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LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE
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De la difficulté de réduire l’usage des pesticides dans l’arboriculture
par Marc Laimé, 17 septembre 2011

Le ministère de l’Agriculture vient de répondre à un parlementaire qui s’inquiétait des difficultés de mise en œuvre des dispositions qui visent à réduire l’usage des pesticides, notamment pour ce qui concerne l’arboriculture, un secteur particulièrement exposé à l’usage des produits phytosanitaires. Dans sa réponse le ministère de l’Agriculture apporte d’importantes précisions sur les restrictions d’épandage de pesticides par pulvérisation dans l’air, en lien avec la vitesse du vent au moment de l’opération.

La question écrite n° 19604 de M. Daniel Dubois (Somme - UC), publiée dans le JO Sénat du 28/07/2011 - page 1963.

« M. Daniel Dubois attire l’attention de Mme la ministre de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement sur les effets sur l’arboriculture de l’arrêté du 12 septembre 2006 relatif à la mise sur le marché et à l’utilisation des produits visés à l’article L. 253-1 du code rural, et ce en contradiction avec la volonté de développement de l’agriculture biologique (6 % des surfaces agricoles françaises doivent être bio en 2012) et qui conduisent à une impasse technique. 



Cet arrêté interdit, notamment, à tous les producteurs de traiter leur culture avec une solution inscrite au cahier des charges bio, si la vitesse du vent dépasse 19 km/h.

Cette interdiction empêche l’endiguement des maladies et mycotoxines, favorise les attaques de parasites et ne tient pas compte des spécificités de toutes les productions françaises. Elle provoque des dégâts irréparables dans les cultures, notamment sur les fruits et légumes, au point de les rendre impropres à la consommation.

Les agriculteurs se trouvent démunis. De ce fait, la production de pommes bio en France non seulement ne peut se développer mais est clairement menacée, ouvrant alors grandes, les portes aux importations de produits biologiques du monde entier qui n’apportent pas les mêmes garanties que l’origine France. Il lui demande si elle compte adapter cet arrêté pour sortir l’arboriculture biologique de l’impasse et permettre le développement de ce modèle de production. »


La réponse du Ministère de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l’aménagement du territoire, publiée dans le JO Sénat du 15/09/2011 - page 2382.

« L’arrêté du 12 septembre 2006 relatif à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques a pour objectif de sécuriser l’utilisation de ces produits pour l’applicateur, le consommateur et l’environnement, et a fait l’objet d’une large consultation des organisations professionnelles agricoles avant son adoption.

L’article 2 de cet arrêté prévoit l’obligation de mettre en oeuvre les moyens appropriés pour éviter l’entraînement de ces produits hors de la parcelle ou de la zone traitée, et interdit leur utilisation lorsque le vent est supérieur à 3 sur l’échelle de Beaufort (équivalent à 19 km/h).

L’article 3 de cet arrêté prévoit une durée (délai de rentrée) pendant laquelle il est interdit aux personnes de pénétrer sur ou dans les lieux où a été appliqué un produit.

En ce qui concerne la vitesse du vent, le facteur de risque le plus important d’entraînement des produits en dehors de la zone traitée est la dérive des embruns de pulvérisation, laquelle est d’autant plus forte que la vitesse du vent est élevée. C’est ce qui justifie que l’arrêté du 12 septembre 2006 apporte une restriction d’utilisation en fonction de l’intensité du vent. La valeur retenue se fonde sur les modèles officiels utilisés en Europe et a été exprimée en utilisant l’échelle de Beaufort afin de permettre une appréciation visuelle.

La vitesse effective du vent peut être très variable dans une zone en fonction, notamment, de la proximité du sol, de la topographie ou de l’environnement proche. C’est donc à l’endroit où le traitement a lieu qu’elle doit être appréciée, ce qui a été confirmé par le jugement du tribunal correctionnel de Brive le 10 mars 2011.

Le respect d’un délai minimal de rentrée par produit vise à préserver la santé des travailleurs et des personnes ayant accès aux zones traitées. Ce délai repose sur les recommandations du 16 novembre 2005 élaborées par les instances compétentes dans l’évaluation du risque et sur les propositions de la Mutualité sociale agricole, avec l’appui notamment des services du travail en agriculture et du ministère chargé de la santé.

Cette disposition s’applique sans préjudice des délais fixés par les autorisations de mise sur le marché de chaque produit.

Les difficultés de mise en oeuvre de l’arrêté du 12 septembre 2006 dans la filière arboricole, analysées par le groupe de travail associant organisations professionnelles concernées et administration, sont prises en compte dans le plan ECOPHYTO 2018.

En particulier, l’axe 2 de ce plan, consacré à la généralisation des systèmes agricoles et des moyens connus permettant de réduire l’utilisation des pesticides, a permis la mise en place d’un réseau d’une centaine de fermes arboricoles réparties sur dix régions, dont l’objectif est de mutualiser les données de référence des systèmes de production économes en pesticides.

Cette action se combine aux formations proposées aux arboriculteurs, notamment sur les solutions alternatives aux produits phytopharmaceutiques, et à la mise à disposition des résultats de la recherche d’itinéraires techniques innovants, économes en intrants, et des bulletins de santé du végétal.

L’ensemble de ce dispositif est conçu pour aider les arboriculteurs à développer les itinéraires techniques leur permettant de gérer leurs vergers de manière satisfaisante, tout en réduisant la dépendance des systèmes de production aux produits phytopharmaceutiques. »

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