécile Duflot), mais aussi, comme le remarquait France Nature Environnement (FNE), l’industrie, la mer, l’économie solidaire, le développement… FNE a souhaité que des feuilles de routes soient transmises aux ministères « afin qu’ils soient individuellement et collectivement acteurs de la transition écologique ». Son président, Bruno Genty, a estimé que la mise en œuvre de la transition écologique « dépendra beaucoup de la volonté politique du président de la République et du Premier ministre qui orientera l’action des différents ministères concernés »."

Paysage

A peine la composition du gouvernement était-elle officiellement annoncée, le WWF-France se félicitait-il dans un communiqué de presse de la nomination de Mme Nicole Bricq à la tête du nouveau ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie.

Puis, très vite, FNE et Greenpeace, andante...

Quelques heures plus tôt, le même WWF-France avait lancé un véritable cri d’alarme : « Les 27 torpillent la réforme de la PAC : un dossier brûlant pour le nouveau ministre de l’Agriculture »

A relier à ce récent rapport de l’OCDE, qui insiste à l’envi sur la gravité de la pollution de l’eau d’origine agricole...

Coïncidence, dans la nuit du 16 au 17, la Lettre d’information « Agriculture – Environnement », très proche du monde agricole, rediffusait à l’ensemble de ses abonnés l’entretien réalisé en décembre 2010 avec le nouveau ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, M. Stéphane Le Foll, interrogé sur sa vision des enjeux de la réforme de la PAC…

A venir, très probablement, un recul des avancées attendues d’un verdissement de la PAC...

Fukushima effects

"Fukushima effects", Photo : David RBE Vano

A venir, la constitution des cabinets, les décrets d’attribution et le découpage au cordeau des « périmètres », les nouveaux ministres délégués après les législatives, le rééquilibrage Mines-Ponts découlant du rattachement de l’Energie à l’Ecologie, la troisième saison du Grenelle, rebaptisé « Débat sur la transition énergétique », avec les syndicats, les parlementaires, mais avec, ou sans, les ONG ?

(Déjà) les difficultés commencent…

Où l’on verra que la question de l’alimentation, et donc de l’agriculture, et donc de l’eau, et donc de l’environnement, et donc du nouveau partage des tâches qui se dessine, pèsera lourd dans l’avenir du gouvernement Ayrault 1...

A quoi ça sert ?

Le tout sans manquer de s’interroger sur le fait de savoir si l’écologie n’est pas l’avant-garde de la technocratie ?

Et à l’identique, de quel "changement" parle-t-on ?

Lire aussi :

Publication des décrets d’attribution au JO du 25 mai 2012.

impression

commentaires

1 Gouvernement : la « transition » écologique…

D’après un article du monde d’aujourd’hui

http://www.lemonde.fr/election-pres...

qui fait écho à celui que vous citez en intro, les ONG environnementalistes ont pesé pour que le ministère de l’environnement soit confié à un socialiste plutôt qu’à un écologiste.

"Que faut-il déduire de ce nouveau partage qui répond évidemment à des équilibres politiques ? D’abord que l’écologie, et tout particulièrement l’énergie, dossier central pour le gouvernement, échappe à Cécile Duflot. La demande des grandes associations de défense de l’environnement, WWF, FNE (France nature environnement), et les Amis de la Terre, qui avaient souhaité, avant la formation du gouvernement, avoir un ministre socialiste pour interlocuteur, n’est sans doute pas étrangère à cette décision."

Quel a bien pu être leur raisonnement ? Ou est-ce là de l’intox en provenance du "vrai réseau militant de cadres travaillant dans des entreprises liées aux dossiers environnementaux, de créateurs de start-up qui ont spontanément proposé d’apporter notes et contributions diverses" ?... Si vous avez des éclaircissements ou des compléments d’information je suis preneur...

poste par Sueolia - 2012-05-18@14:16 - Répondre à ce message
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